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STOP aux suppressions des heures de cours !...Lettre ouverte aux représentants à la CFVU de l’UPJV de l’intersyndicale CGT FERC Sup, FO ESR, SNESUP FSU, Sud Educ, Coordination étudiante picarde, UNEF Amiens Picardie STOP
Madame, monsieur,
En tant que représentant.e à la CFVU de l’Université, vous aurez à vous prononcer ce jeudi 27 novembre 2025 sur la nouvelle offre de formation. Comme vous le savez, la direction de l’université a fait voter au CA de juin 2025 une restructuration de l’offre de formation qui s’inscrit dans une logique d’austérité brutale, avec la suppression de plus de 54 000 heures équivalent TD dès la rentrée 2026-27. Si l’on ramène ce chiffre au nombre d’heures d’enseignement comprises dans le service d’un enseignant-chercheur, cela représenterait 281 postes supprimés !
Cette réduction a été réalisée par les équipes enseignantes à l’encontre de leurs valeurs : il s’agit désormais d’effectuer des enseignements non pas pour garantir la réussite des étudiants et l’accroissement de leurs connaissances, mais pour « baisser les coûts ». Comme si la pédagogie ne se réduisait qu’à cela. Les formations à l’UPJV sont aujourd’hui conçues et évaluées à l’aune d’une rentabilité très éloignée de la mission de service public de l’université, des choix pédagogiques qui s’imposent, d’une cohérence de l’offre, de la qualité de la formation due aux étudiants.
Des enseignements disciplinaires indispensables ont été réduits, des heures de TD amputées, des formations et des parcours de formations ont été sacrifiés, alors que les dites formations avaient été très bien évaluées par l’HCERES. Ces réductions ne sont pas « à la marge » puisque imposées jusquà hauteur de 25%. Faire mieux tout en enseignant moins : cela ressemble à une promesse électorale démagogique.
De plus, le volume plancher de 1500 heures en licence sera amputé de 300 heures, remplacées par des modules d’autoformation en ligne dépourvus de suivi pédagogique, de présence enseignante et de garantie d’accompagnement. L’autoformation obligatoire ne constitue ni un enseignement, ni une modalité pédagogique acceptable pour un service public d’enseignement supérieur. Elle accroît l’isolement, fragilise les étudiants les plus vulnérables, dégrade l’égalité entre étudiants et abaisse la qualité des diplômes.
La Picardie est déjà un territoire de relégation, son université est victime depuis des années d’un sous-dotation chronique de l’État. La dépense moyenne par étudiant est de 1/4 inférieure à celle d’un étudiant parisien. La nouvelle direction décide d’accentuer encore ces inégalités entre territoires. La baisse simultanée de la qualité des formations et du nombre de places — rappelons que 177 places en licence ont déjà été supprimées à l’UPJV en 2024 — ne fera qu’alimenter la progression de l’enseignement supérieur privé, au détriment du service public universitaire.
De plus, la baisse de qualité des diplômes de l’UPJV va induire une fuite des futurs étudiants, donc des futurs cadres, vers d’autres régions. Or la Picardie est déjà sous-dotée en personnels d’encadrement (40% de cadres en moins par rapport à la moyenne nationale).
En tant qu’élu.e de la CFVU, vous avez un rôle décisif pour protéger l’avenir des formations et des étudiants de l’UPJV. Une dégradation de cette ampleur n’est ni un choix pédagogique, ni un choix de cohérence de l’offre, mais la conséquence directe de restrictions budgétaires imposées. Aujourd’hui, il vous appartient d’empêcher cette dégradation des formations à l’UPJV en votant contre cette nouvelle offre de formation.
Cela laissera le temps d’ouvrir un vrai débat démocratique au sein de l’université sur cette question qui engage l’avenir de tous-tes.
Demain, votre vote peut stopper cette régression majeure. Nous vous demandons d’agir pour les étudiant·es, les personnels et l’avenir de notre université.
Bien sincèrement,
L’intersyndicale CGT FERC Sup, FO ESR, SNESUP FSU, Sud Educ, Coordination étudiante picarde, UNEF Amiens Picardie