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Réponse à M. le président Yvon Berland

vendredi 27 avril 2018

Chères et chers collègues,

Avant de profiter du calme relatif de ces congés universitaires, nous avons à cœur de vous proposer une courte réponse aux toutes récentes déclarations du président Yvon Berland relatives à la mobilisation des étudiant.e.s et des personnels AMU, qui dure depuis plusieurs mois déjà.

Mais avant cela nous souhaitons insister sur le bon sens de la motion adoptée hier à l’unanimité par le conseil d’UFR ALLSH :

Le conseil d’UFR du 26 avril 2018 a débattu de Parcoursup et des motions des départements opposés au classement des candidatures. Le conseil d’UFR, à l’écoute des demandes exprimées dans les motions, propose d’élever le rang d’appel au niveau du dernier vœu pour les filières qui en feront la demande, sans garantie de moyens supplémentaires pour la rentrée 2018. Cette proposition est applicable pour l’année en cours.

Ravis de cette sage décision, nous appelons maintenant les autres UFR à s’en inspirer, pour elles aussi s’engager à dire OUI (ou OUI SI) dès le premier jour d’ouverture de ParcourSup, à l’ensemble des candidat.e.s, sans classement de leurs dossiers. Car comme le président le confirme, il n’y a rien à craindre de l’afflux artificiel de candidatures cette année sur ParcourSup : l’Université aura ou mettra les moyens pour les accueillir tous. Ainsi, selon cette logique que nous partageons il n’y a effectivement pas lieu pour les personnels de les classer, ni pour les lycéens d’être soumis à un classement impropre et discriminant.

Ce vote semble remettre en cause l’opinion selon laquelle l’ensemble des UFR jugeraient inenvisageable (malgré son évidente simplicité technique) la mise en place de cette solution du non-classement, par ailleurs déjà mise en œuvre dans les Universités de Pau, Rouen et Lyon 2.

Si nous nous réjouissons sincèrement de la décision de la direction d’AMU de communiquer enfin sur la réforme de l’accès à l’université, nous regrettons qu’elle arrive si tard. Par ailleurs, nous ne pouvons qu’être surpris du choix du président Berland de ne mentionner dans son très long message que l’avis des membres du CA - étudiants et directeurs de composantes - inquiets des conséquences immédiates des blocages.

L’absence de commentaire sur les nombreuses positions opposées à ce mode de gestion de l’université et à l’application de la nouvelle loi ORE exprimées par les collègues et étudiants depuis des mois à ce sujet nous surprend. Quid des assemblées générales des personnels tenues en décembre à l’UFR Sciences faisant remonter la souffrance au travail des personnels ne se retrouvant plus dans ce qu’est devenu leur métier ; des motions votées ces deux derniers mois par 18 départements d’ALLSH refusant le classement des candidats sur ParcourSup ; du texte voté par 260 personnels réunis en assemblées générales à Aix puis St-Charles la semaine dernière, faisant la synthèse de ces deux questions bel et bien liées, et lu au conseil d’UFR du 19 avril ? Tout cela n’est pas même évoqué ; comme si l’avis de ces personnes ne comptait pas.

C’est pour cela que l’Assemblée Générale des personnels réunie à Saint Charles ce mardi 24 avril a voté et transmis à la présidence un préavis de grève ayant pour échéance le 7 mai et réclamant la généralisation à toutes les UFR du non-classement des candidats sur l’ensemble de leurs formations ; ainsi qu’un plan de titularisation pour tous les contractuels occupant des postes permanents. Car il nous a bel-et-bien semblé que ce serait le seul moyen de nous faire enfin entendre.

L’Université devrait pourtant être un lieu où la pluralité des opinions peut s’exprimer, et bénéficier des mêmes canaux de diffusion. D’autant qu’à notre connaissance, aucun des directeurs d’UFR mentionnés dans la lettre du président n’a encore véritablement consulté les personnels de sa composante sur ces questions. Pour preuve la motion adoptée en conseil d’UFR ALLSH hier matin, moins de 48h après un CA où l’ensemble des directeurs de composantes avaient apparemment jugé inenvisageable le non-classement des candidats. Ainsi, si chaque collègue garde le droit de s’exprimer, nous considérons qu’un directeur de composante qui s’exprime sur de telles questions sans consultation des personnels et usagers qu’il représente, n’est qu’un collègue comme les autres qui s’exprime en son nom propre.

