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Communiqués de la CGT FERC Sup Paris 8 (année 2019-2020).

Paris 8 • Déni de démocratie à la COMUE UPL

samedi 14 décembre 2019

Le 20 novembre dernier, le nouveau Conseil d’Administration de la COMUE s’est réuni pour élire son/sa président·e.

Les quatre élu·es de l’intersyndicale y siégeaient : Sophie Ghannam (biatoss), Fabien Granjon (PR), Eric Lecerf (MCF) et Héry Ramanisamanana (biatoss).

Contrairement aux engagements pris lors de la mandature précédente pour assurer une meilleure transparence des processus de décision, les présidences de Nanterre, de Paris 8 et le CNRS ont imposé une candidature unique pour la présidence (et les vice-présidences) de la COMUE, de surcroît, sans passer par un appel à candidature préalable. L’une et l’autre de ces procédures avaient pourtant été ratifiées par un vote du CA sortant. Aussi, la profession de foi du second candidat à la présidence de la COMUE n’a jamais été mise en circulation. Le déni démocratique est évident.

Les « arguments » finalement avancés pour justifier la situation sont les suivants :

  • un article des statuts de la COMUE permettrait au collège des fondateurs de décider en lieu et place du CA (circulez, il n’y a rien à voir !) ;
  • une évaluation par ledit collège (3 personnes !) des CV des candidats (à quand des managers « compétents » nommés directement par la tutelle ?), lesquels auraient fait apparaître un différentiel évident de compétences et d’engagement ;
  • la menace de voir le CNRS quitter la COMUE (à se demander si la présence du CNRS n’a d’autre fonction que d’assurer cette menace dès qu’une opposition est levée) ;
  • le désintérêt du ministère pour les COMUE dont il s’est pourtant fait le promoteur.

À l’évidence, aucun de ces « arguments » ne justifie un tel déni de démocratie, ni même d’ailleurs que les membres associés (École Louis Lumière, Centre Georges Pompidou, BNF, INA, CIph, etc.) soient tenus à l’écart de toute concertation préalable, situation délétère qu’ils ont par ailleurs dénoncée avec force, sans que des explications acceptables ne leur aient été, en retour, fournies.

Depuis que l’Université Paris Lumières a été créée, les rares informations qui en émanent sont empreintes d’une très grande autosatisfaction. Pourtant, la politique de réduction continue des crédits pérennes attribués aussi bien aux formations qu’aux structures de recherche de nos universités devrait laisser peu de place à l’enthousiasme. La suppression des emplois, dans nos deux établissements, est là pour nous rappeler à la dure réalité. Et ce ne sont pas les trésors d’ingénuité sémantique mobilisés pour dissimuler cette réalité qui sauraient faire illusion pour celles et ceux qui vivent, au quotidien, la dégradation de leurs conditions de travail, des atteintes à leur santé et l’accroissement des difficultés à accueillir dans de bonnes conditions les nouvelles générations d’étudiantes et d’étudiants.

L’autopromotion qui vient d’avoir lieu en guise d’élection, dans une COMUE qui prétend promouvoir, sans ciller, une « autre manière de faire du commun » et offrir une « référence en matière de participation et d’émancipation citoyenne » relève d’un cynisme dont toute personne éprise de démocratie ne peut qu’avoir honte. Honte d’entendre évoquer l’émancipation par des personnes qui contribuent à promouvoir un principe de candidature unique, partout combattue au nom de la liberté. Honte de constater à quel point la collégialité s’est distendue au cours de cette fâcheuse décennie, les directions de nos établissements imaginant qu’une aussi médiocre combine pourrait passer sans que personne ne s’en indigne. La nouvelle présidente (mal) élue (manque de clarté sur le périmètre des votant·es, gestion obscure des procurations, etc.) en a, quant à elle, appelé dans son discours de présentation à « l’inventivité d’une démocratie créative » qui, compte tenu des conditions de son « élection », nous a semblé, à tout le moins, procéder de cette même perversion du langage.

Les COMUE, que nous avons combattues, participent d’une politique générale de gouvernance de l’ESR qui veut que les crédits soient réservés à une minorité, sur des projets fléchés permettant aux instances ministérielles de s’assurer une maîtrise plus forte quant aux finalités de la recherche. Les crédits alloués à quelques collègues « élu·es » sur des critères dont il y aurait beaucoup à dire devraient être redistribués à l’ensemble des unités de recherche.

Finalement, sans doute n’est-il pas si étonnant de constater que le manque de collégialité infuse jusqu’aux formalismes électifs.

Sophie Ghannam, Fabien Granjon, Eric Lecerf et Héry Ramanisamanana.

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