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dimanche 8 février 2026

Vie de notre syndicat (Nantes), de la FERC-SUP, de la FERC, de la CGT, etc...

Préavis de grève mars 2026

La CGT FERC Sup Nantes Université a déposé le 8 février 2026, un préavis de grève pour le mois de mars. Il couvre tous les personnels.

CGT FERC SUP Nantes Université

Le 8 février 2026

A

Mme la Présidente de Nantes Université

Objet : préavis de grève du lundi 2 mars 2026 au vendredi 3 avril 2026.

La CGT FERC SUP Nantes Université dépose ce jour, un préavis de grève pour l’ensemble des personnels et des pôles de Nantes Université. Celui-ci couvre toutes leurs mobilisations du lundi 2 mars 2026 au vendredi 3 avril 2026 inclus.
Ce préavis couvre ainsi la semaine mobilisation des agent·es la fonction publique de Loire-Atlantique, du 9 au 13 mars 2026, dans le cadre de la semaine de la précarité initiée par la CGT, rejointe par la FSU et SUD-Education. Il couvre encore la date du 10 mars en préparation au niveau national et intersyndical, dans l’ESR.
Ce préavis s’appuie d’abord sur des revendications locales (la liste n’étant pas exhaustive) :
 L’arrêt de la politique de précarité menée à Nantes Université où le nombre des contractuel·les a augmenté d’une manière intense, puisque rien que pour les BIATSS, c’est la moitié des personnels qui est sous CDD ou CDI. Pour les enseignant·es chercheur·euses, ce n’est pas mieux, puisque si l’on ajoute les doctorant·es et post-doctorant·es aux CDD et CDI, on atteint là encore la moitié des personnels, sans compter les heures assurées par les vacataires.
 L’arrêt d’un management qui se construit trop souvent sur la pression et la surcharge reportées sur les équipes des personnels.
 La création de postes (enseignant·es, enseignant·es-chercheur·euses et BIATSS) pérennes et avec statuts de fonctionnaires à hauteur des besoins dans toutes les composantes de Nantes Université.
 La suppression des commissions de prévention qui n’ont pas de base réglementaire, et le retour à des instances FSSSCT de site et de plein droit (au-delà de la FSSSCT d’établissement), comme elles l’étaient avec le CHSCT, sur différents sites de Nantes Université (La Roche/Yon, Saint-Nazaire,…).
 Plus généralement, le retour à un vrai dialogue social par la Présidence de Nantes, qui ne soit pas caractérisé par une stratégie du passage en force : les Instances Représentatives des personnels ne doivent pas être de simples chambres d’enregistrement que l’on ne fait que consulter pour les apparences et que l’on enjambe sans vergogne. Nous revendiquons par exemple en termes de santé et de conditions de travail, une réelle politique de prévention primaire des risques socio-organisationnels, et non pas l’enfouissement des dossiers de souffrance au travail, ou le maquillage des réalités sous des baromètres trompeurs.
 La fin de l’expérience du grand établissement de Nantes Université qui a fragilisé l’université et dégradé les conditions de travail des personnels.
 Le rétablissement de conditions de travail qui respectent les travailleur·euses administratifs, techniques, enseignant·es, qui n’impactent pas leur santé psychique et physique au point de les faire tomber dans le burn out.
 Le rétablissement de la qualité de travail au sein des services financiers et comptables (par la fin du turn over et de la précarité, de la surcharge de travail), afin de permettre une bonne gestion des traitements (des paies), d’éviter les situations de trop perçus, de faciliter l’information des personnels quand elles se produisent.
Ce préavis s’appuie d’autre part sur des revendications générales liées à la situation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Les difficultés que connaissent les travailleuses et les travailleurs de l’enseignement supérieur et de la recherche (à Nantes et ailleurs) ne sont certes pas nouvelles. Elles se sont amplifiées considérablement depuis les restructurations imposées à un secteur déjà en difficulté depuis 2007 et la loi Liberté et Responsabilité des Universités. Les fusions d’établissements et de composantes, les changements statutaires incessants, sans parler de la tragi-comédie des ComUE, imposées par les lois ou ordonnances de 2007, 2013 et 2018, sans jamais respecter l’obligation d’évaluer les risques professionnels de ces changements d’organisation (directive 1989/391/CEE), ont épuisé une majeure partie des collègues concernés.
La pénurie budgétaire depuis 2011 est venue s’ajouter à ce démantèlement. Alors que le nombre d’étudiants inscrits à l’université augmentait de 13 % entre 2010 et 2022 (+177 000 étudiants), le nombre d’enseignants-chercheurs recrutés diminuait de 33 % (de 2874 à 1935 recrutements). Pour combler cette carence, le recours aux vacataires, précaires parmi les précaires, a explosé !
Sur cette même période (2010 à 2022), les salaires ont perdu 17 % de leur pouvoir d’achat. Cette perte s’élève à 27 % depuis 2000, soit de -519 € à -1790 € de pertes mensuelles selon les catégories (voir notre page sur la perte de pouvoir d’achat dans l’ESR). Sans même parler des bâtiments, dont 62 % seraient dans un état de délabrement avancé selon un rapport récent de l’IGÉSR. L’efficacité énergétique des 16,2 millions de m2 des bâtiments de l’ESR serait 20 fois plus mauvaise que les normes récente en la matière selon le Projet de Loi de Finance (PLF) 2025 censuré en décembre 2024 !
En conséquence, nous revendiquons, à l’instar de notre union :
• Une augmentation immédiate du point d’indice de 27 % et son indexation sur le coût de la vie ;
• L’égalité salariale entre les femmes et les hommes ;
• La retraite à 60 ans après 37,5 années de cotisations ;
• L’ouverture des postes de titulaires nécessaires pour assurer le service public de l’ESR, qui a
été très sérieusement dégradé par le manque de moyens en quelques années ;
• La titularisation des contractuel·les occupant des postes pérennes ;
• Une revalorisation indemnitaire pour tous les agent·es à hauteur de 25 % du traitement indiciaire ;
• Une rénovation massive du patrimoine de l’ESR, actuellement une immense passoire thermique...
• Une baisse du temps de travail pour atteindre les 32h hebdomadaires sur 4 jours ;
• L’abrogation de ParcourSup, la fin de la sélection à l’Université et le respect du baccalauréat, premier grade universitaire ;
• La création d’une allocation étudiante et la construction massive de logements étudiants gérés par les CROUS ;
Les raisons d’une vraie colère sociale des travailleur·euses de l’ESR et de l’ensemble des secteurs de l’économie de notre pays, sont donc rassemblées. Elles sont nombreuses. Ce préavis vise à en permettre l’expression sur le périmètre de Nantes Université.
Recevez, Madame la Présidente de Nantes Université, l’expression de notre considération distinguée.

A Nantes, pour la CE du syndicat,
François Poupet, secrétaire général de la CGT FERC SUP Nantes Université.