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Les infos du syndicat CGT FERC Sup de l’Université Toulouse - Jean Jaurès.

"Fac Poubelle". À qui profite le crime ?

lundi 7 novembre 2011

Le jeudi 3 novembre, dans le cadre de l’émission Complément d’enquête, France 2 a diffusé un reportage de Fabien Chadeau intitulé « Fac poubelle ».

Ce reportage présenté comme une enquête sur l’université Toulouse II-Le Mirail, « la plus mal notée des facs de France », « davantage réputée pour ses grèves que ses taux de réussite » constitue une véritable insulte à l’encontre de l’ensemble de la communauté universitaire qui vit et travaille dans cette université : étudiants, personnels administratifs et techniques, enseignants.

Certes on peut déceler nombre de dysfonctionnements dans cette université – les luttes des personnels en témoignent – mais la représentation de l’établissement qui est donnée falsifie la réalité que vivent quotidiennement les étudiants et les personnels.

Dès les premières images nous sommes embarqués dans la réalité-fiction d’un reportage entièrement construit à charge pour démontrer un point de vue élaboré à priori. Les procédés de montage employés sont tendancieux. Par exemple, montrer le bâtiment des langues dont il ne peut avoir échappé à l’équipe de tournage et au journaliste qu’il s’agit d’un bâtiment neuf et associer ces images à celles de locaux anciens et sinistrés. Ne préciser à aucun moment du reportage qu’un programme important de reconstruction du campus est en cours (même si la FERC Sup CGT en condamne le mode de financement choisi par la direction de l’établissement) ne donne pas au spectateur tous les éléments de compréhension et d’analyse dont il a besoin pour se faire une opinion. Plaquer sur les images d’une réunion dans un amphithéâtre un commentaire qui allègue un discours politique où se mêleraient engagement syndical et militantisme après avoir pris le soin de bien sélectionner les affiches montrées précédemment, n’a d’autre but que restreindre le regard du spectateur pour stigmatiser l’institution mais aussi les personnels, notamment à travers l’apparence d’une personne.

Parler de « sélection naturelle » à l’université sans évoquer le processus de massification de l’enseignement supérieur, les modalités d’inscription via le dispositif électronique « admission postbac », le processus de sélection à l’entrée d’autres formations telles que les grandes écoles, la question des budgets et des moyens dont disposent aujourd’hui les établissements universitaires, ne peut que tromper le spectateur sur l’état réel de l’enseignement supérieur aujourd’hui dans notre pays.

De plus, rendre les universités responsables de l’insertion professionnelle de leurs étudiants sans s’interroger sur le rôle des entreprises c’est exonérer le patronat et le gouvernement de leurs responsabilités dans la politique de l’emploi et l’accroissement du chômage dans notre pays.

Relayer sans mise à distance les arguments et la propagande du gouvernement pour justifier les transformations destructrices qu’il impose à marche forcée à notre système d’enseignement supérieur et de recherche, n’est pas digne du Service public d’information. En tournant ainsi le dos au journalisme d’investigation et en reprenant sans discernement des discours pré-établis, on verse dans la presse à sensation.

Nous regrettons d’ailleurs qu’en fin d’émission le président de la Conférence des Présidents d’Université ait repris à son compte l’expression « fac poubelle » sans la commenter et la condamner.

Le reste de l’émission mettait en avant la réussite d’étudiants partis à l’étranger (dans un établissement qui ressemble plus à une grande école qu’à une université française) ou inscrits dans une classe préparatoire à une grande école. Il y était clairement exprimé que les étudiants et leurs parents doivent s’endetter lourdement pour assurer l’avenir de leurs enfants et leur éviter la "fac poubelle". À aucun moment de l’émission, il n’a été fait état des milieux socio-culturels d’origine des différents étudiants présentés. À aucun moment non plus, il n’a été précisé que plus de la moitié des étudiants du Mirail doit travailler pour financer ses études.

En dehors des questions financières, la sélection à l’entrée des prépas et autres formations élitistes n’a pas du tout été abordée. Et en matière d’insertion des étudiants comparer les résultats d’une grande école dont les effectifs réduits ont fait l’objet d’une sélection draconienne avec ceux d’une université de 23.000 étudiants (nombre annoncé par le reportage) où la sélection à l’entrée n’existe pas est malhonnête et n’a aucun sens.

Dans l’établissement canadien qui était présenté comme un modèle pour nos universités, l’ouverture des bibliothèques 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 a fait l’objet de tous les éloges. Ce fonctionnement dans nos établissements hante l’esprit de nos ministres depuis quelques années. Mais avec quels personnels ? Le gouvernement actuel, largement relayé par les directions d’universités, supprime des postes. Comment les bibliothèques pourraient-elles ouvrir davantage ? Dans quelles conditions, avec quelle qualité de service aux usagers ?

Les enseignants n’étaient pas épargnés non plus. L’établissement canadien était présenté comme le modèle idéal, produisant des prix Nobel. Les enseignants, notés par les étudiants, sont censés s’améliorer au fil de leur notation présentée comme la solution aux problèmes de pédagogie... Sans se demander ce que peut être la pédagogie dans un préfabriqué surchargé !!

L’ensemble de cette émission n’avait d’autre but que dénigrer et remettre en question notre Service Public d’Enseignement Supérieur. Au-delà du traitement audiovisuel et de l’injure qu’il constitue pour notre université, ses étudiants et ses personnels, le syndicat FERC Sup CGT condamne l’aspect partisan de cette émission et demande à la direction de l’UTM de faire valoir son droit de réponse pour expliquer les conditions de réalisation de ce reportage et rétablir la dignité des personnels qui travaillent dans notre établissement.

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