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FERC-CGT
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Pour la défense de la Sécurité sociale et du système mutualiste, maintenons les délégations des opérateurs historiques !
23 septembre, par Lucas — Communiqués, Sécurité sociale
Depuis une loi de 1947, les mutuelles de la Fonction publique peuvent gérer par délégation non seulement la part complémentaire Santé, mais aussi le régime obligatoire. Dans notre secteur, la MGEN rembourse donc la part Sécu et la part complémentaire. La Sécurité sociale lui délègue cette gestion depuis 80 ans. Pour la FERC CGT, ce guichet unique devait constituer un point d'étape vers le 100% sécu. A contrario, sa suppression s'inscrit dans une logique de marchandisation et de mise en concurrence du secteur mutualiste, vidé de son contenu historique de solidarité et réduit à une logique assurantielle.
Le gouvernement Macron–Lecornu, minoritaire et sur le départ, veut mettre fin à cette délégation de gestion à partir de janvier 2028 en ne renouvelant pas la délégation qui court jusqu'au 31 décembre 2027. La décision, pas encore annoncée par le gouvernement, pourrait être prise avant fin 2026. À aucun moment le gouvernement n'a consulté les organisations représentatives des ministères concernés ni le Parlement alors que la délégation de gestion est rendue possible par une loi qui n'a pas été abrogée.
C'est une nouvelle démonstration de son mépris du « dialogue social » et de la démocratie.
Nous alertons l'ensemble des usagères et usagers, les personnels de l'Éducation nationale (EN), de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) et de Jeunesse et Sport, sur la menace de cette mesure. Ce serait à la fois une attaque contre le monde mutualiste et contre la Sécurité sociale elle-même. Et cela risquerait fortement de dégrader la gestion nos remboursements.
La FERC CGT demande le maintien de la gestion par la MGEN du régime obligatoire des agentes et agents de l'EN-ESR-JS. Elle revendique également la fin des exonérations de cotisations sociales, et des moyens pour la Sécu.
Explications : Le gouvernement Macron a réformé la « Protection sociale complémentaire », comportant un régime santé obligatoire et imposant la mise en concurrence des mutuelles et des assurances à but lucratif. En 2025, dans l'Éducation nationale (EN), l'Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) et la Jeunesse et Sport (JS), les marchés pour la santé et pour la prévoyance ont été remportés par la MGEN, la mutuelle historique.
Depuis mai 2026, les 1,5 millions d'agentes et agents des MEN, MESR et MJS ont donc, sauf dispense, leur part Sécu et leur part complémentaire gérées par la MGEN. C'est la gestion de la part Sécu (le régime obligatoire) que le gouvernement voudrait transférer à la Sécu. Cela concernerait aussi et entre autres le personnel du ministère de l'Intérieur : en tout, 3 à 4 millions d'usager·es verraient leur gestion transférée de mutuelles vers la Sécu.
Mais actuellement ça fonctionne, alors pourquoi une telle décision ? Les arguments du gouvernement sont comme d'habitude « simplification » et « économie ». Mais :
• Ajouter des allers-retours de dossiers entre la Sécu et la MGEN, ça simplifierait quoi ?
• Actuellement, les délais de remboursement de la MGEN sont aussi bons, voire meilleurs que les CPAM ; les données montrent que la gestion MGEN ne coûte pas plus cher que celle de la Sécu.
À l'inverse, on redoute une dégradation des conditions de remboursements des arrêts maladie ou des actes médicaux, en cas de transfert du régime obligatoire : la Sécu manque déjà de personnel ! Comment absorberait-elle ces 1,5 à 4 millions de nouveaux usager·es ? Comment gèrerait-elle les spécificités des fonctionnaires (pour les accidents du travail par exemple) ? Sans compter la dégradation des conditions de travail pour les agent·es de la Sécu et de la MGEN (transférés : ? comment : ?).
La FERC CGT s'oppose à ce risque de dégradation pour les usagers de l'EN-ESR-JS, au plan social qui en découlerait pour les agent·es de la MGEN et à une nouvelle dégradation des conditions de travail des personnels des CPAM.
