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Communiqués de la CGT FERC Sup Paris 8 (année 2020-2021).

Paris 8 • Bas les masques sur nos conditions de travail !

samedi 29 août 2020

Reprise du travail, rentrée hybride ? Ce qu’il faut savoir…

À l’heure où se profile une rentrée incertaine tout autant qu’inquiétante, la CGT aimerait rappeler qu’il convient d’opérer une distinction entre « télétravail », « travail à distance » et « travail à domicile ».

Le « travail à distance » est celui que connaissent nombre de collègues lorsqu’ils ou elles sont en déplacement et travaillent loin de leur lieu habituel de travail (colloques, symposiums, réunions dans d’autres institutions, par exemple).

Le « travail à domicile » est celui que nous avons connu lors de la période de confinement liée au Covid-19. Chronophage, énergivore, intrusif et invasif, exercé avec les outils numériques souvent défaillants, sans préparation, sans formation ni garde-fous, le « travail à domicile » est à l’origine de nombreuses atteintes à la santé dont on n’a pas encore pris toute la mesure :

  • physiques : troubles de la vision, migraines ophtalmiques, douleurs cervicales, troubles posturaux, troubles musculo-squelettiques et douleurs articulaires diffuses ; problèmes circulatoires et lymphatiques ; dérèglement pondéral ;
  • mentales : difficultés de concentration, difficultés de communication, fatigue nerveuse, suractivité et surcharge de travail ;
  • psychiques : sentiment d’impuissance à faire son travail correctement, sentiment récurrent du travail empêché, angoisse et préjudice d’anxiété, sentiment de dépréciation de soi-même ;
  • sociale : sentiment d’isolement voire d’abandon dus à la rupture du collectif ; problèmes relationnels, organisationnels et affectifs au sein de la famille…

Ces conséquences dont les spécialistes nous alertent qu’elles peuvent être graves, concernent tous les travailleurs et toutes les travailleuses de l’enseignement supérieur et devraient impérativement être prises en compte, tant par les directions d’établissements que par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation [1].

Le « télétravail », uniquement sur la base du volontariat, fait l’objet d’une réglementation nationale [2] et n’est pas lié obligatoirement à la situation de crise sanitaire que nous traversons.

Le travail sur site doit rester la norme, le télétravail doit rester exceptionnel. La CGT n’est pas « contre » le télétravail mais contre sa banalisation éventuelle. La CGT souligne la nécessité de l’encadrer au plus près et elle s’opposera à toute tentative de déréglementation [3].

À Paris 8, ce cadrage se fait en dialogue et négociation entre l’administration et les organisations syndicales afin de construire un « accord sur le télétravail » (et non une énième « charte »). Pour la CGT, dans cette négociation, ce n’est pas la continuité du service qui sert de repère mais la santé et la sécurité des personnels. Notre projet est d’arriver à la rédaction d’un accord pensé avant tout au bénéfice de l’agent·e (de sa santé et sa sécurité) et pas d’autre chose.

Selon nous, il convient de distinguer plan individuel et plan collectif. Sur ce dernier plan, le télétravail peut être réellement destructeur ; utilisé par nos employeurs comme un outil pour briser les collectifs de travail et les solidarités, pour augmenter la concurrence et l’individualisme, il peut faire peser sur les individus la charge et l’organisation du travail.

Mais une personne peut se trouver dans la nécessité de télé-travailler (agent·e qui bénéficie d’une RQTH [4] ou très éloigné·e de son domicile ou phobique des transports en commun, etc.). Mais les raisons qui poussent quelqu’un à demander à télé-travailler sont-elles bien celles qui sont avancées ? Quel(s) problème(s) peuvent amener l’agent·e à imaginer qu’en ne se rendant plus sur site il ou elle se facilitera la vie ?

Entre autres exemples :

  • il ou elle se sent « harcelé » par un ou des collègues ;
  • il ou elle ne supporte plus la présence physique d’un ou de plusieurs collègues ;
  • il ou elle ne supporte plus son environnement de travail ;
  • il ou elle se sent très fatigué, mais à quoi est due cette fatigue ? ;
  • il ou elle manque de courage, se sent déprimé·e.

Si l’agent·e souffre d’atteintes à la santé, c’est d’abord d’un arrêt maladie dont il ou elle a besoin et de la prise en compte des dysfonctionnement de sa situation de travail.

Le travail à domicile ou le télétravail ne peuvent se mettre en place sans évaluation des risques professionnels (EVRP) qui, seule, permet d’identifier la totalité des risques qui y sont liés afin de définir les plans de prévention et les organisations du travail destinées à les éliminer. Le combat de ces risques à la source (art. L4121-2 du Code du Travail) doit être rendu possible afin d’empêcher toute dégradation de la santé des travailleurs et travailleuses de l’ESR sur leurs lieux de travail.

Si vous rencontrez ou êtes informé·e d’une situation à risque, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse suivante : cgt@univ-paris8.fr.

Lors de la première réunion de concertation du groupe de travail CT-CHSCT sur le télétravail, le 10 juillet 2020, des amendements ayant quasiment tous trait à la santé et la sécurité des personnels en télétravail ont été proposés par la CGT. Ces derniers ont été acceptés par la Direction.

La santé et la sécurité des travailleurs et des travailleuses de l’université et des deux IUT continueront à être notre unique boussole tout le temps que dureront ces négociations. Car, en télétravail ou sur site, notre travail ne doit pas être synonyme de souffrance !

Or, les conditions de travail à Paris 8 se sont singulièrement détériorées depuis plusieurs mois. C’est contre cette détérioration que notre syndicat entend lutter sans ménager ses efforts. Mais nous aborderons le sujet de nos conditions de travail dans le prochain Infra Rouge.

Saint-Denis, le 25 août 2020.

Infra Rouge, le bulletin de la CGT FERC Sup de Paris 8.


[1Encore faut-il que les personnels signalent ces problèmes au médecin de prévention et dans les registres SST.

[2Décret n°2016-151 du 11 février 2016 modifié par le décret n°2050-524 du 5 mai 2020.

[3À cet égard, il faut noter que le décret de mai 2020 imposé par le gouvernement dans l’urgence de la crise du Covid-19 est là pour imposer largement le télétravail dans la Fonction Publique et fait sauter bien des barrières et garde-fous du décret précédent…

[4Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

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