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dimanche 18 octobre 2026

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Communiqué CGT Sorbonne Nouvelle : Monsieur le Président, rouvrez l’Université !

Monsieur le Président, rouvrez l’Université !

...et levez certaines équivoques

Des rumeurs étant colportées par des collègues tendant à attribuer à la CGT des positions et des pratiques qui ne sont pas les siennes, il nous a paru important de rappeler clairement ces positions, et nos objectifs.

Tout d’abord, nous préconisons un débat n’incluant aucune attaque personnelle et à vrai dire nominale. Nous ne mentionnons que des fonctions, et attaquons les détenteurs de ces fonctions en tant que leur action nous paraît critiquable. C’est à nos yeux la seule attitude acceptable, et bien sûr nous condamnons toute attaque à caractère raciste, antisémite, islamophobe ou sexiste. Nous n’avons jamais varié sur ces points, et invitons chacun à relire nos communiqués pour le vérifier.

Ceci posé, nous remarquons au passage que des rumeurs franchement diffamatoires ont couru depuis le début de la semaine du 12 octobre sur les victimes de violences policières, accusées de...violences, en contradiction complète avec tous les témoignages de personnes présentes sur place. Nous demandons instamment que ces campagnes diffamatoires cessent. Il est particulièrement obscène d’entendre expliquer à des collègues qui ont tenté de s’interposer (contrairement aux responsables présents...) et ont été brutalisés de ce fait, que tout est de leur faute, et que ce sont elles et eux qui ont commis des violences.

Ensuite, nous maintenons que des fautes graves ont été commises par des responsables de l’Université le 5 octobre, et que ces fautes doivent être identifiées, et le cas échéant sanctionnées. Les responsables d’une Université sont rémunérés précisément pour prendre en charge les situations de crise et les gérer au mieux, il est normal de leur demander des comptes. De plus, les événements tels qu’ils se sont déroulés ont laissé des traces profondes et délétères. Or le déni n’a jamais permis d’améliorer la situation. Le débat est parasité, voire interdit à ce stade par le refus obstiné de toute discussion publique institutionnelle sur ce qui s’est passé, par les efforts répétés pour évacuer les témoignages nombreux et convergents sur les violences policières, par l’évocation insistante en contrepartie de violences commises par le mouvement étudiant (sans aucune base factuelle identifiable, nous attendons toujours les précisions réclamées dans notre communiqué du lundi 12 octobre), et bien sûr par les rumeurs répandues plus haut tendant à discréditer notre syndicat autant que le mouvement étudiant que nous soutenons.

Enfin, en réponse à toutes celles et tous ceux qui semblent savoir mieux que nous ce que nous cherchons à obtenir, voici nos objectifs —merci d’en prendre note, et de ne pas les remplacer par autre chose.

1) Déclaration publique de la Présidence présentant ses excuses aux victimes pour les incidents du 5 octobre. Nous avons réclamé cette déclaration dès le début, y compris lors de multiples contacts téléphoniques directs avec la Présidence, lors desquels nous avons tenté de convaincre qu’admettre l’erreur commise publiquement était la seule solution efficace, sans parler de moralité. Le silence sur les violences policières devient assourdissant, l’absence de contact direct entre la Présidence et les victimes de violences policières est encore plus surprenante, et il est inacceptable de vouloir mettre ces violences en balance avec des incidents qu’aurait provoqué le mouvement étudiant. À supposer que ces incidents existent, il n’y a aucune commune mesure entre le degré de violence de part et d’autre, encore une fois d’après tous les témoignages —l’enquête que nous exigeons le prouvera, c’est une certitude à nos yeux.

2) Négociation immédiate et directe de la Présidence avec les représentations étudiantes de façon à mettre en place une Université ouverte. Comme rappelé en AG, qui avait voté pour cette université ouverte dès le 6/10, notre position est que le mouvement étudiant doit pouvoir se développer dans le cadre physique de l’Université sans entraves, tout en laissant chacun libre d’y participer, ou pas ; l’interdiction pure et simple de toute activité d’enseignement et de recherche est démobilisatrice et mortifère pour les relations entre étudiantes et étudiants aussi bien que pour la participation de tous les personnels à la protestation. Une fermeture administrative est un blocage légal total, et nous y sommes fermement opposés.

3) Dans l’attente de cet accord de réouverture, réouverture immédiate des locaux aux cours de concours. Dans tous les blocages précédents, représentations étudiantes et Présidence étaient d’accord pour laisser assurer ces cours ; la situation actuelle est inacceptable.

4) Constitution d’une commission paritaire étudiante / personnels pour déterminer ce qui s’est réellement passé le 5 octobre, avec pleins pouvoirs pour exploiter toutes les sources disponibles, et obligation de faire son rapport devant les conseils centraux, communiqué ensuite à toute la communauté.

Aucun de ces points n’est négociable, et nous utiliserons tous les moyens légaux pour obtenir leur mise en œuvre, d’autant que notre communauté restera profondément dysfonctionnelle et divisée tant que cet abcès n’aura pas été vidé.