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CGT - Université de Lille
Journal de la CGT Université de Lille n°71Éditorial
Sondage sur l’antisémitisme à l’université : des syndicats saisissent le Conseil d’État et recul du ministère !
Protection Sociale Complémentaire : les syndicats de l’ESR quittent la commission paritaire de pilotage et de suivi (CPPS)
Mise en œuvre de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) au 1er mai 2026 ? Rien n’est moins sûr !
La situation financière de l’Université de Lille projetée pour 2026
Des réorganisations de service avec étude d’impacts mais avec quel plan de prévention ?
Avis sur la modification de l’organigramme de la Faculté des Sciences et Technologies (FST)
Les CREP, quoi de neuf ?
Pratiques managériales dans les entreprises et politiques sociales en France : les enseignements d’une comparaison internationale (Allemagne, Irlande, Italie, Suède) et de la recherche
Les jolies colonies de vacances... révision du barème, à la demande de la CGT
CNESER du 18 novembre 2025 - Interventions CGT et votes
Concours enseignants 2026 : une hausse des inscriptions… qui trompe un peu
Shadok cabinet, saison 4, épisode 8 ou de la révolution permanente des services
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Éditorial
C’est sans surprise que Régis Bordet a été réélu président de l’Université de Lille. Il disposait en effet d’une confortable avance en nombre de sièges d’élu·e·s (14), auxquels il faut ajouter un représentant des établissements-composantes, et 8 personnalités extérieures, à savoir : un représentant du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), trois personnalités désignées par des organismes choisis conformément aux statuts par principe et quatre personnalités désignées, à titre individuel donc majoritairement par les élu·e·s de la liste portant la candidature du président sortant.
Notre candidate Marie Bénédicte Romond a recueilli 9 voix, soit celles des 6 élu·e·s de nos listes CGT, FSU, SUD et sympathisants, plus 3 élu·e·s de listes étudiantes (FSE, UNEF, et Union Étudiante).
Les élus SNPTES et CFDT ont préféré voter en faveur du président sortant.
En cette période particulière, nous tenons à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisé·e·s. Nous resterons à vos côtés pour vous informer, vous accompagner et porter vos voix.
Nous vous souhaitons, à vous et à vos proches, de très belles fêtes de fin d’année, placées sous le signe du repos, de la solidarité et de la convivialité.
Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour ouvrir ensemble une nouvelle année d’engagements et d’avancées sociales.
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Sondage sur l’antisémitisme à l’université : des syndicats saisissent le Conseil d’État et recul du ministère !
Le 28 novembre, plusieurs organisations syndicales (Snesup-FSU, Snasub-FSU et SNCS-FSU), des enseignant·es-chercheur·es ainsi que la Ligue des droits de l’homme (LDH) ont saisi le Conseil d’État en référé pour faire suspendre immédiatement la diffusion du sondage sur l’antisémitisme à l’université commandé par le ministre et confié à l’IFOP, qu’ils estiment contrevenir au principe de neutralité du service public.
Certains spécialistes (Mayer et Tiberj, 2025) soulignent en outre les problèmes de méthode et de cadrage du sondage qui s’inscrit dans un contexte où le débat sur le conflit israélo-palestinien est polarisé et où les sciences sociales sont régulièrement attaquées.
Depuis vendredi 28 novembre au soir, le sondage sur l’antisémitisme ordonné par le ministère a été fermé en catimini. La CGT FERC Sup se félicite de cet arrêt. La CGT FERC Sup s’interroge : le ministre a-t-il trop honte de ce scandale pour admettre ce retrait ?
C’est l’effet du rejet massif que cette enquête a suscité : voir la pétition ci-dessous, le refus de transmettre l’enquête aux collègues par les directions, le recours de la LDH devant le Conseil d’État...
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Protection Sociale Complémentaire : les syndicats de l’ESR quittent la commission paritaire de pilotage et de suivi (CPPS)
La commission paritaire de pilotage et de suivi est prévue à l’article 28 du décret du 22 avril 2022.
Communiqué CFDT, FERC CGT, FSU, SNALC, SUD, UNSA
Constatant le non-respect de l’accord concernant la protection sociale complémentaire du 8 avril 2024 et la dégradation du dialogue social, les organisations syndicales représentatives des ministères Éducation nationale, Enseignement supérieur, Recherche et de l’Espace et Jeunesse, Sport et Vie associative ont quitté la commission paritaire de pilotage et de suivi de ce jour.