Et pour la FERC CGT, il faut replacer cette décision dans l'ensemble des mesures de destruction de la Sécu et des mutuelles :
• La Sécu est de plus en plus étranglée budgétairement. Loi de finances après loi de finances, les exonérations de cotisations au bénéfice des entreprises (les pseudo « charges » qui sont notre salaire socialisé et qui financent la Sécu) se poursuivent, le financement et la gestion de la Sécu sont de plus en plus étatisés (CSG, CRDS...). De nouvelles baisses de moyens humains sont programmées à la Sécu, retardant et dégradant les remboursements. Les déremboursements d'actes et de médicaments se multiplient, réduisant la part Sécu. Certains restent à la charge des patients. Et pour d'autres, le gouvernement annonce 1 milliard € supplémentaire de transfert de charges de la Sécu vers les complémentaires, qui vont être amenées à augmenter leurs tarifs.
• Des assureurs privés réclament de pouvoir gérer eux-mêmes le régime obligatoire (cf. articles des Echos du 3 septembre 2026).
• Le monde mutualiste est mis en danger également avec la concurrence avec les assurances privées à but lucratif pour le juteux marché des complémentaires santé. Au ministère des Finances publiques, c'est ALLAN, assurance privée à but lucratif, qui a été choisie par le gouvernement. Et les agentes et agents de la Sécu pourraient voir leur complémentaire santé attribuée à... ALLAN également !
L'objectif du gouvernement Macron, poursuivi avec acharnement, est donc bien de casser le caractère solidaire et universaliste de la Sécu (« de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins »), d'accélérer la mue vers la logique marchande et assurantielle du secteur mutualiste et d'ouvrir définitivement le marché juteux de la santé (régime obligatoire et complémentaires) aux intérêts privés.
La FERC CGT s'oppose à cette politique de destruction de notre Sécu.
Montreuil,
le 23 septembre 2026 -
La formation professionnelle est le bien commun des salarié∙es !
17 septembre, par VieSyndicale — une, SN CGT AFPA, Déclarations, Formation professionnelle
Mardi 15 septembre, la direction de l'AFPA a présenté son plan de restructuration. Sur les plus de 5000 salarié∙es de l'AFPA, 867 pourraient être touché∙es par des mesures de licenciements économiques. Fermetures de centres, fermetures de formations et plan « social », les mesures annoncées sont brutales pour les personnels et pour l'ensemble des publics (salarié.es, privé-es d'emploi...) qui ont besoin de se former.
Un maillage territorial affaibli
Le changement statutaire de l'AFPA en 2017 s'est accompagné d'un transfert en pleine propriété d'une partie des biens immobiliers qui appartenaient à l'Etat. Le parc immobilier était vétuste, il absorbe aujourd'hui 26% du chiffre d'affaires. Au lieu de prendre sa responsabilité et de financer la rénovation, la tutelle étatique impose de vendre ou de céder 40% des surfaces foncières et du bâti.
L'une des richesses de l'AFPA, est son maillage territorial, permettant une offre de formation de proximité. La fermeture de 3O centres sur 142 va éloigner l'offre de formation des stagiaires. Certains centres que la direction de l'AFPA souhaite fermer se trouvent dans des villes moyennes enclavées, dans des territoires avec de forts taux de chômage. Ce sont donc ceux qui en ont le plus besoin qui ne pourront plus ou renonceront à se former.Les attaques contre l'utilité sociale de l'AFPA se poursuivent
Avant même les annonces, une première attaque avait eu lieu avec la fermeture progressive de la restauration collective. Les profils de postes supprimées dans le cadre du « plan social » montrent que cette destruction de l'utilité sociale de l'AFPA s'accélère.
Tous les emplois de l'AFPA sont impactés de l'accompagnement des stagiaires, en passant par les personnels administratifs jusqu'au métiers de la formation : animateurs, assistante de formation, formateurs, management intermédiaires…Assez d'austérité budgétaire, il faut réinvestir dans la formation !
La transition écologique, la réindustrialisation, les reconversions massives exigent un investissement historique dans la formation initiale et continue. La formation n'est pas un coût mais un investissement !La Commission Exécutive Fédérale de la FERC-CGT apporte son soutien aux personnels de l'AFPA en lutte. La FERC-CGT se mobilisera à leurs cotés pour la défense de l'AFPA, pour un service public de la formation professionnelle.
