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Intervention de la CGT à la réunion du CNESER du 23 janvier 2012

lundi 23 janvier 2012

La CGT partage les critiques des autres organisations syndicales sur le manque de qualité des informations transmises au CNESER et leur dénonciation des blocages de postes et de masse salariale. La CGT est inquiète de la situation financière imposée aux universités.
Nous espérons que le gouvernement ne fuira pas ses responsabilités en expliquant cette situation par une mauvaise gestion des présidents et de leurs CA. Ce que laissent hélas entendre les menaces de mises sous tutelle des recteurs. En tout état de cause, développer une telle accusation obligerait à un vaste effort de transparence sur les réalités financières et de gestion, sur les conditions du passage forcé à l’autonomie des établissements et le soutien financier concret accordé après ce passage.

Au vu des difficultés financières, le Budget 2012 n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels les établissements d’enseignement supérieur et de recherche doivent faire face puisque c’est un budget d’austérité qui va augmenter considérablement les difficultés financières des universités. Que l’indice INSEE soit un bon élément de référence, ou pas, reste que les universités devront payer leur électricité, rembourser des frais de déplacements qui vont bien augmenter, sans oublier la pression qui va s’accroître sur le pouvoir d’achat des personnels.

Ces difficultés financières renvoient d’abord à une cause principale :
Un manque objectif de moyens pour l’université, longtemps masqué, compensé en partie, par un budget géré nationalement, sans doute lourd à gérer mais qui permettait des ajustements, et un certain niveau de mutualisation des moyens, donc de solidarité au sein de la collectivité universitaire.

Le passage à « l’autonomie » ne fait que révéler au grand jour la réalité des moyens financiers dont disposent effectivement nos universités. Les difficultés actuelles montrent que l’effort nécessaire n’est pas au rendez-vous des reformes en cours malgré les affichages développés ces dernières années pour légitimer les réformes. Utiliser la masse salariale désormais gérée directement par les établissements « autonomes » pour faire croire que les moyens mis à disposition des universités s’étaient accrus considérablement comme le faisait la ministre Valérie Pécresse ne suffit plus à masquer la réalité.

Autant dire que nous ne souscrivons pas à l’idée que la période 2007-2011 a été une période de rattrapage quant aux moyens de l’enseignement supérieur.

La vérité est que les universités n’ont les moyens ni de leur « autonomie », ni de la gestion des personnels qu’elles sont désormais tenues de gérer dans la logique de la sacro-sainte mise en concurrence pour attirer les meilleurs chercheurs et universitaires.
Les difficultés financières actuelles et votre budget 2012 vont au final servir de prétexte à des politiques sociales contre l’emploi et les salaires du plus grand nombre. et au final la qualité des activités d’enseignement et de recherche.

Ce qui nous conforte dans l’idée qu’il vaut mieux investir durablement dans de bons statuts publics pour gérer l’emploi, les salaires, les carrières des personnels que dans les méthodes de management en vigueur dans les entreprises privées. C’est d’autant plus stratégique quand il y faut renforcer le nombre d’enseignants-chercheurs.
Le pays et la jeunesse n’ont pas les moyens de voir les universités réduire leurs moyens d’action d’année en année, s’engager dans des fusions toujours plus nombreuses et importantes pour sauvegarder une « autonomie » qu’elles ne peuvent assumer faute d’une base financière solide et pérenne.

  1. Les restructurations dans le privé démontrent largement que 1+1 font toujours moins de 2.
  2. Dans le domaine de l’enseignement, toujours plus de fusions, c’est la voie de la concentration qui est privilégiée. Ce sont des établissements aux dimensions inhumaines regroupant plusieurs milliers de personnels et plusieurs dizaines de milliers d’étudiants. C’est la possibilité d’accès à l’enseignement supérieur de toutes les populations qui va se dégrader plus encore. Cela signifiera l’aggravation des inégalités sociales tant l’éloignement des lieux d’enseignement est dissuasif pour nombre de familles et d’étudiants. Ce qui hypothéquera la reconquête d’un tissu économique dynamique dans nombre de territoires. Ce sera au final un affaiblissement à l’échelle nationale de notre enseignement supérieur et de notre recherche.

Le pays n’a pas les moyens de voir ses universités continuer de s’enfoncer dans une « autonomie » qui les fragilise et les rend de plus en plus tributaires de financements extérieurs qui auront leur logique propre sans souci de cohérence nationale, sans souci du long terme.

L’État doit assumer ses responsabilités : les moyens de l’enseignement supérieur relèvent d’abord de sa responsabilité. À l’évidence, le budget 2012 tourne le dos à cette exigence.

Quant à la notion d’ « autonomie », à la lueur de l’expérience, il faudrait pour le moins en définir le périmètre, l’ambition, les finalités.

Au-delà de ce budget 2012 condamnable, c’est la loi qui montre toutes ses limites et finalement sa vraie nature. C’est la légitimité de ses fondements et leur pertinence qui sont en accusation. Ils le sont aujourd’hui. Ils le resteront après les élections présidentielles.

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