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CGT - Université de Lille
Journal de la CGT Université de Lille n°72Éditorial
Attention aux entretiens professionnels sans examen de la fiche de poste
Budget 2026 pour l’ESR
Les Assises du financement des universités ou comment gagner du temps !
SPSI pour Schéma Pluriannuel de la Stratégie Immobilière 2026-2030
Visites, enquêtes : comment travaille la F3SCT ? Ce qu’elle peut faire et ce qui n’est pas de son ressort !
Faut-il faire des études ?
Le privé peut-il concourir au service public d’enseignement supérieur ?
L’attente d’un budget qui a mis sous pression les candidats au nouveau concours de recrutement des enseignant·e·s en fin de L3
Shadok cabinet, saison 5, épisode 1 dit du déficit budgétaire et de l’économie solidaire du don
Erratum
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Éditorial
Notre président, Régis Bordet, a montré un courage et une détermination en assumant la présentation d’un budget initial 2026 déficitaire à hauteur de près de 45 millions d’euros adopté en Conseil d’Administration le 4 décembre malgré l’avis défavorable de la Rectrice (cf. notre article sur le sujet). Ce budget avait été préparé avant sa réélection à un second mandat à la présidence de notre établissement. S’ensuivit une importante campagne médiatique qui aura eu le mérite de présenter la situation critique de notre établissement. La cérémonie des vœux a été grandiose dans l’environnement du Palais des Beaux-Arts de Lille.
Dur réveil dans les composantes quand les équipes décanales lancent des réunions de brainstorming en vue d’identifier les nouvelles économies sur une offre de formation déjà sérieusement rabotée et sur la masse salariale via le gel d’emplois, anticipant un nouveau plan de redressement imposé par le rectorat.
Après la célébration, la gueule de bois ?
Les personnels de l’Université en ont malheureusement l’habitude :
Alors, c’est vrai que la CGT ne partage pas l’esprit « corporate » qu’affichent les équipes présidentielles qui se sont succédé, car nous voyons au quotidien, la dégradation continuelle des conditions de travail des personnels comme des étudiant·e·s et nous savons que le niveau de combat à mener dépasse l’établissement et que le salut ne repose pas sur un chef d’établissement.
C’est pourquoi, nous serons toujours là pour dénoncer les atteintes à la santé, la sécurité et les conditions de travail de tous les personnels quelle que soit la direction en place.
C’est pourquoi, nous continuerons d’appeler à la mobilisation collective au niveau national, tant sur le périmètre de l’ESR que sur celui de l’interprofessionnel, car tout est lié et sans rapport de force, il n’y a guère de gains à espérer malheureusement !
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Attention aux entretiens professionnels sans examen de la fiche de poste !
Le logiciel Entract imposait une validation avec ou sans correction de la fiche de poste avant de pouvoir accéder à l’entretien professionnel. Cela permettait que des changements souhaités par le supérieur hiérarchique ou/et l’agent puissent être discutés avant d’aborder l’entretien professionnel qui va se décliner en un bilan sur la réalisation des objectifs qui avaient été fixés pour l’année écoulée et la description des objectifs projetés pour l’année suivante.
On constatait d’ailleurs que le taux de validation de la fiche de poste était supérieur à celui de validation de l’entretien professionnel : sur la campagne 2023-2024, les taux relatifs étaient respectivement de 81% et 75% (bilan présenté en Comité Social d’Administration (CSA) du 22 janvier 2026).
Depuis la bascule de l’entretien professionnel sur l’application ESTEVE, il n’y a plus de garantie que la fiche de poste fasse l’objet de validation entre le supérieur hiérarchique et l’agent. Sur l’ENT, on peut lire « Dans l’application ESTEVE, il n’est pas possible de saisir une fiche de poste, seul le CREP est pris en compte. Vous pouvez utiliser la maquette suivante pour mettre à jour votre fiche de poste : la fiche de poste. »
Et il faut bien dire que cela a pu conduire à ce que beaucoup de supérieurs hiérarchiques se soient contentés de réaliser seulement l’entretien professionnel sur ESTEVE.
L’alerte remontée par la CGT auprès de l’administration a suscité lors du CSA du 22 janvier, la réponse suivante de la Directrice du Développement et de la Gestion Prévisionnelle des Compétences (DDGPC) : « La note envoyée précisait qu’il fallait d’abord revoir la fiche de poste et la télécharger dans ESTEVE ».
