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CGT - Université de Lille
Journal de la CGT Université de Lille n°74Éditorial
Le débat d’orientation budgétaire et RH au Comité Social d’Administration de l’Université de Lille
La liberté académique ne s’use que si l’on empêche son exercice !
L’évaluation de l’Université de Lille par l’HCERES lors de la campagne 2024-2025
Les Assises du financement des universités
La sortie de l’EPE et l’Intelligence Artificielle au menu du Congrès de l’Université de Lille
Calendrier universitaire et compensation entre BCC : le cadrage général à ULille évolue
Avis de la F3SCT : alertes et préconisations sur les conditions de travail
Registre SST, tous les signalements comptent !
Shadok cabinet, saison 5, épisode 3 dit du Shadok AI
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Éditorial
La commission d’enquête sur la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique du service public de l’enseignement supérieur du Sénat a auditionné, le 14 avril, cinq président·e·s d’université dont Régis Bordet. Ce dernier, au cours de l’échange, a invité les sénateurs à se rendre sur place pour constater ce qu’est le quotidien d’une université [1]. C’est ce que la CGT a fait le 30 avril en invitant des députés afin d’alerter sur la situation de notre établissement, de porter la voix des personnels et de mettre en lumière leurs conditions de travail.
Pendant ce temps, Philippe Baptiste, notre ministre, a annoncé, d’abord le 20 avril dans la presse puis le 21 avril à l’occasion du lancement de la stratégie Choose France for Higher Education, qu’un décret viendrait rendre effective l’application de droits différenciés pour les étudiant·e·s extracommunautaires (2 895 € en licence au lieu de 178 €, et 3 941 € en master au lieu de 254 €).
Les établissements ne pourront exonérer ces étudiant·e·s en fonction de leur situation individuelle que dans la limite de 10 % des étudiants assujettis aux droits différenciés, alors qu’actuellement le plafond de 10 % se mesure sur l’effectif total des étudiant·e·s sans distinction de nationalité. « C’est à la fois un moyen de renforcer la lisibilité de l’offre de formation française et de dégager des moyens supplémentaires pour les établissements afin d’améliorer les conditions d’accueil des étudiant·e·s internationaux. » [2]. La CGT FERC Sup s’oppose fermement à toute hausse des frais d’inscription, que ce soit de façon discriminatoire ou généralisée. Elle dénonce cette attaque intolérable contre les principes fondamentaux du service public d’enseignement supérieur, gratuit, laïque et émancipateur, ouvert à toutes et tous sans distinction d’origine, dont la France devrait s’enorgueillir au lieu de vouloir le privatiser et le détruire, en singeant les dérives des systèmes anglo-saxons [3].
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Le débat d’orientation budgétaire et RH au Comité Social d’Administration de l’Université de Lille
Lors d’un rendez-vous entre présidence et organisation syndicale, la CGT avait demandé le 11 février que le Comité Social d’Administration (CSA) compétent sur les conditions de travail et la politique des emplois soit consulté sur le débat d’orientation budgétaire programmé au Conseil d’Administration (CA).
Le CA a débattu le 12 mars de la situation budgétaire et de la liste à la Prévert des actions possibles pour réduire le déficit annexée au document préparatoire. Notre édito du journal précédent contient le lien du diaporama qui a servi de base à l’assemblée générale du 10 mars. Ce dernier rapporte une partie de ces actions possibles issues du brainstorming du comité de direction de l’Université.
Lors du CA, il n’y a pas eu de vote. Les actions seraient soumises à une évaluation budgétaire avant qu’elles ne soient choisies et proposées au CA. Le même document a été mis en débat au CSA du 26 mars. Là encore, la présidence a indiqué qu’elle n’a pas encore arrêté les mesures qui seraient retenues et que l’ensemble était en cours de chiffrage. À la question de savoir la signification des « etc » en bas des listes d’actions, le président a affirmé que c’était l’occasion pour le CSA de formuler des actions de son côté. Les échanges lors du CSA ont montré que toutes les propositions des représentant·es du personnel émises en instance ont été balayées par la présidence.
À l’issue du débat, voici l’avis qui a été adopté à l’unanimité des représentant·es du personnel, tous syndicats confondus :
Les représentant·es du personnel du Comité Social d’Administration ont pris connaissance du document intitulé « débat d’orientation budgétaire et RH 2027 ».
Ils rappellent la responsabilité de l’État qui alloue depuis des années, une subvention pour charges de service public aux universités insuffisante ne compensant pas : l’inflation, le surcoût des dépenses énergétiques, la hausse du nombre d’étudiant·es, et les mesures de revalorisation statutaire. Ce sous-financement de l’enseignement supérieur vient percuter des établissements comme l’Université de Lille qui héritent par ailleurs d’une situation patrimoniale fortement dégradée.
Parmi les actions listées en annexe du document préparatoire, les représentant·es du personnel désapprouvent celles qui dégraderont les conditions de travail et les perspectives de carrière comme :
- une révision de la campagne des emplois qui conduirait à de nouveaux gels d’emplois vacants,
- la publication de postes MCF plutôt que de postes PR alors que le repyramidage mis en œuvre depuis 5 ans visait à redonner une perspective de carrière en fixant un ratio PR/MCF de 40/60 à atteindre par section CNU,
- la transformation d’un demi-poste d’ATER en poste d’ATER à temps plein de 6 mois et le recrutement de CDD au lieu de PAST,
- le recours accru aux CDD de projet qui exclut les agents de toute CDIsation,
- une révision des modalités de détermination de l’enveloppe des non-titulaires ou des règles de remplacement et de vacations administratives qui déboucherait sur une réduction des possibilités.
Les représentant·es du personnel attirent l’attention sur le fait que ces mesures ne contribuent aucunement à réduire les inégalités entre personnels en matière de carrière et de rémunération, au contraire, alors que ces inégalités participent à la dégradation des conditions de travail et de l’ambiance de travail.
Les représentant·es du personnel illustrent les dépenses liées à l’insuffisance de la prévention des risques par le rapport social unique 2024. Entre 2023 et 2024, le nombre total d’accidents reconnus imputables a augmenté de 11,6 %, ceux liés à des risques psychosociaux (épuisement professionnel, souffrance au travail et agressions) ont doublé, le nombre d’arrêts de plus de 15 jours consécutifs a, lui, progressé d’un tiers. Les accidents de service et de travail ont entraîné 9 700 jours d’arrêt de travail en 2024. Près de la moitié des services n’ont pas de document unique d’évaluation des risques professionnels et quand ce dernier existe, il n’intègre pas les risques psychosociaux.
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La liberté académique ne s’use que si l’on empêche son exercice !
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule :
– Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.
– Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Le Code général de la fonction publique garantit la liberté d’opinion aux agents publics (art. L111-1).
Le règlement intérieur de l’Université de Lille rappelle en son article B2 que les usagers du service public de l’enseignement supérieur disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels.
Conformément à l’article L. 952-2 du code de l’éducation, les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions d’enseignement et de leurs activités de recherche, sous les réserves que leur imposent, conformément aux traditions universitaires et aux dispositions du code de l’éducation, les principes de tolérance et d’objectivité. Les libertés académiques s’exercent conformément au principe à caractère constitutionnel d’indépendance des enseignants-chercheurs.
Le panel Science and Technology Options Assessment (STOA) - un panel d’eurodéputés du Parlement européen dans son rapport annuel 2025 publié le 23 février 2026 décrit une situation de "polarisation politique exacerbée, facteur sous-jacent au recul démocratique au sein de l’UE, menaçant la liberté académique". Cette polarisation a "également atteint le monde universitaire, risquant d’y créer des divisions qui pourraient à leur tour conduire à des tentatives de museler les voix dissidentes et à une autocensure excessive" (Dépêche AEF n°747209).
La France fait encore partie des 10-20 % des pays au niveau mondial les plus performants en matière de respect de la liberté académique [4].
Ce qui n’empêche pas des alertes récentes. À l’Université de Lille, nous pouvons citer :
La mission de maintien de l’ordre permet au chef d’établissement d’interdire l’accès aux enceintes de l’établissement à toute personne ou de suspendre des activités notamment en cas de menace ou d’action contre l’ordre dans les enceintes et locaux de l’établissement [5].
Si l’on ne peut que dénoncer l’usage de la violence et comprendre l’obligation d’assurer la sécurité des biens et des personnes, il faut rester vigilant quant à l’usage de mesures qui viennent limiter les libertés individuelles. Il en va de la garantie du maintien des libertés individuelles des étudiants comme des personnels à ce que ces mesures ne soient pas disproportionnées.
Les mobilisations étudiantes ne sont pas plus violentes actuellement qu’auparavant ! Il suffit de rappeler les manifestations et affrontements pour s’opposer à la Guerre d’Algérie, mai 68, 1986 contre la loi Devaquet avec la mort de Malik Oussekine... et bien d’autres. Force est de constater que les actes violents émanent trop souvent des forces de l’ordre. Les occupations d’universités dont les lilloises par les étudiants font partie des actions de mobilisation, citons 2007 contre la LRU, 2016 contre la loi Travail... Évidemment, un étudiant qui fait grève, cela ne se voit pas et donc il est naturel que les actions se déroulent sur leur lieu d’enseignement. C’est aussi dans les établissements qu’ils peuvent convaincre d’autres étudiants de rejoindre le mouvement. Il en est de même lorsque des grévistes occupent des usines ou en bloquent l’entrée.
L’accusation de « prise en otage » des usagers est utilisée couramment pour discréditer les grèves dans le secteur des transports en commun, l’interdiction de l’accès aux étudiants qui ne sont pas en grève l’est tout autant pour demander la levée des occupations et blocages. Les blocages à l’entrée du campus Pont-de-bois déclenchent au niveau de la hiérarchie l’incitation au télétravail des agents.
Au sein de la communauté universitaire, on pourrait attendre une solidarité notamment lorsque les revendications étudiantes rejoignent celles des personnels. Le Contrat Premier Embauche (CPE) aurait été promulgué par le président Chirac sans la mobilisation des jeunes : élèves et étudiants.
Les Zones à Régime Restrictif (ZRR), créées par décret en 2012, dans le but de protéger, au sein des établissements de recherche publics et privés, l’accès à leurs savoirs et savoir-faire stratégiques ainsi qu’à leurs technologies sensibles et qui s’étendent sans arrêt portent atteinte aux libertés individuelles académiques.
