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Accueil > Syndicats > Pays de Loire > Université de Nantes > Le Conseil Social d’Adminitration ou CSA (ex-CTE) et la FSSSCT (ex-chsct)

mardi 7 octobre 2025

Le Conseil Social d’Adminitration ou CSA (ex-CTE) concerne l’organisation des services, à la différences des CP (commissions paritaires) qui, elles, s’occupent des personnels. La FS-SSCT traite les questions de conditions de travail et d’étude de l’établissement (personnels, usagers).

CSA du 7 octobre, déclaration liminaire CGT/SUD

Le 7 octobre, c’était le Comité Social d’Administration de l’université de Nantes.

Il se déroulait dans un contexte tendu de passage en force de la présidence de l’université : un projet de règlement intérieur répressif, élaboré dans la précipitation, et présenté n’importe comment aux élu·es représentant les personnels.

Nous avons, avec SUD, préparé une déclaration qui a été lue en début d’instance, demandant à Mme la Présidente de surseoir sur l’avis à donner sur ce projet qui nous a été soumis au dernier moment, sans temps de relecture, d’amendements réels.

Même si nous avions peu d’illusion sur le sens de la démocratie universitaire, nous ne pouvons que regretter ce refus ouvert de prendre le temps de faire un RI digne de ce nom, sans atteintes aux droits fondamentaux, sans logique purement répressive pour faire peur.

Bref, la Présidence se moque des instances représentatives qui ne sont pour elle qu’une perte de temps.

Nos quatre organisations rejointes par celles des étudiants ont décidé de quitter la séance dès ce refus de surseoir. Sont restées l’unsa et la CFDT.

Un communiqué commun FSU-SUD-CGT-FO-Union Pirate-Solidaires Etudiants a été rédigé.

Voici ce qu’il en est de la déclaration liminaire CGT/SUD- CSA du 7 octobre

Madame la Présidente de Nantes Université,

nous sommes dans des temps étranges, oui, bien étranges !

L’ordre social y est mis à mal. Nous reviendrons sur ce que cet ordre social représente pour la CGT et SUD, mais il est clair que nous subissons depuis des décennies des dérégulations successives. Celles-ci passent par la déstructuration des services publics, le renforcement des injustices fiscales et sociales, et l’affaiblissement des droits du travail et des droits sociaux.

Les salarié·es ont beau se mobiliser, les agent·es de la fonction publique se manifester, nous avons en face de nous un pouvoir obtus, sourd et aveugle, qui change de masque à chaque changement de premier ministre, pour mieux ne rien changer et poursuivre une politique de l’offre aberrante : milliards déversés aux plus riches, désindustrialisation, refus de prendre en compte le virage à faire vers la transition écologique, attaques répétées contre le droit du travail et les droits sociaux, services publics détricotés, à commencer par l’enseignement et la recherche.

Les conséquences sont criantes dans nos universités. Les étudiant·es ont du mal à se loger, les prix des locations sont devenus prohibitifs. Des files d’attente s’étirent devant les restaurants du cœur étudiants. Quel crève-cœur que de commencer sa vie en tendant la main pour étudier ! Que de perdre sa dignité en commençant sa vie sociale.

De l’argent, il y en a pourtant en France : les patrimoines des plus riches ne cessent de croître ! Alors, quand bannit-on la pauvreté de notre pays ? Quand met-on enfin en place une vraie politique sociale ?

Oui, Madame la Présidente, nous sommes dans une époque bien singulière.

Derrière l’ordre social, c’est une forme d’ordre public qui est atteinte. Non pas l’ordre policier, mais l’ordre républicain bâti sur des valeurs profondes, celles nées de la Résistance et du Programme des Jours Heureux à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Des valeurs auxquelles la CGT et SUD restent viscéralement attachées.

Malheureusement, l’ordre public est sujet à une forme d’apocope : il devient un simple "ordre" sans le mot "public". Sur le plan de la gestion des conflits, c’est l’ordre de la lacrymogène et des casques à visière qui remplace celui de l’ordre public. Notre ministre de l’intérieur aime les rodomontades, il aime les gardiens de l’ordre, pas ceux de la paix. Nous, à la CGT et SUD, nous sommes pour la Paix sociale, qui commence par la justice sociale.

Pour en venir à ce qui nous occupe, le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, nous avons été fort étonnés de votre manière de procéder sur le fameux Règlement Intérieur qui est à l’ordre du jour.
Nous déplorons, et nous ne sommes pas les seuls, une forme de brutalisation et de polarisation qui s’est installée.

Cette brutalisation se lit dans la précipitation que vous imposez. Nous avons eu une succession de moutures du règlement intérieur. En tant que représentant·es syndicaux des personnels, on nous demande de suivre ces différentes versions dans un temps restreint complètement fou. La dernière mouture nous a été envoyée vendredi, alors que nous sommes réuni·es ce mardi pour donner notre avis.
Nous ne pouvons pas suivre. Vous nous demandez, dans le cadre de cette démocratie universitaire, de fonctionner sans démocratie réelle et sans un temps de préparation suffisant.

C’est pourquoi la CGT et SUD demandent de renvoyer ce point à un prochain CSA.

Nous avons besoin d’avoir le temps d’étudier précisément et profondément ce règlement intérieur. C’est un texte important. La CGT et SUD sont attachées à un cadre réglementaire et à des bornes, mais ces bornes ne peuvent être fondées dans une telle précipitation.

Nous exprimons un souhait, un désir, et nous espérons être rejoint par les autres organisations : que nous ayons simplement une discussion aujourd’hui, mais que l’avis soit reporté.

Prenons le temps, au sein de la communauté universitaire, d’adopter un texte de valeur.

C’est un avis de bon sens que nous vous donnons là… Nous espérons qu’il sera entendu.