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CGT - Université de Lille
Journal de la CGT Université de Lille n°69Éditorial - Un dialogue social nécessite de l’écoute et pas seulement !
Point d’indice : Comment les agents de la fonction publique sont mis à contribution, perte mensuelle de pouvoir d’achat
Heure hebdomadaire d’activités sportives et culturelles
PRAG-PRCE-PLP-PEPS-PE : le recul statutaire est acté cet été
Réforme du recrutement et de la formation des enseignant·es
CNESER plénier du 9 septembre 2025
Revue d’organigrammes FSJPS, ICID et DGDAF au CSA
Faculté des Sciences et Technologies : première étude d’impact préalable à une réorganisation administrative
Pourquoi les élus “Alternatives à l’Epex” ont voté contre le volet soutenabilité de la demande d’accréditation au CFVU du 10 juillet 2025
Shadok Cabinet, saison 4 épisode 6 dit de la campagne électorale
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Éditorial - Un dialogue social nécessite de l’écoute et pas seulement !
Le dialogue social s’est substitué à la négociation sociale, n’impliquant dès lors aucune garantie de débouchés sur les revendications portées par les représentant·es des personnels. Ainsi, les instances de dialogue social, dont les Conseils Sociaux d’Administration (CSA) et Commissions Consultatives Paritaires des Agents Non Titulaires (CPANT), ne sont bien souvent que les étapes nécessaires du parcours des projets d’administration qui vont y recueillir des avis consultatifs, non contraignants. L’administration entend ne rien lâcher.
La CGT est régulièrement sollicitée par des collègues concernant des contrats non renouvelés. Ce sont toujours des situations humainement difficiles, pour lesquelles la CGT tente, avec le ou la collègue, d’apporter des solutions concrètes et interpelle l’employeur avec l’accord de l’intéressé·e.
Lors de l’accompagnement de telles situations individuelles, nous avons aussi fait trop souvent le constat de ce même « dialogue social » avec une administration refusant de remettre en question une décision lourde comme le non renouvellement de contrat d’un·e agent, même lorsque les éléments portés à sa connaissance démontraient que cette décision était excessive.
Pour autant, nous continuerons de défendre tous les personnels titulaires comme les contractuels et rendrons compte à l’ensemble des personnels tant que nécessaire de la réalité du dialogue social à l’œuvre dans l’université.
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Point d’indice : Comment les agents de la fonction publique sont mis à contribution, perte mensuelle de pouvoir d’achat
L’ex-Premier Ministre François Bayrou, devant l’urgence de la dette, parlait de la nécessité de contribuer à l’effort budgétaire pour la réduire via la suppression de deux jours fériés, la monétisation d’une semaine de congés payés, l’année blanche en terme d’indexation des pensions et aides sociales sur l’inflation, et refusait de faire contribuer les plus riches et de revoir les aides aux entreprises sous forme de crédits d’impôt et d’exonérations de cotisations sociales sans contrepartie. Il est bon de rappeler que de fait, et depuis de nombreuses années, les agents de la fonction publique ont déjà fortement contribué via l’écart croissant de leur rémunération face au coût de la vie, via les salaires des agents des catégories les plus basses qui demeurent très faibles, rattrapés par le SMIC ou via les suppressions d’emplois de titulaires et le recours accru aux agents contractuels qui ne bénéficient pas des mêmes conditions salariales.
Combien avons-nous encore perdu (titulaires et contractuels dont le salaire est basé sur le point d’indice de la fonction publique) ? Voir lien
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Heure hebdomadaire d’activités sportives et culturelles
Mise en œuvre à Lille 2 Droit et Santé, avant la création de l’université de Lille, la mesure a été portée par les organisations syndicales, dont la CGT, lors de la conférence sociale.
La CGT avait demandé la possibilité de cumuler, par exemple, plutôt deux heures par quinzaine plutôt qu’une heure hebdomadaire, ce qui est plus souple, permet une activité plus longue et la prise en compte des temps de trajet. Cette disposition n’a pas été retenue. Pour les activités culturelles, les ateliers sont organisés pour respecter une durée d’une heure. En revanche, les offres de pratiques sportives resteront sur les formats actuels.
