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mercredi 3 décembre 2025

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Contre la répression des mobilisations en soutien à la Palestine dans notre Université - la solidarité internationale n’est pas un trouble à l’ordre public !

Malgré la reconnaissance de l’état Palestinien (suivie de peu d’effets concrets sur les conditions d’existence des Palestiniens), les attaques contre les manifestations de soutien à la cause palestinienne se poursuivent : à l’USN, les personnels comme les étudiant·e·s en sont victimes.

Récemment, un collègue vacataire, exerçant depuis 10 ans à l’USN a été prévenu que ses vacations ne reprendraient pas au 2nd semestre. Il n’est rien reproché d’ordre pédagogique à ce collègue, plébiscité par ses étudiant·e·s qui ont lancé une pétition à l’annonce de sa non-reconduction - il s’agit plutôt d’une sanction disciplinaire déguisée. En effet, il a été à plusieurs reprises bloqué à l’entrée de l’université, où il venait faire cours, car il avait, accroché à la bandoulière de son sac…un drapeau palestinien replié. Menacé de sanctions disciplinaires par sa direction d’UFR, puis par le DGS, sous des prétextes tels que l’interdiction d’introduction de matériel politique à l’Université (ce qui est totalement faux) ou risque de trouble à l’ordre public, il lui a été annoncé l’arrêt de ses vacations dans notre Université.

Dans le même temps, ce sont des étudiant·e·s mobilisé·e·s pour le soutien à la Palestine qui passeront devant la commission disciplinaire.

La Présidence interdit donc les drapeaux palestiniens comme israéliens à l’Université sous prétexte d’un "risque de trouble à l’ordre public" et ne se prive pas de faire intervenir les forces de l’ordre lorsque des étudiants se mobilisent en soutien au peuple palestinien.

En revanche, des propos d’enseignant·e·s tenus sur les réseaux sociaux, faisant une référence expresse à la Sorbonne Nouvelle, ne suscitent ni condamnation publique ni menace de sanction disciplinaire. Certaines de ces affirmations sont pourtant répréhensibles pénalement en raison de leur caractère raciste et transphobe et reprennent de manière virulente et haineuse les attaques de l’extrême-droite sur “l’islamogauchisme” à l’université. Nos organisations syndicales se positionnent bien entendu contre toute forme de racisme, d’antisémitisme, de transphobie.

Dans un contexte où les atteintes aux libertés académiques (voir le dernier La lutte paie de la CGT) et aux libertés d’expression se multiplient, où l’extrême droite et ses idées prennent une place grandissante dans les politiques publiques comme dans les médias, nos organisations dénoncent la voie suivie par la gouvernance de l’Université Sorbonne Nouvelle, qui semble oublier que l’Université DOIT rester un espace de débat, fut-il politique, fut-il complexe. Ce “deux poids-deux mesure” de la part de la Présidence est tout simplement inacceptable autant qu’alarmant.

La CGT Ferc Sup et SUD éducation dénoncent et s’opposent à tous les cas de répressions ou d’entraves aux libertés académiques et à la liberté d’expression par les directions d’établissements supérieurs ou par le Ministère.

Exprimer sa solidarité envers un peuple opprimé, susciter le débat pour en saisir la complexité, avoir un espace ou élaborer une pensée qui irait au-delà de poncifs racistes ou antisémites, c’est CELA que doit permettre notre Université.

Joignez-vous au rassemblement à 12h, sur le parvis le vendredi 5 décembre, jour du conseil de discipline pour les étudiant·e·s concerné·e·s

Signez ici la pétition des étudiant·e·s du collègue concerné, M. Hamad

La CGT FERC Sup Sorbonne Nouvelle et Sud Education Sorbonne Nouvelle

Ci-dessous le communiqué de Maamoud Hamad

"Cher·es toutes et tous,

Peut-être, vous connaissez mon histoire ou vous l’avez entendue : je suis enseignant/vacataire d’arabe à la Sorbonne-Nouvelle depuis 2016. J’y étais étudiant puis j’ai commencé à travailler avec mes professeur·es au sein de cette université.

Depuis la guerre contre la Palestine, le Machreq et surtout contre Gaza, je porte un drapeau palestinien où je vais à vélo puis quand j’arrive à la Sorbonne-Nouvelle je plie mon drapeau et je l’accroche à mon sac. L’année dernière, comme cette année les agents de sécurité m’arrêtaient à l’entrée me demandant eux et leur supérieur qu’ils appellent d’enlever mon drapeau. J’ai eu plusieurs mails d’avertissement pour enlever mon drapeau mais je refusais toujours en demandant la loi ou/et le règlement intérieur qui m’interdit de le faire, mais il n’y avait pas de réponse de la part de l’administration. Tout ce qu’ils me disaient était juste des ordres à l’oral ou des décisions déjà prises. Mais rien n’était écrit.

Je n’ai pas peur de dire que je soutiens la Palestine, les palestiniens et les palestiniennes. Je soutiens leur droit d’exister, de parler, de chanter. Je soutiens les bébés, les enfants orphelins, les femmes, les mères ou les pères qui ont perdu leurs enfants, les hommes qui sont sans abri et les personnes âgées délaissées, palestiniens et palestiniennes. Je soutiens leur droit de danser, de courir et découvrir, leur droit de VIVRE ou n’importe quel droit que nous avons ici, toutes et tous, en France ou même dans ce monde.

J’ai vécu 27 ans de ma vie sous le régime dictatorial de Hafez et de son fils Bachar Al-Assad où un simple mot pourrait me ramener en prison ou même à la mort. Et je n’avais pas peur. Ce n’est pas ici, en France, où je vais me taire ou je vais avoir peur de parler ou d’exprimer ma liberté d’expression que je défends pour tout le monde.

Un professeur m’a informé que je ne suis pas parmi les enseignants de deuxième semestre parce que le président de l’université et d’autres responsables veulent me sanctionner et ils ont effacé mon nom de l’emploi du temps.

Comme elle a dit Édith Piaf : "je ne regrette rien." Mais quand même, je suis juste triste parce que je connais bien cette chanson qui commence à la manière de Hafez Al-Assad le dictateur de la Syrie qui a commencé dans les années 70 par l’interdiction de petites choses et petit à petit il a interdit le droit de parler en Syrie.

La Palestine et libre.

La Syrie est libre.

Le Liban est libre.

Le Machreq est libre.

La France est libre

Le monde entier doit être libre.