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Incendies en Gironde : les réponses de l’administration à notre alerte (Communiqué CGT Culture)
29 juillet, par bailleDès le lundi 27 juillet, la CGT-Culture s'est immédiatement mise en contact avec l'administration centrale afin de répondre à l'urgence sociale et matérielle d'agent·es du ministère victimes des incendies en Gironde (voir notre précédent communiqué).
Aux propositions de la CGT-Culture, l'administration confirme :
- qu'aucun·e agent·e ne sera sanctionné·e en raison de l'impossibilité de se rendre sur son lieu de travail ou de télétravailler.
- que les autorisations spéciales d'absence (ASA) pourront bien être mises en œuvre pour les agent·es qui ne peuvent ni se rendre sur leur lieu de travail (suite aux interdictions de déplacement, les accès autoroutiers et ferroviaires bloqués, la pénurie d'essence…) ni télétravailler (évacuation sans le matériel informatique), ainsi que pour les personnes vulnérables et/ou en situation de handicap (maladie respiratoire, maladie cardiovasculaire et autres) dont l'état de santé est incompatible avec la pollution de l'air lié aux fumées toxiques.
- pour les agent·es qui n'ont pas pu avoir de rendez-vous médical prévu pour le renouvellement de leur arrêt ou d'un premier arrêt en raison de la réquisition des médecins, elles et ils pourront solliciter une téléconsultation via la MGEN (ou leur mutuelle autre le cas échéant) ; si la téléconsultation n'est pas possible ou en cas de refus de la mutuelle, et compte tenu du caractère exceptionnel de la situation, la période intermédiaire pourra être couverte par une ASA
- que les agent·es concerné·es pourront bénéficier des dispositifs d'action sociale (notamment places d'hébergement temporaire interministérielles et dispositifs d'aide et de secours). Elles et ils peuvent se rapprocher de leur assistante sociale qui fera le point sur les dispositifs mobilisables et les accompagnera dans les démarches. L'administration est en lien avec les assistantes sociales compétentes localement pour leur transmettre le contact des agent·es concerné·es par les incendies afin de les accompagner.
- avoir activé le dispositif téléphonique de soutien psychologique hier mardi 28/07 pour les agent·es, les membres de leur famille et les étudiant·es.
- l'envoi de la note canicule ministérielle réactualisée avec les organisations syndicales à toutes les administrations et opérateurs du ministère en prévision de la nouvelle vague de chaleur annoncée pour le milieu de semaine.
La CGT-Culture demande que des mesures de prévention face aux fumées toxiques soient mises en œuvre sans délai, notamment en assurant des mesures de la qualité de l'air et en distribuant des masques FFP2 et en anticipant la fermeture de sites.
Si nous espérons toutes et tous un retour à la normale pour nos collègues, leurs familles et leurs proches dans les meilleurs délais, pour beaucoup d'entre elles et eux les conséquences de ces incendies seront observables encore longtemps. La CGT-Culture se tient à leur côté pour répondre à leur besoin et saisir l'administration pour la mise en place de mesures concrètes.
La protection de la santé et la sécurité des personnels face au dérèglement climatique restent urgentes et impératives.
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Voir en ligne la FAQ de la DGAFP : Incendies exceptionnels : les mesures pour accompagner les services et agents publicsLe lien de cette FAQ et la note ministérielle sur les mesures de prévention lors d'épisodes de chaleur intense (cf PJ) sont à retrouver dans la rubrique Ressources du site de la CGT-Culture : https://cgt-culture.fr/ressources/
Le 29 juillet 2026.
>> Communiqué CGT Culture en téléchargement
Également en téléchargement :
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Canicules, incendies : faire de l’adaptation climatique et de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité nationale (Communiqué CGT)
28 juillet, par bailleLa CGT exprime son profond soutien aux familles et aux proches des 3 pompiers décédés en luttant contre les flammes depuis le début du mois de juillet. Aujourd'hui la situation est catastrophique face aux incendies de Gironde et des Landes. La CGT apporte également son soutien aux 84 pompiers blessés dont l'un d'eux en urgence absolue ainsi qu'aux populations sinistrées et à l'ensemble des personnels mobilisés pour protéger les habitant·es et les territoires.
Ces mégafeux ne sont pas une fatalité : ils sont l'une des conséquences du dérèglement climatique causés par le capitalisme.
