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vendredi 3 juin 2022

Blog de la CGT FERC Sup Paris3

Changer de cap, une urgence absolue !

En février nous avons envoyé nos revendications à la présidence. Nous n’avons pas été entendu.es. Les réponses de la direction ont été consternantes, voire méprisantes. Depuis, le rapport des inspecteurs est venu confirmer la gestion administrative accablante de l’université. Le président doit en tirer les conséquences et changer de politique.

Un déménagement en catastrophe, des moyens en personnel insuffisants, des conditions inquiétantes pour la prochaine rentrée…

L’université n’a pas écouté nos demandes. Les collègues sont arrivé.e.s dans un bâtiment non fini et à une période de l’année difficile pour beaucoup : des services sont arrivés sans mobilier ; des collègues n’ont pas de bureau à Nation…

La situation est aggravée par les coupes claires dans les effectifs, avec des dizaines de postes BIATSS supprimés en deux ans (23 officiellement plus tous les autres qui ne sont pas passés en instances), et un grand nombre de CDD non renouvelés

Les dysfonctionnements se multiplient, mais la direction actuelle continue d’incriminer l’ancienne gouvernance ou le personnel et se livre à un management aussi pathogène que contre-productif.

Pour finir, le nombre de salles de cours inquiète tout le monde. Le nombre de salles de cours, comme on le répète depuis plus de cinq ans, est insuffisant pour aborder sereinement la prochaine rentrée. A cela s’ajoute le fait que deux amphis et une salle de spectacle ne sont pas livrés et ne le seront pas en septembre. La solution du distanciel que tente d’imposer la direction n’est pas acceptable, pas plus que la révision des maquettes pour diminuer le nombre de cours devant étudiant.es. La situation est d’autant plus critique que la direction a poussé dehors le directeur de la DLE qui part en juillet…

Si les CM qui devaient avoir lieu en amphi sont passés, comme cela a été acté par la présidence, en distanciel, on demande à ce que les collègues qui acceptent ces cours soient payés double pour ces heures.

Souffrance au travail

Nous demandons la mise en place d’une organisation du travail qui respecte les prérogatives de toutes et tous. Nous demandons à la direction de l’université de cesser d’émettre des ordres à l’aveugle, sans concertation ou même discussion avec l’ensemble des collègues concernés, du catégorie C au chef de service. Les directives imposées d’en haut sans concertation avec les agents de terrain, souvent mal conçues par pure méconnaissance des réalités de terrain, sont de fait génératrices d’inefficacité et de souffrance.

Et surtout, nous demandons à ce que les personnels cessent d’être traités par le “mépris ostentatoire” dénoncé dans le rapport des IGESR. Le président doit prendre les mesures nécessaires pour empêcher les collègues incriminés dans ce rapport de continuer à nuire.

Le droit à la déconnexion a été foulé aux pieds. Les membres de la direction et les chefs de services et de composantes ne doivent pas envoyer des courriels en dehors des heures de service, pas plus qu’ils ne doivent assommer les collègues de multiples messages le lundi matin à 8h ! Disons-le, le travail de nos dirigeants tout au long des week-end ou des soirées reflète moins leur zèle exceptionnel que leur incapacité à faire fonctionner normalement notre institution, victime du sous-effectif et de l’absence de délégation des responsabilités. Ce fonctionnement est pathogène.

Le manque de personnel et le management agressif provoquent des départs, de la démotivation, du désespoir et de la souffrance. Des collègues expriment qu’ils ne dorment plus correctement, qu’ils arrivent la boule au ventre au travail ou plus simplement qu’ils ne peuvent pas assurer leurs missions ou en tout cas dans de bonnes conditions.

La pression accumulée sur les personnels enseignant.e.s-chercheur.e.s, englouti.e.s par les tâches administratives conduit à des situations de détresse sur lesquelles les syndicats sont régulièrement alertés… et qui ne rencontrent qu’indifférence de la part des dirigeants de l’université.

Dans ce contexte chaotique, la présidence a décidé d’arrêter de traiter les situations où des collègues sont en souffrance au travail (RPS). La référente RPS n’a mené aucune action sur le sujet depuis un an. Elle n’a pas suivi les situations signalées. Les collègues qui ont fait état de leurs souffrances n’ont pour la plupart d’entre eux pas été reçu.e.s. Ignorance délibérée ? mépris ? Incapacité ?

