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FERC-CGT
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LA MILITARISATION DE L’ECOLE PASSE AUSSI PAR LES STAGES
16 juillet, par Lucas — Education, Société, CGT Educ'Action - UNSEN
Grâce, notamment, à notre travail syndical, les questions de la dangerosité des stages en entreprise pour les jeunes est maintenant bien mise en avant. Cependant, les stages sont aussi utilisés, en complément des « classes défense » pour militariser la jeunesse.
Si le rapprochement entre l'Éducation nationale et la Défense ne date malheureusement pas d'hier, malgré l'échec et l'abandon du SNU, nous assistons à une accélération. Les classes « défense et sécurité globale » se développent de façon importante dans les lycées, mais aussi dans les collèges.
La DGESCO a publié un guide intitulé « Acculturer les jeunes à la défense ». Ce guide invite les personnels de l'Éducation nationale à se saisir des stages de “découverte professionnelle” des classes de troisième et seconde, ainsi que les périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) des classes de Bac professionnel et de CAP, afin de favoriser le contact des élèves avec des militaires « et plus largement des corps en uniforme ».
La Défense alimente abondamment les banques de stages pour les élèves de 3ème et de 2nde Générale et Technologique. La communication de la Défense est assez édifiante sur les objectifs de ces stages. Ainsi, selon l'armée de terre, cela permet aux élèves de se familiariser avec les différents métiers et missions de l'armée de Terre, mais aussi découvrir « les valeurs militaires comme la discipline, l'esprit d'équipe et le dépassement de soi ».
La Marine Nationale, via la page Facebook de la Préfecture maritime de la Manche et mer du Nord, communique sur l'accueil de stagiaires de 3e sur la base navale de Cherbourg. Les élèves ont été « immergés » pendant une semaine dans le quotidien d'un gendarme maritime. Cette semaine s'étant terminée par un « security game » dont les photos (avec des visages d'élèves non floutés) montrent des enfants avec des casques lourds et des armes factices.Cette militarisation est une raison supplémentaire d'exiger la suppression de ces stages de 3e et de 2nde qui n'ont pas d'utilité pédagogique.
Les élèves de Bac pro sont aussi ciblés ! Les armées multiplient en ce moment les signatures de partenariats avec des lycées. La Marine nationale communique ainsi sur la signature de plus d'une centaine de bac pro à « coloration Marine ». Ces signatures de partenariats peuvent se faire dans un décorum martial, ainsi au lycée Simone Veil (34), la presse locale rapporte que « l'initiative a débuté par une petite cérémonie de lever des couleurs à laquelle ont pris part les élèves (filles et garçons) de Première de la filière Métiers de la sécurité » [1]
Le post-bac est aussi dans les viseurs de l'armée avec la mise en place de l'Allocation financière spécifique de formation (AFSF), en échange de 4000€ brut par an, l'étudiant∙e s'engage dans l'armée pour un contrat d'une durée de 4 à 5 ans après l'obtention de son diplôme.
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MARCHES DES FIERTÉS 2026 : MILITANT·ES DE LA FERC-CGT, SOYONS DANS LA RUE !
16 juillet, par Lucas — Lutte contre les discriminations, Extrême droiteMême si la saison des Marches des fiertés a commencé au printemps 2026, c'est au mois de juin que se déploient des centaines de cortèges partout en France. La présence de la CGT y est politique, nécessaire et urgente.
Un contexte qui impose de marcher
En 2025, SOS homophobie a recensé 1 771 cas de LGBTIphobies — insultes, rejets, violences dans l'espace public comme dans la famille — soit une hausse de près de 10 % par rapport à 2024. Cette progression s'inscrit dans un contexte de banalisation des discours de haine, portés et amplifiés par l'extrême droite. Les droits des personnes LGBTI+ ne sont pas acquis : ils sont contestés, rognés, combattus. Dans ce climat, le silence syndical serait une forme de complicité. Marcher, c'est prendre position. C'est affirmer que les droits humains ne se négocient pas avec les forces réactionnaires.