Nous demandons donc à tous les directeurs d’UFR que de véritables réunions d’information ouvertes à toutes et à tous - et où les avis contradictoires pourraient se voir également exprimés - se tiennent dans leurs composantes. Et au président Yvon Berland, que toutes les positions ou motions adoptées par les collègues et étudiant.e.s en assemblée ou conseil, dont nous considérons qu’elles sont des contributions majeures au débat actuel sur l’évolution des universités et de l’ESR, soient enfin diffusées à l’ensemble des personnels et usagers AMU. Car l’information est bien la condition nécessaire de la démocratie.

Dans l’hypothèse où ce message se verrait enfin diffusé sans modération sur les listes des UFR et de l’université, nous y joignons le communiqué rédigé par les étudiants occupant depuis 23 jours le site Saint-Charles et adressé aux personnels. Ce texte doit rappeler à ceux-ci leur responsabilité directe dans la potentielle mise en place de ces nouvelles réformes bâclées et dans l’acceptation de la dégradation des conditions de travail à l’université. Il doit aussi les re-sensibiliser à l’idée que c’est bien à l’ensemble des personnels et usager.e.s que revient aujourd’hui le droit et le devoir de penser et mettre en œuvre l’université de demain. Une université que nous souhaitons gratuite, accessible à tous et émancipatrice, assumant donc réellement sa mission de service public.

Les comités de mobilisation des personnels et étudiant.e.s d’Aix-Marseille

Message [du président Yvon Berland] à l’attention de l’ensemble de la communauté d’AMU - 26 avril

Chères et chers enseignant(e)s – chercheurs (-euses), enseignant(e)s, chercheurs (-euses), personnels administratifs et techniques,

Chères étudiantes, chers étudiants,

Je souhaite informer l’ensemble de la communauté d’Aix-Marseille Université de la situation concernant le mouvement lié à la loi ORE au sein de notre université, après l’avoir fait en Conseil d’administration ce mardi 24 avril.

Le mouvement de contestation a débuté par l’occupation d’un amphithéâtre (Guyon) à la faculté Arts, Lettres, Langues et Sciences humaines sur le campus d’Aix-en-Provence et d’un autre sur le site Saint-Charles (grand amphithéâtre). Nous avons souhaité avec les directeurs de composantes, et notamment les doyens des facultés ALLSH et Sciences, permettre les échanges d’idées. Il était convenu initialement qu’il n’y ait ni perturbation de cours et d’examens, ni blocage de sites.

Malheureusement, à Aix-en-Provence, plusieurs amphithéâtres ont par la suite été bloqués, comme l’a été l’accès à plusieurs services administratifs au sein du bâtiment Egger.

A Saint-Charles, il y a eu un blocage total du site, celui du bâtiment 5 depuis plusieurs jours et dernièrement le blocage de différents autres bâtiments, qu’ils soient administratifs, d’enseignement ou de recherche.

Durant cette période, j’ai toujours manifesté mon souhait et mon engagement à maintenir le dialogue, tout en exigeant la sécurité des biens et des personnes, qui est ma première responsabilité, ainsi que la tenue normale des examens, qui est ma priorité.

Cette situation de blocage s’éternise, avec à présent une forte réaction de la grande majorité des étudiantes et étudiants mais également des personnels, qui se voient empêchés de pouvoir accéder à leurs lieux d’études et de travail. Cela génère des conséquences tout à fait pénalisantes pour les personnels (difficultés pour obtenir les documents administratifs auprès des services notamment dans le cadre des dépôts de dossiers aux concours…) et les étudiants (par exemple : impossibilité pour le service de médecine préventive des étudiants de réaliser une enquête auprès d‘étudiants ayant pu être en contact avec une personne porteuse de tuberculose…).

A l’occasion de ces mouvements, un certain nombre de personnels, tant des composantes que des directions centrales, se sont très fortement investis pour pouvoir assurer la continuité du service public - notamment l’organisation des examens - et la sécurité de ces sites. Je tiens, au nom de toute notre communauté, à les remercier très chaleureusement pour leur engagement sans faille.

J’ai souhaité qu’il y ait en conseil d’administration mardi une large discussion afin que, au sein de cette instance démocratiquement élue et donc représentative, chacun et chacune puissent s’exprimer. La grande majorité des étudiants s’est manifestée pour dire sa colère en direction des étudiants qui les avaient empêchés « d’accéder aux assemblées générales et de s’exprimer », tandis que d’autres ont déploré de ne pas pouvoir accéder à leurs lieux d’études. Ils m’ont donc clairement interpellé, certains pour envisager un déblocage par les forces de police, d’autres pour lancer une large consultation « pour ou contre les blocages ».