Montreuil, le 17 septembre 2026
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SNPEFP - Élections au CNESERAAV : les organisations syndicales exigent la suspension du guide électoral de la FESIC
17 septembre, par Lucas — SNPEFP CGT
Les organisations syndicales Fep-CFDT, SNEPL-CFTC et SNPEFP-CGT demandent à la ministre de l'Agriculture de suspendre immédiatement le guide élaboré par la FESIC pour organiser l'élection des représentants des personnels et des étudiants des établissements privés d'enseignement supérieur agricole au CNESERAAV.
Présenté comme un simple document d'organisation matérielle, ce guide fixe en réalité les règles essentielles du scrutin. Il détermine les conditions pour être électeur ou candidat, exclut certaines catégories de salariés, instaure un scrutin majoritaire, organise la validation des candidatures et confie aux directions d'établissement et aux CSE le pouvoir de proclamer les résultats, de juger les contestations et même de les modifier.
Or, le Code rural désigne le ministre chargé de l'Agriculture comme autorité organisatrice du scrutin. Il prévoit un scrutin de liste à un tour, sans panachage ni vote préférentiel, à la représentation proportionnelle. Le guide FESIC retient au contraire, pour les personnels, un scrutin uninominal majoritaire à deux tours et invente un seuil de 20 % pour accéder au second tour.
Cette contradiction ne peut être réduite à une simple question technique. Une fédération patronale ne peut pas réécrire le droit électoral d'une instance nationale placée auprès du ministre.
« Une difficulté d'application du décret ne peut pas autoriser une organisation patronale à substituer son propre régime électoral à celui prévu par les textes. »
Le ministère doit assumer ses responsabilités
Le ministère affirme ne pas disposer d'une compétence générale pour organiser le scrutin dans les établissements privés. Cette position est juridiquement contestable.
L'article L. 814-3 du Code rural prévoit expressément que les modalités de désignation des représentants des établissements publics et privés sont fixées par décret. L'article D. 814-19 désigne le ministre comme autorité organisatrice. L'article D. 814-20 lui confie la fixation des modalités d'organisation du scrutin ainsi que, pour les établissements privés, celle des circonscriptions et des sièges correspondants.
Le ministère ne peut donc pas exercer une partie de ses compétences, recevoir les résultats, recommander l'intervention des directions et, dans le même temps, abandonner à la FESIC la définition des règles qui déterminent qui vote, qui peut se présenter et comment les élus sont désignés.
Les candidatures peuvent être libres, mais les règles ne peuvent pas être patronales
Les organisations syndicales reconnaissent qu'aucun texte ne semble réserver la présentation des candidatures aux seules organisations syndicales.
Mais la liberté de candidature ne signifie pas la liberté pour les employeurs de sélectionner les candidats, de fixer unilatéralement le mode de scrutin ou de juger les recours dirigés contre les opérations qu'ils ont eux-mêmes organisées.
Les directions doivent rester strictement neutres. Toutes les candidatures doivent bénéficier des mêmes droits, des mêmes moyens d'information et du même accès aux électeurs.
L'intersyndicale demande
• la suspension immédiate du guide FESIC ;
• le gel des appels à candidatures, validations, votes et proclamations engagés sur son fondement ;
• la communication de tout acte confiant un rôle électoral à la FESIC ou aux directions d'établissement ;
• la publication d'un cadre ministériel national, transparent et opposable ;
• la définition précise du corps électoral, des conditions d'éligibilité, du mode de scrutin et des voies de recours ;
• l'ouverture d'une concertation nationale avec les organisations syndicales et les représentants étudiants ;
• un nouveau calendrier garantissant un délai raisonnable d'information, de candidature et de contestation.
À défaut de suspension, l'intersyndicale se réserve la possibilité de saisir la juridiction administrative et de contester les opérations électorales ainsi que leurs résultats.« La liberté des candidatures doit être garantie. La liberté des employeurs d'écrire les règles du scrutin doit être refusée. »
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Turquie : les droits des personnes LGBTQIA+ ne sont pas négociables
15 septembre, par VieSyndicale — une, Lutte contre les discriminations, International
Communiqué de la confédération CGT
La CGT condamne avec la plus grande fermeté l'offensive répressive engagée en Turquie contre les personnes LGBTQIA+, leurs organisations, les défenseur·ses des droits humains et les structures qui leur viennent en aide.
