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vendredi 20 mai 2022

Syndicat CGT FERC Sup de l’Université Paris Cité

Quelle DSIN pour quelle université ?

La Direction des Systèmes d’Information et du Numérique (DSIN) est un service essentiel pour le bon fonctionnement de l’université. Si elle ne fonctionne pas, l’université ne peut répondre à ses missions publiques d’enseignement supérieur et de recherche. Nous nous souviendrons par exemple de la première rentrée universitaire sous le nom d’Université de Paris en septembre 2020. Cette rentrée difficile avait provoqué le départ du directeur de la DSIN d’alors. Depuis, une nouvelle direction est arrivée. Pour quels résultats ?

Les collègues qui travaillent dans ce service en assurent le fonctionnement, et donc celui de l’université, dans une situation où, d’après l’organigramme, il manque au moins 30 postes. Et les départs continuent. Et pour cause, le management se fait par convocations, intimidations, rapport d’étonnement où la direction « s’étonne » de l’absence de maîtrise, d’organisation ou de culture utilisateur. Départ après départ, il n’y aura bientôt plus de fonctionnaire à la DSIN. D’autant que la direction, comme toujours, se plaint de ne pas arriver à recruter. Mais s’en donne-t-elle les moyens ? Plus de 30 postes manquants et combien de postes ouverts au concours à la DSIN sur les 166 postes proposés au concours ITRF ? 4 dont au moins 2 hors de la DSIN ! L’université crée donc la pénurie pour mieux contractualiser. Une note ministérielle du 15 décembre 2021 renforce la contractualisation de 56 métiers de la filière informatique, occupés normalement par des fonctionnaires, qui eux sont payés 2 à 3 fois moins par rapport aux rémunérations de ce « référentiel » !

L’université se refuse en public de parler d’externalisation. Mais nous l’affirmons : il y a une externalisation de fait de la DSIN. L’assistance informatique de la DSIN est de plus en plus sous-traitée. Nos collègues fonctionnaires ou contractuels que vous connaissez parfois de longue date et qui connaissent votre environnement et vos besoins nous quittent un à un au profit de la sous-traitance. Hier, cette sous-traitance venait renforcer de manière « temporaire » le manque de personnel, mais demain il n’y aura bientôt plus de collègue à épauler car tous partis. Il est même question d’externaliser une partie de la messagerie, mettant en jeu la confidentialité de données scientifiques, pédagogiques ou nos données RH ! Cette externalisation de fait a plusieurs conséquences :

- Les connaissances et les expertises des collègues fonctionnaires sont offertes à des entreprises du privé, qui sont payés pour les recevoir.

- Le marché sera donné au prestataire le moins cher, donc pas forcément à la hauteur des besoins.

- Un prestataire extérieur arrive sans connaissance de l’écosystème informatique complexe de l’université, et ne pourra remplir sa mission. Au mieux, une fois le service fait ou le contrat terminé, le savoir repartira avec lui au lieu de rester à l’université.

Une autre conséquence de cette politique se mesure dans l’aggravation des conditions de travail des collègues à la DSIN. Depuis l’arrivée de la nouvelle direction, au prétexte du manque de personnel et de la nécessité de service, plusieurs d’entre eux se voient interdits de prendre des jours de congés. La direction ou la hiérarchie les « invite » à les mettre sur leur Compte Épargne Temps (CET) au lieu d’organiser le travail pour que tout le monde ait la possibilité de poser ses congés ! On voit apparaître sur des fiches de poste du travail en Heures Non Ouvrables (HNO). C’est-à-dire la possibilité pour les collègues d’être contraints à travailler la nuit, le week-end, sans que cela soit réglementé. Le tout, en catimini, sans que cette nouvelle organisation du temps de travail soit discutée avec les collègues, et encore moins avec les syndicats ! Bien pratique cette notion de HNO. Cela évite à l’université d’organiser un système d’astreinte où les collègues auraient des compensations en heures et/ou financières pour leur travail le soir et le week-end !

Pour la FERC-sup CGT et le SNASUB-FSU de l’université de Paris Cité, ces éléments éloignent encore plus l’université de ce qu’elle devrait être : une université publique de qualité, au service des étudiants, pour un enseignement supérieur public ouvert à tous, et qui se donne les moyens de fonctionner.

Nous nous solidarisons avec l’ensemble des collègues de la DSIN. Aujourd’hui cela se passe dans ce service. Et demain ?

Nous demandons :

- L’arrêt de toute externalisation ;

- L’embauche immédiate aux postes vacants, à la DSIN et dans les autres services, avec l’ouverture des postes aux concours ;

- Aucune modification de l’organisation du travail et du temps de travail sans accord réglementé avec les collègues et les organisations syndicales ;

- L’éclaircissement de la part de la direction sur sa position sur les HNO.