Nous dénonçons le désengagement public qui ne prévoit pas les budgets nécessaires pour respecter l’accord stipulant la compensation financière par l’État de la part employeur pour tous les établissements du Supérieur et de la Recherche.
Et pour se couvrir, le ministère renvoie la responsabilité aux établissements leur permettant, sous couvert d’autonomie, de déroger à l’accord sur la date de mise en œuvre. Une consigne aurait même été envoyée en ce sens. L’État bafoue ainsi un des accords qu’il a lui-même signé. En conséquence, dans les établissements de l’ESR, les agent·es pourraient avoir une mise en œuvre à une date variable entre le 1er mai et le 1er décembre 2026, créant des inégalités entre les agent·es et mettant en péril l’équilibre du régime.Par ailleurs, nous dénonçons l’indigence du dialogue social au sein de cette commission paritaire de pilotage et de suivi dans laquelle nous réclamons, réunions après réunions, d’obtenir des documents complémentaires et informations nécessaires au bon suivi de la mise en œuvre du régime. Les réponses tardives, l’absence de documents complets concernant le contrat, tout comme le silence depuis un mois sur la situation de l’ESR, malgré nos multiples interpellations, sont inacceptables.
La CPPS ne doit pas être entravée.
Les représentant·es des personnels doivent être entendu·es.
La protection sociale des agent·es est un sujet essentiel sur lequel les ministères et l’État ne doivent pas faire d’économie.
La santé des agent·es n’est pas une variable d’ajustement budgétaire.
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Mise en œuvre de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) au 1er mai 2026 ? Rien n’est moins sûr !
On peut toujours lire sur le site gouvernemental : « À partir du 1er mai 2026, l’ensemble des agents des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative bénéficiera du nouveau régime collectif de protection sociale complémentaire (PSC) en santé. L’employeur assurera une prise en charge financière à hauteur de 50 % des cotisations. »
Sauf que pour les établissements du supérieur, le ministère a annoncé que la mesure ne serait pas compensée dans la subvention de service public 2026 qui leur est allouée. Il incite perfidement les présidences à une mise en œuvre au 1er décembre 2026 pour les établissements qui n’auraient pas la possibilité financière de mettre en œuvre sans compensation. Évidemment, le refus de la mise en place au 1er mai serait dès lors une décision locale et non imputable au gouvernement !
Quand cesseront-ils de faire les poches des universités sous le prétexte de l’autonomie conférée par la LRU et l’accès aux compétences élargies ?
Alors que nous avons été bombardés de relances par la MGEN comme par la DGDRH pour adhérer à la PSC, et que “Comme annoncé dans nos précédentes communications et celles de MGEN, la période d’affiliation de 21 jours pour notre établissement est désormais close “ (mail du 3 décembre), rien n’assure ce jour que vous pourrez bénéficier de cette PSC à la date du 1er mai 2026 même si notre établissement l’a inscrite dans le budget initial 2026 (voir article qui suit), car l’hypothèse de l’université repose sur la compensation totale de la mise en place du dispositif de la PSC alors qu’elle n’est pas dans le projet de loi de finances.
Le communiqué de France Universités du 28 octobre dernier à destination du gouvernement se montrait critique sur le financement de l’ESR : « Il est tout aussi urgent qu’il tienne parole et honore les engagements qu’il a souscrits, que ce soit pour la protection sociale complémentaire (PSC) ou dans la loi de programmation de la recherche. »
France Université avait déjà témoigné de ses inquiétudes en amont de la loi de finances 2025. On se souvient que 3 établissements dont le nôtre avaient fermé administrativement leurs portes le 3 décembre 2024 mais ces mêmes directions avaient refusé de rejoindre le mouvement intersyndical qui appelait à la mobilisation le 5 décembre. La convergence des luttes n’est pas dans leur abécédaire !
Bien évidemment, il est scandaleux qu’un gouvernement ne compense plus les mesures nationales. Mais il sera tout aussi scandaleux de priver des agents d’une université de cette PSC financée pour la première fois à 50% par l’employeur !
Aussi, nous proposons donc à France Université d’appeler à fermer administrativement tous les établissements le 1er mai, date prévue pour l’entrée en vigueur de la PSC afin de manifester leur colère devant la non compensation financière d’une mesure nationale !
Nul doute qu’un tel appel sera entendu et suivi par les présidences, et soutenu par de très nombreux personnels eux-mêmes dans la rue, sauf les personnels d’astreinte bien entendu !
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La situation financière de l’Université de Lille projetée pour 2026
Le 4 décembre s’est déroulé le dernier Conseil d’Administration (CA) du mandat avant l’installation des nouveaux élus le 8 décembre.
En 2024, alors que la Présidence de l’Université annonçait avoir décidé une fermeture de l’établissement pour protester contre l’insuffisance de la subvention de charges de service public, le CA adoptait à l’unanimité une motion qui tirait la sonnette d’alarme : « Si ces revendications n’étaient pas prises en compte, l’État prendrait la responsabilité de contraindre les universités à n’avoir d’autres choix que de remettre en cause notre rôle d’ascenseur social du territoire, en particulier l’accueil en premier cycle, nos politiques en faveur de l’épanouissement du public étudiant, à travers le sport et la culture, notre politique sociale interne, vecteur d’engagement de notre communauté universitaire, nos actions de recherche et de valorisation, indispensables à la contribution aux enjeux de transitions, notre implication dans le développement intellectuel, social et économique du territoire".
Le CA du 4 décembre 2025 s’ouvre dans une perspective financière encore plus sombre pour 2026. Ce qui repose cruellement la question des actions à entreprendre collectivement pour sortir de cette spirale de dégradation budgétaire et des conditions de travail des personnels comme des étudiants. Aussi les élus CGT-FSU se sont abstenus sur les points budgétaires au CA budgétaire du 4 décembre 2025 pour pointer que si les éléments budgétaires soumis au vote ne sont pas de nature à permettre d’assurer les missions de service public de manière satisfaisante, il est de la responsabilité de l’État de pourvoir à ces besoins.
Le second Budget Rectificatif BR2 de 2025 présente par rapport au premier BR1 un solde budgétaire en amélioration de 11.4 M €, mais restant négatif à hauteur de 53.4 M €. Cette « amélioration » tient à la prise en compte des ajustements de la Subvention pour Charges de Services Public (SCSP) réévaluée à la hausse de 2,6 M € par rapport au BR1 2025 mais qui concernent exclusivement la poursuite de la loi de programmation de la recherche (autrement dit le paiement de la dette de l’État vis-à-vis de l’établissement), des financements complémentaires, une prévision de consommation de la masse salariale en 2025 qui s’établit à 574.6 M €, soit 3,4 M € supplémentaires en crédits et un ajustement des dépenses d’investissement.
OUF ! Les 3 critères du décret financier du 2 décembre 2024 sont respectés :
1. La trésorerie s’élève à 74 M€ soit 38.5 jours de dépenses décaissables, au-delà du seuil prudentiel de 30 jours.
2. Le fonds de roulement s’établit à 33.4 M€ soit 17.3 jours de fonctionnement, au-dessus du seuil prudentiel de 15 jours.
3. Le ratio Dizambourg (dépenses de personnel / produits encaissables) est de 82.5%, très proche du seuil prudentiel de 83 %.
Le BR2 est adopté par : 27 voix Pour, 3 Contre et 6 Abstention.
En exposé des motifs, on peut lire « L’exercice budgétaire 2026 s’ouvre dans un environnement politique, économique et financier particulièrement contraint et incertain pour les acteurs publics. À ce jour, le Projet de Loi de Finances pour 2026 n’a pas encore été adopté, ce qui entretient un climat d’attente et de forte incertitude quant aux orientations budgétaires nationales et à leurs répercussions sur les établissements publics.
Sans surprise, « malgré des coupes budgétaires importantes sur les dépenses de fonctionnement et un niveau de ressources propres restant conséquent, l’établissement n’est pas en capacité d’équilibrer son budget pour l’exercice 2026. »
Dans l’équation :
Pour les dépenses, la masse salariale est estimée à 593,5 M€, soit une augmentation de 18,97 M€ par rapport aux dépenses prévisionnelles de 2025. Celles de fonctionnement 2026 sont estimées à 127.7M€ en hausse de 8.4 % (+9.9 M€) par rapport au budget initial 2025. Enfin, les dépenses en investissement sont, avec des autorisations d’engagement s’élevant à 45.9 M€ soit une baisse de 20.7 % par rapport au budget initial 2025 (57.9 M€).