Depuis la nuit du 12 au 13 septembre, des opérations coordonnées ont été menées dans plusieurs provinces du pays. Des militant·es ont été interpellé·es, des domiciles et des locaux associatifs perquisitionnés, tandis que des organisations, des lieux et des moyens d'expression liés aux communautés LGBTQIA+ ont été directement visés.
Le nom même donné à cette opération par les autorités turques – « Ma famille est en sécurité » – révèle la logique politique à l'œuvre.
Il ne s'agit pas de protéger les familles. Il s'agit d'instrumentaliser la famille, l'enfance et la protection des mineur·es pour désigner les personnes LGBTQIA+ comme une menace et justifier leur stigmatisation et leur répression.
La CGT refuse cette opposition fabriquée entre les droits des personnes LGBTQIA+ et ceux des familles ou des enfants. Les personnes LGBTQIA+ ont des familles, fondent des familles et font partie de toutes nos familles. Leurs droits sont des droits humains et ne sont pas négociables.
Cette offensive pose également avec force la question de la surveillance et du risque de fichage.
Lorsque, en quelques heures, des militant·es, des associations, des lieux et des réseaux peuvent être ciblés simultanément dans plusieurs provinces, la question des moyens utilisés pour identifier les personnes, cartographier leurs engagements, suivre leurs activités et leurs relations ne peut être éludée.
La CGT alerte depuis longtemps sur la banalisation des dispositifs de surveillance, l'extension des fichiers et l'utilisation d'outils présentés au nom de la sécurité mais susceptibles d'être mobilisés contre les mouvements sociaux, les militant·es et les populations désignées comme indésirables.
Aucun dispositif de surveillance n'est neutre lorsqu'un pouvoir politique décide de désigner une partie de la population comme une menace.
Aujourd'hui en Turquie, les personnes LGBTQIA+, leurs organisations et leurs soutiens sont directement visés. Défendre leurs libertés, c'est aussi défendre le droit de toutes et tous à s'organiser, militer, communiquer et agir sans être surveillé·es ou fiché·es en raison de leur identité, de leur orientation sexuelle ou de leurs engagements.
Dans de nombreux pays, les attaques contre les personnes LGBTQIA+, les droits des femmes, les personnes racisées, étrangères ou perçues comme telles, les associations, les journalistes, les militant·es et les organisations syndicales procèdent d'une même logique : désigner des boucs émissaires, diviser celles et ceux qui auraient intérêt à s'unir et affaiblir tous les contre-pouvoirs.
L'histoire du mouvement syndical nous l'a appris : toute remise en cause des droits de tout ou partie d'une population porte atteinte à la liberté
C'est pourquoi la CGT refuse toute banalisation de ces discours et de ces politiques.
Prétendre « protéger les enfants » en désignant les personnes LGBTQIA+ comme une menace est une imposture. Protéger les enfants, c'est lutter contre les discriminations et ne pas désigner de boucs émissaires. C'est aussi leur garantir une société dans laquelle une personne n'a pas à avoir peur d'être qui elle est, d'aimer qui elle veut ou de vivre librement son identité.
Ce qui se passe aujourd'hui en Turquie nous concerne toutes et tous. C'est un avertissement sur ce qui devient possible lorsque l'on transforme la haine en politique publique.
La CGT exprime toute sa solidarité aux personnes arrêtées, aux militant·es et organisations LGBTQIA+, aux défenseur·ses des droits humains, aux organisations syndicales et à toutes celles et ceux qui, en Turquie, continuent de défendre l'égalité et les libertés fondamentales.
Elle exige l'arrêt immédiat de cette répression, la libération des personnes détenues en raison de leur engagement et le plein respect des libertés associatives, syndicales et fondamentales.
Face aux offensives réactionnaires, autoritaires et LGBTphobes, en Turquie comme ailleurs, notre réponse reste la même : solidarité, égalité, libertés et mobilisation collective.
Ce qui se passe aujourd'hui en Turquie nous concerne toutes et tous. C'est un avertissement sur ce qui devient possible lorsque l'on transforme la haine en politique publique et que l'extrême droite accède au pouvoir.
