"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"

Menu ☰

Accueil > Syndicats > Île de France > Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

jeudi 15 octobre 2026

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Relevé de décisions et communiqués de l’AG des personnels du 14 octobre 2026

Ce message est, pour des raisons pratiques, diffusé ici via l’adresse CGT, mais reflète, comme les autres communiqués, des décisions qui dépassent largement le cadre syndical et sont celles de l’AG des personnels.


Chères et chers collègues,

Le mercredi 14/10 s’est tenue, de 10h à 13h, une nouvelle assemblée générale des personnels, qui a rassemblé jusqu’à 160 collègues, syndiqués ou non, enseignant.e.s, BIATSS, de tous statuts.
Vous trouverez ici les différents textes votés lors de cette Assemblée Générale :
1. Motion sur la fermeture de l’université, l’enseignement à distance et le
télétravail votée à l’unanimité par l’Assemblée des personnels
2. Soutien à la lettre ouverte des étudiant.e.s
3. Communiqué des personnels BIATSS adressé à l’ensemble de la communauté universitaire et à la direction générale des services
4. Revendications et actions
Une prochaine AG se tiendra lundi 19 octobre, 14h.

1. Motion sur la fermeture de l’université, l’enseignement à distance et le télétravail votée à l’unanimité par l’Assemblée des personnels, votée à l’unanimité, 138 voix

Nous condamnons fermement la fermeture de l’université.
D’un point de vue pédagogique, nous refusons le distanciel sous toutes ses formes, asynchrone, synchronique, « enrichi » etc. Ce mode d’enseignement dégradé témoigne d’une méconnaissance complète de la relation pédagogique et d’un mépris et pour les enseignant.e.s et pour les étudiant.e.s. .
L’enseignement à distance oblige à un retravail des cours, et exige une formation qui ne peut être assurée à l’heure actuelle par les ingénieur.e.s pédagogiques.
Il vide les universités de toute possibilité de débat démocratique.
Le passage par icampus peut en outre être un moyen de contrôle des enseignant.e.s précarisé.e.s et renforce la domination qui est exercée sur eux et elles.
Par ailleurs, le télétravail vide de sens les missions des personnels BIATSS (notamment, entre autres, des personnels de bibliothèque) – sans oublier ceux qui sont en ASA car leurs tâches ne sont pas télétravaillables, et les oblige à des conditions de travail précarisées et dangereuses.
Nous proposons que des cours libres et alternatifs soient tenus devant notre université fermée. Nous appelons étudiant.e.s et personnel.es à participer à ces cours.

2. Soutien à la lettre ouverte des étudiant.e.s

L’assemblée générale des personnels soutien et se solidarise avec la lettre ouverte des étudiant.e.s adressée à la communauté universitaire, et s’engage à la diffuser le plus largement possible - voté à l’unanimité, 157 voix.
La Lettre se trouve en PJ, et nous vous invitons à la lire et la faire lire autour de vous au sein de vos départements et services.

3. Communiqué des personnels BIATSS adressé à l’ensemble de la communauté universitaire et à la direction générale des services - voté à l’unanimité, 105 votant.e.s

Ce texte s’adresse avant tout aux collègues BIATSS, mais concerne l’ensemble de la communauté universitaire. Nous cherchons ici à prendre la parole en notre nom en prenant en compte les spécificités de notre statut : en effet, à la différence des enseignant.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s, un lien hiérarchique clair nous lie à une partie de la gouvernance - notamment à la Direction Générale des Services.

Nous, personnels BIATSS, restons profondément choqué.es par l’assaut policier du 5 octobre, par sa brutalité d’une part, mais également par la situation de total abandon des membres de la gouvernance avec qui nous entretenons ce lien hiérarchique, de même que leur absence absolue depuis ce jour.

Où étiez-vous lorsque des agent·es de notre établissement ont été victimes de ces « méthodes disproportionnées de maintien de l’ordre » ?

Comment est-il seulement possible qu’aucune autorité ne se soit dressée pour nous protéger, sur notre lieu de travail, contre la brutalité policière évidente qui se déroulait sous vos yeux ?

A quel moment vous a-t-il semblé acceptable de rester en retrait sans mot dire alors que vos agents devaient faire face aux forces de police, mettre à l’abri les étudiant.e.s, tenter de négocier des points de sortie, évacuer collègues et étudiant.e.s des étages ?

Nous condamnons, nous aussi, les insultes ad hominem visant le Président de l’Université, ou d’autres membres de la gouvernance, mais en quoi celles-ci devraient occulter les violences subies par nos collègues BIATSS ?