Voici en effet, la première étape qui a été portée à l’attention des agents lors du lancement de la campagne :
| Le N+1 élabore ou actualise la fiche de poste avant l’entretien (la fiche de poste actuelle peut être téléversée dans ESTEVE) | dès que possible |
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Force est de constater que cet élément de procédure est passé inaperçu.
C’est d’autant plus dommageable lorsque des projets de réorganisation conduisent à des modifications substantielles de cette fiche de poste. Ainsi dans l’UFR3S, des objectifs pour 2026 ont été imposés aux agents des services de logistique et de maintenance, anticipant des modifications de fiches de poste que l’on a refusé de leur transmettre. La directrice du développement et de la gestion prévisionnelle des compétences a précisé en séance que suite à l’alerte CGT, et un échange avec l’UFR3S, qu’un rappel a été fait pour rectifier les éventuels objectifs fixés à tort, et pour rouvrir la fiche de poste et Comptes Rendus Professionnels même si ces derniers ont déjà été validés.
La CGT vous invite cependant à la vigilance à l’UFR3S, car on peut craindre que cette révision de l’entretien professionnel après consultation de la fiche de poste actualisée repose sur la demande de l’agent, et partout ailleurs car depuis cet article, vous connaissez vos droits en la matière. N’hésitez pas à nous joindre, nous ferons remonter à la Direction Générale Déléguée aux Ressources Humaines, tous les services où la validation de la fiche de poste n’aura pas été réalisée en amont de l’entretien professionnel.
Enfin, n’oubliez pas que vous avez le dernier mot sur le compte rendu de l’entretien professionnel et qu’y apposer vos observations permet de tracer les éventuels désaccords en vue de recours ultérieurs.
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Budget 2026 pour l’ESR
Maintenant que le recours au 49-3 assure l’adoption d’un budget, on peut analyser les éléments qui seraient des avancées. Si l’on peut se réjouir de la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiant·e·s dans les restaurants universitaires à partir du mois de mai, on peut se demander comment les trop peu nombreux points de restauration du CROUS pourraient accueillir l’ensemble des bénéficiaires. En effet, accorder une subvention pour équilibrer les dépenses de fonctionnement du CROUS ne suffit pas. Il manque toujours des points de restauration comme de personnels qualifiés. Le recrutement dans la restauration est une gageure quand on cumule une pénurie de candidat·e·s même dans le secteur privé et la faiblesse des salaires de la fonction publique !
À partir du 1er juillet 2026, les étudiant·e·s extra-communautaires non titulaires d’une bourse seront désormais exclu·e·s des Aides Personnelles au Logement (APL). Ces mêmes étudiants qui sont déjà frappés sauf exonération par des droits d’inscription prohibitifs : Licence : 2 895 euros par an contre 178 euros en droits d’inscription standards. Master : 3 941 euros par an contre 254 euros. À l’Université de Lille, un·e étudiant·e extra-communautaire paiera des droits standards uniquement s’il ou elle est inscrit·e pour la première fois à l’Université de Lille en niveau Master ou en cycle d’ingénieur, si c’est un parcours d’études à distance ; ou s’il s’agit d’une inscription en Doctorat. Pour les autres, l’exonération partielle dépend de l’examen du dossier individuel sur des critères sociaux.
La protection sociale complémentaire sera "intégralement" compensée, a annoncé notre ministre, Philippe Baptiste, lors de ses vœux le 21 janvier. Elle devait être mise en œuvre à partir du 1er mai 2026 et représente un coût d’environ 60 millions d’euros en année pleine. Le ministre se dit aussi confiant dans la "capacité à trouver les moyens pour porter une progression de la compensation du CAS pensions" [1]. Pourtant, en octobre, le projet de budget soumis aux parlementaires ne compensait qu’à hauteur de 40% cette hausse sur les budgets des universités avec une enveloppe de 81 M€ (Dépêche AEF n° 739686). Pour rappel, en 2025, la hausse du CAS pensions avait été intégralement compensée.
"Les universités et les organismes de recherche verront leurs moyens renforcés pour respecter les engagements de la LPR, ce qui représente une augmentation de 320 millions d’euros du budget", indique le Premier ministre dans un courrier envoyé aux parlementaires le 20 janvier 2026 (Dépêche AEF n°744496). Si c’est une hausse plus élevée que celle prévue dans le Projet de Loi de Finance initial présenté en octobre (environ +130 M€ pour le MESRE), elle reste inférieure à la trajectoire initiale de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) qui projetait une hausse de 468 M€. Les budgets n’ont jamais suivi la programmation prévue dans la LPR adoptée fin 2020 : +1,9 Md€ réalisés au titre de la LPR entre 2020 et 2025 contre +2,8 Md€ programmés (Lire l’intervention de la CGT FERC sup suite au CNESER du 20 janvier 2026).
