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FERMETURES ADMINISTRATIVES : PERSONNELS BIATSS OUBLIÉSDepuis trois semaines, le président de l’UPJV multiplie les fermetures des campus, au prétexte de protéger les batiments (à défaut de protéger le service public). Il choisit de communiquer les informations uniquement aux directions d’UFR, charge à elles de transférer ensuite les informations aux équipes enseignantes et aux étudiants, en oubliant souvent des collègues BIATSS. Nous relayons ci-dessous le témoignage d’une collègue ingénieure d‘étude (recherche).
Témoignage :
Je ne sais pas exactement à qui adresser ce message pour qu’il soit entendu, mais j’aimerais relayer les échanges que j’ai pu avoir hier matin, lors des quelques heures d’ouverture de la Citadelle, avec des collègues BIATSS. Il s’agit essentiellement de personnels de la recherche, puisque je suis moi-même ingénieure dans un laboratoire et que je fréquente malheureusement peu mes collègues des UFR.
Cette période de fermeture administrative a entraîné pour mes collègues un surcroît de travail, mais aussi un inconfort, voire une réelle angoisse, liés à la dégradation des conditions de travail et au manque de communication directe de la part de notre employeur.
Je ne sais pas ce qu’il en est de nos collègues des UFR, mais les personnels de la recherche, comme certain·es collègues de la coordination ou de la DISIP, sont passé·es à travers les mailles du filet de cette communication descendante organisée par UFR. Pour certain·es, la fermeture des sites s’est tout simplement découverte en arrivant au travail, porte close. Lors de la première fermeture, avec évacuation des locaux de la Citadelle le lundi 12 octobre, la désorganisation était telle que des collègues BIATSS se sont retrouvées enfermées dans les locaux sans avoir été informées de leur fermeture. C’est l’agent de sécurité, effectuant une tournée avant la mise en marche de l’alarme, qui leur a demandé de quitter immédiatement leur bureau, sans leur laisser le temps de prendre le matériel nécessaire au télétravail. Elles ne savaient pas alors qu’elles n’auraient plus accès à leur bureau pendant plusieurs jours.
Pour celles qui ne télétravaillent pas régulièrement, il a fallu improviser : annuler ou gérer à distance des manifestations scientifiques, comme des journées d’étude ou des colloques, depuis leur domicile et avec les ordinateurs portables de leurs enfants ; demander l’installation en urgence du fameux SIFAC+ ; ou encore se rendre par leurs propres moyens au campus sud pour imprimer des documents.Dans certains sites fermés, comme le pôle Cathédrale, les BIATSS ont pu accéder individuellement au bâtiment principal en le demandant au personnel d’accueil à leur arrivée. À la Citadelle, en revanche, il fallait se déplacer pour constater que la porte était fermée, rentrer chez soi et trouver des solutions de fortune pour assurer la continuité du service.
Pour ma part, j’ai la chance d’entretenir de bonnes relations avec les doctorantes, ATER et contractuelles du laboratoire. Ce sont elles qui m’ont tenue informée au jour le jour et qui ont pris la peine de demander mon inclusion dans la liste de diffusion des mails de l’UFR SHSP, alors même que j’assure des TD pour cette UFR ce semestre. Tout cela peut paraître anecdotique, mais ne fait que renforcer le sentiment, partagé par de nombreux·ses BIATSS, d’être la dernière roue du carrosse.
Et si cela fait rire autour de moi lorsque je le dis, je persiste et signe : si l’université est capable de communiquer de manière égale et équitable au sujet de la soirée bowling du personnel, elle devrait également être capable de le faire lors d’une fermeture administrative.
Au-delà de la communication, se pose aussi la question des conditions matérielles du télétravail imposé par ces circonstances. Nous sommes plusieurs à penser que notre employeur devrait proposer à l’ensemble des personnels concerné·es une compensation des frais engagés : eau, électricité, chauffage, forfait Internet, mais aussi utilisation de matériel personnel (ordinateur portable, écran, câbles, imprimante). Si quelqu’un·e sait comment faire entendre cette parole, auprès de qui la relayer ou à quelle instance s’adresser, je suis preneuse. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer une situation ponctuelle, mais de faire reconnaître les difficultés rencontrées par des personnels qui semblent trop souvent oubliés dans la communication et l’organisation de notre université.
Je vous prie de m’excuser pour ce mail particulièrement long, mais il me semble que deux semaines d’invisibilisation valent bien cinq minutes de lecture."