Dans la suite de la mort de Quentin Deranque, notre ministre a rapidement diffusé une circulaire qui incite à interdire des événements, comme une conférence politique, en cas de « risques avérés de troubles à l’ordre public ». Si ce n’est pas l’annonce d’une possibilité nouvelle, le rappel dans une circulaire dans le contexte visait clairement d’une part à répondre aux pressions médiatiques et politiques et d’autre part à renvoyer la balle aux chefs d’établissement les incitant à durcir leurs positions. La CGT FERC Sup a condamné avec fermeté les violences ayant entraîné la mort de Quentin Deranque dans un communiqué du 17 février 2026 tout en appelant notre ministre M. Philippe Baptiste à cesser d’instrumentaliser le drame survenu à Lyon et d’assurer à l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche en France son engagement en défense de la liberté d’expression.
La proposition de loi intitulée « Liberté académique des enseignants-chercheurs, des enseignants et des chercheurs », initiée par le sénateur PS Adel Ziane, a été adoptée en première lecture sous une forme modifiée par le Sénat le 11 février 2026. Le texte présenté, enrichi en commission préalable, comportait 8 articles ayant pour but :
La CGT-FERC Sup demande instamment aux député·es d’agir pour retirer ces deux ajouts (limitation de la liberté d’expression, mission confiée au HCERES) et pour rétablir les deux articles rejetés (limitation des ZRR et obligation faite aux établissements). Elle soutient également l’inscription de la liberté académique (de recherche, d’enseignement et d’expression, sans restriction) dans la Constitution [6].
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L’évaluation de l’Université de Lille par l’HCERES lors de la campagne 2024-2025
L’ensemble des documents est en ligne depuis février 2026.
Voici quelques éléments que nous vous partageons de cette évaluation par le comité de l’HCERES.
Les forces principales identifiées :
Des faiblesses appelant une vigilance particulière :
On y trouve aussi des recommandations comme :
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Les Assises du financement des universités
Selon le dictionnaire de l’Académie française, au Moyen Âge, le terme désignait une assemblée de seigneurs sous la présidence du suzerain. En droit, il désigne la session d’une cour criminelle. Par analogie, il désigne une réunion plénière des membres d’un parti politique, d’une association, etc. Au figuré et en familier, tenir ses assises, c’est réunir autour de soi des disciples, des amis.
Ces assises du financement des universités, en tout cas, ne réunissent pas que des amis de l’enseignement supérieur public !
"Les Assises du financement des universités sont un exercice périlleux mais nécessaire", estime Philippe Baptiste, ministre de l’ESR et de l’Espace, dans son propos liminaire, en ouverture d’une journée d’échanges, organisée au musée du Quai Branly à Paris, en présence de l’ensemble des acteurs du secteur, le 26 mars 2026 (AEF Dépêche n°748120).
Périlleux pour qui ? Nécessaire en quoi ? Les deux copilotes de la mission, Gilles Roussel et Jérôme Fournel, ont dressé le diagnostic "partagé" de la situation économique des universités.
« À part le ministre, tout le monde en France s’accorde à dire que la situation financière de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) est catastrophique : la CGT FERC Sup [7], comme le reste des syndicats de personnels, les syndicats d’étudiant·es, et jusqu’aux président·es d’université via leur association France Universités ».
Pour les solutions, notre ministre a asséné « Quelle que soit la prochaine majorité et le prochain président de la République, les grandes données du problème ne changeront pas. Nous serons toujours dans une phase de consolidation budgétaire ».
En février 2026, le ministre de l’ESR et de l’Espace, Philippe Baptiste, avait annoncé une compensation de 75 % de la hausse du Compte d’Affectation Spéciale (CAS) pensions pour l’ensemble des universités, et "jusqu’à 120 %" pour certains établissements "en difficulté". Onze établissements bénéficient de cette "sur-compensation". Vous n’y trouverez pas l’Université de Lille qui malgré ses difficultés financières et un plan de retour à l’équilibre financier ne verra sa compensation du CAS qu’à hauteur de 80 %.
« La Subvention pour Charge de Service Public (SCSP) a progressé de 25 % sur la période, tandis que l’inflation a progressé de 16 %", précise Jérôme Fournel. Dans le même temps, les universités ont connu "une augmentation totale de leurs charges de 24 %", avec d’un côté une progression de 29 % des charges de personnel (augmentation du point d’indice, revalorisation indemnitaire, CAS pensions…) et "une dynamique très forte sur les fluides, +60 %, liée à la crise énergétique".
Depuis plusieurs années, le ministère a tapé dans la trésorerie des universités en ne compensant pas totalement les mesures statutaires qu’il décrétait. Il a fait les poches des établissements ! Désormais, le niveau de trésorerie des établissements de 3,8 Md€ en 2024 correspond largement à de la trésorerie affectée à des projets et investissements programmés. Le niveau de la trésorerie libre d’emploi est passé de 9 % en 2020 à "4 à 5 %" en 2024, ce qui représente à peine une somme de l’ordre de 200 M€...
Cette histoire et cette stratégie d’inspiration néolibérale ne datent pas d’hier !
