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vendredi 16 janvier 2026

Blog du syndicat CGT FERC SUP université & INSA Rouen

Priorisation des missions : une austérité qui ne dit pas son nom

Le 10 décembre 2025, la directrice générale des services (DGS) de notre établissement diffusait une note relative à l’organisation et la priorisation des missions « dans un contexte de contrainte budgétaire » qui confirme ce que la CGT dénonce depuis plusieurs mois : l’État organise la casse du service public d’enseignement supérieur et de recherche (ESR), et la présidence de l’URN est son relais localement. En validant une baisse de plus de 10 millions d’euros de son budget, la présidence impose des décisions douloureuses pour le personnel et les étudiant-es : restriction de l’accès des jeunes à l’université, suppression de postes de titulaires et de contractuel-les, baisse des budgets des services, départements et laboratoires...

Pour faire face aux manques de moyens, notamment humains, la note propose « un travail d’analyse portant sur l’ensemble des missions et activités ». Sous couvert de « réflexion collective » et de « cohérence des pratiques », de « rationalisation » et de « concentration des ressources sur les missions régaliennes », ce document acte en réalité une nouvelle étape dans la politique d’austérité, celle « des petites réductions un peu partout » comme la nomme le président, tout en faisant appel au sens des responsabilités des personnels dans le but de préserver l’essentiel. Il est ainsi demandé aux directions de classer leurs missions et leurs activités selon leur importance sur une échelle allant d’« indispensables » à « optionnelles » en passant par « utiles mais non prioritaires ».

N’est-il pas indécent de penser que les personnels puissent trouver du temps pour travailler sur autre chose que des tâches les plus basiques ? Ou de penser que les directions des services, départements et laboratoires organisent la fabrication de colliers de nouilles ou le remplissage de ce genre de questionnaires ?

Depuis quand demande-t-on au condamné de creuser sa propre tombe ? Ou de presser les agents pour désigner l’inutilité de missions et d’activités dont la présidence serait elle-même prête à déclarer la supposée inutilité ?

Quand bien même la note de service indique que « ce travail porte sur les missions et non sur les personnes », il est bien clair que derrière chaque tâche, il y a évidemment une personne. Ce que l’on demande donc aux directions, c’est bien de désigner au couperet leurs collègues notamment celles et ceux qui sont les plus précaires et placés sur le siège éjectable du non-renouvellement de contrat.

Cette démarche est brutale et méprisante.

À l’université nulle tâche n’est superflue. Aucun-e BIATSS, aucun-e enseignant-e, aucun-e enseignant-e-chercheur-e n’est inutile.

La CGT appelle les personnels à agir collectivement pour défendre l’emploi, les conditions de travail, les salaires, les pensions et le service public.

Le déficit ne doit pas se payer sur le dos des personnels et des étudiant·es !