Notons que sur la Recherche, en commission des finances en janvier 2026, alors qu’un amendement du député Arnaud Saint-Martin (LFI-Nupes, Marne) proposait d’augmenter de 2 Md€ le budget de la recherche française, plusieurs amendements (CF1372, CF1373, CF1371) de Matthias Renault (RN, Somme) proposaient de réduire les dépenses des opérateurs de l’État. Par ailleurs, plusieurs de ses autres amendements (CF1379, CF1380, CF1381) défendaient une réorientation de financements "des sciences sociales et des sciences humaines" vers les sciences dures. "S’il ne s’agit pas de remettre en cause [les SHS] dans leur fondement ni dans leur intégralité, force est de constater que leur enseignement est de plus en plus teinté d’une idéologie déconstructiviste mortifère et au rebours de toute prétention scientifique", peut-on lire dans l’exposé des motifs !
Enfin pour démontrer que la situation dans les universités, et pas qu’à Lille, est dramatique, nous vous conseillons la lecture de la lettre ouverte d’Anne Fraisse, Présidente de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, au Président de la République.
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Les Assises du financement des universités ou comment gagner du temps !
L’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, et l’actuelle ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, annoncent le lancement des Assises du financement des universités, dans un communiqué publié le 9 janvier 2026.
On y lit : « Alors que les moyens consacrés directement ou indirectement par l’État aux universités ont progressé au cours des dernières années, les universités expriment aujourd’hui, pour un certain nombre d’entre elles, une perception contrastée, faisant état d’une dégradation de leur situation financière … »
Ah bon, la moitié des universités en déficit, le patrimoine immobilier dégradé, l’insuffisance de masse salariale, le recours à de plus en plus d’agents contractuels, cela ne serait qu’un effet de perception et non de vécu !
« Les Assises du financement des universités, dont les travaux se dérouleront au cours du premier semestre 2026, ont pour objectif de favoriser la compréhension et la lisibilité de la situation pour toutes les parties prenantes, de consolider la relation entre l’État, les universités et leurs partenaires, et de nourrir les décisions futures sur cette politique publique. »
Comme si, dans la valse des gouvernements, il était urgent de multiplier des assises pour gagner du temps alors même que les rapports ne manquent pas sur l’état financier et patrimonial des universités !
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SPSI pour Schéma Pluriannuel de la Stratégie Immobilière 2026-2030
Depuis 2009, les opérateurs dont les universités sont tenues d’élaborer un schéma pluriannuel afin de formaliser leur stratégie immobilière pluriannuelle, en précisant les moyens humains et financiers disponibles pour la mettre en œuvre. Dans la circulaire du 16 janvier 2009 relative à la politique immobilière de l’État, on peut lire : “Un État propriétaire unique : une responsabilisation accrue pour une bonne gestion patrimoniale de l’État . L’occupant y est décrit comme devant “assumer l’entretien de la charge du locataire” et donc “veiller à respecter les objectifs d’efficience immobilière, et tout particulièrement en matière de fonctionnalité des locaux, de coût d’exploitation et de ratio d’occupation”.
Parlons-en de la bonne gestion patrimoniale de l’État propriétaire ! La loi de 1983 sur la décentralisation a confié à partir du 1er janvier 1986 aux collectivités les dépenses d’équipement et de fonctionnement des bâtiments du second degré, ainsi que les dépenses de construction, de reconstruction, d’extension, ou liées aux des grosses réparations. On a pu constater un engagement fort de ces collectivités pour la gestion de ce patrimoine. À l’opposé sous la tutelle du ministère, le patrimoine universitaire est resté bien souvent dans un état déplorable. Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est le premier concerné par le “mur d’investissement” lié aux besoins de mise aux normes que la Cour des comptes évalue à 150 milliards d’euros. La Cour des comptes utilise en effet le terme de “dette technique” pour désigner le manque, voire l’absence, d’entretien et de maintenance des bâtiments par l’État depuis des décennies. Le capital de cette dette est constitué par les dépenses supplémentaires à faire ou à anticiper lors des rénovations en raison du manque d’entretien, les intérêts de cette dette étant constitués par les dépenses de fonctionnement nécessaires (chauffage, eau, électricité) pour occuper un bâtiment délabré (Lire l’article dédié dans L’Écho du Sup).