L'ÉVAR·S : une avancée sous pression constante
Pour les personnels de l'Éducation nationale, la menace réactionnaire prend un visage très concret. L'opposition à l'ÉVAR·S mobilise un réseau organisé. Des députés LR ou RN à l'assem-blée jusqu'aux tracts distribués contre les personnels, aux menaces formulées contre les direc-trices et directeurs, les professeur·es, les chef·fes d'établissement. Défendre l'ÉVAR·S, c'est défendre le droit des jeunes LGBTI+ à exister à l'école et défendre les collègues qui l'enseignent.
L'éducation, terrain de conquête de l'extrême droite
L'offensive réactionnaire ne s'arrête pas aux programmes scolaires. Elle vise les établissements scolaires et universitaires dans leur ensemble, leurs valeurs, leurs personnels, leur mission émancipatrice. La montée des pressions sur le monde éducatif, souvent portées par l'extrême droite, interroge directement la liberté pédagogique et les conditions d'exercice de nos métiers. Ce n'est plus une menace abstraite : c'est le quotidien de collègues qui subissent intimidations et mises en cause pour avoir simplement fait leur travail. Or, les luttes pour les droits des travailleur·ses et les luttes pour les droits fondamentaux sont indissociables.
Marcher ensemble, c'est faire syndicat
La marche des fiertés est bien plus qu'un défilé : c'est une manifestation politique et revendica-tive, un moment de visibilité pour toutes les personnes LGBTQI+ et une célébration de solida-rité collective. Pour les militant·es de la FERC-CGT, s'y inscrire avec nos camarades de l'Interpro avec nos couleurs syndicales, c'est rendre visible que nos combats convergent. C'est dire aux collègues LGBTI+ qu'ils et elles ne sont pas seul•es. C'est dire aux forces réactionnaires que l'organisation syndicale leur tient tête, dans la rue comme dans nos lieux de travail ou dans les instances..
Partout en France, la saison des marches bat son plein jusqu'à l'automne. Chaque cortège local — de Brest à Strasbourg, de Calais a Ajaccio — est une occasion d'ancrer ces luttes dans nos territoires.
Rejoignons les marches. Parce que nos fiertés sont syndicales, et que nos luttes sont indivisibles.Trouvez le cortège le plus proche et marchez avec les syndicats de la FERC-CGT
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M. LE MINISTRE, VOUS ÊTES UN "IRRESPONSABLE"
16 juillet, par Lucas — Enseignement Supérieur et Recherche, PrécaritésÀ l'heure où les banques alimentaires fleurissent sur nos campus, signe flagrant de l'immense précarité étudiante, le gouvernement décide de saigner à blanc les étudiant·es étranger·es.
En 2019, sous la présidence de M. Macron, la bien mal nommée loi "Bienvenue en France" donnait la possibilité aux universités de multiplier par 16 les frais d'inscription des étudiant·es extra-communautaires (hors Union européenne) : 2 900€ au lieu de 170 en licence et 3 900€ au lieu de 250 en master.
La CGT, avec l'intersyndicale de l'ESR, avait bataillé contre cette loi. Fort heureusement, la quasi-totalité des universités l'a depuis contournée loi car nos établissements, sous couvert "d'autonomie" budgétaire, peuvent décider d'exonérer les étudiant·es concerné·es (ainsi ils et elles paient la même chose que les étudiant·es français·es et européen·nes).
En mai 2026, le ministre a fait brutalement passer un décret limitant ces exonérations : jusqu'ici le quota d'exonérations se calculait sur l'ensemble des étudiant·es ; le nouveau décret limite les exonérations à 20% du nombre d'étudiant·es extra-communautaires. La CGT, avec l'ensemble des syndicats de l'ESR (sauf la CFE-CGC !), a dénoncé cette mesure et a construit une mobilisation toujours en cours aujourd'hui.
Il faut bien voir que la grande majorité des étudiant·es étranger·es sur nos campus ne sont pas des enfants de riches familles chinoises, saoudiennes ou néo-zélandaises, mais viennent des anciennes colonies françaises ; et que ce sont de loin les populations étudiantes les plus précaires.