Depuis le processus de Bologne (1998) qui organise la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur, les réformes se sont succédé pour l’ouverture au marché de l’enseignement supérieur : réforme LMD, passage aux RCE, loi ORE, LPR, PIA, plan Campus et autre dévolution du patrimoine. Il s’agit clairement d’abattre les remparts que constituent le monopole de la délivrance des diplômes et un service public de l’enseignement supérieur pour l’ouvrir à la concurrence du secteur privé y compris lucratif et mettre fin à un enseignement supérieur gratuit et accessible au plus grand nombre.
Forcément, pour faire de la place au privé, il faut non seulement ouvrir un marché à la concurrence mais affaiblir le secteur public, réduire un financement jugé déloyal par le secteur privé, le contraindre à imiter le privé en allant chercher des financements sur projet suite à la réduction des financements pérennes avant de bientôt lui faire réclamer une liberté des tarifs, donc une dérégulation des droits d’inscription. Quand les universités publiques fonctionneront à l’image des établissements privés, il n’y aura plus qu’à argumenter sur la liberté de choix de son établissement comme dans l’éducation secondaire en omettant de rappeler que les écoles privées sous contrat y sont financées à plus de 70 % par l’État.
Alors que depuis les RCE, le ministère de l’ESR a perdu beaucoup de ses moyens de pilotage comme l’a constaté la Cour des comptes [8], la dernière mode est d’accentuer une territorialisation inscrite dès la loi ESR de G. Fioraso en 2013 avec une cartographie au niveau de l’académie des formations et l’obligation de regroupements d’établissements. Voici maintenant les contrats d’objectifs, de moyens et de performance qui vont régir pour toutes les universités le montant de leur subvention de charge de service public (sur les COMP 100 % lire notre article). Nous ne pouvons que craindre que cette territorialisation signe un nouveau désengagement de l’État vis-à-vis de l’enseignement supérieur, accentue les disparités régionales et aliène davantage les universités comme leurs étudiant·es à l’insertion professionnelle locale.
Après une déclaration commune, les représentant·es du SNESUP-FSU, de la CGT FERC Sup, de SUD Éducation, de l’UNEF et de l’Union étudiante dénonçant des assises qui sont un écran de fumée, refusant de cautionner le retrait du financement de l’État, la pérennisation des inégalités de dotation, et la destruction des valeurs de l’université dans des établissements publics expérimentaux (EPE) qui réduisent la démocratie et légitiment l’enseignement privé, ont quitté la séance plénière des Assises du financement des universités [9].
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La sortie de l’EPE et l’Intelligence Artificielle au menu du Congrès de l’Université de Lille
Le congrès du 3 avril a réuni les élu·es des conseils centraux de l’université, les représentant·es des instances représentatives des personnels, les directions de composantes et d’unités de recherche.
Deux thèmes étaient inscrits à l’ordre du jour : la sortie de l’expérimentation de l’établissement et l’intelligence artificielle.
C’est le décret n°2021-1206 qui a défini les statuts de l’établissement et a porté la création au 1er janvier 2022 de l’établissement public expérimental (EPE) Université de Lille qui regroupe des établissements-composantes conservant leur personnalité juridique et morale (ENSAIT, ENSALP, ESJ, Sciences Po Lille) et des composantes (facultés, écoles et instituts). Conformément à l’article 20 de l’ordonnance n° 2018-1131 du 12 décembre 2018, l’expérimentation doit prendre fin au plus tard le 12 décembre 2028. Au terme de l’expérimentation, l’EPE peut demander soit la pérennisation de ses statuts, soit la poursuite de l’expérimentation jusqu’au terme de la période mentionnée au premier alinéa, soit qu’il y soit mis fin par décret.
Le Président Régis Bordet ayant fait campagne en 2025 sur la pérennisation en Grand Établissement et ayant été élu, il considère que le débat est tranché et que la sortie de l’EPE se fera sous la forme d’un Grand Établissement. Il exclut l’organisation d’un référendum. Au plus tard, en septembre 2026, une demande de sortie de l’expérimentation sera formulée après une délibération adoptée à la majorité absolue des membres du conseil d’administration et avis consultatif préalable du CSA. Le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur sera alors chargé de rendre une évaluation dans un délai de six mois. Ce Haut Conseil n’a jusqu’ici jamais émis d’avis défavorable, au pire un avis réservé avec une période probatoire assortie de réserves à lever, mais cela valait pour des sorties anticipant la date fatidique fixée par l’ordonnance. Sur les 23 EPE créés, 7 sont sortis de l’expérimentation pour adopter le statut de Grand établissement.
Le projet présenté au congrès est globalement une sortie en ne changeant que peu d’éléments des statuts actuels. Des réunions de 4 groupes de travail et du Comité de Direction ont fait ressortir les propositions suivantes :
Au plus tard en septembre 2027, la demande de sortie en Grand Établissement avec ses statuts sera à faire après délibération des établissements-composantes et du CA de l’EPE (après avis consultatif du CSA). Il y aura alors un avis consultatif du CNESER, puis la publication du décret de création du Grand Établissement. Si le Grand Établissement ne change pas les membres qui étaient regroupés au sein de l’EPE, les conseils et la présidence ne seront pas à renouveler avant l’échéance actuelle de leur mandat, à savoir 2030.
