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mardi 9 septembre 2025

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

La lutte paie N°8

Budget Bayrou en France et dans notre Université

Le 15 juillet dernier, François Bayrou présentait son budget pour 2026, dans lequel figurent des mesures antisociales inédites provoquant des réactions citoyennes, politiques et syndicales de toutes parts. Une date de mobilisation surgissait sur les réseaux : “le 10 septembre, on bloque tout !!!

Si M. Bayrou a depuis remis son poste de premier ministre en jeu à travers un vote de confiance (article 49-1 de la constitution) tentant ainsi de désamorcer ce mouvement citoyen, il ne faut en aucun cas penser que le chef de l’État compte changer sa politique offensive envers nos conquis sociaux, débutée dès son élection en 2017 et qui a déjà provoqué des conflits sociaux majeurs comme le mouvement des gilets jaunes (2018) et la mobilisation contre la réforme des retraites (2023). La preuve : des décrets proposés le 4 septembre, sans attendre le verdict de l’Assemblée Nationale et donc sans débat démocratique, prévoient le doublement des franchises médicales et une nouvelle baisse des cotisations patronales pour la loi de financement de la sécurité sociale.

Les propositions faites par le premier ministre et son gouvernement illégitime (les élections législatives ayant placé le NFP en tête du scrutin) pour pallier les déficits qu’il a lui même créé avec ses prédécesseurs et qu’ils souhaite soumettre au parlement lors du vote de son budget pour 2026, sont scandaleuses :

  • 2 jours fériés annulés.
  • Année blanche pour les prestations sociales, les retraites et dans la Fonction Publique.
  • Nouvelle réforme du chômage
  • Révision du régime des affections de longue durée
  • etc…

Vous pouvez faire une simulation de ce qu’entraîneraient de telles mesures pour votre situation personnelle, grâce au simulateur mis à disposition par la CGT avec le lien suivant : https://contact.cgt.fr/sim/.

Pour l’Université et ses personnel·les déjà durement touché·e·s par les coupes budgétaires précédentes, cela veut dire dégrader encore plus la situation et demander toujours plus (puisqu’il n’y aura pas de remplacement pour les postes devenus vacants) aux agent·e·s dont les rémunérations n’ont quasiment pas augmenté depuis 20 ans et font partie des plus bas dans la Fonction Publique. Les étudiant·es subiront par ricochet l’impact de ce budget puisqu’ils verront nécessairement leurs conditions d’études s’amoindrir.

C’est pourquoi La CGT Sorbonne Nouvelle a déposé un préavis de grève pour la période du 1er septembre au 6 octobre 2025 (date initialement prévue pour le vote du budget) qui couvre les salarié·e·s de l’Université.

Nous les appelons à rejoindre le mouvement du 10 septembre et à participer à l’Assemblée Générale des personnels du 9 septembre à 12h30 en salle B012, organisée en intersyndicale pour discuter et organiser nos actions.

Cette journée ne sera sûrement pas suffisante pour faire reculer Macron et nous devrons construire un mouvement de grève interprofessionnel reconductible pour faire valoir notre vision de la justice sociale et de la Démocratie, mettre en avant nos revendications :

  • Retraite à 60 ans,
  • Augmentation de 20% des salaires dans la Fonction Publique et ailleurs,
  • Semaine de 32 heures,
  • Des services publics de qualité pour toutes et tous…

L’Intersyndicale réunie le 29 août appelle à une journée de grève le 18 septembre : ce sera l’occasion de montrer que notre mobilisation ne se sera pas essoufflée, que nous avons tout bloqué et que nous ne lâcherons rien !!!

Rayonnement de la Sorbonne Nouvelle : La Fabrique de la Diplomatie et après ?

Le 5 et 6 septembre dernier, notre Université accueillait “la Fabrique de la Diplomatie”, événement organisé par le Ministère des Affaires Étrangères et de l’Europe afin de “concourir à changer le regard des français sur la diplomatie française”.
Si cette opération a attiré un grand nombre de personnes de tous âges et en particulier des jeunes (public spécialement visé par la communication du ministère), nous nous interrogeons sur les motivations réelles de ses organisateurs et de ses partenaires. On trouve parmi eux, par exemple, l’Académie de Défense de l’École Militaire et Airbus.
Nous avons entendu le discours du Président de la République le 13 juillet et ne pouvons nous empêcher de faire le rapprochement entre cet événement et sa conception de la Diplomatie : “Pour être libre dans ce monde, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant.”
Son ministre des affaires étrangères et de l’Europe pour qui “la Fabrique de la Diplomatie” constitue une formidable opération de communication avec une matinée complète d’intervention et un bain de foule, emploie, lui aussi, un langage guerrier dans ses allocutions à la Sorbonne Nouvelle car il compte “riposter contre toutes celles et ceux qui, à l’étranger, veulent porter atteinte à l’image de la France”, entretenant ainsi un climat de défiance envers un ennemi extérieur et l’idée que notre politique étrangère passée et présente si vertueuse serait exempte de toute critique.
Que dire donc de l’argent public dépensé pour la promotion d’un ministre sur le départ et la politique extérieure d’un Président si contestée en dehors et dans son propre pays, dans le contexte que nous connaissons et dans un établissement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui a vu son budget amputé drastiquement ?