Si la motivation de ce décret peut paraitre, dans un premier temps, relever uniquement d'une idéologie de préférence nationale – cette mesure figurait dans le programme du RN ! – il est clair qu'elle procède, au fond, d'une orientation économique : il s'agit d'ouvrir une brèche dans l'éducation gratuite (ou presque), qui constitue une obligation constitutionnelle, pour généraliser ensuite ces hausses, comme le préconisent des idéologues néolibéraux depuis des décennies et un récent rapport d'inspections générales.
Opération de sélection sociale, ce projet est un moyen de déployer une vision clientéliste de l'enseignement et de développer des prêts étudiants qui feront engranger des intérêts aux amis banquiers de M. Macron et placeront une épée de Damoclès appelée "chantage à la dette" au-dessus de futur·es diplômé·es transformé·es en travailleurs et travailleuses asservi·es et dociles.
L'apport financier aux budgets des établissements serait d'ailleurs minime et le cout prohibitif serait assurément dissuasif, alors même que les étudiant·es étranger·es contribuent au développement scientifique de la France et payent la TVA comme tout le monde. Mais pour les idéologues néolibéraux du macronisme, la qualité ne se mesurerait qu'au prix d'achat.
La CGT s'oppose fermement à toute hausse des frais d'inscription, que ce soit de façon discriminatoire ou généralisée. Elle dénonce cette attaque intolérable contre les principes fondamentaux du service public d'enseignement supérieur, gratuit, laïque et émancipateur, ouvert à tous et toutes sans distinction d'origine, dont la France devrait s'enorgueillir au lieu de vouloir le privatiser et le détruire, en singeant les dérives des systèmes anglo-saxons.
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BOBIGNY, DEUX JOURS SOUS LE SIGNE DU FÉMINISME SYNDICAL
16 juillet, par Lucas — Femmes mixité, Lutte contre les discriminations, C'est chaud
Pendant deux jours, l'auditorium Clara Zetkin de la Bourse du Travail de Bobigny a été le théâtre d'une mobilisation féministe et syndicale de premier plan. Baptisé le 8 mars 2022 en hommage à celle qui est à l'origine de la Journée internationale des droits des femmes, cet espace de 600 places a rassemblé plusieurs centaines de militantes et militants syndicaux pour les Journées Intersyndicales Femmes, rendez-vous annuel que la CGT, la FSU et Solidaires organisent ensemble depuis près de trente ans, preuve d'une unité syndicale qui s'inscrit dans la durée.
L'ensemble du bâtiment s'est mis au diapason : stands de livres et publications féministes, moments de convivialité, et un « Apéro féministe » entonné collectivement ont fait du hall un espace de convergence et d'échanges militants. Les débats, eux, se sont articulés autour de quatre tables rondes abordant les combats qui nous concernent toutes et tous.
Austérité : nos droits sous attaque
L'austérité n'est pas une politique neutre — c'est une politique de classe, et les femmes en paient le prix fort. Les intervenantes l'ont rappelé avec force : les coupes dans les services publics frappent les femmes doublement, en tant que travailleuses et en tant qu'usagères. Sous-indexation des prestations sociales, étranglement financier des associations qui accompagnent les femmes en difficulté — le tableau est celui d'un recul social organisé. La situation est « très alarmante » : il est temps de se mobiliser.
L'histoire appartient aussi aux femmes
Les historiennes Ludivine Bantigny, Julie Verlaine et Sylvia Serbin ont ouvert un débat essentiel : celui de la place des femmes dans l'histoire que l'on transmet. Le projet du premier Musée des Féminismes à Angers est une avancée, mais le chemin reste long. L'invisibilisation des femmes noires, africaines ou issues de la diaspora dans les récits historiques constitue une injustice supplémentaire que le mouvement syndical et féministe doit continuer à combattre.
Femmes migrantes : une lutte qui est la nôtre
Les femmes migrantes sont parmi les plus exposées à l'exploitation et à l'invisibilité. Reléguées dans des emplois domestiques non reconnus, isolées, parfois sans papiers, elles font face à des épreuves que le mouvement syndical ne peut ignorer. Les témoignages des militantes de l'association « Les lesbiennes dépassent les frontières » et de la directrice de Cap international ont rappelé que leur combat est le nôtre : défense des droits, solidarité sans frontières, et syndicalisation de toutes les travailleuses.