La mesure précise que chaque agent peut bénéficier, sur sa demande, de la prise en compte dans son temps de travail d’une heure par semaine pour pratiquer des activités culturelles ou sportives. Cette heure peut être posée uniquement dans le cadre de son planning de travail défini en début d’année universitaire et ne peut pas donner lieu à une heure supplémentaire. Le planning peut être adapté en cours d’année en accord avec le N+1. Cette heure de culture ou de sport devra être compatible avec le bon fonctionnement du service. La pause méridienne, minimum de 45 min, est obligatoire et ne peut être intégrée à l’heure de culture ou de sport si l’activité se déroule durant la période méridienne. En revanche, un agent peut cumuler son heure culturelle ou sportive et sa pause méridienne pour que son absence soit supérieure à 1 heure.
Dès le groupe de travail réuni à la demande de la CGT le 30 juin, nous avons pointé la question de l’équité d’accès pour les personnels selon leur site d’affectation et le temps de trajet non compris dans l’autorisation d’absence accordée.
Le projet a été présenté en Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail.
Avis de la F3SCT du 10 juillet 2025 sur l’heure hebdomadaire d’activités sportives et culturelles adopté à l’unanimité.
Les représentant.es du personnel remercient le Président pour l’octroi d’une heure hebdomadaire dédiée aux activités sportives et culturelles, accordée à l’ensemble du personnel. Cette mesure constitue un levier important pour l’amélioration de la qualité de vie au travail.
Ils tiennent toutefois à souligner l’importance d’une mise en œuvre équitable de cette mesure. L’université devra veiller à garantir une offre suffisante et de qualité sur l’ensemble des sites, afin que chaque agent, quel que soit son lieu d’affectation, puisse en bénéficier de manière effective.
Une attention particulière devra être portée à la limitation du temps de trajet entre le lieu de travail et celui des activités proposées. Il conviendra également de veiller à l’accessibilité de ces activités aux personnes en situation de handicap.
En Comité Social d’Administration (CSA) du 11 septembre, la CGT a émis un avis favorable au projet en remerciant les services Culture et SUAPS de leur implication, espérant une communication des activités au fil de l’eau qui ne soit pas noyée dans la newsletter de l’université, et que les supérieurs hiérarchiques jouent le jeu et n’opposent pas abusivement la continuité de service pour refuser la participation des agents sous leur responsabilité. Nous avons aussi rappelé notre revendication de la possibilité de cumuler deux heures par quinzaine plutôt qu’une heure hebdomadaire pour les activités qui ne sont pas sur des créneaux d’une heure et pour la participation de personnels depuis des sites éloignés (délai de trajet).
Avis favorable du CSA : 8 voix pour (3 CGT, 1 CFDT, 2 FSU, 2 SNPTES) et 1 abstention (SUD-Education).
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PRAG-PRCE-PLP-PEPS-PE : le recul statutaire est acté cet été
Lisez l’analyse et le communiqué de presse de notre union syndicale.
Depuis l’arrêté sur le référentiel horaire paru le 28 août avec la liste des activités éligibles, sachant que le volume horaire est renvoyé (comme pour les enseignants-chercheurs) aux décisions locales des établissements : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000052211313
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Réforme du recrutement et de la formation des enseignant·es
La réforme, déjà engagée avec l’ouverture de modules de préparation et le dépôt des dossiers d’accréditation entre septembre et octobre 2025, continue de susciter des inquiétudes. Plusieurs réunions sont prévues pour en échanger :
La Licence Professorat des Écoles (LPE)
L’une des grandes nouveautés est la création d’une licence spécifique pour devenir professeur des écoles. Dans cette licence, la moitié des cours serait assurée par des professeurs déjà en poste dans le primaire ou le secondaire.
Si le gouvernement pense que cela permettra de mieux préparer les étudiants à la réalité du métier, plusieurs syndicats s’alarment de la réduction de la part des enseignements dispensés par les universitaires et du risque de fragiliser la qualité de la formation.
Le rejet du projet par le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) - le CNESER organe consultatif sur les projets relevant de l’ESR
Le 15 juillet 2025, le CNESER a largement rejeté deux projets d’arrêtés liés à cette réforme :
Le 9 septembre 2025, le CNESER a ouvertement critiqué le projet d’arrêté fixant le cadre national du master métiers de l’enseignement et de l’éducation.
Plusieurs syndicats, dont la CGT ont dénoncé une réforme qui, selon eux, ne règle pas le vrai problème : le manque d’attractivité du métier lié aux faibles salaires et au manque de soutien des enseignant·es sur le terrain.
Une réforme qui fait toujours débat
En résumé, cette réforme veut rapprocher la formation des enseignants de la pratique de terrain. Mais elle est contestée : syndicats et élu·es du CNESER craignent qu’elle fragilise la dimension universitaire des parcours, tout en laissant de côté les véritables causes de la crise du recrutement. De plus, le report de la publication de la carte des formations à janvier 2026 inquiète les syndicats, qui craignent des inscriptions aux concours sans visibilité et un impact sur l’attractivité des parcours.