Le solde budgétaire s’établit à un déficit de 63.9 M€ soit une baisse de 2.6% (+1.7 M€) par rapport au budget initial 2025 (-65.6 M€), entraînant un prélèvement sur la trésorerie de 63.9 M€ alors que ce prélèvement était de 65.9 M€ au budget initial 2025 réduit à 53.4 M€ au BR2 2025.
Le résultat comptable prévisionnel s’établit à -44.9 M€ au budget initial 2026 soit une dégradation du déficit de 79.3 % (19.8 M€) par rapport au budget initial 2025 (-25.1 M€) et de 113.6 % (-23.9 M€) par rapport à la prévision d’exécution 2025 (-21 M€).
PLOUF ! Aucun des 3 critères de soutenabilité ne parvient à être atteint pour ce BI 2026 :
1. Le niveau de la trésorerie : 8.3 jours inférieur 30 jours de fonctionnement en Crédits de Paiement, hors investissement
2. Le niveau du fonds de roulement : -12 jours, inférieur au niveau des 15 jours de fonctionnement en Crédits de Paiement hors investissement, préconisés.
3. Le ratio charges de personnel sur les produits encaissables (ratio Dizambourg) : 84.6%, au-dessus du niveau exigé.
La rectrice émet logiquement un avis défavorable à la vue des indicateurs de soutenabilité dégradés.
Le Budget Initial est pourtant adopté par : 27 voix Pour, 3 Contre et 6 Abstention.
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Des réorganisations de service avec étude d’impacts mais avec quel plan de prévention ?
À l’ordre du jour de la Formation Spécialisées Santé Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) du 27 novembre, à la demande des représentant·e·s du personnel, figuraient les réorganisations des services : Service Commun de Documentation (SCD), fusion des UMRs HALMA et IRHIS, et Direction Générale des Services en charge de l’Évolution de l’Institution et de la Qualité de Vie au Travail (DGSA EI QVT) dont la création et le précèdent organigramme ne dataient que d’une année.
Contrairement aux engagements de l’administration, nous n’avons pas eu accès aux documents au fil de l’instruction de l’étude d’impacts. Il est vraisemblable que si l’on avait pas demandé l’inscription à l’ordre du jour de l’instance, nous n’aurions même pas eu accès à l’étude d’impacts. Ces réorganisations étaient pourtant programmées depuis juin 2025.
De toute façon, nous avons bien compris que ces études d’impacts ne sont aucunement réalisées dans la perspective de peser bénéfices et risques pour décider de mener la réorganisation mais pour identifier l’impact de la réorganisation et l’accompagner. Soit, dans ce cas, nous avons demandé le plan de prévention de chacune de ses réorganisations avec indication du calendrier des actions puisque l’étude d’impacts a conduit à identifier des risques, dont RPS et les à-côté.
Nous avons donc demandé, une semaine avant l’instance, les informations suivantes non comprises dans les documents préparatoires :
Il faut noter que l’étude d’impacts pour la fusion des deux UMRS s’est cantonnée aux seuls agents BIATSS. Aucune proposition d’échange individuel n’a été faite aux enseignants-chercheurs des deux unités. Nous restons dubitatifs sur le protocole de ces études d’impacts. Il y a quand même 4 EC qui ont choisi de se rattacher à un autre laboratoire pour le contrat 2026-2030 suite à cette fusion. Ce qui ne veut pas dire que les autres n’auraient pas des questionnements sur l’avenir et qu’un plan de prévention ne devrait pas les inclure.
Suite à cet envoi, la veille de l’instance, nous avons eu accès à des documents supplémentaires. Pour autant, pour ce qu’elle appelle « plan d’actions », l’administration ne présente pas le calendrier de son déploiement. Par ailleurs, les nouveaux organigrammes du SCD et de la DGS EI QVT sont soumis à l’avis du Conseil Social d’Administration (CSA) dès le 4 décembre, une semaine après la réunion de la F3SCT, ce qui en dit long sur la prise en compte des débats en F3SCT !
