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mardi 12 mai 2026

Blog du syndicat CGT FERC SUP université & INSA Rouen

Retrait du décret Baptiste : non aux frais d’inscription racistes, non à l’université du tri social et national

Communiqué avec FSU, Sud étudiant, union étudiante.

Un projet de décret porté par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, vise à généraliser l’application des droits d’inscription dits « différenciés » pour les étudiant·es étranger·ères extra-communautaires, en rendant les exonérations exceptionnelles et drastiquement limitées. Derrière un discours technocratique sur le « financement » et « l’attractivité », ce projet organise une sélection par l’argent et par la nationalité. Il s’inscrit dans une logique de préférence nationale universitaire : faire des étudiant·es étranger·ères les premières variables d’ajustement de l’austérité budgétaire.

Ces droits d’inscription « différenciés », c’est-à-dire des frais majorés imposés aux étudiant·es étranger·ères hors union européenne, s’élèvent à 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros par an en master, contre quelques centaines d’euros pour les autres étudiant·es. Cette différence n’est pas neutre : elle revient à multiplier brutalement le coût d’accès aux études selon la nationalité.

Comme de nombreux établissements, l’université de Rouen Normandie utilise les possibilités actuelles d’exonération pour ramener les droits d’inscription des étudiant·es étranger·ères extra-communautaires au même niveau que ceux des étudiant·es français·es ou européen·nes. Ces exonérations ne sont pas un « privilège » : elles sont une condition minimale d’égalité d’accès au service public de l’enseignement supérieur.

Discriminatoire, raciste dans ses effets et xénophobe dans sa logique, le projet de décret Baptiste vise à rendre l’université pleinement payante pour les étudiant·es étranger·ères extra-communautaires. Il ne répond à aucun problème pédagogique : il sert à faire payer les coûts de l’austérité à celles et ceux qui sont déjà parmi les plus précaires, tout en organisant un tri social et national à l’entrée de l’enseignement supérieur. Les étudiant·es étranger·ères subissent déjà des obstacles spécifiques : démarches de titre de séjour, difficultés d’accès au logement, dépendance au salariat étudiant, précarité administrative, éloignement familial et discriminations. Leur imposer plusieurs milliers d’euros de frais d’inscription revient concrètement à fermer les portes de l’université aux classes populaires du monde entier.

Cette attaque ne s’arrêtera pas aux étudiant·es étranger·ères. L’histoire des politiques libérales est connue : on commence par faire payer les plus isolé·es politiquement, puis on généralise le modèle à l’ensemble des étudiant·es. Aujourd’hui les étudiant·es extra-communautaires ; demain toutes et tous. Nous refusons cette logique de marchandisation de l’enseignement supérieur. Le ministère ne s’en cache d’ailleurs plus : le rapport IGÉSR-IGF sur le modèle économique des établissements publics d’enseignement supérieur envisage explicitement l’augmentation des droits d’inscription des diplômes nationaux et l’élargissement de l’autonomie tarifaire, y compris pour les écoles d’ingénieur·es. Ce décret est donc une première brèche dans une offensive plus large contre la gratuité réelle de l’enseignement supérieur.

Pour nous, l’université et les écoles publiques ne doivent pas devenir des marchés de formation où chaque étudiant·e serait réduit·e à une source de recettes.

Nous revendiquons :

  • le retrait immédiat du projet de décret Baptiste ;
  • l’abrogation des frais différenciés issus du plan « Bienvenue en France » ;
  • le maintien et la généralisation des exonérations pour toustes les étudiant·es étranger·ères, sans distinction de nationalité ;
  • aucune hausse des frais d’inscription, ni à l’université ni dans les écoles publiques ;
  • un financement public massif de l’enseignement supérieur et de la recherche, à la hauteur des besoins des étudiant·es et des personnels ;
  • la fin des politiques de tri social, raciste et national dans l’accès aux études.

Nous appelons les étudiant·es, les personnels, les syndicats, les associations et l’ensemble de la communauté universitaire à se mobiliser contre ce projet, à l’URN comme dans tous les établissements d’enseignement supérieur public de Rouen et de Normandie. Nous appelons les directions d’établissement à prendre publiquement position contre le décret, à maintenir les exonérations et à refuser toute logique de hausse des frais d’inscription.

Nous appelons les étudiant·es et les personnels à se rassembler le mardi 12, jour de mobilisation nationale sur le sujet, à 12h30 sur l’esplanade de l’université à Mont-Saint-Aignan, en face de l’arrêt campus du Teor.

Deux pétitions sont par ailleurs en ligne contre le décret :

Pétition · Non aux frais d’inscription racistes : pour une université gratuite et ouverte à toustes - France · Change.org

Et sur le site de l’assemblée nationale :

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5865