Une situation compliquée en 2026 pour les candidat·es aux concours
La première année de mise en œuvre de la réforme, soit pour la session 2026, permettra aux candidat·es aux concours de l’enseignement de se présenter aux épreuves dès la fin de la troisième année de licence. Cette possibilité sera également offerte aux étudiant·es inscrit·es en master MEEF à la rentrée 2025-2026, quel que soit leur niveau d’étude.
Dans le même temps, l’ancien concours sera maintenu en parallèle, sans augmentation du nombre total de postes ouverts. Deux cohortes se retrouveront ainsi en concurrence directe. En cas d’échec, les universités devront relever un véritable défi : proposer une solution d’accueil à la fois aux étudiant·es diplômé·es de licence en 2026 recalé·es au concours et aux étudiant·es déjà inscrit·es en master.
Vers quelle solution s’oriente l’université de Lille ?
Pour les candidats non admis au concours externe de recrutement de professeur des écoles (CRPE), un nouveau master mention Pratiques et Ingénierie de la Formation (PIF), parcours Préparation aux métiers de l’éducation (PREME), option Professorat des écoles sera proposé, avec passerelle vers le M2 M2E en cas de réussite au concours. Pour le second degré, des modules de préparation seront intégrés aux formations déjà existantes.
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CNESER plénier du 9 septembre 2025
Déclaration liminaire sur le budget de l’ESR (notamment sur le Projet d’arrêté fixant le cadre national du Master Métiers de l’Enseignement et de l’Éducation) et explications de vote :
https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/les-instances/cneser/article/cneser-plenier-du-9-septembre-2025-declarations-cgt
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Revue d’organigrammes FSJPS, ICID et DGDAF au CSA
Au Comité Social d’Administration (CSA) du 4 juillet 2025, nous avons eu comme chaque année, une revue d’organigrammes modifiés : Faculté des Sciences Juridiques Sociales et Politiques, Institut de la Communication, de l’Information et de la Documentation et Direction de la Gestion Financière.
Ces trois réorganisations ont échappé à l’étude d’impact préalable car “La chargée d’accompagnement des réorganisations a été sollicitée avant le vote d’une nouvelle procédure d’accompagnement en F3SCT (6/02/2025)”. Si les deux premières ont visiblement un impact modéré, il n’en est pas de même pour la Direction de la Gestion Financière. Auparavant organisée en un service recettes et un service dépenses avec 19 agents, la nouvelle organisation s’appuiera sur 3 services managés chacun par un·e chef·fe de service : un service gestion financière de la formation, un service gestion financière de la recherche et un service gestion financière des directions centrales.
Les changements prévus à la Direction de la Gestion Financière sont importants en termes de personnes impactées et de fiches de poste, du nombre d’ETP, de déménagements potentiels de bureaux. Le document préparatoire parle d’un « accompagnement pour clarifier les périmètres d’intervention » alors que la mise en œuvre est prévue à l’automne 2025. Dès lors, même si la procédure de réorganisation a été adoptée après le début de réflexion sur cette réorganisation, les Risques Psychosociaux étant trop importants, la CGT a demandé à l’employeur la réalisation d’une étude d’impact préalable et le report de l’avis sur l’organigramme avec la présentation de cette étude d’impact en Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT).
Le président, avant même de soumettre au vote du CSA, la proposition de demande d’étude d’impact (le règlement intérieur de l’instance autorise de mettre au vote toute proposition émise par un représentant titulaire en lien avec l’ordre du jour), a déclaré « pour répondre et éclairer le vote » ne la diligentera pas car il est indispensable d’avoir une Direction Générale des Affaires Financières en ordre dès la rentrée universitaire. La CGT a rappelé que nous essuyons des plâtres en F3SCT sur des réorganisations passées, et que les représentants du personnel sont dans leur rôle de prévention des risques même si les avis du CSA ne sont que consultatifs.
Les avis sur les organigrammes :
La demande d’une étude d’impact préalable à la modification de l’organigramme de la DGDAF a quant à elle été adoptée à l’unanimité des organisations syndicales présentes.
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Faculté des Sciences et Technologies : première étude d’impact préalable à une réorganisation administrative
Le projet de réorganisation administrative de la FST est le premier à devoir suivre la procédure adoptée en Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) le 6/02/2025 qui impose la réalisation d’une étude d’impact avant déploiement de l’accompagnement à la réorganisation.