Ce qu’on peut dire sur les bénéfices de ces réorganisations à mettre en balance des coûts et risques contenus dans les études d’impacts présentées :
Les représentant·es du personnel à la F3SCT ont adopté à l’unanimité pour les trois réorganisations l’avis suivant :
« L’étude d’impacts présentée identifie des risques psychosociaux qui ont fait l’objet d’une cotation. Les mandaté·es demandent qu’un plan de prévention de ces risques, associé à un calendrier de la mise en œuvre des actions, leur soit présenté en instance. »
Le Président par la présentation des études d’impacts à la F3SCT ne peut ignorer les risques de ces réorganisations. À lui de veiller à la mise en œuvre des plans de prévention nécessaires. À nous de nous assurer, y compris par des visites de service ou par les signalements qui nous seraient remontés, qu’un plan de prévention adéquat a été mis en œuvre. Nous n’hésiterons pas à rappeler à notre employeur ses obligations en la matière.
Au Comité Social d’Administration du 4 décembre, la CGT a voté logiquement contre les organigrammes des deux de ces trois services restructurés qui leur était présentés (celui de la DGS EI QVT n’était pas à l’ODJ) :
• Avis défavorable sur la modification de l’organigramme du SCD : Contre : 5 (2 CGT / 2 FSU / 1 SUD Education), Abstention : 4 (2 CFDT / 2 SNPTES)
• Avis réputé donné (partage entre pour et contre) sur la nouvelle organisation résultant de la fusion des unités de recherche HALMA et IRHIS : Pour : 4 (2 CFDT / 2 SNPTES), Contre : 4 (2 CGT / 2 FSU), Abstention : 1 (SUD Éducation)
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Avis sur la modification de l’organigramme de la Faculté des Sciences et Technologies (FST)
Nous vous avions parlé de l’étude d’impacts réalisée sur une réorganisation administrative visant à imposer que les supérieurs hiérarchiques soient tous et toutes des personnels BIATSS avec un avis adopté à l’unanimité en F3SCT [1]. Avec ce projet, c’est surtout une pyramide administrative qui n’échappe plus à l’autorité du Directeur des Services Administratifs (DSA) de la FST.
Au Conseil Social d’Administration (CSA) du 4 décembre, l’organigramme était présenté pour avis. Ce dernier a reçu un avis favorable en conseil de la FST : 21 pour, 6 contre, 5 abstentions.
Le DSA a rappelé la réalisation de l’étude d’impacts et l’organisation de groupes de travail (GT) par métier pour co-construire les missions, en prenant en compte les activités et contraintes. Ces GT ont fait des propositions d’organisations cibles remontées à un comité de pilotage qui décidait. Entre-temps, une Directrice Adjointe des Services Administratifs (DASA) a été recrutée.
La CGT a pointé les risques psychosociaux de la désignation des nouveaux n+1 à effectif constant. D’ex-collègues deviendront n+1 avec potentiellement le même corps que l’agent encadré qui pourtant fera les mêmes missions en grande partie, hors celles d’encadrement. Ces n+1 verront de fait un effet positif sur l’IFSE à terme et potentiellement leur évolution de carrière. Cela peut impacter le collectif. La DASA s’est voulue rassurante : « On a un énorme plan d’accompagnement. Tout sera accompagné. Cela devrait bien se passer ». Le DSA a précisé que pour les gestionnaires de l’offre de formation, cela n’est pas à effectif constant puisque deux postes vacants actuellement seront utilisés. Il a cité les chargés de TP comme étant les plus intéressés par cette réorganisation. Ils se sentaient sans perspective de carrière au-delà de Techniciens.
La CGT a alors demandé quels étaient les métiers les plus critiques vis-à-vis de ce projet. Le DSA a répondu : les assistants financiers et administratifs de département. La DASA expliquant qu’ils n’ont pas cru au travail collaboratif et n’ont pas osé participer activement en GT. Le DSA explique qu’ils n’ont jamais profité de promotion et qu’il n’y a plus aucun encadrement supérieur dans les départements. La CGT a constaté que l’organigramme présenté ne leur offre aucune perspective de carrière non plus puisque la DASA est n+1 de tous. Le DSA a répondu que c’était le seul scénario que ces agents ont choisi parmi les 4 proposés.
