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lundi 26 octobre 2026

Vie de notre syndicat (Nantes), de la FERC-SUP, de la FERC, de la CGT, etc...

Écologie à Nantes Université : des réflexions collectives aux revendications syndicales

Le 6 mars 2026, la CGT FERC Sup Nantes Université organisait une demi-journée d’étude consacrée aux liens entre travail, écologie et syndicalisme. Cette initiative a notamment bénéficié des interventions d’Alexis Cukier, enseignant-chercheur et militant CGT, dont les travaux portent sur la démocratie au travail et l’écosyndicalisme, et de Ronan Lherbier, secrétaire général de l’Union départementale CGT de Loire-Atlantique et animateur de son collectif écosyndicaliste.

Cette rencontre a permis de confronter les analyses théoriques aux expériences concrètes des luttes syndicales, avant de poursuivre les échanges dans des ateliers collectifs consacrés à la situation de Nantes Université et aux transformations écologiques et sociales à engager.

Les réclamations et revendications présentées ci-dessous sont issues de ces travaux, prolongés par une réflexion collective au sein de notre syndicat. Elles ont désormais été discutées et validées par les syndiqué·es de la CGT FERC Sup Nantes Université.

Elles constituent notre plateforme revendicative pour une transition écologique indissociable de la justice sociale, de la démocratie universitaire et de la transformation du travail.

Pour retrouver le compte rendu de cette demi-journée d’étude : « L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage ! ».

Une distinction utile

Réclamation : nous réclamons ce qui devrait déjà être mis en place, appliqué ou respecté : obligations de l’employeur, engagements de l’établissement, dispositifs existants ou moyens nécessaires à l’exercice de missions déjà décidées.

Revendication : nous revendiquons ce qui n’existe pas encore, ce qui suppose de conquérir de nouveaux droits, de nouveaux moyens ou de transformer les choix et l’organisation de l’université.

I. Réclamations

1. Harmoniser effectivement le tri et la gestion des déchets sur tous les sites

La politique de gestion des déchets demeure trop hétérogène d’un campus à l’autre. Nous réclamons l’application homogène et effective, sur l’ensemble des sites de Nantes Université, de dispositifs de tri, de collecte et de valorisation clairement identifiés, accessibles et accompagnés de consignes communes.

2. Donner des suites concrètes et évaluables au bilan carbone

Nantes Université dispose d’un bilan carbone et affiche une politique de transition écologique. Nous réclamons que les constats issus de ce bilan soient traduits en mesures précises, financées, programmées et évaluables. Un état d’avancement régulier doit être communiqué aux personnels et à leurs représentants : objectifs, mesures réalisées, budgets engagés, résultats obtenus et calendrier restant à mettre en œuvre.

3. Donner à la Mission Transition écologique les moyens correspondant à ses missions

L’établissement ne peut afficher une ambition écologique tout en faisant reposer sa mise en œuvre sur des moyens insuffisants ou des emplois précaires. Nous réclamons les moyens humains, budgétaires et matériels pérennes nécessaires à l’exercice effectif des missions confiées au service chargé de la transition écologique.

4. Appliquer effectivement et uniformément les dispositifs existants de mobilité durable

Nous réclamons une information systématique des personnels sur les dispositifs auxquels ils ont droit, leur application homogène à tous les agents éligibles, le traitement rapide des difficultés administratives ainsi que la mise à disposition effective des équipements déjà prévus en faveur des mobilités alternatives, notamment les stationnements vélos sécurisés.

5. Intégrer réellement les formations écologiques au temps et à la charge de travail

Lorsqu’une formation à la transition écologique, au numérique responsable ou aux enjeux environnementaux est proposée ou demandée par l’établissement, nous réclamons que le temps nécessaire soit reconnu comme du temps de travail et intégré à la charge réelle des personnels. La transition écologique ne peut constituer une tâche supplémentaire venant s’ajouter au travail existant.

6. Faire respecter les compétences actuelles des instances représentatives

Nous réclamons l’information et la consultation effectives des représentants des personnels chaque fois que les décisions relatives à la transition écologique ont des conséquences sur l’organisation ou les conditions de travail : immobilier, mobilités, températures des locaux, outils numériques, réorganisations, aménagements des espaces et changements des conditions de travail.

7. Intégrer effectivement les risques climatiques dans la prévention des risques professionnels

Les conséquences du changement climatique doivent être prises en compte dans l’évaluation des risques professionnels. Nous réclamons leur inscription effective dans le DUERP et leur traduction dans les programmes de prévention : chaleur dans les bureaux, travail extérieur, épisodes climatiques extrêmes, locaux inadaptés, déplacements professionnels et autres risques émergents.

8. Contrôler réellement les engagements sociaux et environnementaux des prestataires

Lorsque les marchés de Nantes Université comportent des clauses sociales ou environnementales, nous réclamons leur contrôle effectif, la transparence sur leur respect et des mesures correctrices en cas de manquement. L’affichage de critères écologiques ou sociaux ne peut se substituer à leur vérification concrète.