Pourtant, le Président de l’Université Sorbonne Nouvelle, rayonne dans son discours d’ouverture :

  • car son université accueille “le monde entier” et fait preuve de “diversité” avec 30% d’étudiants étrangers. Oui mais qui désormais, s’ils viennent des pays hors UE, paient des droits d’inscriptions différenciés (10 fois supérieurs) grâce au programme bien nommé “Bienvenue en France”. On regrette que le président n’ait pas profité de cette occasion pour critiquer cette atteinte au “rayonnement” de l’université. Il est évident que cette politique est contraire au développement de la francophonie tout en mettant les étudiants concernés dans une difficulté économique inacceptable.
  • car il est heureux d’y recevoir “ceux qui font la politique internationale”, oubliant au passage, la chasse aux drapeaux palestiniens orchestrée en son sein depuis le début du conflit à Gaza sous prétexte d’un “risque de trouble de l’ordre public”.
  • puisqu’il estime qu’ “ouvrir un tel espace de débat” fait “partie intégrante de la mission de service public de nos université”... Cet engouement nous laisse craindre la multiplication de ce type de manifestation à la Sorbonne Nouvelle.

Si le déroulement de “la Fabrique de la Diplomatie” n’a pas connu d’incidents majeurs et les personnels impliqués dans son organisation devraient recevoir des “gratifications” substantielles, des manquements importants aux droits des travailleuses et des travailleurs internes ou externes à l’Université ont été constatés :

  • Les plans de prévention n’étaient pas encore signés par les entreprises extérieures que leurs employés travaillaient déjà au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires (travail en hauteur hors normes sans zone de sécurité signalée, par exemple).
  • Les agent·e·s mobilisées sur l’organisation ont été criblés (enquêtes administratives de sécurité) par les services agréés de l’Etat sans en être averti·e·s, ce qui est pourtant une obligation…
  • Les personnels de l’Université non concernés, qui n’avaient pas été prévenus, ont dû, pendant l’événement, passer des contrôles de sécurité supplémentaires et faire la queue pour accéder à leur lieu de travail.
  • les panneaux syndicaux ont été recouverts par le programme de l’évènement

Des représentants du personnel CGT étaient présents avant, pendant et après l’événement et ont protesté contre ces manquements.

Combat : du sexisme à la Sorbonne Nouvelle ?

Deux mails ont été adressés il y a quelques mois à tout un département par son directeur, où était évoquée une vue « plongeante et panoramique » sur deux collègues femmes. De l’humour bien sûr ! Quelques esprits tristes ont trouvé la remarque déplacée et alerté la mission égalité ainsi que la CGT. L’intéressé s’est alors fendu d’un deuxième mail, moquant l’écriture inclusive, le “bureau de l’égalité sexuelle” et ironisant sur les « âmes courageuses et vertueuses » qui l’ont dénoncé anonymement.

Ces attaques justifient pleinement que les personnes qui ont exprimé leur malaise l’aient fait anonymement. La remarque dénigre publiquement les structures de lutte contre le sexisme officiellement mises en place par l’université. Suite au traitement de la situation et à la demande de représentants du personnel, la VP du personnel devait rappeler les règles et dénoncer ces messages. Au lieu de cela, dans le message envoyé, il est question de “certaines maladresses” et il est affirmé que le directeur appuie la politique de lutte contre les violences sexistes !

N’oublions pas que le sexisme ordinaire est souvent conforté par les rapports de pouvoir qui existent bel et bien dans le monde universitaire. La tendance actuelle est malheureusement au renforcement de l’autorité des directions de composantes plutôt qu’à la mise en œuvre d’une collégialité démocratique et inclusive.

Notre blagueur n’a toujours pas trouvé le courage et la vertu nécessaires pour procéder à des excuses sur la liste du département. Le malentendu subsiste donc.

Bâtiment Nation : une nouvelle dalle est tombée

En juillet dernier, une nouvelle dalle de faux plafond est tombée dans une salle à Nation, juste à côté d’une collègue. Ce nouvel incident n’a pas provoqué de blessure. Mais il a confirmé ce que la CGT affirme depuis notre arrivée sur le campus Nation : le risque n’est pas maîtrisé.

Suite à ce nouvel incident, une enquête FSSSCT a mis à jour que des malfaçons connues en 2024 n’ont pas été traitées. Cela a remis en évidence ce que l’on dénonce depuis des années : le manque de personnel à la DILE et l’inefficacité de la sous-traitance. On peut ajouter que l’établissement, faute de moyens humains à la DNUM, n’a pas classé comme prioritaire la mise en place d’un gestionnaire de tickets entre la DILE et le sous-traitant. Cet outil doit être mis en place en urgence.

Des faux plafonds ont à nouveau été vérifiés et des malfaçons ont été mises à jour. 42 dalles trop courtes risquaient de tomber : elles ont été vissées pour sécuriser les salles, le danger était présent dans 30 salles.

Il reste à s’assurer que l’ensemble des types de faux plafonds sont maintenant aux normes et que les réparations pérennes soient engagées.

Vos droits : Renouvellement contractuel, cdisation et négociation salariale tous le 3 ans

Vous êtes contractuel·le·s depuis trois ans à la Sorbonne Nouvelle. Quel que soit le nombre de contrats que vous avez signé, il est temps de négocier. C’est la règle dans notre université où une augmentation de 15 points devrait être automatiquement accordée et un entretien avec un responsable RH organisé pour discuter des termes de votre nouveau contrat qui comme son nom l’indique est un accord signé, entre l’employeur et le ou la salarié·e. Il est possible de négocier plus !
Vous pouvez être, à cette occasion, accompagné par un ou une représentante du personnel de votre choix.
Par ailleurs, la Sorbonne Nouvelle s’est engagée à CDIser les agent·e·s à la quatrième année. La CGT Sorbonne Nouvelle revendique de CDIser dès le troisième contrat ou à partir de deux ans de présence.
Si vous êtes dans ces situations et si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter