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Articles
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La Vie Ouvrière #18 - Été 2026. Fonction publique, pilier de la république
24 août, par bailleDu 3 au 10 décembre 2026, près de six millions d'agents de la Fonction publique seront appelés aux urnes pour les élections professionnelles. Dernier scrutin démocratique avant la présidentielle de 2027, ce vote sera décisif pour faire barrage à l'austérité budgétaire et à la montée de l'extrême droite dans nos administrations.
Pour préparer cette bataille, La Vie Ouvrière consacre un numéro complet pour présenter les spécificités des trois versants de la Fonction publique, mettre en lumière les enjeux de ces élections et donner aux militants des arguments concrets et incarnés à diffuser sur le terrain !
SOMMAIRE
> RENCONTRE
Émilien Ruiz : « Ce qui se joue, c'est la tentation d'un retour à la mise au pas »
L'historien retrace la genèse du statut des fonctionnaires de 1946 et analyse comment les réformes successives le vident progressivement de sa substance sans l'attaquer frontalement.> REPORTAGE
En Martinique, l'injuste précarité des agents
Enquête sur la situation de précarité chronique des agents territoriaux martiniquais, souvent contractuels malgré des décennies de service, confrontés à la vie chère et à des primes mal encadrées.> ENTRETIEN
Matthias Perez : « La fonction publique reste le seul patrimoine de ceux qui n'en ont pas »
Membre de la commission exécutive confédérale et copilote de la campagne confédérale pour les élections professionnelles de décembre 2026, Matthias Perez dresse un bilan alarmant de la dégradation des services publics et de la paupérisation des agents, tout en appelant à un sursaut électoral contre l'austérité et la montée de l'extrême droite.> LES VIES OUVRIÈRES
Assurer leur mission pour peu qu'on leur permette
Sapeur-pompier, inspectrice du travail, aide-soignant : trois agents publics témoignent de leur engagement, mis à l'épreuve par le manque de moyens.>> Pour commander ce numéro, cliquer ICI
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PLFSS 2027 – Politique familiale : des économies au détriment des familles et des étudiants malgré un excédent de la branche (Communiqué CGT)
21 août, par bailleÀ l'approche de l'élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les pistes d'économies envisagées par le gouvernement en matière de politique familiale se précisent. Alors que la branche Famille affiche un excédent de près de 1,2 milliards d'euros en 2025, il n'est nullement question d'en faire bénéficier les familles : le gouvernement entend au contraire mettre en œuvre de nouvelles mesures d'économies ou procéder à une réorientation des fonds existants.
Le rapport IGAS-IGF commandé par le Premier ministre, intitulé sobrement « Revue de dépenses relative à l'efficacité des politiques familiales » et publié le 14 août, prévoit près de 2,5 milliards d'euros d'économies à court terme et jusqu'à 4,2 milliards à long terme. Autant de dépenses supplémentaires que les parents et leurs enfants devront supporter si elles sont mises en œuvre.
La CGT dénonce avec force l'ensemble de ces orientations, et en particulier les mesures suivantes :
La réduction des APL pour les étudiants, par l'intégration des revenus des parents dans leur calcul. Cette mesure est particulièrement injuste au regard de la précarisation croissante des étudiant·es, qui constituent l'une des catégories de population les plus fragilisées économiquement. Elle revient à faire peser sur les familles une charge supplémentaire, sans tenir compte de la réalité des situations familiales.
La suppression de la réduction d'impôt pour frais de scolarité accordée aux familles dont les enfants sont dans l'enseignement secondaire ou poursuivent des études supérieures, viendra alourdir davantage le coût de la scolarité et des études pour de nombreux ménages.
La nouvelle réduction du montant des allocations familiales pour les familles les plus aisées, qui s'inscrit dans la continuité de la modulation des allocations introduite en 2015 et que la CGT a toujours combattue.
L'harmonisation à la baisse de certaines prestations, au motif qu'elles bénéficieraient davantage aux familles les plus aisées. Cette logique remet fondamentalement en cause le principe d'universalité de la Sécurité sociale, pierre angulaire de notre système de protection sociale, que la CGT entend défendre sans concession.
Une partie des économies ainsi dégagées serait réorientée vers la lutte contre la pauvreté et vers le secteur de l'accueil de la petite enfance, qui traverse une crise particulièrement grave. Si la CGT ne peut qu'être favorable à un renforcement des moyens dans ces domaines, elle refuse que ce financement se fasse au détriment d'autres droits familiaux et au prix d'un démantèlement progressif de l'universalité des prestations.
