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Fonds publics pour enseignement privé : l’ICES et l’ICAM en Vendée !

dimanche 17 avril 2022

L’ICES et l’ICAM à la fête : les fonds publics pour le privé, en Vendée, en 2022

Épisode 3

Nous continuons chaque année à tracer le détournement licite des fonds publics, de nos impôts, vers des instituts privés confessionnels d’enseignement supérieur, en Vendée. Pendant que le pôle universitaire yonnais est à la diète ou est poussé (pour l’IUT) à perdre ses valeurs du service public en basculant dans l’apprentissage et l’alternance à tous crins*, les instituts catholiques très privés de La Roche/Yon se gavent de fonds publics.

* Au détriment de la formation initiale qui a été jusque maintenant le gage de la réussite professionnelle pour les étudiant.es, qui leur a permis d’évoluer dans leurs métiers. Avec l’apprentissage et l’alternance comme seule ligne d’horizon (pour certains qui ne pensent qu’aux « phynances », à la plus-value, à un modèle économique), c’est la formation qui est rognée, au profit d’une adaptabilité « bas du front » au monde de l’entreprise. C’est à la fois contreproductif pour le futur travailleur qui perd en compétences de bases, et pour l’entreprise sur le long terme : c’est parce qu’on a reçu une formation excellente en IUT qu’on est capable de faire bouger les lignes dans l’entreprise, de faire acte d’innovations… L’alternance et l’apprentissage perdent leur sens s’ils ne sont liés qu’à une recherche de survie financière d’une université dépouillée de fonds de fonctionnement et d’investissement, par l’État.

L’Institut Catholique de De Villiers : l’ICES

Comme un bon graphique vaut mieux qu’une longue phrase, voici le résultat de nos recherches sur les subventions accordées en 2022, par l’agglomération de La Roche, par le conseil départemental de Vendée, par la Région des Pays de la Loire.

En fonctionnement, l’ICES reçoit donc au total, en 2022, 3 028 384,39 euros, soit plus de trois millions…
En investissement, depuis 2018, c’est plus de 8 millions d’euros qui ont ruisselé vers le bastion de la réaction vendéenne, qui s’est fait remarquer par des étudiant.es en pointe de l’homophobie et du zemmourisme** . Merci, petit Jésus !

**
http://www.slate.fr/story/179772/vendee-roche-sur-yon-proces-actes-homophobes-etudiants-ices-cathos-identitaires
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-roche-sur-yon-85000/presidentielle-vendee-a-l-institut-catholique-les-jeunes-assument-etre-de-droite-2157abfe-959f-11ec-9ce0-a8acd3395b1a

Sans oublier le bail emphytéotique accordée par le Conseil Départemental à l’ICES : 0,152 euros pour les locaux, par an, ce n’est pas cher du tout…

L’agglomération de La Roche/Yon, qui a décidé de financer cet institut très catholique (il faut croire que la laïcité, pour elle, n’est qu’un mot) est de plus en plus généreuse… 108 000 euros en 2019, 162 300 euros en 2022. Alléluia !

Il faut rajouter à tous ces généreux dons versés par les fées amènes de Vendée, les 31 752 euros de subvention du conseil départemental, à destination de l’association l’Aubépine, officine d’un institut qui forme des enseignant.es du privé. Il faudrait creuser pour voir les compléments de financement de cette structure, qui profite sûrement de l’obole publique : se cachent-ils dans une des lignes des subventions du conseil départemental sous le titre « divers instituts décentralisés » (611 660,50 euros) ? On s’y perd, seigneur ! Tes voies sont impénétrables, bien cachées sous le maquis des lignes budgétaires. Petit cachottier, va !

L’institut catholique des arts et métiers de Vendée : ICAM

La Région des PdlL, qui n’est pas avare de l’argent du bon peuple, et qui aime le distribuer à ces ouailles bien-pensantes et pour l’entre-soi social (pourquoi le donner au vulgaire, à l’enseignement public, lorsqu’on peut faire autrement ?) accorde cette année 826 503,41 euros + 101 786,00 euros au groupe ICAM implanté à La Roche/Nantes/Vannes.

Le groupe Les Etablières, des traces isolées d’un financement public

NB : les Etablières est au départ un lycée agricole privé de La Roche/Yon, mais son activité s’est largement ouverte à d’autres secteurs. Voir ici : https://www.etablieres.fr/nos-activites

Nous pensons que nous serons incomplets sur le financement du groupe, car nous n’avons trouvé que deux pauvres occurrences : dans le budget 2022 du conseil régional, une ligne en faveur d’Armonia (une des entités des Etablières). Pour 264 987,00 euros. Dans le budget du conseil départemental, un modeste 20 000 euros en guise de partenariat. Les années passées, les sommes étaient autrement plus conséquentes*** . Nous ne les avons pas décelées dans les documents 2022, mais c’est sûrement que nous n’avons pas de bonnes lunettes… Nous ne croyons pas au chemin de Damas laïque des conseils régional et départemental…
***https://association.politologue.com/association-subventions-ass-develop-ecole-agricol-les-etablieres.398422899 et surtout https://association.politologue.com/association-subventions-ass-gestion-ecole-agriculture-etablieres.786446914

Conclusion

Nous ne serions pas complets sans évoquer les 93 millions d’euros donnés par l’État à l’enseignement supérieur privé (voir https://www.fnlp.fr/2022/01/25/education-nationale-budget-2022-7-milliards-997-millions-e-pour-le-financement-de-lenseignement-prive-des-1er-et-2nd-degres/). De manière générale, au-delà de l’enseignement confessionnel, l’enseignement privé est un marché juteux : https://educfrance.org/le-monde-linsolente-sante-de-lenseignement-superieur-prive/
Vidal et Macron ont bien participé à cette mise en vente de l’ESR considéré comme un marché : ils se sont complu à distribuer des visas et des grades à des formations sponsorisées de façon scandaleuse par quelques grandes entreprises, ou, pire encore, à des établissements privés hors de prix, et à en faire une promotion éhontée, contre l’avis des représentant·es au CNESER et de la plupart des organisations représentantes des personnels ou des étudiant·es.
Pour aller plus loin :
https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/enseignement-superieur/article/communique-cgt-ferc-sup-l-enseignement-superieur-et-la-recherche-a-vendre

Pendant ce temps-là, l’enseignement supérieur public dépérit faute de financements. Le nombre d’étudiants augmente, celui des personnels n’est pas la hauteur des besoins. Il manque l’équivalent de deux universités en termes de bâti, au niveau national. Pour la CGT FERC SUP de Nantes, nous revendiquons la fin des cadeaux aux instituts privés, l’attribution de budgets décents et suffisants pour toutes les universités, y compris celle de Nantes, y compris pour le pôle universitaire de La Roche/Yon.

NB : pour ceux qui voudraient enquêter sur l’enseignement privé dans le secondaire, vous avez avec les documents complémentaires joints, la possibilité de le faire. Faites des recherches avec le mot « ogec » ou « association de gestion », et vous devriez trouver votre bonheur pour les lycées et les collèges. Pour les écoles primaires, il faudra trouver les budgets primitifs sur les sites des mairies…

Documents annexes joints :

Agglo

Annexe subventions agglo. On pourra utilement se référer à ce document pour collecter les subventions allouées au centre universitaire départemental, à l’IUT et à ses chaires.

Région

CD 85

Article FNLP

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