Face au masculinisme, l'unité syndicale comme réponse
L'extrême droite mène une offensive organisée contre les droits des femmes, et le mouvement syndical doit la nommer clairement. Pauline Ferrari, Violaine de Filippis Abate et Murielle Salle ont décrypté ses méthodes : propagande pseudo-scientifique, réseaux masculinistes, associations de façade, guerre culturelle. Son argument central — l'égalité serait acquise parce qu'inscrite dans la loi — est un mensonge que les chiffres sur les violences et les inégalités réfutent chaque jour.
Face à ces attaques, la réplique ne peut venir que de l'unité et du rassemblement des forces sociales !
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L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, UNE OPPORTUNITÉ ET/OU UNE MENACE POUR NOS MÉTIERS : UNE JOURNÉE D’ÉTUDE RÉUSSIE !
16 juillet, par Lucas — Numérique, Enseignement Supérieur et Recherche, Education
Suivant les orientations votées au 54ème Congrès confédéral et les préconisations de "l'Internationale de l'éducation", la FERC a organisé une 1ère journée d'études sur l'IA, à destination de tou·tes les syndiqué·es. Celle-ci nommée : "IA : opportunité et/ou menace dans les métiers de l'éducation et de la recherche" compte tenu du fait que l'IA est déjà là massivement.
Et "ce n'est pas nouveau", pour Jean-Marc Nicolas, CGT FERC-Sup, qui revient sur l'histoire du développement des systèmes d'IA du mitan de XXème siècle à nos jours. Avec une prédominance, tantôt de l'IA connexionniste (utilisation de données) tantôt de l'IA symbolique (utilisation de règles) suivant les époques.
Christine Pau, CGT Educ'Action, détaillera les utilisations de l'IA générative (donc connexionniste) dans l'éducation. Si les élèves l'utilisent massivement, les enseignant·es ne sont que 14% à y recourir. Et 38% hostiles à l'utiliser ! Pour elle, les réponses syndicales vis-à-vis de l'IA doivent être : "ni naïveté, ni fascination, ni rejet réflexe, ni soumission à l'innovation".
La question pédagogique est également évoquée par Antonia Wulff, directrice de la recherche au sein de l'Internationale de l'éducation qui alerte sur une utilisation excessive de l'IA. Cette dernière conduit à un désengagement cognitif car elle donne à l'élève des résultats (parfois faux) mais ne lui apprend pas à apprendre. Antonia Wulff insiste "ce n'est pas en regardant du sport, que vous travaillez votre forme".
L'IE a officiellement lancé un appel et soumis des textes à l'UNESCO afin de faire reconnaître formellement la relation enseignant·e – élève, face à la montée de l'IA et du numérique à l'école. La relation humaine directe, empathique et transformatrice entre un·e enseignant·e et son élève est un "patrimoine commun de l'humanité" irremplaçable et doit être sanctuarisé.
De même Lorena Klein, SNTRS-CGT CNRS, présentera un des textes fondateurs mondiaux visant à encadrer l'éthique des technologies numériques. La Déclaration de Montréal a été adoptée en 2018 pour un développement responsable de l'IA.
Une autre mise en garde : celle de l'écologue Brian Padilla, CGT FERC-Sup MNHN, sur les conséquences écologiques de nos usages tant professionnels que syndicaux de l'IA avec la matérialité bien visible des "Data Centers".
La journée qui a réuni une quarantaine de camarades se conclura, comme il se doit par l'élaboration de pistes revendicatives et des actions à mettre en œuvre au travers de 3 ateliers thématiques : Impact de l'IA sur l'environnement, IA et éthique et IA et pédagogie.
Pour aller plus loin :
1 – "L'IA dans ESR ou l'ESR dans l'IA", L'écho du sup' N°11, juin 2026
2 – "IA : les nouveaux codes du travail", La Vie Ouvrière #17, printemps 2026
3 – "L'IA et son impact sur nos métiers", Stage FERC à Montreuil du 13 au 15 octobre 2026.
4 – "L'IA au travail : Tout savoir sur ses droits en 16 questions", CGT, mars 2024