Le SPSI 2021-25 a été élaboré sur la base des crédits que l’Université de Lille ambitionnait d’obtenir au titre du Contrat de Plan État Région (CPER) 2021-2027, avant sa signature. L’Université de Lille a obtenu au total 71,5 M€, alors que le SPSI rédigé en 2021 pour la période 2021-2025 affichait l’ambition d’une enveloppe totale de 143 M€. Dans la rénovation du bâti, 10 M€ sur les 23 M€ ciblés sur la rénovation énergétique des bâtiments A et B de Pont-de-Bois ont été reportés sur la rénovation et la mise en sécurité des bâtiments M1 et P1 de la Cité scientifique. Il y a eu une augmentation volontariste des dépenses dédiées au travaux de gros entretien et de rénovation sur le budget de l’Université passant de 7 M€ en 2021 à 16,6 M€ en 2025 et le début de la diversification des sources de financement avec la signature d’un Intracting de 4,5 M€ avec la Banque des Territoires, dispositif permettant de réaliser des travaux de performance énergétique des bâtiments et infrastructures publiques générant des économies d’énergie immédiates.
Huit opérations ont été achevées et livrées : relocalisation IUT Recueil (25,2 M€), rénovation Faculté de Pharmacie (18,3 M€), Oncolille (23,8 M€), restructuration Pôle de chimie Campus Cité Scientifique (14,5 M€, en réalité déjà programmée dans le CPER précédent), complexe sportif SHS (4,2 M€), Espace Vie étudiante Moulins (1,2 M€), RMN 1,2 GHz Cité Scientifique (3 M€), IUT C nouveaux locaux (0,1M€).
Les opérations identifiées dans le SPSI 2021-25 et à achever :
Le document présenté en CSA et CA témoigne d’une analyse imprégnée d’optimisme volontariste de la mise en œuvre du SPSI précédent : « Si les dotations d’investissement et notamment le CPER se sont avérées très en deçà des montants envisagés au SPSI 2021-2025, l’Université a fait la démonstration de sa capacité à mener ou lancer, sur cette période, en maîtrise d’ouvrage directe et avec des montages juridiques complexes, plus de 200 M€ d’opérations structurantes. »
Par rapport aux cibles de Direction de l’Immobilier de l’État, l’établissement présente un excédent de surface utile brute à usage tertiaire de 27.000 m², un excédent théorique de surfaces d’enseignement de 22.000 m² contrebalancé par un déficit de surfaces de vie de campus (vie étudiante, documentation & espace de travail libre accès) de l’ordre de 17.000 m². Les surfaces occupées par des équipements sportifs, présentent des charges financières conséquentes (frais liés aux ressources humaines, dépenses de fonctionnement, entretien des réseaux …). « Il devient nécessaire d’établir la feuille de route permettant d’identifier et de hiérarchiser les interventions pour mettre en adéquation l’offre et le service. »
Du point de vue de la conformité des infrastructures aux normes légales et réglementaires en vigueur, notamment en matière de sécurité, d’accessibilité et de contrôles réglementaires, plus de la moitié des surfaces sont en « Non concerné », « Satisfaisant » ou « Très satisfaisant ».
Les cas de non-conformités électriques sont présents sur 16 bâtiments mais représentent 117.000 m², soit plus d’1/6ème de la surface totale du parc. Les bâtiments présentant une accessibilité « Non satisfaisant / Non réalisé » ou « Peu satisfaisant » représentent 195.000 m², soit près d’un tiers du patrimoine. Les bâtiments présentant un avis défavorable de la commission de sécurité représentent 26% des surfaces.
Les dépenses immobilières sont passées de 43 M€ en 2021 à 81 M€ en 2024. L’Université de Lille se retrouve donc dans l’obligation de puiser, de plus en plus chaque année, dans ses autres recettes (droits d’inscription, subventions Région, subventions UE, locations, formation continue…) pour couvrir le reste des dépenses immobilières de fonctionnement et honorer ses factures. Par ailleurs, l’Université ne peut plus aujourd’hui investir en fonds propres, la priorité étant de conserver des biens aux normes réglementaires, les opérations d’investissement sont donc complètement dépendantes des financements extérieurs à obtenir.
La plupart des opérations envisagées sur la durée du SPSI ne sont pas financées. L’Université de Lille attend beaucoup du prochain CPER, pour financer les opérations patrimoniales (303 M€ en cumulant les 101 M€ des opérations en cours) mais également pour les opérations d’intervention (144 M€ en cumulant les 10,8 M€ des opérations en cours).
