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Communiqués de la CGT FERC Sup Université Paris 8 (année 2025-2026).
La CGT FERC Sup Université Paris 8 se félicite de l’adoption à l’unanimité par le Conseil d’administration de l’Université Paris 8 d’une motion concernant les violences sexistes et sexuelles et l’affaire Gérard Miller. L’élaboration de cette motion a été impulsé par SUD Éducation et notre intersyndicale Résistons ! (CGT, FSU, SUD) qui l’a fait mettre à l’ordre du jour du CA. Ce travail a ensuite impliqué la quasi totalité des listes représentées au CA — des listes d’opposition à la liste de la présidence, des listes des étudiant·es aux listes des personnels — ainsi que la nouvelle chargée de mission de lutte contre les violences sexuelles et sexistes de l’université. Ci-dessous, la motion ainsi adoptée :
Le Conseil d’administration de l’Université Paris 8, réuni le 19 décembre 2025, exprime sa résolution à lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Un de ses anciens enseignants-chercheurs, Gérard Miller, a été mis en examen le 2 octobre 2025 pour quatre viols, dont trois sur mineures, et deux agressions sexuelles, qui auraient été perpétrés entre 2000 et 2020. Il a en outre été placé sous le statut de témoin assisté pour un fait présumé de viol sur mineur de plus de 15 ans. Il s’agit de faits qui font l’objet d’une procédure en cours. Vingt-sept femmes l’auraient à ce jour accusé. Conformément aux principes fondamentaux du droit, Gérard Miller bénéficie, jusqu’à une éventuelle condamnation définitive, de la présomption d’innocence.
Entre 1993 et 2017, Gérard Miller a été maître de conférences en science politique puis professeur et directeur du département de psychanalyse à l’Université Paris 8. En 2024, les premières révélations dans la presse ont fait état que parmi les six premières plaignantes, il y aurait deux anciennes étudiantes de Paris 8. Des publications récentes mentionnent qu’une alerte aurait été lancée, en interne, quelques années plus tôt, par une secrétaire du département psychanalyse. Cette alerte aurait été ignorée.
Le CA sait que tout cadre institutionnel, notamment celui d’une université, est propice à la perpétration de violences sexistes et sexuelles, à leur non-dénonciation et leur impunité. En la matière, notre université a la responsabilité de prendre la mesure de ces risques et de remédier à ces manquements passés.
Le CA, s’appuyant sur les informations publiées par la presse, et au nom des actuel·les personnels et étudiant·es de l’Université Paris 8, prend acte de ces accusations, plaintes et mises en examen. Il prend acte que, selon ces accusations, certaines de ces violences se sont potentiellement nouées au sein de notre institution et que celle-ci n’aurait, alors, pas mis en place les mesures nécessaires à protéger ses étudiant·es et personnels. Le CA prend acte que la position de Gérard Miller dans notre université a, plus généralement, contribué à son crédit.
Le CA témoigne aux plaignantes, comme aux autres victimes alléguées, sa solidarité et son soutien. Il regrette que l’université n’ait pas fourni alors l’écoute et les ressources nécessaires. Tout signalement concernant cette affaire, ou toute autre, sera traité avec la plus grande attention.
Sur la base des changements amorcés, le CA et la communauté dont il émane s’engagent à agir collectivement pour que ni les violences de genre, et plus particulièrement les violences sexuelles et sexistes, ni leur occultation ne puissent se reproduire ou s’ourdir en nos murs.