Qu’est ce qui a donc pu vous empêcher, le jour même et jusqu’à aujourd’hui, de vous inquiéter de l’état de santé physique et psychique de tous vos agents, et notamment des deux collègues blessés par les forces de police ? Soulignons que vous ne pouviez ignorer leur situation, les dits collègues ayant déposé chacun.e une fiche SST (tout comme de nombreux et nombreuses autres collègues), ainsi qu’une déclaration d’accident du travail entraînant 6 jours d’ITT.

Les messages qui ont suivi le 5 octobre n’ont en rien répondu à ces interrogations, et dans la mascarade de vote de confiance au CA, les appels au calme et à la « collégialité » (elle n’est pas destinée aux agents salariés hiérarchiquement subordonnés) nous lisons un discours paternaliste qui impose votre récit et qui invisibilise la parole des personnels. Or, les fiches SST et témoignages peignent une réalité qui ne peut être balayée d’un revers de main.

C’est pour cette raison que les élu.es au CA pour le collège des personnels ITRF et Bibliothèques pour la liste Engagé.es, étaient opposé.es au maintien du CA en distanciel : pour nous, le CA est l’une des instances où ce lien hiérarchique est suspendu. Cela nous permet de nous exprimer à égalité avec le reste de la communauté universitaire. Entendre des personnels BIATSS présents ce jour-là, échanger avec nous sans la barrière technique de la distance est la moindre des choses que vous nous devez.

Nous sommes des citoyens qui subissons le gel du point d’indice, la précarité pour nous et nos enfants, le délabrement des services publics et aujourd’hui la violence jusqu’à notre lieu de travail où vous devez être garant de notre intégrité physique et morale (Article L. 4121-1 du Code du travail).

Nous ne refusons ni le dialogue ni la démocratie : nous refusons qu’ils servent à imposer un récit unique.

Votre légitimité à nous donner des orientations de travail et à organiser celui-ci ne saurait être basée sur le seul lien hiérarchique. Elle est aussi conditionnée à la confiance que nous pouvons vous accorder.

La confiance ne se décrète pas, elle se construit par l’écoute, la reconnaissance des faits et dans la prise de vos responsabilités.

Aujourd’hui, cette confiance n’existe plus et nous ne voyons aucun moyen de la restaurer.

4. Revendications et actions

Les personnels de l’USN réunis en AG le 14 octobre ont :
– annoncé la création d’une boucle Signal de mobilisation - rejoignez-la ici : https://signal.group/#CjQKIKQqB_sKIvSOxx9lINp10lWffR94k6v2CdmlgKYCbZ2mEhDEmktcrnn8VXXkIZPhkSCT
– voté la création d’un groupe de discussion sur l’organisation de cours libres. Si vous souhaitez être ajoutés à la boucle de discussion concernant les thématiques et l’organisation de ces cours libres, prenez contact avec le groupe via le groupe signal ci-dessus ou en écrivant à cgt@sorbonne-nouvelle.fr - voté à l’unanimité
– voté les revendications suivantes :
1. La prise de responsabilité pleine et entière de la Présidence et de l’équipe présidentielle la démission du Président, du cabinet (Direction de cabinet, Assistant de la direction du cabinet, Directeur Général des Services, Directrices Générales des Services Adjointes), et de l’intégralité de l’équipe de la gouvernance (vice-présidences). Nous vous considérons pleinement responsables des violences commises sur les personnels et les étudiant·e·s, et de la gestion catastrophique des suites de votre décision, que les personnels ont dû assumer seuls tout au long de l’après-midi - adoptée à la majorité, 111 pour, 1 abstention
2. Le refus catégorique de tout passage des enseignements en distanciel - adoptée à la majorité, 111 pour, 1 abstention
3. Des excuses publiques, adressées à l’ensemble de la communauté universitaire, de la part du Président et de la Gouvernance (cabinet et VP) - adoptée à l’unanimité
4. La réouverture immédiate de l’Université - adoptée à l’unanimité
5. La tenue immédiate d’un CSA exceptionnel, portant notamment sur le RIFSEEP - adoptée à l’unanimité
6. Le paiement des jours de grève de tous les agents, quel que soit leur statut - adoptée à l’unanimité
7. La continuation de la grève - adoptée à l’unanimité sauf 1 abstention

Une prochaine AG se tiendra lundi 19 octobre, 14h.

Les personnels de l’USN, réunis en AG le 14 octobre 2026