Quant au débat sur l’Intelligence Artificielle (IA), on retiendra une présentation par Christophe Mondoux d’une note comprenant menaces et opportunités de son développement dans les périmètres de l’enseignement, de la recherche et de l’administration. Des groupes de travail se sont réunis pour édicter un certain nombre de chartes, l’une sur les usages en pédagogie qui a déjà été présentée en CFVU, une autre en cours sur les usages administratifs et une concernant la recherche qui reste à élaborer. Le constat est que l’IA a atteint un niveau qui fait que son usage est devenu indétectable limitant les actions à obtenir un simple engagement déclaratif de son usage ou de son non-usage.
Quant aux outils, il s’agit de privilégier des logiciels souverains. Ainsi sont cités dans le cadre de l’AMUE, une expérimentation de MISTRAL AI mais qui tournera sur les serveurs de l’université pour garantir l’indépendance et éviter les fuites d’informations, et l’expérimentation d’ILaaS. Il est rappelé que les licences ZOOM coûtent 200 000 euros par an à l’établissement. La circulaire du Premier ministre en date du 5 février 2026 relative à la commande publique numérique définit une doctrine claire pour orienter les administrations vers un usage responsable et souverain des solutions numériques. À la question de l’IA en matière de ressources humaines, il est répondu que cela ne se ferait pas même s’il a été indiqué que ces nouvelles technologies permettent de libérer les agents de tâches routinières.
L’inégalité entre étudiants quant à l’accès aux outils a été portée au débat. Il y a la barrière du prix des licences pour des outils performants mais aussi les capacités de savoir les utiliser avec le recul nécessaire. À la question de payer des licences pour les étudiants, la réponse est claire, il n’y aura pas d’obligation à utiliser une IA notamment pédagogique et l’Université n’a pas les moyens d’acheter ces licences : une licence par personne coûte de l’ordre de 100 euros pièce par an. En recherche, a été cité l’expansion des revues prédatrices [10] qui miment les canons de la publication scientifique légitime mais elles ne les respectent pas. Elles étaient estimées à 15 500 publications annuelles sur 50 000 mondiales en 2022. La création de revues qui ne seront plus écrites par des humains et qui ne reposeraient même plus sur des travaux originaux réalisés n’est malheureusement plus de la science-fiction ! Le poids considérable des publications scientifiques dans l’obtention de financement de la recherche comme dans les carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs ne met à l’abri aucun organisme et établissement de dérives qui seront plus difficiles voire impossibles à mettre en évidence.
Comme l’a signalé le directeur du SCD, le développement de l’IA générative permet d’offrir à l’usager des réponses structurées qui semblent tellement plausibles que la vérification des sources peut sembler inutile. Le développement des fake news continuera à éroder l’image de la science.
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Calendrier universitaire et compensation entre BCC : le cadrage général à ULille évolue
Vous trouverez le retour, rédigé en commun par les organisations syndicales CGT-FSU-Sud éducation, sur les votes de vos élus lors du CFVU du 26 mars 2026 sur le site de la FSU à l’adresse suivante : https://fsu.univ-lille.fr/spip.php?article340.
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Avis de la F3SCT : alertes et préconisations sur les conditions de travail
Les représentant·es du personnel après avoir pris connaissance du compte-rendu de la visite réalisée le 25 novembre 2025 émettent un avis favorable sur l’ensemble des préconisations qui suivent et demandent que le plan d’actions qui en découle soit transmis à l’instance, accompagné d’un calendrier prévisionnel de leur mise en œuvre.
Préconisation 1 : Évaluer le risque routier dans le DUERP dans le cadre des déplacements liés à l’activité de recherche
Préconisation 2 : Évaluer dans le DUERP, le risque lié au télétravail.
Préconisation 3 : Indiquer le nom des personnes habilitées à l’utilisation de l’autoclave sur l’appareil.
Préconisation 4 : Vérifier les numéros de téléphone manquants dans les listes affichées dans l’animalerie. S’assurer que chaque salle dispose d’un appareil téléphonique.
Préconisation 5 : Repositionner l’alarme incendie au milieu du vestiaire des hommes afin qu’elle soit visible de toute part
Préconisation 6 : Régler ou retirer les grooms des toilettes PMR afin d’en faciliter l’ouverture.
Préconisation 7 : Évacuer le matériel obsolète dont le matériel informatique avec les procédures bien établies pour désencombrer le local de stockage.
Préconisation 8 : Prévoir une sensibilisation des personnels aux thématiques RSS (RPS, DD, VSS...) en lien avec les services ressources de l’université.
Préconisation 9 : S’assurer que les agents dont les activités nécessitent une habilitation électrique, en disposent.
Préconisation 10 : Évaluer le risque incendie lié aux batteries d’énergie intermédiaire 100 w à 1000 w (PC portable, vélos, trottinettes) (voir fiche pratique de sécurité INRS ED 160)
Préconisation 11 : Évaluer le risque incendie des locaux ‘serveurs’ et ‘onduleurs’
Préconisation 12 : Élaborer le programme d’actions de prévention du DUERP et en assurer le suivi.
Préconisation 13 : Informer les agents de la tenue à disposition des DUERP de l’unité (article L4121-3-1 V-A du Code du Travail).
Les représentant·es du personnel, après avoir pris connaissance du compte-rendu de la visite réalisée le 20 novembre 2025 émettent un avis favorable sur l’ensemble des préconisations qui suivent et demandent que le plan d’actions qui en découle soit transmis à l’instance accompagné d’un calendrier prévisionnel de leur mise en œuvre.
Volet prévention des risques :
- Rédiger le DUERP, en lien avec un assistant de prévention sur le périmètre une fois ce dernier nommé,
- Assurer une prévention des risques au niveau des agents du bâtiment SUAIO de Cité Scientifique (travail isolé, ergonomie au poste de travail, et s’assurer que l’organisation des secours est effective (présence de chargés d’évacuation, 2 exercices d’évacuation par an),
- Instaurer un protocole d’accueil des nouveaux personnels intégrant la prévention des risques,
- Rédiger une procédure garantissant une activité des étudiants tuteurs en accord avec l’engagement d’un contrat de travail et une formation à l’accueil y compris face à un public agressif,
- Évaluer les risques liés à l’accueil d’un public potentiellement agressif dans le service d’autant plus si la personne est en situation de travail isolé, rédiger un protocole adapté en lien avec le PC sécurité et l’intégrer dans l’évaluation des risques du DUERP du service,
- Diffuser le protocole d’agression à destination des personnels,
- Former les personnels à la gestion des situations de conflits et de l’agressivité dans la fonction d’accueil,
- Sensibiliser les personnels à l’usage du RSST dématérialisé,
- Éliminer les matériels hors service stockés dans la salle de détente et les box de la salle de documentation.
- Organiser une visite complémentaire par la délégation de visite sur les deux autres implantations du service, à savoir campus Moulins et Pont-de-bois afin de prendre en compte leurs spécificités dans le programme d’action de prévention.
Volet travaux et logistique :
- Instruire un plan d’amélioration thermique du bâtiment SUAIO,
- Reprendre le projet d’aménagement de la salle de documentation permettant de faire cohabiter les activités multiples actuelles de salle de travail, d’accueil pour l’orientation, d’accès au numérique et peut-être d’un espace de restauration (proximité du comptoir du CROUS),
- Instruire l’isolation phonique de la salle de cours 001 et statuer alors, en fonction des coûts, sur son maintien en tant que salle d’enseignement,
- Ré-instruire la question de la localisation des bureaux de la direction et de la secrétaire administrative.
Volet RH :
- Stabiliser la charge de travail et prévoir une gestion prévisionnelle des emplois et compétences adaptée,
- Mieux anticiper les charges de travail lors des pics d’activité ou dans les situations d’absence d’un personnel au niveau de la direction, ne pas compter uniquement sur l’auto-organisation des agents et leur engagement professionnel pour y veiller,
- Intégrer pour les chargés d’orientation, parmi les activités par nature, la participation aux forums et salons extérieurs en dehors des horaires de travail à l’image de ce qui se pratique pour les services culture et communication de l’Université,
- Instruire la possibilité d’un régime indemnitaire étendu aux agents sur contrats de projets.
Les représentant·es du personnel souhaitent savoir quand et à qui, ont été transmises les préconisations votées le 10 juillet 2025 concernant la visite F3SCT au sein de la FSJPS, visite ayant eu lieu le 15 mai 2025. De plus, les représentant·es du personnel souhaitent savoir si une AG de restitution sera programmée avec l’ensemble de la délégation auprès des services concernés, comme cela a déjà été demandé le 27 novembre 2025 et le 5 mars 2026 lors de séances plénières de l’instance. L’objet de la visite étant "le management", ils soulignent que cet échange auprès des personnels est nécessaire pour avoir un suivi cohérent des préconisations.
Les représentant·es du personnel de la F3SCT de l’Université de Lille réitèrent leur demande de mise à disposition du rapport d’enquête relatif aux risques psychosociaux au sein du CLIL, ainsi que des préconisations et du plan d’actions afférents.
Ils rappellent que cette enquête a été engagée en mars 2025, soit il y a un an.
Tout en étant conscients du nombre important d’entretiens menés auprès des agent·es du CLIL et des délais nécessaires à leur analyse et à la rédaction du rapport, les représentant·es du personnel demandent néanmoins une accélération de sa finalisation et de sa transmission.
Cette démarche apparaît indispensable afin d’apporter des éléments de réponse aux agent.es concerné·es, qui demeurent dans l’attente des résultats de cette enquête et des suites qui lui seront données.
Les représentant·es du personnel signalent que plusieurs agent.es ont exprimé leur désarroi tant auprès de la direction de l’université que des représentant·es du personnel. Ils s’inquiètent, en conséquence, d’une dégradation de leur santé mentale, certains agent.es étant toujours en situation de grande souffrance.
Les plans d’égalité professionnelle Femme/Homme adoptés à l’Université de Lille depuis 2022 prévoient : "la mise en place de salles d’allaitement et d’accueil de parents avec aménagements nécessaires pour pouvoir accueillir son enfant sur des pauses de cours ou de travail, et la proposition systématique d’heures allaitement."