À court terme, dans le cadre du SPSI 2026-2030, il a été actée la démolition de 8 bâtiments :
Les autres libérations citées dans le document comme devant être à programmer durant la période concernent des bâtiments le plus souvent, « de petite taille, de plain-pied, d’une qualité architecturale moindre, d’une efficacité énergétique limitée et d’avoir atteint ou dépassé leur durée normale d’utilisation dans de bonnes conditions ». Sont cités :
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Visites, enquêtes : comment travaille la F3SCT ? Ce qu’elle peut faire et ce qui n’est pas de son ressort !
Les visites de service et enquêtes sont des outils de la Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT). La délégation de visite ou d’enquête comprend toujours un·e représentant·e du Président et deux représentant·e·s du personnel siégeant à la F3SCT. Peuvent participer à cette délégation, le conseiller de prévention ou son représentant, ainsi que le médecin du travail.
Depuis 2022, vos représentant·es ont réalisé : neuf visites de services, une visite de type RPS dont le compte-rendu n’a pas encore pu être présenté en instance F3SCT, huit enquêtes suite à Danger Grave et Imminent (DGI) tous relatifs aux Risques Psycho-sociaux (RPS), deux des neuf enquêtes suite à accident de travail depuis mars 2025, une enquête programmée sur maladie professionnelle sur les deux demandées sur 2025. Il faut ajouter quatre nouvelles enquêtes suite à accident de travail demandées en novembre 2025.
Le Président considère que nous devrions éviter de surcharger ses services par des enquêtes. Nous lui avons répondu en séance du 27 novembre que nous avions aussi d’autres tâches à faire, que nous n’étions pas à temps plein dans l’instance et que l’on ne demandait pas des enquêtes pour le plaisir mais en raison de la gravité des situations. L’explosion des situations d’atteintes physiques et psychologiques est à mettre en rapport avec l’insuffisante prévention primaire des RPS.
Le périmètre et l’objet des visites et enquêtes sont soumises à délibération de la F3SCT, à savoir que seul·e·s les représentant·e·s du personnel participent au vote. Chaque visite ou enquête donne lieu à l’établissement d’un rapport rédigé par le représentant du Président, éclairé des avis du conseiller de prévention ou de son représentant et du médecin du travail, et par les représentants des personnels de la délégation. Il est signé par le Président ou son représentant et par les représentants des personnels de la délégation. Ce rapport est ensuite communiqué à la Formation spécialisée, qui est informée des suites données aux conclusions de la visite, à savoir la mise en œuvre des préconisations. Il peut y avoir désaccord entre le représentant du Président et les représentant·e·s du personnel sur les préconisations. Le désaccord sera formalisé par un avis adopté par la F3SCT. Dans ce cas, l’autorité arrête les mesures à prendre. Si ces dernières ne permettent pas de lever le désaccord, l’inspection du travail est saisi.
Une fois la visite réalisée, le calendrier prévisionnel est le suivant : avis de la F3SCT deux mois au maximum après la visite, transmission des recommandations à la direction du service visité, cette dernière devra présenter son plan d’actions pour répondre à ces recommandations dans les quatre mois qui suivent, le suivi de leur mise en œuvre sera présenté un an maximum après la visite.
Actuellement, après avoir contribué à accélérer les étapes de rédaction des compte-rendus de visite notamment en prenant la main pour la rédaction de la version bêta soumise au représentant de l’employeur, et en demandant l’ajout à l’ordre du jour de l’instance de l’examen des différentes étapes, on constate toujours des retards non seulement dans le rendu des amendements aux comptes-rendus par le représentant du Président, mais également à des défauts de transmission des préconisations au service visité. Par ailleurs, nous critiquons que l’administration fasse entièrement reposer la réalisation du plan d’action et de son suivi sur le chef du service visité, ce qui n’est pas sans poser des problèmes lorsqu’une partie du dysfonctionnement mis en exergue est imputable à ce même chef de service. Les délais de réalisation sont encore trop longs, ce qui ne peut que susciter l’incompréhension des agents du service visité.