Cette responsabilité est également celle des choix budgétaires qui ont progressivement fragilisé les services publics chargés de protéger la population. Saluons une fois encore le dévouement des agentes et des agents des services publics qui font toujours face au péril de leur vie et de leur santé. Les hôpitaux comme les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) manquent de moyens humains et matériels pour faire face à des crises qui deviennent plus fréquentes et plus intenses. La diminution continue des moyens d'intervention, avec près de 1 000 camions-citernes déclassés en vingt ans, illustre ce désengagement. On ne peut plus accepter que la disponibilité des Canadair soit entravée par des pénuries de pièces de rechange ! Face à l'urgence climatique, l'État doit s'appuyer sur l'ensemble des savoir-faire publics, mutualiser les compétences, s'appuyer sur les salariés et mettre en œuvre une gestion stratégique des approvisionnements pour garantir une flotte suffisante opérationnelle en permanence.
La situation se complexifie encore avec l'annonce d'une quatrième vague de canicule dès cette semaine, qui viendra s'ajouter aux risques déjà liés aux incendies, aux fortes chaleurs, aux fumées et aux particules fines. Le travail tue aussi par la chaleur, et il est hors de question que de nouveaux drames surviennent faute d'anticipation et de mesures de prévention. Les employeurs doivent immédiatement adapter l'organisation du travail, et déployer toutes les mesures nécessaires pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses conformément aux revendications portées par la CGT depuis le début de l'été.
Face à cette situation exceptionnelle, la CGT a demandé ce jour au Gouvernement lors de la réunion interministérielle de prendre immédiatement les mesures suivantes :
- prendre en charge à 100% le dispositif exceptionnel d'activité partielle, afin qu'aucun salarié ne perde un euro en raison des incendies, et mettre en oeuvre via les services de l'état une information claire sur les droits des salarié·es ;
- dresser un état des lieux exhaustif des entreprises touchées, qu'elles soient en cessation totale ou partielle d'activité, avec la mise en place de cellules départementales de suivi associant les organisations syndicales. Une vigilance particulière doit être portée aux établissements industriels à risques, notamment les sites Seveso ;
- anticiper dès maintenant le retour de la canicule en imposant l'adaptation de l'organisation du travail afin de protéger les salarié·es exposé·es. ;
- protéger les salariés, particulièrement ceux travaillant en extérieur des conséquences de la canicule, des fumées et des particules fines, jusqu'à l'arrêt de certaines activités et par un suivi médical dans la durée notamment ;
- renforcer immédiatement les moyens des SDIS : renforcer les effectifs de pompiers professionnels et les moyens matériels, renouveler les véhicules d'intervention, accélérer la maintenance de la flotte de Canadair et lever les blocages administratifs qui retardent la disponibilité des appareils et des pièces. Mais également des autres institutions publiques tel que l'ONF, l'OFB, les Dreets…
- rendre obligatoire et automatique la libération effective des pompiers volontaires par leurs employeurs devant l'urgence de la situation
- renforcer immédiatement les moyens dont les hôpitaux ont besoin dans le prochain PLFSS.
La France manque de pompiers, d'agent.es publics, de scientifiques. L'engagement fort des salariés ne peut se substituer à une réelle volonté politique à la hauteur de l'urgence climatique. Il faut enfin s'appuyer sur celles et ceux qui connaissent leur métier, leur secteur d'activité et prendre au sérieux les alertes incessantes de la communauté scientifique.
Après une quatrième canicule en quelques semaines et des mégafeux d'une ampleur inédite, le prochain budget ne peut pas être un budget d'austérité. Le dérèglement climatique n'est plus une crise ponctuelle mais une réalité durable qui peut encore être limitée par une vraie stratégie de bifurcation environnementale et sociale. La CGT portera dans le débat budgétaire ses propositions pour renforcer les services publics, les SDIS, la prévention, la protection des travailleurs et l'adaptation des territoires. Il est temps de sortir d'une logique de gestion permanente de l'urgence pour engager des politiques structurelles capables de lutter contre le dérèglement climatique et d'adapter notre société . Chaque euro qui manque aujourd'hui à la prévention et à l'adaptation alourdit les coûts humains, sociaux, environnementaux et économiques de demain.
À Montreuil le 28 juillet 2026.