II. Revendications

1. Sortir du productivisme et de la mise en concurrence de l’ESR

Nous revendiquons la remise en cause des logiques d’« excellence » compétitive, des indicateurs quantitatifs de performance et de la multiplication des appels à projets qui intensifient le travail et favorisent la multiplication des productions et des déplacements. L’enseignement et la recherche doivent répondre aux besoins sociaux, scientifiques et écologiques plutôt qu’aux impératifs de concurrence et de rentabilité.

2. Réorienter la recherche vers les besoins sociaux et écologiques

Nous revendiquons un soutien prioritaire aux recherches répondant aux besoins sociaux et environnementaux, intégrant la maîtrise de leurs impacts écologiques et indépendantes des intérêts marchands ou militaires. Les personnels doivent disposer des moyens et du temps nécessaires pour développer ces orientations.

3. Réduire le temps de travail : 32 heures sans perte de salaire

Nous revendiquons la réduction du temps de travail à 32 heures sans perte de salaire : travailler moins pour travailler toutes et tous, travailler mieux et réduire l’empreinte écologique globale. Cette réduction doit s’accompagner des créations d’emplois nécessaires et ne pas conduire à une intensification du travail.

4. Résorber la précarité et titulariser les personnels

Il ne peut y avoir de transition écologique durable fondée sur la précarité. Nous revendiquons la titularisation des personnels contractuels occupant des besoins permanents, notamment dans les missions liées à la transition écologique, et plus largement une sécurité sociale professionnelle garantissant la continuité des droits et des parcours.

5. Transformer radicalement les mobilités universitaires

Nous revendiquons la gratuité effective des transports collectifs et ferroviaires pour les personnels, la revalorisation et l’extension des dispositifs de mobilité durable, le développement massif des infrastructures cyclables et du covoiturage, ainsi qu’une réduction des déplacements professionnels non indispensables. Les critères de carrière et d’évaluation ne doivent plus imposer une mobilité internationale carbonée.

6. Rééquilibrer l’espace des campus au profit des mobilités actives

Nous revendiquons une diminution progressive de l’espace consacré au stationnement automobile et son réinvestissement dans des infrastructures cyclables, des cheminements piétons, des espaces végétalisés et des lieux collectifs. L’aménagement des campus doit traduire concrètement les objectifs écologiques affichés.

7. Pour un numérique soutenable et au service du travail

Nous revendiquons la généralisation du reconditionnement et de la mutualisation du matériel informatique, l’allongement de la durée d’usage des équipements, la limitation des renouvellements automatiques et une véritable politique de sobriété numérique. Nous refusons la dématérialisation forcée, l’intensification du travail et la surveillance managériale par les outils numériques, et revendiquons un droit effectif à la déconnexion.

8. Relocaliser et conditionner socialement et écologiquement les achats

Nous revendiquons des marchés publics privilégiant les circuits courts, les productions locales et les prestataires respectant des normes sociales et environnementales exigeantes. Les critères de prix ne doivent plus primer sur les conditions de travail, l’impact environnemental et la proximité des productions.

9. Réinternaliser les activités et défendre un service public écologique

L’écologie ne doit pas devenir un nouveau prétexte à l’externalisation. Nous revendiquons la réinternalisation progressive des activités essentielles – entretien, maintenance, restauration et autres fonctions nécessaires au fonctionnement de l’université – avec des emplois publics pérennes permettant une maîtrise collective des choix sociaux et environnementaux.

10. Démarchandiser l’enseignement supérieur et la recherche

Nous revendiquons la fin de la « vente à la découpe » des formations et de la soumission du savoir aux logiques marchandes. Le service public de l’ESR doit être financé à hauteur des besoins et libéré des impératifs de rentabilité, de concurrence et de recherche permanente de financements privés.

11. Donner un véritable pouvoir aux personnels et aux étudiants

Nous revendiquons une démocratie universitaire renforcée dans laquelle personnels et étudiants disposent d’un véritable pouvoir de décision sur les politiques écologiques, les investissements, l’aménagement des campus et l’organisation du travail. La transition écologique ne peut être définie uniquement par la présidence, des experts ou des cabinets de conseil.

12. Construire une planification écologique publique et démocratique

Au-delà de Nantes Université, nous revendiquons le développement de pôles publics et d’une planification démocratique dans les secteurs essentiels – énergie, eau, transports, numérique – afin que la transition écologique soit organisée selon les besoins sociaux et environnementaux et non selon les intérêts du marché.

III. Fil directeur syndical

La ligne générale de la CGT FERC Sup Nantes Université est la suivante : avant même de discuter des transformations nouvelles que nous revendiquons, Nantes Université doit appliquer ses propres engagements, respecter ses obligations et donner les moyens aux politiques qu’elle a déjà décidées. Mais l’urgence écologique exige également d’aller plus loin : transformer le travail, les mobilités, les choix de recherche, l’organisation des campus et la démocratie universitaire.

« Pas de transition écologique sans justice sociale, démocratie universitaire et sortie des logiques de rentabilité. »