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Budgets xénophobes et austéritaires : Paris 1 à l’avant-garde des mesures instituant la préférence nationale25/04/2026
Communiqué inter-orga CGT Ferc Sup Paris 1 - Le Poing Levé - le SAP1 - Snesup-FSU Paris 1 - Solidaires étudiant-e-s Paris 1 - Sud Éducation Paris 1
Lundi 20 avril, dans un entretien au Parisien, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, a annoncé vouloir mettre fin aux exonérations "massives" des droits d’inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·ères, "déplorant" qu’à ce jour "seulement 10% d’étudiants extracommunautaires paient les droits différenciés". Notre ministre appelle à une application plus stricte du plan "Bienvenue en France" de 2019, que de nombreuses universités refusaient jusqu’ici de mettre en oeuvre. Pour rappel, ce plan prévoit, entre autres, une multiplication par 16 des droits d’inscription pour les étudiant·es extracommunautaires, qui auraient à payer 2895 € par an en licence, contre 178 € avant application, et 3941 € en master, contre 254 €. Pour justifier cette hausse stratosphérique, M. Baptiste explique, non sans cynisme, que ces sommes ne représenteraient que 30% du coût de la formation - pourcentage fantaisiste et mensonger puisque la grande majorité des cours en licence est désormais, dans les universités de SHS, assurée par des vacataires - et resteraient inférieures aux droits d’inscription pratiqués en Angleterre ou aux États-Unis.
Ces annonces sont dans la droite ligne de la volonté exprimée ici par la présidence de Paris 1 de revenir sur les exonérations pour les étudiant·es extracommunautaires, dans son budget prévisionnel pour l’année 2026-2027. Celle-ci a fait depuis cet automne l’objet d’un large rejet au sein de la communauté
universitaire, qui s’est fortement mobilisée pour lutter contre un budget jugé xénophobe et austéritaire.
Un mouvement de rétention des notes, inédit par son ampleur et sa durée, a permis d’obtenir une légère et insuffisante concession, de fait incluse dans les récentes annonces de M. Baptiste, à savoir que la fin des exonérations ne concernera pas les étudiant·es déjà inscrit·es en cours de cycle. Si, face aux pressions hiérarchiques et aux intimidations personnelles, le mouvement de rétention des notes a pris fin début avril, l’opposition à ces mesures budgétaires demeure.
Alors que pour la deuxième année consécutive, l’université de Strasbourg, appliquant ce plan depuis la rentrée 2024, a annoncé la radiation de 47 étudiant·es étrangèr·es n’ayant pas pu trouver suffisamment de fonds pour s’acquitter intégralement de ces frais exorbitants, les annonces ministérielles démontrent amplement la nécessité de poursuivre la mobilisation.
Nous avions à plusieurs reprises répété que si Paris 1 cédait sur ces questions, ce serait un coup de boutoir pour une hausse généralisée des droits d’inscription. Les annonces du ministre nous donnent raison : la présidence de Paris 1 est désormais à l’avant-garde de la préférence nationale érigée en politique d’établissement. Se mobiliser à Paris 1 contre les droits différenciés revêt ainsi un caractère impérieux, pour l’ensemble de l’enseignement supérieur public français.
Nous nous opposons donc avec fermeté à la logique encore et toujours à l’oeuvre de faire payer les coûts de l’austérité, non seulement aux plus précaires, mais surtout à des étudiant·es qui n’auraient pas le bon passeport. Tout cela est annoncé dans un contexte plus global de dégradation des conditions d’études et de séjour pour les étudiant·es extracommunautaires, qui devront par exemple renoncer aux APL à partir du 1er juillet 2026. Le montant annoncé de 250 millions d’euros de recettes supplémentaires est dérisoire au vu de la situation budgétaire critique de l’ESR et témoigne d’une dérive morale cynique et d’une faute politique irresponsable à l’heure de la montée des périls d’extrême droite.
À formation égale, inscription égale !
Pour lutter contre ce projet austéritaire et discriminatoire, organisons-nous ! Rejoignez-nous lors de la prochaine AG des personnels mobilisés le 5 mai à 18h (salle à venir).
Une mobilisation nationale va certainement s’organiser au plus vite, nous vous en communiquerons les dates dès que possible.