Dans le document préparatoire au Comité Social d’Administration du 19 juin, la CGT avait constaté que l’étude d’impact serait finalisée en juillet et le plan d’accompagnement déployé dans la foulée. Ce passage passait sous silence la possible présentation de l’étude d’impact à la F3SCT. Du coup, suite à notre interpellation, l’étude d’impact a été mise à l’ordre du jour de la F3SCT du 10 juillet.
Il est clair que la procédure a été diligentée dans la précipitation afin que la réorganisation administrative de la FST ne subisse pas trop de retard, et qu’il n’y avait pas de réelle intention de se fonder sur l’étude d’impact pour mettre en question ou aménager cette réorganisation même si la Directrice Générale des Services Adjointe a dû reconnaître qu’il y avait bien un go-no-go à cette étape de la procédure. La première victime de cette précipitation en a été l’agent nouvellement recruté qui a dû rendre une étude d’impact parcellaire et affronter les critiques des représentant·es du personnel. Il a été rappelé en séance que le positionnement de la hiérarchie est un débat ancien à la FST avec des groupes de travail sur le métier de secrétaire pédagogique animés par une psychologue du travail avant 2019, qu’en 2022, un travail avait débuté pour les gestionnaires de l’offre de formation des portails liés aux services généraux de la FST et que le résultat avait montré de réelles difficultés de mise en œuvre. Il ne s’agit donc pas de sous-estimer les risques psychosociaux de cette réorganisation qui n’a pas de caractère d’urgence empêchant de finaliser l’étude d’impact présentée.
L’avis suivant a été adopté à l’unanimité :
Avis de la F3SCT du 10 juillet 2025 sur les études d’impact dans le cadre des réorganisations de services
Les représentant·es du personnel rappellent que les études d’impact préalables aux réorganisations participent à la prévention primaire des RPS.
Eu égard à l’importance des changements prévus, en termes de nombre de personnels impactés, des changements de fiches de poste et d’allocation des locaux programmés dans la réorganisation de la DGD Affaires Financières - dont l’organigramme cible a été présenté en CSA le 4 juillet dernier - les représentant·es du personnel à la Formation Spécialisée s’associent à l’avis adopté à l’unanimité en CSA pour demander la réalisation d’une étude d’impact.
La nouvelle organisation administrative des services de la Faculté des Sciences et Technologies fait partie des restructurations devant suivre la procédure d’accompagnement des transformations, adoptée lors de la réunion de l’instance du 6 février 2025, intégrant une étude d’impact préalable.
La fiche projet déposée dans l’espace partagé du GT RPS indiquait une date de rédaction de la demande au 18 mars 2025 alors que sur celle diffusée pour l’instance figure la date du 28 janvier 2025. Une assemblée générale des personnels BIATSS a été organisée en composante sur le projet dès le 31 mars. Ces éléments nous semblent accréditer une certaine précipitation dans la procédure.
Le cœur du projet est que seul un BIATSS puisse être supérieur hiérarchique d’un BIATSS, ce qui n’est pas imposé par le cadre réglementaire. L’objectif affiché est d’atteindre une homogénéité de gestion et de garantir le respect des procédures. Pour autant, le dossier ne contient aucun élément permettant de constater que l’organisation actuelle serait défaillante sur ces deux aspects. L’évaluation de l’état initial d’indicateurs sur ces objectifs est pourtant un enjeu pour mesurer l’intérêt et assurer le suivi de cette réorganisation.
Le document diffusé aux représentant·es du personnel ne donne pas accès à des éléments d’analyse par groupe de métiers concernés alors même que le document décrit des éléments spécifiques relevant notamment des gestionnaires de l’offre de formation et que des groupes de travail métier ont été réunis en parallèle de l’étude d’impact. Il nous semble nécessaire de conserver le critère métier et d’interroger son poids dans l’analyse d’impact avant de pooler les données. Il en va de la précision dans l’analyse des impacts de cette réorganisation comme de l’évaluation des mesures d’accompagnement spécifiques nécessaires.
Aussi, les représentant·es du personnel estiment que l’instruction du projet de réorganisation, à ce stade, ne permet pas de garantir la maîtrise des risques psychosociaux et, en conséquence, demandent à l’employeur de différer sa mise en œuvre, le temps de disposer d’une analyse plus fine de l’impact de la réorganisation.