>> Communiqué CGT en téléchargement
Rappel :
> Tract CGT « Feux de forêt : agir avant qu'il ne soit trop tard »
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Un État efficace ne se réduit pas à l’élimination de supposés doublons (Communiqué SNSC-FSU, CGT, SUD)
27 juillet, par baille
Le gouvernement revendique la construction d'un « État efficace ». Parmi les mesures annoncées figure la « rationalisation » des opérateurs publics, au nom d'une simplification de l'action publique. Derrière ce vocabulaire se cache pourtant une logique bien plus brutale : faire disparaître ou fusionner des établissements jugés redondants. Cette logique atteint aujourd'hui la recherche publique et menace directement l'Institut de recherche pour le développement (IRD) que l'État veut dissoudre dans le CNRS.
Mais, qu'appelle-t-on un doublon ? Qu'est-ce qu'une économie en recherche ?
Deux organismes qui font de la recherche sont-ils nécessairement interchangeables ? Peut-on réduire quatre- vingts années de partenariats, d'expertise, de présence internationale et de confiance patiemment construite, à une simple ligne dans un organigramme ? À ces questions, le gouvernement n'apporte aucune réponse. Le calendrier lui-même interroge : alors que les décisions se préparent au cœur de l'été, le débat démocratique n'existe pas. Une telle réforme ne peut se faire par une procédure accélérée.Derrière la rationalisation, une vision appauvrie de l'État
L'efficacité d'un État ne se mesure pas au nombre d'établissements qu'il fait disparaître. Elle se mesure à sa capacité à préserver ce qui constitue ses forces stratégiques.
La recherche publique n'est pas une dépense comme une autre. Le maintien de l'IRD ne grève pas le budget de l'État, il est au contraire un levier pour mobiliser des financements extérieurs et un investissement sur le futur. Il aide à anticiper les conséquences des changements en cours et donc à faire des économies, à moyen et long terme, pour l'adaptation aux changements et la prévention des risques à l'échelle locale, régionale et globale. L'IRD, en effet, produit des connaissances, éclaire les décisions publiques, forme les générations futures et construit des relations internationales face aux bouleversements en cours au plus près des populations des Suds et de l'Outremer. Les recherches de l'IRD sont essentielles pour anticiper et réduire le coût de la lutte contre les dérèglements environnementaux auxquels font face les populations : celles de la France, de ses outremers et des Suds.
À l'inverse, certains dispositifs fiscaux, comme le crédit d'impôt recherche, dont le coût se chiffre à plusieurs milliards d'euros chaque année, continuent d'être reconduits malgré les réserves importantes exprimées par la Cour des comptes quant à leur efficacité réelle d'un point de vue économique et de soutien à la R&D. Les caisses de l'État, nous dit-on, sont vides. Mais un État efficace ne serait-il pas plutôt un État capable d'aller chercher en premier lieu les dizaines de milliards de l'évasion fiscale ? Cela implique des forces vives et donc des fonctionnaires plutôt que la casse systématique de la fonction publique. Pourtant, c'est bien un établissement public reconnu internationalement qui est aujourd'hui présenté comme un doublon et donc une source possible d'économie budgétaire !L'IRD n'est pas un doublon. Il est unique.
L'IRD se distingue par sa manière de faire de la science. Depuis près de quatre-vingts ans, l'Institut a profondément évolué. Il a rompu avec l'héritage d'une histoire marquée par le contexte colonial, pour devenir un établissement reconnu comme un modèle fondé sur des valeurs de partenariat, de réciprocité, de co-construction des connaissances et de respect des communautés scientifiques du Sud. Cette transformation est une réussite même si elle encore perfectible. Aujourd'hui, aucun autre établissement français ou européen ne possède une telle présence de long terme dans les pays du Sud et dans les Outremers, une telle capacité à construire des coopérations fondées sur la confiance, ni une telle expérience de la formation par la recherche de communautés scientifiques appelées à développer durablement leurs propres institutions sans contribuer à une fuite des cerveaux vers le nord. Cette confiance ne s'achète pas, elle ne se fusionne pas, elle ne se décrète pas : elle se construit sur le long terme.Lire la suite dans le communiqué SNSC-FSU, CGT, SUD en téléchargement
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Incendies en Gironde : la CGT-Culture alerte sur l’urgence des situations sociales (Communiqué CGT Culture)
27 juillet, par bailleLe constat est sans appel, la CGT-Culture le répète depuis plusieurs années : les feux de forêt ne sont plus des événements exceptionnels ni limités à quelques territoires. Avec le dérèglement climatique, les incendies sont plus précoces, plus fréquents et plus intenses. Face à cette nouvelle réalité, il est désormais indispensable d'anticiper la mise en œuvre de mesures de prévention, de moyens de lutte et de protection des populations notamment pour protéger les personnels, les prestataires, les visiteuses et visiteurs, les usagères et usagers, les collections et les bâtiments. Leur prise en compte doit devenir une priorité des politiques de prévention et des politiques publiques.
