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Communiqué intersyndical : Alerte austérité...Communiqué intersyndical : CGT FERC Sup UPJV, Sud Educ, FO ESR, SNESUP FSU, UNEF Amiens Picardie, La coordination étudiante picarde
Dans l’enseignement supérieur et la recherche, la politique austéritaire du gouvernement s’est appliquée en 2025 avec une baisse de budget de 1,5 milliard d’économie alors que les dépenses des établissements augmentent chaque année (coût de l’énergie, inflation...).
Le nouveau président de l’UPJV, Denis Postel élu début 2025, a donc pris la décision de faire des économies sur les formations des étudiants. Lors du conseil d’administration de juin 2025, la direction a fait voter la suppression de plus de 54 028 heures de formation (heures équivalent TD) pour la rentrée 2026-27. Si l’on ramène ce chiffre au nombre d’heures d’enseignement comprises dans le service d’un enseignant-chercheur, cela représenterait 281 postes supprimés ! Une saignée sans précédent dont les étudiants seront les premières victimes.
Les équipes enseignantes ont été priées de sacrifier jusqu’à 25 % des volumes horaires des formations en faisant face à un management délétère et des injonctions contradictoires permanentes. Ces économies auront un impact immédiat sur les modalités pédagogiques et la structure des cursus :
Les formations à l’UPJV sont désormais conçues et évaluées à l’aune d’une rentabilité très éloignée de la mission de service public de l’université, des choix pédagogiques qui s’imposent, d’une cohérence de l’offre, de la qualité de la formation due aux étudiants.
Les modules en autoformation imposées par la direction sont en réalité des modalités dégradées d’enseignement qui favorisent l’isolement et le décrochage des étudiants. De plus, il n’y a aucune garantie que ces modules soient évalués sérieusement, il suffira vraisemblablement d’une validation en quelques clics des activités proposées.
Ces nouvelles modalités auront de nombreuses conséquences négatives, notamment :
En résumé, ces économies conduiront inévitablement à une dégradation de la qualité des formations. Il est urgent d’alerter sur cette situation dramatique non seulement les étudiants et personnels, mais également l’ensemble de la population locale, car cette austérité aura des conséquences concrètes visibles pour l’ensemble de notre territoire.
La Picardie est déjà un territoire de relégation, son université est victime depuis des années d’un sous-dotation chronique de l’État. La dépense moyenne par étudiant est de 1/4 inférieure à celle d’un étudiant parisien. La nouvelle direction décide d’accentuer encore ces inégalités entre territoires.
Ces mesures vont conduire à une baisse d’attractivité des pôles universitaires en Picardie. L’UPJV risque d’être considérée suite à l’application de ces mesures comme une université de seconde zone.
Or, quand on va étudier ailleurs, on s’installe bien souvent ailleurs. En Picardie, la part des « cadres et professions intellectuelles supérieurs » dans la population active est déjà bien en deçà de la moyenne nationale (12% pour 19% en France). La fuite des jeunes les plus qualifiés viendra amplifier le problème. Pourtant, nous avons besoin qu’ils restent pour assurer la transition économique, sociale et écologique du territoire ! Comment des entreprises innovantes peuvent-elles se développer sans cette couche de la population ?
La baisse simultanée de la qualité des formations et du nombre de places — rappelons que 177 places en licence ont été supprimées à l’UPJV en 2024 — ne fera qu’alimenter la progression de l’enseignement supérieur privé, au détriment du service public universitaire. C’est d’ailleurs l’un des objectifs non avoués du gouvernement lorsqu’il étrangle financièrement les universités. L’enseignement supérieur à but lucratif, fréquenté par un quart des étudiants aujourd’hui, a déjà vu ses effectifs augmenter de 72% entre 2010 et 2022. Ceux et celles qui le pourront risquent fort dans l’avenir d’être contraints de s’endetter pour étudier, comme dans les pays anglo-saxons.
C’est d’ailleurs déjà le cas en France pour les étudiants étrangers extra-communautaires, qui payent 2 895 € par an en licence depuis le plan "Bienvenue France" du gouvernement Macron-Philippe. Et comme on pouvait s’y attendre, un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances (IGF) et de Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) préconise à nouveau d’étendre ces frais d’inscription à tous les étudiants…
Notre université a une importance sociale et économique déterminante, à condition qu’elle dispose des moyens nécessaires pour offrir des formations à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui et de demain. Il est urgent d’agir pour la préserver et donner un avenir aux trois départements où elle est implantée.
Aujourd’hui, la direction de l’UPJV a la responsabilité de défendre l’université, de ne pas se rendre complice des politiques d’austérité et d’exiger des moyens supplémentaires auprès du ministère.
Nous demandons l’arrêt immédiat de toute mesure conduisant à la dégradation de l’offre de formation. Il est plus que jamais nécessaire de défendre l’ensemble de nos services publics, et notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur.