"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"

Menu ☰

Accueil > Syndicats > Provence-Alpes-Côte d’Azur > Université Aix-Marseille

vendredi 10 octobre 2025

Site web du syndicat CGT de l’université Aix-Marseille

Lettre d’Orientation Budgétaire 2026 d’AMU

Le 23 septembre 2025, la présidence d’AMU a proposé au vote du Conseil d’Administration de l’université la Lettre d’Orientation Budgétaire 2026.

Vos élus CGT/FSU/SUD au Conseil d’Administration d’AMU ont voté contre cette Lettre d’Orientation Budgétaire, après avoir fait la déclaration suivante :

"Cette lettre d’orientation budgétaire traduit pleinement la logique gouvernementale de transformation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Un budget de l’ESR totalement insuffisant, mettant les universités dans une situation de grande difficulté financière, y compris en imposant des dépenses sans les financer, obligeant les universités à trouver des sources de financement autres que publiques.

Une soi-disant autonomisation des universités, via le COMP100% (Contrat d’Objectifs, de Moyens et de Performance), cachant en réalité le désengagement progressif de l’État et l’adaptation des universités aux besoins du patronat local.

Adaptation renforcée par le fait que l’université doit trouver des financements auprès d’entreprises via le mécénat, qui est loin d’être dû à la générosité de riches donateurs puisque ces dons ouvrent droit à d’importantes réductions d’impôts, qui au final sont bien sûr financées par la collectivité nationale.

Adaptation au besoin des entreprises encore renforcée par la nécessité d’aller chercher l’argent de la formation continue, de l’apprentissage…

(Pour l’anecdote, on trouve dans ce texte 9 fois le mot performance, 10 fois celui de compétence et 0 fois celui de connaissance.)

Mais tout cela étant insuffisant, nous sommes contraints à des mesures d’austérité catastrophiques.

  • Prélèvement de 60% sur chaque support libéré alors que partout ou presque on est en manque de postes et en surcharge de travail.
  • Recherche d’économies tous azimuts.
  • Restructurations (flex desk, open space) dans le but de tirer des profits de notre patrimoine immobilier.
  • Nouveaux enseignants-chercheurs à qui on dit qu’il va falloir qu’ils trouvent les financements de leurs enseignements.
  • Dotation récurrente des unités de recherche en baisse.
  • Obligation pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs de passer toujours plus de temps dans la recherche de financements nationaux et internationaux.
  • Orientation de la recherche vers des sujets "à impact", c’est-à-dire répondant aux besoins des entreprises locales, pour les unités de recherche qui le peuvent et quid des autres.
  • Installation de sous compteurs énergétiques pour faciliter la sobriété énergétique alors que nombre d’entre nous travaillent dans des bâtiments passoires thermiques.
  • Etc.

Dans le même temps, l’enseignement supérieur privé se développe, avec par exemple sur Marseille environ 160 entreprises proposant des formations supérieures privées. C’est un marché juteux qui se développe au profit des actionnaires et des banques et au détriment de la justice sociale.

C’est à nos yeux une orientation néfaste, imposée par un gouvernement aujourd’hui démissionnaire mais dans la droite ligne des gouvernements précédents.

C’est donc bien de politique nationale qu’il s’agit et il est très regrettable que notre Conseil d’Administration ait préalablement décidé de s’interdire toute expression sur la politique nationale par le biais de motions. La voix d’AMU compte dans la communauté universitaire nationale et le mutisme de notre Conseil d’Administration face à la dégradation de l’enseignement supérieur et de la recherche publique et face à des choix politiques qui doivent être combattus, est plus que regrettable."