Depuis plusieurs jours des incendies d'une ampleur inédite ravagent le département de la Gironde. Le bilan au 26 juillet 2026 est un désastre : 220 000 personnes ont été évacuées ; 23 communes sont concernées par ces évacuations ; 84 pompiers blessés dont 2 décès ; 240 habitations détruites.
Pour l'heure, les pensées de la CGT-Culture vont à nos collègues et leurs proches qui font face depuis plusieurs jours à ces évènements tragiques et leur apporte son soutien plein et entier. La CGT-Culture s'est rapprochée de l'administration pour les accompagner dans leurs difficultés personnelles et professionnelles. Si vous avez connaissance de situations particulières, n'hésitez pas à nous contacter par mél à cgt-culture@culture.gouv.fr ou par téléphone au 0140155170.
La CGT-Culture appelle toutes les administrations du ministère de la Culture présentent en Gironde à :
- ne pas sanctionner les agent·es qui ne peuvent se rendre sur leur lieu de travail ou qui sont dans l'impossibilité de télétravailler
- positionner en ASA les agent·es qui ne peuvent travailler ou se rendre à leur domicile en urgence, ainsi que les personnes vulnérables et/ou en situation de handicap en leur portant une attention particulière
- se rapprocher des services sociaux pour envisager des relogements et toutes autres aides sociales
- prendre en charge les nuits d'hôtels qui ne pourraient être couvertes par une assurance
- mettre en œuvre des mesures de prévention face aux fumées toxiques, notamment en assurant des mesures de la qualité de l'air et en distribuant des masques FFP2, voire en anticipant la fermeture de sites
De surcroît, mercredi prochain la Nouvelle-Aquitaine - comme d'autres régions - connaîtra une quatrième vague de chaleur avec 41° prévus à Bordeaux. La CGT-Culture demande l'activation des mesures préventives prévues dans la circulaire canicule du ministère de la Culture de 2026.
La protection de la santé et la sécurité des personnels face au dérèglement climatique sont urgentes et impératives.
Le 27 juillet 2026.
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Soutien à Pierre et Benoît, inspecteurs du travail ! (Tribune unitaire)
24 juillet, par baille
Aujourd'hui est parue sur le site de Mediapart une tribune en défense de l'inspection du travail et de nos deux collègues de la DDETS de l'Isère, Pierre et Benoît, qui font l'objet de poursuites disciplinaires par la hiérarchie du ministère du travail. Cette tribune a été signée par une centaine de représentant.es syndicaux, du monde associatif et de la recherche, et de politiques :
Qui veut la peau de l'inspection du travail ?
Depuis de nombreuses années, les services de l'inspection du travail sont mis sous tension. Un rapport récent du cabinet indépendant APTEIS a dressé un tableau alarmant des services du ministère du Travail et de l'Emploi, en particulier ceux de l'inspection du travail. Depuis 2017, 20 % des postes d'inspection du travail ont été supprimés et les effectifs des fonctions d'appui ont été réduits drastiquement. À ce jour, il reste moins de 1 800 agent·es de contrôle pour 21 millions de salarié·es. La mise sous pression managériale a été privilégiée au détriment de l'appui aux fonctions de contrôle : en lien avec des plans de communication sans moyens augmentés, les ministres du Travail successifs fixent des objectifs chiffrés, le plus souvent sans rapport avec les besoins du terrain et les demandes d'intervention des travailleur·euses ou de leurs représentant·es.
Le rapport fait également état d'une intensification et d'une complexification généralisées du travail, qui ont pour conséquence une explosion des risques psychosociaux. Dans le même temps, la réforme « OTE » de 2021 (Organisation territoriale de l'État) a renforcé le pouvoir des préfets, plaçant l'ensemble de la hiérarchie locale de l'inspection du travail (DDEETS et DREETS) sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, dont dépend désormais l'ensemble des moyens de fonctionnement de l'inspection du travail. Cette situation de tutelle préfectorale rend de plus en plus illusoire la garantie d'indépendance des services de l'inspection du travail exigée par la Convention n° 81 de l'OIT ratifiée par la France.