Quant au mode de désignation des autres n+1, le DSA a expliqué que seuls candidateront ceux qui ont le souhait d’être n+1, que les postes n’étaient pas fléchés et qu’en cas de candidatures multiples, sera choisi le ou la plus solide des candidat·es, et qu’on gérera « le service après-vente ».
Pour le suivi et l’évaluation de la réorganisation pendant la phase de consolidation, le DSA s’est montré rassurant avec des outils déjà en place, la planification d’étapes intermédiaires et les comptes rendus d’entretiens professionnels. La CGT a précisé que, via la F3SCT, elle disposera également d’outils d’information sur l’état des services, via les signalements dans le RSST dématérialisé.
Si les agents en unités de recherche sont pour l’instant hors champ d’application de cette réorganisation, il est précisé, dans le document présenté, qu’une réflexion est menée à l’échelle de l’université et que toute évolution sera envisagée conformément aux orientations définies par la présidence.
CGT, FSU et SUD ont suivi l’avis des élus de leurs listes en conseil de composante et ont donc voté contre l’organigramme qui a donc recueilli un avis défavorable par 5 voix contre (2 CGT / 2 FSU / 1 SUD Éducation) et 4 abstentions (2 CFDT / 2 SNPTES).
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Les CREP, quoi de neuf ?
Comme chaque année, nous voici dans la période des Comptes Rendus d’Entretien Professionnel (CREP). C’est une obligation et un droit pour les agents, une obligation pour le supérieur hiérarchique, et pourtant à l’université, sur 2022-23, seuls 70% des CREP ont été validés, c’est à dire finalisés et signés.
Nous vous avions fait part lors du dernier bulletin, d’un taux de réalisation variable entre les composantes. En prenant l’année de référence 2022-23, ce taux varie de 40% pour FLCS à 86% pour HUMA (87% pour ICID) avec trois composantes qui ont un taux de réalisation inférieur à la moyenne de l’établissement, FLCS, IAE et INSPE, auxquelles il faut ajouter le CLIL qui n’est pas une composante.
Une lectrice avisée a réagi à notre article car nous n’avions pas dit que notre demande de diffusion des taux de réalisation des CREP pour les Directions Générales Déléguées et services centraux avait été satisfaite. Don’t act, voici ce que l’on peut en dire.
Pour vous exercer aux acronymes des directions, et par souci d’économie de place, nous ne les expliciterons pas. On observe des directions et services qui ont un taux de réalisation au-dessus de la moyenne de l’établissement : Agence Comptable, DGD DAF, DGD NUM, DGDVU, DIRCOM. On y trouve aussi des directions à très faible taux de réalisation : DASP (36,8%), DGDFormation (32,3%), ou Pôle Moulins (17,9%). Les agents dépendant de la DGS-Présidence ne sont pas les mieux lotis avec 44,8% de réalisation des CREP. Quant à la DGD RH qui devrait être exemplaire, elle est pile dans les 70% de la moyenne sur l’établissement !
Encore un gros effort, et l’on sera dans les clous des 100% comme l’Institut Éric Weil qui a réalisé l’entretien professionnel de son seul agent BIATSS.
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Pratiques managériales dans les entreprises et politiques sociales en France : les enseignements d’une comparaison internationale (Allemagne, Irlande, Italie, Suède) et de la recherche
L’Inspection générale des affaires sociales a réalisé une enquête sur les pratiques managériales en France comparées à quatre autres pays (Allemagne, Irlande, Italie et Suède) dans quatre secteurs économiques : l’automobile, le digital, l’assurance-banque et l’hôtellerie-restauration.
Les pratiques managériales influencent la santé au travail et la qualité de l’emploi, et pas seulement la performance économique des entreprises.
Parmi les constats de l’enquête, figure le fait que les principes d’un management de qualité sont très convergents et reposent principalement sur :
Près de 76 % des Français interrogés déclarent avoir une faible autonomie dans leur travail, contre 66 % en Allemagne. Ils ne sont que 56 % à estimer que leur travail est reconnu à sa juste valeur, contre 75 % en Allemagne et au Royaume-Uni.