Montreuil, le 21 août 2026.
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Sous-indexation des pensions, actifs et retraités : tous concernés ! Cadres et agents de maîtrise en première ligne ! (Communiqué UGICT-CGT)
19 août, par bailleAu nom de nouvelles économies annoncées sur les retraites pour 2027 le ministre de l'économie souhaite désindexer de l'inflation les pensions supérieures à 3 000 €. Environ 1,4 million de retraité·es perçoivent une pension supérieure à ce seuil (Drees, 2025).
L'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT rejette fermement cette mesure qui, si elle était adoptée dans le cadre du débat parlementaire sur le budget de la Sécurité sociale, serait une nouvelle atteinte au pouvoir d'achat des retraité·e, et singulièrement des retraité·es cadres et agent·es de maîtrise. Ils et elles subissent déjà le gel des retraites complémentaires Agirc-Arrco imposé par le patronat depuis deux ans. Parallèlement, le prix du logement, des dépenses de santé, des mutuelles, la perte d'autonomie ou hébergement en Ehpad de leurs ainé·es ou pour eux-mêmes sont en constante augmentation.
Une telle mesure serait également une sanction à retardement pour les actif·ves : la désindexation ou sous-indexation ne s'arrête pas aux pensions déjà versées, elle s'applique aussi au mode de calcul des salaires utilisé pour calculer le montant des futures pensions — ce qui revient à baisser, dès aujourd'hui, le montant des pensions de demain. Or les cadres et les professions intermédiaires ont déjà subi, ces quatre dernières années, une perte massive de pouvoir d'achat en l'absence d'augmentation générale des salaires au moins égale à l'inflation.
L'Ugict-CGT refuse tout nouveau recul sur notre système de retraite. Rien ne garantit que ce seuil de 3 000 € restera stable : les précédents projets de budget ont déjà fait varier les seuils, notamment sur les menaces de suppression de l'abattement fiscal applicable au retraité·es. Une fois le principe de la désindexation admis pour une partie des retraité·es, plus rien n'empêche de l'étendre à d'autres.
Les pensions de retraite des cadres et professions intermédiaires ne sont pas un privilège. Notre système de retraite par répartition a pour objectif de maintenir le niveau de vie des travailleurs·ses au moment du départ et tout au long de la retraite.
Au lieu de chercher à imposer des mesures d'économie délétères sur les retraites, le gouvernement devrait répondre aux préoccupations des cadres et professions intermédiaires, en tête desquelles se trouve la baisse tendancielle du taux de remplacement (rapport entre la première pension et le dernier salaire). Les projections établissent en effet qu'il ne sera plus que de 54 % en 2026 alors qu'il était de 60 % en 2020 et de 75 % dans les années 1980 pour un homme cadre (Agirc-Arrco, 2021).
Lire la suite dans le communiqué UGICT-CGT en téléchargement
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Piratage de données à la DGFiP : les moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux ! (Communiqué CGT Finances publiques)
18 août, par bailleLe 12 août 2026, un hacker a revendiqué une intrusion dans le système informatique de la DGFiP, commise fin juin après une usurpation d'identité, avec un vol considérable de données.
Le 13 août, la DGFiP nous a informés avoir détecté et bloqué l'intrusion dès fin juin.
En revanche, elle n'avait pas détecté le vol et ce sont les révélations du hacker qui l'ont alertée. Elle a finalement confirmé les faits le 13 août via un communiqué de presse.
Alors que les usagers des services publics et de la DGFiP sont en droit de voir la protection de leurs données garantie, ce sont plusieurs centaines de milliers d'entre eux qui voient aujourd'hui toutes leurs données personnelles vendues au plus offrant.La vive inquiétude des contribuables est légitime, tout comme la colère des agent·es des finances publiques et de leurs représentant·es qui ont appris la « fuite » par la presse.
Le risque zéro n'existe pas en matière de sécurité informatique, la plupart des attaques sont déjouées grâce à la vigilance des services informatiques de la DGFiP et de ses agent·es ; l'administration fiscale n'est pas non plus la plus mal lotie en matière d'investissement informatique au regard de la sensibilité des données. Rappelons en effet que le nombre d'attaques contre les systèmes de la DGFiP est passé de 2 579 en 2023 à 6 972 en 2025.
Pour autant les choix politiques et budgétaires de ces dernières années ont joué un rôle déterminant et ont accentué la probabilité d'attaques des systèmes informatiques de la DGFiP :
– Suppressions massives d'emplois à la DGFiP : depuis 2008, nos services ont subi plus de 34 000 suppressions d'emplois, soit plus de 28 % de ses effectifs.
– Rémunérations en berne aboutissant à des pertes de pouvoir d'achat de près de 15 %, rendant les emplois à la DGFiP de moins en moins attractifs, notamment dans la filière informatique.
– Moyens de fonctionnement en baisse constante.Dans le schéma directeur du numérique de 2026, si l'investissement dans le numérique est réaffirmé, la philosophie déployée reste la même, à savoir investir pour l'efficience et l'efficacité ; CQFD : supprimer encore plus d'emplois. L'investissement numérique se focalise sur la prétendue efficience de l'IA : l'IA est devenue une ambition déclarée, l'unique stratégie opérationnelle, la seule priorité ! La réduction de la « dette technique » reste perfectible malgré des budgets spécifiques : le taux de conformité à la cible technologique de la DGFiP reste à 52,2 % fin 2025.
La gouvernance actuelle de l'informatique à la DGFiP est, comme dans le reste de la fonction publique, entièrement à revoir. L'obsession pour la « rentabilité », pour l'IA et pour l'externalisation fragilise la sécurité des données de l'état et des citoyens. Cette perte de contrôle des grands projets informatiques accroît l'impuissance des pouvoirs publics face aux intérêts privés.
À budget constant ou en baisse, les investissements en cybersécurité ne sont pas à la hauteur des enjeux !
Pour la CGT Finances Publiques il est urgent de réinvestir massivement dans la fonction publique, en matière d'emplois, de rémunérations et de moyens. L'État doit jouer son rôle et être exemplaire pour garantir la sécurité des données personnelles et numériques de la population.
Montreuil, le 17 août 2026.
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Limiter l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation : c’est non ! (Communiqué CGT)
17 août, par bailleL'approche des discussions budgétaires pour 2027 est l'occasion pour le gouvernement d'agiter un nouveau chiffon rouge : il menace de limiter l'indexation des pensions des retraité·es aisé·es sur l'inflation. En clair, c'est une baisse des pensions de retraite, en commençant par « les plus hautes », en réalité celles situées au-dessus de la moyenne, déjà basse. Le ministre de l'Economie Roland Lescure veut ainsi ouvrir une brèche et éviter à tout prix d'aller chercher l'argent dans les caisses du patronat et des grandes fortunes.
Au lieu de faire les poches des salarié·es et des retraité·es, le gouvernement doit répondre aux besoins sociaux et environnementaux. L'urgence, c'est de rétablir la retraite à 60 ans et d'abroger la réforme des retraites 2023, toujours rejetée par deux tiers des Français·es. L'urgence, c'est d'augmenter les pensions de retraites dont la moyenne s'élève à 1 705 euros bruts, hors paiement de la CSG. C'est aussi de lutter contre les inégalités systémiques de salaires et donc de pensions entre les femmes et les hommes : elles touchent en moyenne des pensions inférieures de 36% à celles des hommes.
Plutôt que d'agiter la menace de la dette, le gouvernement doit arrêter la distribution d'aides aux grandes entreprises, attribuées sans aucune contrepartie. Ce ne sont pas les coupes budgétaires dans les services publics ou le gel du point d'indice et des pensions qui rempliront les caisses publiques. La CGT exige par exemple la fin des exonérations et exemptions de cotisations dites « patronales » qui font perdre des recettes considérables au système solidaire de Sécurité sociale.
Alors que le gouvernement veut poursuivre une politique de casse des solidarités, la CGT revendique au contraire une autre répartition des richesses : par l'investissement massif dans les services publics, dans les moyens humains et matériels pour faire face à la hausse des besoins, au changement climatique, aux crises qui se multiplient, par la hausse des salaires, du point d'indice et des pensions de retraite.
La CGT travaillera à construire les mobilisations nécessaires, notamment contre les attaques portant sur le niveau des pensions, et à gagner sur toutes ses revendications.
Montreuil, le 17 août 2026.