Montreuil, le 15 septembre 2026
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« Défendre les personnels, c’est aussi défendre l’école publique et l’avenir du Sénégal »
15 septembre, par VieSyndicaleENTRETIEN AVEC LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL NATIONAL DU SUDES
« Défendre les personnels, c'est aussi défendre l'école publique et l'avenir du Sénégal »
1. Pouvez-vous présenter le système éducatif sénégalais ?
Le système éducatif sénégalais est un ensemble vaste et diversifié qui comprend le préscolaire, l'enseignement élémentaire, le moyen et le secondaire, l'enseignement technique et la formation professionnelle, ainsi que l'enseignement supérieur et la recherche.
Les données du dernier Recensement général de la population et de l'habitat font état de 4 541 600 apprenants au Sénégal. Ils se répartissent notamment entre l'enseignement arabe et coranique, le préscolaire, le primaire, le moyen, le secondaire et le supérieur. Le recensement dénombrait ainsi 1 955 671 apprenants au primaire, 767 940 au moyen, 387 839 au secondaire et 232 354 dans le supérieur.
ANSD
Cette massification de l'éducation constitue naturellement un progrès. Mais elle pose également des défis considérables. L'État lui-même reconnaît l'existence d'un déficit en infrastructures et en ressources humaines : pour la rentrée 2024-2025, les besoins étaient estimés à 4 527 enseignants supplémentaires, avec notamment des milliers de salles de classe manquantes, des abris provisoires et un déficit important en tables-bancs.
MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE
La question de la place du privé mérite également d'être soulignée. Elle est devenue particulièrement importante dans plusieurs segments du système éducatif. Dans la formation professionnelle, par exemple, le privé accueillait 62,9 % des apprenants en 2022/2023 et représentait 75,7 % des établissements.
ANSD
Mais derrière ces chiffres, il faut surtout voir une réalité sociale : les conditions d'apprentissage restent très inégales selon les territoires et les milieux sociaux. Les difficultés économiques des familles, la pauvreté, les problèmes d'accès aux infrastructures, les classes surchargées et les déficits de personnels pèsent sur les performances du système.
Pour nous, au SUDES, la priorité est donc claire : faire de l'éducation un véritable service public de qualité, accessible à tous et sur l'ensemble du territoire national.
2. Pouvez-vous présenter le SUDES ? Dans quels secteurs de l'Éducation votre syndicat est-il présent ?
Le Syndicat Unitaire et Démocratique des Enseignants du Sénégal – SUDES est une organisation historique du mouvement syndical enseignant sénégalais. Créé en 1976, il s'est construit autour des principes d'unité, de démocratie et d'indépendance syndicale.
Notre organisation a toujours considéré que la défense des travailleurs de l'éducation devait être indissociable de la défense de l'école et de l'intérêt général.
Le SUDES intervient dans plusieurs secteurs du système éducatif, notamment :
Le préscolaire ;
L'enseignement élémentaire ;
L'enseignement moyen et secondaire ;
L'enseignement technique et la formation professionnelle ;
L'enseignement supérieur et la recherche ;
Les ISEP ;
Et, plus largement, les questions concernant les différents personnels qui concourent au fonctionnement du système éducatif.
Cette présence dans différents segments constitue l'une des caractéristiques importantes du SUDES : nous voulons avoir une vision globale de l'éducation, plutôt que de défendre séparément les différents ordres d'enseignement.
Le SUDES vient d'ailleurs de célébrer ses 50 années d'existence, une occasion de rendre hommage aux générations de militants qui ont porté notre organisation et contribué aux combats pour l'école publique et les droits des travailleurs.
Célébration du cinquantenaire du SUDES : 50 années d'engagement syndical au service de l'éducation et des travailleurs.
3. Quels sont les principaux thèmes revendicatifs sur lesquels le SUDES travaille plus particulièrement ?
Nos revendications concernent à la fois les droits et conditions de vie des personnels et la qualité du système éducatif.
