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Gel des postes, budget prémices de l’unification

mercredi 4 décembre 2013

L’Université a décidé de « geler », en réalité supprimer, des postes statutaires pour l’année universitaire 2014-2015, ce qui signifie moins d’enseignements-chercheurs devant les étudiants et moins de personnels administratifs dans les services.

La direction de l’université, qui a découvert un déficit structurel d’un million d’euros, a donc décidé de mettre en place des suppressions de postes en 2014. Les discussions ont déjà eu lieu au sein du Conseil d’Administration, et ont abouti à la suppression de 3 postes d’IGE et de 8 suppressions de postes de PR et MCF.

Nous ne pouvons que nous étonner que personne à la présidence de l’université ne semble s’intéresser aux causes réelles de ce déficit, à savoir la mise en place de la LRU et des RCE. Ce déficit est dû à l’augmentation normale des charges, notamment de personnels, qui ne sont pas comblées par la dotation générale de l’établissement par le ministère. L’Université qui a pleinement joué le jeu du passage aux Responsabilités et Compétences Elargies devrait s’interroger sur la rupture de ce contrat : l’Etat s’était engagé à l’époque à prendre en charge des dotations tenant compte de cette situation. Si l’Etat n’a d’ailleurs de cesse de clamer que les dotations pour les universités sont en augmentation, celles-ci ne permettent toutefois pas de combler ces augmentations budgétaires « normales », alors que ce phénomène était prévisible. Pour information, le déficit 2013 a été comblé sur le fond de roulement de l’université, qui ne serait plus que de 20 jours.

Dans de nombreuses universités, les conseils d’administration ont voté des motions dénonçant ce désengagement de l’Etat et mettant le Ministère devant ses responsabilités. Le Conseil d’Administration de Paris 3 n’a à ce jour pas voté de texte en ce sens. La politique qui vise à geler des postes, et à dégrader les conditions de travail de tou-te-s, sans demander au Ministère la dotation manquante, ne fait que rendre pérenne et légitimer le désengagement de l’Etat.
De plus la mise en place des nouvelles maquettes à la rentrée 2014 va entraîner un coût supplémentaire de 700 000 euros. Les solutions qui ont été proposées dans divers conseils prévoyaient une dégradation des conditions de travail des enseignant-e-s et enseignant-e-s-chercheur-e-s (changement des barèmes des heures de cours), mais aussi des étudiant-e-s –fermetures de groupes de L1 au second semestre).

En octobre 2012, les élu-e-s CGT, avec d’autres élu-e-s du personnel et des élu-e-s étudiant-e-s, avaient voté contre les maquettes qui avaient été présentées au CEVU et dont le coût n’avait jamais été évalué avec sérieux. A cette époque déjà, nous avions annoncé que celles-ci poseraient de nombreux problèmes, financiers (financement du LANSAD), mais aussi logistiques (mise en place des majeures-mineures). Nous avions alors été traité-e-s- d’ « irresponsables » souhaitant la « disparition » de Paris 3. Un an plus tard, Paris 3 n’a pas disparu, mais on nous propose de diminuer les heures de LANSAD prévues de 3h à 1h30, et de diminuer le nombre de groupes en L1, et donc de tabler sur l’échec des étudiant-e-s.

Des assemblées générales commencent à s’organiser au sein des départements pour s’opposer à ces modifications. Le comité technique du 18 novembre s’est prononcé à l’unanimité contre toutes les propositions qui dégraderaient les conditions de travail des personnels. Il est important de rester vigilants, notamment sur toute modification des barèmes horaires des enseignements, qui revient de fait à introduire la modulation des services.

Nous avons demandé à ce que d’autres pistes soient explorées que la suppression des postes statutaires et des propositions visant à dégrader les conditions de travail de tou-te-s :

  • la suppression de la prime d’excellence scientifique, attribuée de façon individuelle pour récompenser l’ « excellence » de travaux de recherche qui doivent se penser collectivement ;
  • la fin des cérémonies dispendieuses (Docteur Honoris Causa…) ;
  • la remise à plat de la politique de recrutement de contractuels A+++ : ces contrats sont proposés par l’université à des personnels qui sont payés comme des professeurs d’université pour des fonctions administratives qui devraient être pleinement confiées à des personnels statutaires pour un moindre coût et qui ne correspondent pas toujours à des compétences spécifiques clairement identifiées ;
  • la remise à plat du référentiel des tâches ainsi que des charges de mission.
  • et bien sûr pas d’ouverture de formations au détriment des formations existantes et des conditions de travail, dans un contexte où l’Université n’a déjà pas les moyens d’entretenir les anciennes.

Il est demandé par l’ensemble des élu-e-s CGT qu’une projection précise sur les coûts de l’augmentation des charges soit effectuée : ces déficits structurels sont en effet parfaitement identifiables et ne doivent donc pas apparaître en cours d’année, surtout après le vote du budget.

L’Université continue sa marche en avant pour une université unifiée (issue du PRES et du projet IDEX) : la terminologie n’est pas encore choisie, mais le processus est pourtant pleinement engagé. Nous devrions donc nous unifier avec des établissements ayant de plus grandes difficultés financières que les nôtres (on parle d’1 million d’euros pour la Sorbonne Nouvelle ; 7 millions pour Paris 5 ; 3,5 millions pour Paris 7 et Paris 13…). Cette superstructure est donc en train d’être réalisée avec un ensemble d’établissements qui n’ont même pas les moyens de fonctionner à l’heure actuelle individuellement, et ce sans réelle contrepartie financière.

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