La France se distingue par un cadre normatif fort, mais une faible reconnaissance du droit d’expression des salariés. Le management y est vertical, très hiérarchique, distant et peu coopératif. Par ailleurs, la question du diplôme y est prééminente, y compris pour les postes hiérarchiques élevés, alors que la formation initiale des managers est peu développée. La place accordée au dialogue social y est faible et le management est considéré comme la chasse gardée de la direction.
NDLR : Toute ressemblance avec la situation dans le secteur public et à l’université en particulier ne serait en rien fortuite !
Retrouvez le rapport Igas ici !
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Les jolies colonies de vacances... révision du barème, à la demande de la CGT
Lors de la réunion de bureau du SCAS du 4 novembre 2025, une nouvelle version de l’Aide Sociale à Initiative de l’Université (ASIU) pour les colonies de vacances a été présentée.
Cette révision intervient à la demande de la CGT, qui avait souligné en Conseil de gestion un écart insuffisant entre la première et la dernière tranche de quotient familial (QF). En effet, la première version prévoyait une participation de l’université de 18 € par jour pour les QF les plus bas, contre 8 € par jour pour les QF les plus élevés.
La version réévaluée propose désormais un barème plus cohérent. La participation passerait à 20 € par jour pour les agents relevant des QF les plus bas et à 6 € par jour pour ceux appartenant aux QF les plus élevés. Cette évolution vise à renforcer l’accompagnement financier des agents tout en maintenant le principe de cofinancement : la participation du SCAS contribue de manière significative aux dépenses engagées.
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CNESER du 18 novembre 2025 - Interventions CGT et votes
Déclaration liminaire de la CGT :
Le détail sur :
https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/les-instances/cneser/article/cneser-du-18-novembre-2025-interventions-cgt-et-votes
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Concours enseignants 2026 : une hausse des inscriptions… qui trompe un peu
Le Ministère de l’Éducation nationale annonce 265 880 inscriptions aux concours enseignants 2026, soit +46 % par rapport à 2025. Un chiffre qui peut sembler très encourageant, mais que beaucoup relativisent.
Dans le détail, pour le premier degré, on compte 102 027 inscriptions dans le public (+64,8 % par rapport à 2025), dont 38 441 pour le nouveau concours bac+5 et 49 817 pour la nouvelle voie à bac+3. Dans le second degré, 121 274 inscriptions sont recensées dans le public (+34,7 %), avec une forte hausse dans plusieurs disciplines comme les lettres modernes, les mathématiques ou l’allemand.
La session 2026 inaugure la nouvelle réforme du recrutement : les candidats peuvent désormais se présenter dès la licence (bac+3). Mais ils ne rentreront pas immédiatement dans le métier puisqu’ils bénéficieront d’une formation rémunérée de deux ans avant de prendre une classe en responsabilité. Pour assurer la transition, le ministère organise deux concours en 2026 : un à bac+3 et un à bac+5. Les étudiants peuvent donc s’inscrire aux deux en même temps.
Un même candidat peut donc figurer deux fois dans les statistiques… même s’il ne pourra, au final, passer qu’un seul des deux concours, puisqu’il devra choisir le jour de la première épreuve écrite.
La hausse du nombre d’inscriptions peut traduire un regain d’intérêt, mais elle est surtout liée à la coexistence de deux voies de concours en 2026. Elle ne garantit donc pas une augmentation équivalente du nombre d’enseignant·es recruté·es ni une amélioration immédiate de la situation dans les classes.
Pendant ce temps, l’Université de Lille, focalisée sur la réduction du coût de son offre de formation, invoque la délégation de compétences accordée aux composantes pour laisser s’éroder les filières orientées vers les métiers de l’enseignement, au profit d’acteurs privés.
L’exemple le plus frappant est la suppression de la préparation à l’Agrégation de Physique par le département de physique de la FST, décision prise pour tenter de maintenir artificiellement plusieurs masters 2 en difficulté en raison des faibles effectifs. On peut également citer l’étonnante proposition faite aux étudiants de L3 Sciences de la vie et de la Terre n’ayant pas réussi le concours : se réinscrire dans une licence « Sciences et Technologies », dont les enseignements sont pourtant identiques à ceux qu’ils ont déjà validés. Si cette réinscription leur permet potentiellement de continuer à percevoir une bourse, elle ne constitue en rien une préparation sérieuse au concours. Il ne fait guère de doute que des établissements privés, tels que l’Université Catholique, saisiront l’occasion pour proposer à ces étudiants des formations payantes de préparation aux concours.