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Pourquoi les élus “Alternatives à l’Epex” ont voté contre le volet soutenabilité de la demande d’accréditation au CFVU du 10 juillet 2025
La qualité d’une formation ne découle pas automatiquement du nombre d’heures de cette formation, mais on ne peut réduire indéfiniment ce nombre d’heures sans toucher à la qualité. Une réduction de 5% de l’offre de formation implique soit qu’il y avait des heures inutilement maquettées, soit que l’on réduit la qualité de l’offre de formation. L’État n’attribue pas à l’Université de Lille une subvention pour charge de service public qui permette de maintenir une offre de qualité et la soutenabilité humaine et matérielle de cette offre.
Dans un contexte de remise en cause du service public d’enseignement supérieur (loi de modernisation, qui met fin au monopole public de la collation des grades universitaires, généralisation des COMP à 100%) et bien que nous comprenons les conditions dans lesquelles ce texte est soumis au vote, nous ne pouvons que voter contre ce volet soutenabilité de la demande d’accréditation qui réduit la qualité de l’offre de formation et porte atteinte aux conditions de travail des personnels enseignants et BIATSS.
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Shadok Cabinet, saison 4 épisode 6 dit de la campagne électorale
Alors que la planète Shadok allait bientôt sortir de l’expérimentation, le Professeur Shadoko se faisait fort de vanter son bilan en vue de briguer un nouveau mandat. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !
Respectueux de la démocratie mais soucieux d’éviter toute surprise, il avait pris la précaution de pactiser avec ses anciens adversaires politiques qu’il avait pour cela, sortis du goulp. Il n’y a de querelles politiques qui ne puissent être enterrées dès lors qu’il reste des places à se partager.
Aux protestations sur les horaires de travail, le Professeur Shadoko avançait l’octroi d’une heure hebdomadaire consacrée aux activités sportives, même si les seules activités sportives possibles étaient celles consacrées à pomper donc à travailler.
Quand les signalements en matière de RPS augmentaient en flèche, il faisait valoir l’efficacité de l’outil de déclaration.
Quand on critiquait l’impunité dont jouissaient des responsables administratifs, il faisait état de la réussite de l’Ecole des Cadres dont les impétrants étaient diplômés avant même d’y entrer.
Pour les situations très graves mettant en cause de hauts dignitaires qu’il n’avait pas l’intention d’importuner, par mesure de prévention, il avait souhaité se doter d’un parapluie pour éviter les retombées électorales néfastes. Mais, les finances en berne de la planète avaient conduit à l’achat d’un paraciel plus abordable. Malheureusement, le paraciel dirigeait les retombées sur ceux et celles qui étaient en dessous y compris le Professeur Shadoko.
Il avait instauré la CDIsation dès 3 ans pour les Shadok pompeurs non titulaires et en faisait un bilan élogieux. Quand on lui parlait de non reconductions opportunes de CDD à la veille de l’échéance sur des motifs douteux, il répondait : Si ce n’est pas impossible que ce soit une possibilité, il est fort possible aussi que ce soit une impossibilité !
Certes, il y avait eu des suppressions d’emplois à la pompe, le recours à des contractuels, des refus de CDIsation, mais tout cela était dû au GVT, Glissement Vieillissement Technicité plaidait-il. Il aurait fallu que les Shadoks les plus avancés dans la carrière quittent la pompe, et ainsi, libérés de leurs masses corporelles et salariales, s’élèvant dans les cieux radieux d’une retraite paisible et méritée, fassent place à des plus jeunes actifs moins chers. Comme l’âge de départ à la retraite ne cessait de reculer, il aurait fallu qu’ils mourussent plus tôt à la pompe, dès lors passant directement aux pompes funèbres.
Les Shadoks avaient donc ce qu’ils méritaient, y compris la présidence du Professeur Shadoko.
Dès lors, découragés de s’intéresser à une campagne électorale sans surprise, se détournant de la politique intérieure, ils consacraient leur temps libre à s’intéresser aux Gibis, animaux très intelligents, et assez gentils, plus gentils en tout cas qu’eux. Les Gibis aimaient la musique et pouvaient consacrer du temps à danser au menuet, la marque du plus extrême raffinement. Quand ils n’étaient pas en train de danser, ils ne faisaient souvent rien pendant de longues périodes de temps sans pour autant être en autorisation spéciale d’absence. Ce régime de travail faisait rêver les Shadoks. De plus, si les Gibis ne se reproduisaient pas, ils ne mourraient que rarement, et sauf malades, ne vieillissaient jamais, ainsi sur la planète Gibi, le GVT n’avait pas cours !
La suite au prochain épisode, après dépouillement des bulletins...