Dans ce contexte, ce qui s'est joué autour de la défense du 1er mai, seul jour « super férié » (c'est-à-dire férié et chômé) est édifiant. Malgré les attaques dont il a fait l'objet, les règles particulières protégeant le 1er mai n'avaient pas changé. Le gouvernement a pourtant fortement suggéré aux agent·es de contrôle d'anticiper une hypothétique évolution réglementaire, fait tout à fait inédit. Plus grave encore en termes de respect de l'État de droit et du principe de séparation des pouvoirs, le même gouvernement, par la voix du Premier ministre, a invité les représentants patronaux des boulangeries et des fleuristes à déroger à la loi existante, leur assurant une tolérance des services de contrôle. Dans certains départements, comme en Isère, des directions zélées sont allées jusqu'à tenter d'empêcher les inspecteurs et inspectrices du travail de mener à bien des contrôles. Le Premier ministre s'est même autorisé à appeler un boulanger ayant fait l'objet d'un contrôle pour l'assurer qu'aucune amende ne serait prononcée. La délinquance patronale a donc été encouragée puis légitimée, le tout en décrédibilisant l'action de l'inspection du travail.
Dans ce même département, deux inspecteurs du travail ont été convoqués le 4 mai 2026 par la police pour des faits supposés de « harcèlement moral », convocation faisant suite à un signalement ancien de leur direction et une plainte de leur supérieure hiérarchique, dans un contexte d'intense dégradation des conditions de travail qu'ils ont maintes fois dénoncée en tant que représentants syndicaux des agent·es.
Il s'agissait donc clairement d'une procédure-bâillon et de représailles. Le procureur de la République de Grenoble ne s'y est pas trompé et a très rapidement classé sans suite cette plainte de la hiérarchie. Pourtant, manifestement déterminé à mettre au pas l'inspection du travail, le ministère du Travail a immédiatement engagé des poursuites disciplinaires contre les deux inspecteurs, à qui il est reproché de s'exprimer afin d'obtenir des conditions de travail dignes au ministère du Travail, ou de refuser de participer à des contrôles concernant la lutte contre le narcotrafic. Ces inspecteurs dénoncent l'impossibilité de mener à bien leur mission essentielle : la protection des travailleur·euses. C'est bien cela qu'on veut leur faire payer avec ces procédures-bâillons.
Nous ne nous y trompons pas : depuis la loi Travail de 2016 et les ordonnances Macron en 2017, qui avaient déjà entaillé très sérieusement la représentation du personnel dans les entreprises et rouvert la boîte de Pandore des possibilités de dérogations à la loi, le sabotage des droits des travailleur·euses continue. En s'attaquant à ses représentants syndicaux, le ministère du Travail veut mettre au pas l'inspection du travail, une des dernières digues de protection des droits des travailleur·euses.
Alors que la hausse inquiétante des accidents mortels du travail (plus de deux travailleurs décèdent au travail chaque jour) devrait obliger le gouvernement à engager une réelle politique de prévention des risques pour la santé au travail (notamment par un renforcement des effectifs de contrôle), et rétablir une réglementation plus protectrice et préventive (rétablissement des CHSCT en particulier), il ne trouve rien de plus urgent que de s'acharner sur deux agents de l'inspection, dans l'objectif clair d'envoyer un message de mise au pas à tous les agent·es de ce corps de contrôle.
Nous demandons que cesse le harcèlement judiciaire et disciplinaire à l'encontre de Pierre et Benoît, à commencer par l'abandon des procédures disciplinaires engagées. La réponse aux revendications et aux luttes des agent·es de l'inspection du travail ne peut en aucun cas être la répression syndicale. Nous demandons des moyens, des effectifs, un véritable plan d'urgence à la hauteur des besoins de ce service public essentiel qu'est l'inspection du travail.
Premièr·es signataires :
Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT
Caroline CHEVÉ, secrétaire générale de la FSU
Julie FERRUA et Murielle GUILBERT, co-déléguées générales de l'Union syndicale Solidaires
Julien HUARD, secrétaire confédéral de la CNT-SO
Nathalie SALA, secrétaire confédérale de la CNT
Christophe DELECOURT, co-secrétaire général UFSE CGT
Sylvie AEBISCHER, co-secrétaire générale UFSE CGT
Stéphane MAUGENDRE, président du Syndicat des avocats de France
Manon LEFEBVRE, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature
Nathalie TEHIO, présidente de la Ligue des Droits Humains
Youlie YAMAMOTO, porte-parole d'Attac France