Une autre source d’incompréhension des agents repose sur les objectifs de ces visites et enquêtes. Elles visent à prévenir les risques et non à sanctionner d’éventuelles responsabilités individuelles. Pour rappel, seul le Président peut entamer une procédure d’instruction disciplinaire. Il est arrivé récemment sur une enquête suite à déclaration de Danger Grave et Imminent (DGI), que l’Inspecteur du travail incite le Président à faire usage de l’article 40 du Code de procédure pénale qui impose aux agents publics d’informer « sans délai » le Procureur de la République de tout fait délictuel ou criminel. Il faut signaler qu’interrogé en instance sur l’incitation, le Président a précisé qu’il n’avait pas fait usage de la recommandation de l’Inspecteur du travail. L’article 40 ne prévoit pas de sanction pénale en cas de non-respect de cette obligation. Mais ne pas le faire place l’agent public en situation de subir éventuellement une sanction disciplinaire.
Il faut distinguer les visites de services régies par l’article R253-41 du Code Général de la Fonction Publique (CGFP). Il s’agit de procéder « à intervalles réguliers », à la visite des services. Bien entendu, étant donnée la taille de notre établissement, il est impossible de répondre totalement à cette mission. Chaque année, les représentant·es du personnel adoptent un programme annuel de visite comprenant au mieux 4 services. Stratégiquement, leur choix s’appuie souvent sur des éléments incitant à aller voir de près l’organisation de la prévention des risques (remontée de signalements, réorganisation du service). Quand il s’agit d’UMR, c’est plus compliqué, car la décision de visite conjointe suppose accord entre les formations spécialisés des tutelles afin que la délégation de visite comprenne des représentant·es du personnel des différentes tutelles.
La montée des signalements ayant trait aux risques psychosociaux a incité la F3SCT à formaliser un protocole spécifique de visite de service à caractère RPS avec l’organisation d’entretiens individuels obligatoires et confidentiels. Désormais une grande partie de notre temps de visite à la F3SCT est liée à des visites de nature RPS.
À ces visites de service, il faut ajouter la possibilité de visite suite à un accident ayant entraîné ou qui aurait pu entraîner des conséquences graves (Art. R253-48 du CGFP). Sur l’établissement, nous avons systématisé ces visites dès lors que l’arrêt de travail atteignait la centaine de jours et notamment lorsque les accidents relèvent de situations de RPS. Nous avons aussi demandé des visites suite à déclaration de maladie professionnelle. Si ces enquêtes ne peuvent conduire à déclencher des sanctions vis à vis d’éventuels responsables, ni de recommander des réparations, elles ont comme objectif d’analyser ce qui a conduit à l’accident ou à la maladie professionnelle et proposer des préconisations visant à prévenir de nouvelles survenues d’accidents dont les déterminants seraient communs. Les préconisations peuvent comprendre la mobilité des protagonistes.
Parmi les outils des représentant·e·s des personnels à la F3SCT, on ne peut pas omettre le Danger Grave et Imminent qui ouvre un droit de retrait aux agents du périmètre du danger signalé. Son signalement est matérialisé sur un registre spécifique à disposition à l’accueil du siège de l’Université. Conformément à l’art. R253-58 du CGFP, tout représentant du personnel membre de la Formation spécialisée qui constate, directement ou indirectement, l’existence d’une cause de danger grave et imminent pour la santé ou la sécurité des agents lors de l’exercice de leurs fonctions en alerte immédiatement l’autorité administrative ou territoriale ou son représentant. Conformément à l’art. R253-60 du CGFP, l’autorité administrative procède immédiatement à une enquête avec le représentant de la Formation spécialisée qui lui a signalé le danger et prend les dispositions nécessaires pour y remédier. Les membres de la délégation ont accès à tous les documents qu’ils estiment nécessaires pour caractériser le danger et le cas échéant et proposer des préconisations pour le faire cesser. Le ou la représentant·e du personnel ayant fait l’entrée dans le registre fait partie de la délégation. Si lors de l’enquête, il y a accord entre les représentants du personnel et le représentant du président, sur la qualification de DGI et sur les mesures à prendre pour faire cesser le danger, ils en font part au chef de service, à l’assistant de prévention et au personnel concerné et les mesures de prévention identifiées lors de l’enquête sont mises en œuvre. En cas de désaccord entre les participants à l’enquête sur l’existence du DGI ou sur les mesures de prévention à prendre, une réunion de la F3SCT doit avoir lieu sous 24h (art R 253-61 du CGFP). L’inspecteur du travail est informé de cette réunion et peut y assister. Après avoir pris connaissance de l’avis émis par la Formation spécialisée, l’autorité administrative arrête les mesures à prendre. À défaut d’accord entre l’autorité administrative et la formation spécialisée sur les mesures à prendre et leurs conditions d’exécution, l’Inspecteur du travail est obligatoirement saisi.
En dehors de la F3SCT, le Président peut diligenter une enquête administrative, mais dans ce cas, il est le seul décisionnaire quant à son périmètre, son objet, la mise en œuvre des éventuelles recommandations. Aucun représentant·e du personnel n’en aura communication.
Enfin, dans les cas graves ou les situations non résolues par ces dispositifs, on ne peut qu’inciter les agents à déposer plaintes et déposer des demandes de protection fonctionnelle auprès du Président. Cela suppose de constituer un dossier, démarches lourdes pour lesquelles les syndicats et la maison de la médiation peuvent vous accompagner.
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Faut-il faire des études ?
« Ne faites plus d’études » – sans point d’interrogation - est le titre provocateur de l’essai de deux « penseurs » libéraux, Laurent Alexandre et Olivier Babeau, pour qui les études supérieures n’ont plus d’intérêt dans un nouveau monde dominé par l’intelligence artificielle (IA). Ils résument leurs réflexions, notamment, dans une interview à L’Express.
La base de leur argumentation est la suivante : l’intelligence artificielle, en constante progression, rend les compétences techniques professionnelles de plus en plus rapidement obsolètes. Il ne serait donc plus utile de faire des études, car les compétences acquises dans l’enseignement supérieur seraient devenues inutiles le temps de l’obtention du diplôme, d’autant plus que l’IA remplacerait les métiers intellectuels.
Ils considèrent que « la nouvelle aristocratie cognitive » sera composée d’esprits « agiles », de lecteurs, de personnes capables d’un apprentissages continu, d’imagination, de créateurs d’inédit.
Sans partager leur technophilie béate et leur rêve d’être humain augmenté, ni la foi quasi-religieuse dans les « bienfaits » de l’IA (sans même mentionner, par exemple, le coût environnemental de celle-ci), il faut reconnaître que la rapidité des évolutions technologiques rend professionnellement nécessaire une capacité d’adaptation rapide et d’apprentissages renouvelés.
Cette argumentation et cette disqualification des études reposent sur une vision de l’enseignement supérieur réduite à l’acquisition de compétences techniques. Mais l’enseignement par et pour la recherche, que l’on pourrait aussi définir comme le développement de la capacité à construire de nouvelles connaissances, développe justement la curiosité, l’imagination, l’apprentissage continu, l’adaptation, c’est-à-dire toutes les qualités que les auteurs considèrent comme indispensables dans un nouveau monde dominé par l’IA.
En fait, un développement effréné de l’IA disqualifierait l’approche par compétences, mais rendrait encore plus nécessaire un enseignement supérieur fondé sur l’approche par la connaissance et la recherche. Contrairement aux deux auteurs, même si cela implique de revenir à l’ADN de l’enseignement supérieur, nous dirons « Faites des études » !
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Le privé peut-il concourir au service public d’enseignement supérieur ?
La réponse de la CGT et les autres interventions de la CGT au CNESER à l’adresse suivante : https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/les-instances/cneser/article/cneser-du-20-janvier-2026-interventions-cgt-et-votes#Arrete-portant-reconnaissance-par-l-Etat-de-l-ecole-Afflokat
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L’attente d’un budget qui a mis sous pression les candidats au nouveau concours de recrutement des enseignant·e·s en fin de L3
L’adoption tardive du budget 2026 a mis l’Éducation nationale et les étudiant·e·s dans une situation délicate. Selon le ministre Édouard Geffray, certains concours de recrutement des enseignant·e·s ont été organisés dans un contexte de pression budgétaire.
Tous les concours n’ont pas été impactés de la même manière. Le concours de fin de master 2, correspondant à l’ancienne organisation de la formation, a été maintenu. En revanche, le nouveau concours de fin de licence 3, mis en place dans le cadre de la réforme de la formation des enseignant·e·s, a été conçu pour nécessiter des financements spécifiques.
Bien que le budget 2026 ait été voté, cette phase de transition a généré une incertitude importante pour les étudiant·e·s et candidat·e·s, qui ne savaient pas s’ils devaient continuer à réviser ou non, confronté·e·s à des informations et des discours diffusés en boucle au niveau des médias, souvent contradictoires, sur l’organisation du concours Bac+3.
D’autre part, un dispositif « fast-track » devait permettre aux étudiant·e·s de LPE (Licence Professeur des Écoles) de passer le CRPE sans les épreuves écrites. Ce dispositif ne sera pas finalement mis en œuvre. À la place, le gouvernement a prévu l’organisation d’un concours externe spécifique pour ces candidat·e·s, ce qui va entraîner des contraintes supplémentaires : surcharge de travail pour les jurys, stress accru pour les candidat·e·s et coût logistique pour l’administration.
La réussite des étudiant·e·s et le maintien des concours ne peuvent pas être laissés au gré du calendrier budgétaire ou de décisions improvisées.
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Shadok Cabinet, saison 5 épisode 1 dit du déficit budgétaire et de l’économie solidaire du don
À peine reconduit pour un second mandat, le Professeur Shadoko affrontait un déficit prévisionnel record. Bien qu’il ait dénoncé le traitement outrageusement favorisant la planète Gibi qui bénéficiait d’une subvention bien plus élevée rapportée à la taille de l’astre et au nombre de ses habitants, il lui fallait procéder à des coupes dans les dépenses. Son intention était de les rendre participatives, cet élan de générosité renforcerait l’esprit de corps céleste !
Tous les services et composantes étaient mobilisés pour ce faire. Des séances de brainstorming sur la manière de faire des économies y étaient organisées. Cette tempête d’intelligence qu’elle soit artificielle ou non permit rapidement de récolter quantité d’innovations dans la veine des transitions mises à l’honneur sur la planète. Jugez-en !
Le don de jours de travail, nettement plus nombreux que les jours de congés, fut ouvert. Désormais, il n’y avait plus qu’un Shadok à la pompe qui assurait seul les trois huit pour deux Shadoks bienfaiteurs désormais libérés des obligations de travail tout en restant rémunérés. Concentrer l’effort sur quelques- uns permettait en outre d’améliorer globalement les indicateurs RPS pour deux tiers des Shadoks.
Les Shadoks qui occupaient des postes sous-qualifiés par rapport à leur parcours de formation étaient incités à faire don de leurs diplômes aux Shadoks encore inscrits dans les études faisant ainsi économiser les heures d’enseignement et de surveillance d’examen.
Les enseignants étaient quant à eux, parmi les plus efficaces en donneurs de leçons.
Les donneurs d’ordres n’économisaient pas leur peine. Les agents sous leur autorité pouvaient en témoigner !
Les dons de déclarations liminaires économisaient fortement le temps des débats en instances.
Certains ont été jusqu’à faire don d’organes de leur vivant ! Les gibis ont été friands de cette mode esthétique de greffe de pattes ou de bec de Shadok. Cependant, l’amputation de pattes nuisait à l’efficacité de pompage sur la planète Shadok en multipliant les inaptitudes professionnelles.
Par contre, le don de vice-présidents, membres de décanats et autres conseillers n’avait pas le rendement attendu car il ne trouvait guère preneur, ce qui est dommage car leur nombre avait crû bien plus vite que l’inflation. C’est la dure loi de l’offre et de la demande.
Le don de soi restait quant à lui toujours aussi peu valorisé...
Erratum
Nous vous signalons que la version publiée en décembre de l’article : Avis sur la modification de l’organigramme de la Faculté des Sciences et Technologies (FST), attribuait à tort à la DASA de la FST des interventions d’une chargée d’accompagnement de la DTAC. Cela a été corrigé depuis sur la version en ligne ici :
https://cgt.fercsup.net/syndicats/nord-pas-de-calais-picardie/universite-lille/article/journal-de-la-cgt-universite-de-lille-no71?var_mode=calcul#anc7
[1] Le Compte d’Affectation Spéciale, dénommé CAS « Pensions » a été mis en place en 2006. Il apporte une présentation budgétaire agrégée et détaillée des régimes de retraite et d’invalidité dont l’État a la charge : pensions de retraite et d’invalidité des fonctionnaires de l’État et des ouvriers d’État, pensions de retraite des militaires, pensions militaires d’invalidité, autres allocations assimilées. Il est alimenté par les recettes des cotisations des agents et des employeurs.
« Afin de maintenir un solde cumulé positif du CAS Pensions dans un contexte de détérioration rapide de son solde cumulé, et ainsi garantir le respect de l’article 21 de la LOLF, le taux de contribution employeur au titre des fonctionnaires civils augmentera à nouveau de 4 points au 1er janvier 2026 (après +4 Points en 2025). Le taux de contribution employeur au titre des personnels civils atteindra ainsi 82,28 % (hors contribution ATI) à partir de 2026. »
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/dyn/contenu/visualisation/1088071/file/PAP2026_CS_CAS_Pensions_YD.pdf