D’autres composantes suivent des logiques similaires. Peu à peu, notre établissement se désengage ainsi des filières dédiées aux métiers de l’enseignement, pourtant essentielles à la mission de service public d’éducation.
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Shadok Cabinet, saison 4 épisode 8 ou de la révolution permanente des services
Le professeur Shadoko entamait son second mandat. Après avoir critiqué les réorganisations de services de son prédécesseur, il avait procédé lors de son premier mandat à de nombreuses réorganisations qui malheureusement, ne donnaient pas entière satisfaction. Pour lui, si l’on réalisait davantage de réorganisations, on en maîtriserait enfin la science, selon l’adage, « c’est en forgeant qu’on devient musicien ». Par ailleurs si, tout service subissait au moins une réorganisation, aucun Shadok ne pourrait plus se réjouir d’y échapper et narguer les malheureux élus de la réorganisation. La politique de la réorganisation administrative permanente était née.
Pour l’accompagner, il procéda à la création d’un service de l’accompagnement au changement qui était chargé de lever toutes les oppositions à toute réorganisation. Pour cela, on faisait miroiter aux agents du service visé qu’ils pourraient espérer monter dans l’organigramme à l’occasion de ce changement. Même si souvent dans les faits, plus de Shadoks dégringolaient dans l’organigramme que n’en montaient les marches, l’espérance d’un avenir meilleur les incitait à faire contre fortune bon cœur. À chaque réorganisation, il fallait repostuler à son poste. Parfois, un poste était oublié dans la réorganisation, et le Shadok qui l’occupait se retrouvait en autorisation spéciale de non-pompage dans l’attente d’une réorganisation qui créerait, par erreur, un poste de plus que nécessaire.
Bien vite, les Shadoks qui n’étaient pas réorganisés assez rapidement se sentaient abandonnés. Il fallut créer un service d’accompagnement à la stabilité chargé de les convaincre que ne pas être réorganisés valait mieux pour eux.
Comme les réorganisations se révélaient souvent catastrophiques, un service d’accompagnement au retour en arrière vit le jour qui travaillait à recréer le service initial.
Ces trois services étaient coordonnés par la direction générale de la Qualité de Survie à la Transition Administrative, dénommée QST-A. Pour montrer l’exemple, il fut procédé à une mobilité permanente des Shadoks de ces trois services. Ce qui n’était pas sans soumettre à des injonctions contradictoires ces agents, qui devaient un jour vanter le changement et le lendemain alerter sur son impact négatif et finalement conseiller de ne pas l’entreprendre. « Tout avantage a ses inconvénients et réciproquement » était leur mantra.
Ces réorganisations étaient cependant coûteuses en temps, et en masse salariale d’accompagnement pour un bénéfice final que l’on imaginait seulement car l’on n’avait même plus le temps de faire un bilan de l’organisation d’un service avant de le réorganiser.
Le devin plombier s’attela à la construction d’une machine intelligente à réorganisation générative. Elle pouvait, dans un premier mode, recevoir le codage de nouvelles activités envisagées pour un service, et produisait en retour l’organigramme cible avec les fiches de postes adéquates, les affectations des ex-agents, et même le bilan de la réorganisation avant qu’elle ne soit entreprise. En mode « rétro », elle refournissait l’organigramme antérieur, les fiches de postes et affectations initiales du service. En mode « stand-by », elle faisait patienter tout le service en proposant des activités de loisirs à ses agents. Cette machine permit immédiatement la suppression des services d’accompagnement. Par ailleurs, dans sa version V2, la machine pouvait créer de novo, des activités même inutiles mais nécessaires à justifier une réorganisation.
Mais devant la montée en flèche de signalements de type RPS de réorganisation, il fut décidé de se contenter d’une réalisation purement virtuelle de services réorganisés. Dès lors, le Professeur Shadoko pouvait, équipé d’un casque de réalité virtuelle, s’enthousiasmer de sa politique de réorganisation de services. Les Shadoks pouvaient travailler sans risque supplémentaire d’être soumis à une réorganisation toxique de leur service.