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mercredi 22 avril 2026

Université Paris 1 • Panthéon Sorbonne

Fin de la rétention des notes du S1 à Paris 1 contre la hausse des frais discriminatoire : Communiqué du collectif des doctorant-es, vacataires et ATER mobilisé de l’Université Paris 1 réuni en AG le 9 avril

14/04/2026

Nous relayons un Communiqué du collectif des doctorant-es, vacataires et ATER mobilisé de l’Université Paris 1 réuni en Assemblée Générale le 9 avril dernier que vous trouverez ci-dessous.

Syndicalement,

La CGT FERC Sup Paris 1

Communiqué du collectif des doctorant-es, vacataires et ATER
de l’Université Paris 1

L’assemblée générale des doctorant-es, vacataires et ATER réunie ce jeudi 9 avril 2026, a décidé, après près de 4 mois de rétention, de rendre collectivement les notes du semestre 1. Cette décision, nous avons dû la prendre à contre-coeur, sous la contrainte et les menaces de la présidence, des UFR, et d’une partie des enseignant-es titulaires.

Si la rétention des notes du semestre 1 s’achève aujourd’hui, notre opposition ferme et définitive au budget xénophobe et austéritaire voté en décembre 2025 demeure. Nous ne souhaitons pas, et ne souhaiterons jamais, enseigner au sein d’une université telle que la conçoit la présidence et ses affidé-es : où les étudiant-es étranger-ères, parce qu’étranger-ères, payent davantage que les étudiant-es communautaires. Cette mesure abjecte, dans un contexte de montée de l’extrême droite et de généralisation de ses idées xénophobes et discriminantes est portée par une présidence qui se prétend humaniste et universaliste mais qui ne fait que nourrir les idées rances que notre université prétend combattre. Elle a choisi la politique du pire en faisant payer les étudiant-es qui n’auraient pas, à ses yeux, le bon passeport. Elle, ses soutiens, et celles et ceux qui auront mis tant d’énergie à empêcher notre mobilisation et si peu à engager un dialogue constructif avec les rétentionnaires, sont les premiers responsables de la discrimination érigée en
politique d’établissement.

On nous a rétorqué tout au long de ce mouvement, tant dans les bureaux de la présidence que chez certain-es enseignant-es titulaires, que la situation budgétaire était ce qu’elle était, que ce n’était plus tenable, que si cette mesure n’était pas prise, ce serait pire encore. La présidence fait mine d’être affectée par la situation, mais ne cherche même pas à engager un bras de fer avec les tutelles pour obtenir davantage de moyens. Au contraire, elle continue d’avoir recours à des cabinets de conseil dispendieux, de sous traiter nettoyage et sécurité à des boites privées, et de refaire son escalier à grands frais.

Depuis quand des vies, des parcours universitaires, des rêves et des espoirs, parce qu’étrangers, doivent être mis en balance avec des chiffres ? Ce que la présidence présente comme inévitable depuis le début ne le semble pas tant, puisqu’elle est revenue en partie sur sa mesure, montrant que rien n’est jamais gravé dans le marbre. C’est par notre lutte que nous avons arraché ces réels mais insuffisants résultats pour racheter les décisions budgétaires de la présidence. Nous ne nous satisfaisons pas de ces demi-mesures, mais nous rendons nos notes fier-es d’avoir lutté et exprimé notre désaccord profond, avec le sentiment de nous être engagé-es dans une action juste pour nos étudiant-e-s, mais aussi pour une université ouverte et non-discriminante. Nous gardons cependant le goût amer de n’avoir pas été aussi soutenu-e-s que ce que cette mesure exigeait :

À nos camarades de luttes, merci d’avoir porté cette rétention aussi loin, merci d’avoir été moteur du plus grand mouvement de rétention de notes jamais réalisé à Paris 1 et ailleurs. La lutte continue, et elle ne cessera que lorsque la présidence annulera ce budget austéritaire et xénophobe. Elle ne s’arrêtera que lorsque les étudiant-es étrangerères pourront librement et sans taxe sur l’origine, s’inscrire à Paris 1.

Aux étudiant-es, nous avons été conscient-es dès le début que la rétention des notes était un mode d’action qui serait susceptible de provoquer de l’angoisse. Nous n’avions pas grand-chose à notre portée pour exercer une pression sur celleux qui nous préside, tant nos conditions de travail sont précarisantes. D’ailleurs, dans la droite lignée du mépris profond dont fait montre la présidence à l’égard de ses personnel-les non titulaires, cette dernière nous imposera, à nous, ses agent-es, des frais d’inscriptions dès la rentrée prochaine alors que nous sommes employé-es de l’université : cela reviendra donc à payer notre employeur ! L’argument ? Nous coûterions trop cher. Notre force de travail reste notre meilleur atout, la rétention crée de la nuisance, mais nous n’avons jamais voulu vous causer, à vous, du tort. Ce sont les diplômes, et derrière la présidence que nous visons. Nous souhaitons vous affirmer tout notre soutien, notre compassion et empathie dans ces moments d’angoisse et d’attente que vous avez dû traverser. C’est pour vous aussi que nous faisons cela, car demain, ce ne sont pas seulement les étudiant-es étranger-ères, mais toute l’université qui paiera le prix fort de ces politiques désastreuses.

Aux directions d’UFR, aux enseignant-es et à la présidence qui nous accusent de
pénaliser les étudiant-es par la rétention des notes, nous voulons leur dire toutes notre colère et amertume. Non, ce n’est pas nous qui pénalisons les étudiant-es, mais bien celles et ceux qui mettent en place ces budgets, et qui les soutiennent. Non, ce ne sont pas les rétentionnaires qui ont voté ce budget xénophobe et austéritaire, mais bien des élu-es du CA, qui n’ont aucune honte à sacrifier des parcours universitaires, quand ils profitent d’un salaire et d’une campagne d’emploi plus que favorables (avec nos impôts, s’il vous plaît messieurs dames). Non, les vacataires, ATER et doctorant-es mobilisé-es, qui assurent la plupart des cours de cette université n’en ont pas "rien à faire" des étudiant-es, et ne sont ni lâches ni irresponsables. Au contraire, c’est bien pour préserver une université ouverte à toustes, garantissant un parcours académique épanouissant, une ouverture d’esprit toujours renouvelée, quelle que soit l’origine, que nous nous battons. Et nous ne lâcherons pas. Pour finir, ceux qui pénalisent les étudiantes, ce sont les enseignant-es chercheur-euses, titulaires qui ont exercé des pressions sur les rétentionnaires, qui ont, par leur silence ou leurs menaces, soutenu ces décisions budgétaires en instrumentalisant les étudiant-es et en encourageant la délation.

Enfin, à la présidence, votre politique xénophobe et austéritaire est loin d’être unanime. Le climat de répression et de peur que vous instaurez à l’université Paris 1 n’a pas suffi à nous bâillonner contre vos mesures de bout de chandelle pour satisfaire vos ambitions politiques. Votre carrière importe bien moins à nos yeux que les vies d’étudiant-es étranger-ères privé-es d’études par votre arbitraire. Notre lutte continue et continuera sous d’autres formes, tant qu’il le faudra, soyez-en assuré-es.

Retrouvons-nous en AG le 5 mai 2026 (salle à venir) à partir de 18h pour décider de la suite du mouvement. Car celui-ci ne s’éteint pas, il se métamorphose et se maintient, tant qu’il le faudra, contre une université austéritaire et discriminante.

Le collectif doctorant-es, vacataires et ATER mobilisé de Paris 1