La CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Syndicat CGT FERC Sup
Sorbonne Université

samedi 14 avril 2018

Affiches de la honte : déclaration lue au CFVU

Déclaration de la CGT soutenue par la FSU et SUD au cfvu séance du 12 avril 2018
A propos d’Axio et la PEIP

L’association étudiante Axio de Sorbonne Université et des étudiants de la PEIP (parcours des écoles d’ingénieurs de Polytech) ont lancé une campagne d’affichage pour appeler à leur soirée du 23/03. Cette campagne publique était une sorte de jeu de pistes où il fallait retrouver des membres de l’association pendant la soirée, avec des surnoms, pour obtenir une récompense. Nous avons été choqué-e-s par les surnoms et les récompenses qui sont associés à certains personnages féminins. Notamment par les récompenses "pipe" "besos" "baffe", lorsqu’en parallèle les récompenses offertes pour retrouver un homme ne sont pas du tout du même ressort. Nous condamnons cette campagne qui est ouvertement sexiste en cela qu’elle discrimine les femmes à travers une représentation à caractère sexuel ou appelant ouvertement à une utilisation sexuelle de la femme. Cela banalise la culture du viol sur un espace collectif de l’Université qui est voué à former des esprits autant qu’à éduquer à des valeurs. Nous considérons qu’elle n’a pas lieu d’être, quand bien même des hommes et des femmes sont visibles dans cette campagne et que les filles d’Axio ont sûrement participé elles aussi à sa conception de façon totalement consentante.

Nous pensons que cette campagne exploite des imaginaires sexistes liés à la culture du viol, malheureusement bien présente dans les soirées étudiantes en règle générale. D’ailleurs, l’affiche pour la soirée suivant d’Aixo reposait encore une fois de plus sur l’imagerie de l’homme « conquérant », « chasseur », et la femme « soumise » (photo tiré d’une série Netflix avec le « Mac » protégeant « sa femme »). Aujourd’hui le fait que le corps des femmes leur appartient n’est pas une chose acquise : faire des blagues dessus ne peut que nourrir des schémas de pensée sexistes.

La question de la limite se pose : où est la différence entre des blagues sexistes dans un contexte public ou de travail, et un comportement sexiste ou de harcèlement. À quel moment doit-on dire stop ? Les affichages d’Axio dénotent un état d’esprit contraire aux valeurs défendues par le République française et que Sorbonne Université se doit d’appliquer et soutenir. Ces affiches qui représentent la femme comme prête à offrir une fellation comme récompense ont-elles lieu d’être dans une société où :

  • 25% des français considèrent qu’une fellation forcée relève de l’agression sexuelle et non du viol,
  • et près de 30% des 18-24 ans pensent que les femmes peuvent avoir du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle ?

Dans une société ou la culture du viol est ancrée dans nos comportements, il est de notre ressort à tous et toutes de prendre nos responsabilités. Lorsqu’on affiche dans un endroit où plus de 30 000 personnes passent devant tous les jours il est de la responsabilité de chacun.e de se demander quelle image de notre université, vont renvoyer ces affiches qui nous impactent toutes et tous, personnels enseignants et Biatss.

Nous souhaitons ne plus revoir aucune affiche sexiste ou à caractère discriminant sur le campus, et nous appelons à la responsabilité de chacun.e et d’autant plus aux associations qui peuvent avoir une influence à lutter contre la culture du viol et à œuvrer pour l’égalité homme-femme.
Nous demandons que la convention entre Sorbonne Université et les 2 associations (BDE Polytech et Aixo) fasse l’objet d’une remise à plat. Il n’est pas envisageable que Sorbonne Université promeuve et finance des associations qui font des campagnes ouvertement « machistes » et sexistes.
Nous demandons que soit mise en œuvre rapidement une formation ouverte aux associations étudiantes et aux personnels de l’université sur le sexisme, et aussi de prévoir la rédaction d’une charte antisexiste, qui promeut l’égalité Femme-Homme et s’engage contre toutes formes de discrimination.

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