Je reçois également un très grand nombre de messages des personnels enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, BIATSS, qui s’émeuvent de cette situation.

Ma position à ce jour est claire : je souhaite avant tout maintenir le dialogue. J’ai eu l’occasion récemment de recevoir des collègues et étudiants participant aux blocages et avec lesquels j’ai pu échanger de manière cordiale.

Bien sûr, nous discutons très régulièrement, depuis plusieurs mois, à propos de cette loi avec les doyens et directeurs de composantes, qui eux-mêmes échangent avec leurs communautés. J’ai encore eu l’occasion de les réunir la semaine dernière pour évoquer avec eux le meilleur accompagnement à apporter à cette réforme. De manière unanime, nous convenons qu’il faut être attentifs à permettre l’accueil de tous les étudiants de l’académie souhaitant poursuivre leurs études à Aix-Marseille Université mais en étant soucieux de mettre à leur disposition l’accompagnement nécessaire à leur réussite.

Ainsi, la solution qui consisterait à répondre à tous les étudiants de toutes les filières « oui » pour l’accès à AMU est pour notre université à l’évidence inadaptée. En effet, si elle peut être à considérer pour des filières très spécifiques pour lesquelles les candidats n’atteignent pas les capacités d’accueil, elles ne peut en aucun cas être appliquée dans les autres filières :

  • cela pourrait conduire à ne pas être en mesure au final d’accueillir correctement et en toute sécurité ces étudiants ;
  • certains étudiants ont besoin d’un accompagnement pour favoriser leur réussite. Accepter tous les étudiants de façon indifférenciée ne permettrait pas de les identifier pour leur proposer un parcours plus adapté en les accueillant en « oui, si ».

Je ne méconnais pas les imperfections de la plateforme Parcoursup, qui a toutefois le mérite de mettre fin au recours au tirage au sort dans les filières en forte tension et les moyens que l’Etat doit nous octroyer afin de réussir l’intégration des nouveaux bacheliers.

Je réitère personnellement mon engagement à veiller à ce qu’aucun étudiant de l’académie ne soit laissé au bord de la route. Je m’y suis engagé et je tiendrai cette ligne de conduite. Nous avons d’ailleurs adopté en Conseil d’administration une délibération en ce sens nous permettant d’augmenter encore nos capacités d’accueil, avec un soutien financier demandé à l’Etat.

En outre, en parallèle de l’accueil des étudiants, ce qui me parait le plus essentiel est de permettre leur réussite et donc notre engagement à mettre en œuvre des dispositifs pour accompagner celles et ceux qui en ont le plus besoin. Le travail qui a été fait par les personnels enseignants des lycées, avec lesquels nous sommes en relation permanente depuis plusieurs mois déjà et qui nous permet de mieux cerner le projet de l’élève, est exemplaire. Nous devons à notre niveau poursuivre ce travail d’orientation au bénéfice de tous les futurs étudiants et étudiantes que nous accueillerons au sein de notre université.

Enfin, concernant deux questions qui me sont posées de manière de plus en plus insistante :

  • s’agissant d’une consultation par voie électronique concernant les blocages, je n’y suis pas favorable. La raison essentielle est qu’en dépit du résultat très prévisible de cette consultation, comme cela s’est avéré dans d’autres universités, celle-ci ne serait probablement pas prise en compte.
  • concernant l’intervention des forces de police, je n’y suis pas favorable non plus, à ce stade, tout autant que la situation ne se dégrade pas. Notre communauté doit rester soudée en étant capable d’accepter les divergences d’opinions. Mais tout ceci doit se faire dans le respect et l’écoute de chacun et chacune, dans le respect de la loi, en préservant la liberté d’accès des personnels à leur poste et en mettant un terme à la dégradation de leurs conditions de travail.

L’université est un service public et, à ce titre, elle doit pouvoir fonctionner normalement afin d’assurer pleinement ses missions.

Bien cordialement

Yvon Berland – Président d’Aix-Marseille Université

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : +33 155 82 76 28 - Fax : +33 149 88 07 43 - Courriel : ferc-sup@ferc.cgt.fr - Édition