Dans l’attente de la mise en place de ces salles d’allaitement, les représentant·es du personnel demandent :
- L’identification de lieux existants par site ou/et par structure, présentant les conditions sanitaires nécessaires pour allaiter un enfant ou pour procéder au tirage de lait maternel
- La rédaction d’une procédure de demande à bénéficier de cet environnement qui sera communiquée aux personnels.
Les représentant·es du personnel après avoir pris connaissance du compte-rendu de la visite réalisée le 3 février 2026 émettent un avis favorable sur l’ensemble des préconisations qui suivent et demandent que le plan d’actions qui en découle soit transmis à l’instance accompagné d’un calendrier prévisionnel de leur mise en œuvre.
- Faire refermer les boîtiers électriques à côté des fenêtres (probablement les anciennes commandes de volets roulants) dont les fils sont accessibles.
- Veiller à respecter la fermeture des portes coupe-feu tant qu’elles ne sont pas asservies à un dispositif permettant leur fermeture automatique en cas d’alarme incendie
- À court terme, repenser l’aménagement de certains bureaux notamment par rapport à l’utilisation ou non des portes de communication intérieure et l’adaptation du mobilier
- Réfléchir à une solution pour éviter la circulation des étudiants dans le couloir pour permettre au personnel de laisser les portes du couloir ouvertes et ainsi mieux communiquer. Un cloisonnement « physique » par domaines a été constaté, multipliant aussi les coins café/repas
- Faciliter la réservation de salles externes adaptées pour la réalisation des concours et formations en RDC pour prévenir l’éventualité d’un candidat ou d’un stagiaire de formation à mobilité réduite et d’une panne d’ascenseur
- Éviter la multiplication de poubelles alimentaires attirant les rongeurs, les vider plus régulièrement, demander l’intervention d’un service de dératisation spécialisé
- Faire remonter les problèmes de chauffage non seulement via les services techniques mais aussi via le RSST afin d’avoir une cartographie des problèmes de T°C ambiante
- Instruire la mise en œuvre d’outils dédiés permettant de réduire l’utilisation de tableurs partagés, source de stress lié à la masse d’info et au risque d’erreur. Par ailleurs la sécurisation de données sensibles sur des fichiers partagés n’est pas optimale. Ces applicatifs permettraient aussi au service de disposer d’indicateurs de suivi plus aisés.
- Réfléchir à une solution pour éviter le risque de chute lors du déplacement du matériel pour les concours et formations. L’accès à une salle même partagée contenant des armoires sécurisées permettrait de réduire les déplacements de charges
- Identifier tous les risques tertiaires comme psychosociaux et réaliser le DUERP
- Améliorer les pratiques d’archivage afin de réduire l’encombrement à la fois des bureaux et des salles d’archives du service. Prendre rendez-vous avec l’archiviste du site Pont de bois pour qu’elle identifie les documents à détruire (bordereau de destruction à formaliser), les documents à archiver définitivement dans un lieu placé sous la responsabilité de l’archiviste.
- Informer les agents des différents moyens de contact avec la Direction Préventive Inter-établissement en Santé au Travail (DPIST), afin de leur permettre d’organiser un premier entretien avec un professionnel de santé (infirmier ou médecin), d’évaluer leur situation médicale et professionnelle et, si nécessaire, de formuler des préconisations.
- À moyen-terme, instruire un déplacement du service afin de mieux adapter les espaces aux usages, de ne pas laisser des agents excentrés et le rapprocher du reste de la DGDRH du site avec laquelle ils ont fréquemment à interagir.
Bien que déplorant que l’avis soit recueilli a posteriori du début de déploiement physique du dispositif (mars 2026 d’après le document préparatoire), les représentant·es du personnel considèrent le dispositif comme proportionné à l’objectif de renforcer les mesures de sûreté en place et de prévenir davantage les actes de malveillance sur un site exposé. En plus de l’information par voie d’affichage prévue, les représentant·es du personnel préconisent un second niveau d’information portée à la connaissance des personnels et des étudiants du site explicitant selon les recommandations de la CNIL :
- l’identité et les coordonnées du responsable du traitement ;
- le détail des finalités poursuivies ;
- le détail de l’ensemble des droits des personnes concernées (accès, limitation, rectification, effacement et droit de réclamation auprès de la CNIL) ;
- la durée de conservation des images ;
- les coordonnées du délégué à la protection des données (DPD/DPO) ;
- la base légale du traitement ;
- les destinataires des données personnelles.
Les représentant·es du personnel demandent la tenue d’une AG des personnels et étudiants du bâtiment IUT Site Roubaix sur le sujet en présence de la DGDTEIL.
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Registre SST, tous les signalements comptent !
Comme nous l’avions déjà évoqué dans notre précédent article, l’Université de Lille a déployé, depuis janvier 2025, un registre SST (Santé et Sécurité au Travail) dématérialisé, accessible dans l’ENT. Cet outil facilite la traçabilité des signalements et permet des signalements en diffusion restreinte pour les situations sensibles, notamment celles liées aux risques psychosociaux.
Ce n’est pas seulement un outil pour signaler le manque de chauffage.