Nous sommes particulièrement engagés sur les questions suivantes :
L'application effective des accords signés entre l'État et les organisations syndicales ;
L'amélioration des conditions de travail et de rémunération ;
La revalorisation de la fonction enseignante ;
La résorption du déficit d'enseignants ;
Le recrutement et la stabilisation des personnels ;
La formation initiale et continue ;
La régularisation des situations administratives ;
L'indemnité de logement et les autres indemnités liées aux conditions d'exercice ;
La protection sociale et les droits à la retraite ;
La défense des libertés syndicales ;
Le financement adéquat de l'éducation ;
L'amélioration des infrastructures et des conditions d'apprentissage.
Dans l'enseignement supérieur et la recherche, nous accordons une importance particulière au recrutement d'enseignants-chercheurs, à l'amélioration des conditions de recherche, au financement des universités, à la lutte contre la massification non maîtrisée et au respect des libertés académiques.
Mais notre approche ne se limite pas à une logique corporatiste.
Lorsque nous revendiquons de meilleures conditions de travail pour les enseignants, nous revendiquons également de meilleures conditions d'apprentissage pour les élèves et les étudiants.
C'est pourquoi nous défendons une école publique de qualité, démocratique, inclusive, équitable et accessible à tous.
Rencontre du SUDES avec les personnels dans les établissements : un travail syndical de proximité au contact direct de la base.
4. Un mouvement social s'est déroulé courant juillet au Sénégal. Quels en étaient les sujets ? Comment les personnels de l'Éducation se sont-ils impliqués ?
Le mouvement social de juillet 2026 s'inscrivait dans un contexte interprofessionnel marqué par plusieurs préoccupations majeures des travailleurs.
Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a notamment appelé à une grève générale de 24 heures le 10 juillet 2026.
Les revendications portaient notamment sur :
Le respect et l'application des engagements pris par l'État ;
La mise en œuvre effective du Pacte national de stabilité sociale ;
La défense de l'emploi ;
La réintégration des travailleurs licenciés ;
Le respect des libertés syndicales ;
L'amélioration du pouvoir d'achat et des conditions de vie ;
L'application des accords sectoriels ;
Et la méthode de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale, que les organisations syndicales estimaient devoir faire l'objet d'une véritable concertation avec les partenaires sociaux.
Les personnels de l'Éducation ont naturellement trouvé leur place dans cette mobilisation, puisque plusieurs de leurs revendications rejoignaient directement celles portées au niveau interprofessionnel.
Pour le SUDES et les autres organisations syndicales de l'Éducation, il s'agissait notamment de rappeler que les engagements pris dans le secteur doivent être respectés : recrutements, amélioration des conditions de travail, règlement des dossiers administratifs, revalorisation des personnels et amélioration du fonctionnement du système éducatif.
Cette mobilisation a donc dépassé la seule question salariale. Elle a posé une question fondamentale : quelle place voulons-nous donner au dialogue social dans la conduite des politiques publiques ?
5. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la situation de l'école sénégalaise ?
Nous pensons qu'il faut désormais changer d'échelle.
Le Sénégal ne peut pas avoir l'ambition de construire une économie performante, souveraine et inclusive sans investir massivement dans son système éducatif.
L'école doit être considérée comme une priorité nationale et un investissement stratégique, et non comme une simple dépense budgétaire.
Cela suppose de résoudre progressivement le déficit d'enseignants, de construire et réhabiliter les infrastructures, d'améliorer les conditions de travail, de renforcer la formation des personnels et de garantir un financement à la hauteur des ambitions nationales.
Mais cela suppose également de donner toute sa place au dialogue social.
Les enseignants et leurs organisations syndicales ne doivent pas être considérés uniquement comme des acteurs revendicatifs. Ils sont aussi des acteurs essentiels de la transformation de l'école.
6. Quelle est, finalement, la vision du SUDES ?
Notre vision est celle d'une école publique forte, gratuite, démocratique, inclusive et de qualité, capable de réduire les inégalités et de donner à chaque enfant les mêmes chances de réussite.
Nous voulons également que les personnels de l'éducation puissent exercer leur métier dans la dignité, avec des conditions de travail et de rémunération à la hauteur de leur responsabilité sociale.
Le SUDES restera donc fidèle à sa tradition : défendre les travailleurs, défendre l'école publique et contribuer à la construction d'un Sénégal plus juste et plus solidaire.
Notre conviction est simple :
Il n'y aura pas de transformation durable du Sénégal sans une transformation profonde de son système éducatif.