Le registre permet de consigner tous les incidents, risques et dysfonctionnements affectant la santé et la sécurité des agents. Concrètement, il peut couvrir des situations aussi variées que :
Pour accéder au RSST :
ENT → Vos applications → Prévention des Risques Professionnels → RSST
https://assistance.univ-lille.fr/marketplace/formcreator/front/formdisplay.php?id=133
Si l’assistant de prévention de votre périmètre a accès à l’entrée, la réponse est apportée par le chef de service auquel vous êtes rattaché.
Pour les situations d’agressions et des conditions de travail difficiles, vous avez la possibilité de limiter la diffusion d’une entrée. Il suffit de cocher l’option : « Je souhaite restreindre la diffusion de cette demande ».
Il faut savoir que dans ce cas, la réponse sera apportée par la Direction du Développement de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail de l’Université. Cette réponse prendra la forme d’une proposition de rendez-vous plus ou moins rapide selon l’urgence identifiée dans votre entrée. Cette fonctionnalité est précieuse lorsque la situation signalée pourrait être liée à la direction du service.
La Direction du Développement de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail ne pourra informer votre chef de service de cette entrée en voie restreinte qu’avec l’accord explicite de votre part.
Pour toute entrée, vous aurez la possibilité de la clore si la réponse apportée est pour vous satisfaisante ou de poursuivre l’entrée et apporter d’autres éléments.
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Shadok Cabinet, saison 5 épisode 3 dit du Shadok AI [11]
Alors que les Gibis en étaient encore à la télévision en noir et blanc, les Shadoks avaient déjà développé l’Ordinateur. L’Ordinateur était une machine mécanique de couleur rouge. À l’avant-garde de l’intelligence artificielle générative, il était considéré comme un animal raisonnable. Composé d’une partie molle et d’une partie dure, l’Ordinateur vivait dans les champs où il ruminait des mathématiques et de la cybernétique, de la logique formelle et du calcul différentiel.
L’avènement d’une Shadok AI souveraine permettait de générer des oracles précieux pour la planète. Ainsi, quand une difficulté se présentait qui résistait au pompage, le devin plombier s’adressait à l’Ordinateur. Ce dernier rendait alors un oracle. Pour ce faire, l’Ordinateur se gavait d’herbe puis ruminait de longues heures avant de générer et de déposer l’oracle. Il fallait prendre garde de ne pas marcher dedans même si certains prétendaient que cela portait chance.
Face au déficit budgétaire, il avait permis de passer au logiciel SIFACmoins qui par sa complexité extrême ralentissait toute commande et donc réduisait les dépenses, et à WINpayemoins qui permettait de rémunérer moins les Shadoks.
Du point de vue écologique, l’Ordinateur herbivore conférait un excellent bilan énergétique et carbone. Bénéficiant d’une climatisation naturelle, récoltant l’eau de pluie, il était à l’image de ce bâtiment intelligent livré il y avait une dizaine d’années. Ce dernier était dit « autonome » depuis que ses derniers occupants avaient fui après de longues années de séquestration.
Si l’Ordinateur et son intelligence artificielle avaient rapidement pris en main l’enseignement et la recherche, l’activité de pompage n’avait pas été remplacée. En effet comme chacun sait, le pompage était consubstantiel à l’être, le « Je pompe donc je suis ».
Le fondement de la société Shadok reposait sur le « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ». L’intelligence artificielle était donc utilisée strictement pour compliquer la vie des Shadoks. La planète continuait ainsi à vivre des changements de formes et de statuts, des variations incessantes de procédures, ce qui permettait de garder des Shadoks occupés car l’oisiveté est la mère de tous les vices dont l’esprit critique, la révolte et la liberté.
Pour autant, une ombre planait, l’Ordinateur herbivore n’échappait pas au Virus. Le Virus était responsable d’une terrible maladie cosmique qui rétrécissait le porteur jusqu’à le faire disparaître. Libérés des oracles de l’Ordinateur, les Shadoks s’émancipaient et protestaient alors contre toute réforme. Un vent toxique de liberté d’expression amenait des débrayages à la chaîne de pompage. Alors oisifs, les Shadoks lisaient, étudiaient, cultivaient leur jardin, bref tout ce que les Gibis faisaient. Il faut dire que les Gibis utilisaient leur chapeau melon individuel pour penser et non un Ordinateur.
Le Professeur Shadoko arrivera-t-il à trouver le vaccin contre cette terrible maladie ?
À suivre...
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[1] https://videos.senat.fr/video.5793283_69de6ac9a83d9.universites--audition-de-presidents-d-universite?timecode=
[2] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/lancement-de-la-strategie-choose-france-higher-education-101347
[3] https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/enseignement-superieur/budgets-frais-d-inscription/article/non-aux-droits-d-inscription-differencies-non-aux-limitations-des-derogations
[6] https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/luttes-en-cours/enseignement-superieur-et-recherche/article/liberte-academique-une-proposition-de-loi-perfectible
[8] https://cgt.fercsup.net/syndicats/nord-pas-de-calais-picardie/universite-lille/article/journal-de-la-cgt-universite-de-lille-no73#anc9
[11] À distinguer du « Shadow AI » qui désigne l’utilisation, par des employés ou des départements, d’outils et d’applications d’intelligence artificielle sans l’approbation ou la supervision du service informatique de l’organisation.