Nous demandons à nouveau la remise en place d’un groupe interdisciplinaire de gestion des RPS, avec présence syndicale.

Plus généralement, un nouveau mode de gestion, s’appuyant sur l’ensemble des personnels, doit être mis en place, et cela ne pourra se faire sans un changement majeur parmi le personnel de direction en place et que le rapport IGESR a accablé.

La réforme de la scolarité

La plupart des collègues concerné.e.s dans les UFR sont opposé.es ce projet. Il faut reprendre la discussion par le début de façon sereine en analysant les dysfonctionnements éventuels et leurs causes et mesurer les avantages et inconvénients de ce qui est proposé. Là, il est seulement prévu que cela passe au CHSCT et au CT début juin sans que l’on puisse proposer de modifications. Le président a même refusé que cela soit discuté en CA…

CDD : une autre politique pour l’emploi à la Sorbonne Nouvelle

Dès à présent, il faut un signe fort envers les personnels contractuels, notamment sur leur renouvellement ou leur CDIsation. Il faut marquer un changement de la politique de l’emploi à l’université, pour les contractuels et titulaires.

Nous demandons toujours :

  • l’arrêt de la politique de non-renouvellement des CDD,
  • la transformation en CDI des CDD sur fonctions pérennes et l’ouverture de postes de fonctionnaires,
  • une réelle politique d’accompagnement des non-titulaires vers la sortie de la précarité.

La série de courriers de non renouvellement envoyés en juin dernier a créé un chaos sans précédent dans l’université et une vague de départs. Et aujourd’hui, il est dit aux CDDs que finalement, ils pourraient être renouvelés. Mais sans aucune règle affichée, dans l’arbitraire le plus total. On apprend que des CDIsations sont envisagées alors qu’elles ne l’étaient pas il y a encore quelques mois… Les collègues sont en souffrance face à cette politique qui déstabilise l’ensemble de l’université, les collègues et le service rendu.

D’autant que le rapport indique, concernant la politique mise en place sur les contractuels que “certains éléments introduits dans la gestion des agents contractuels doivent être revus au regard des erreurs d’appréciation relevées par la mission”. Il est noté que la présidence a construit ces réformes sur des règles juridiques qui ne correspondent ni aux réalités de l’université, ni au cadre réglementaire.

Concernant la CDIsation des contractuel.le.s, la présidence a affirmé qu’elle ne pouvait le faire à cause du plafond d’emploi et demanderait l’augmentation de celui-ci auprès des tutelles. Le rapport note que “le plafond d’État notifié en 2021 est de 1 168 ETPT pour une consommation de 1 121, soit une marge de 47 ETPT disponibles. Même en intégrant une marge prudentielle pour faire face à des augmentations de quotité de temps de travail, aux retours de disponibilité ou de détachement, la mission considère que cet argument ne pouvait pas fonder la décision de l’administration”.

Quelle crédibilité apporter à une demande de relever le plafond d’emploi auprès des tutelles au moment même où celles-ci constatent que celui-ci est loin d’être pleinement utilisé ? L’université passe comme incompétente face aux tutelles et cela ne va pas aider, contrairement à ce qu’affirme la direction, à ce que des crédits ou supports supplémentaires soient accordés.

Par ailleurs, la direction de l’université continue à ne pas pourvoir tous les postes vacants et à laisser des postes non occupés pendant plusieurs mois. Cette politique dégrade les conditions de travail de toutes et tous. C’est une des causes du développement des souffrances au travail et cette cause pourrait disparaître facilement avec un changement de politique.

Bibliothèque Sainte Geneviève

Nos collègues de Sainte Geneviève ont fait grève cet hiver. Leurs primes spécifiques liées à leurs horaires de travail le soir et le samedi doivent être rétablies, indépendamment de l’application du RIFSEEP. Les négociations doivent reprendre et leurs revendications être entendues.

La mensualisation des vacataires.

Aujourd’hui, les retards de paiement ont été aggravés, en moyenne, par rapport à l’an dernier. On est loin de ce qui avait été annoncé. Une réflexion collective doit être menée sur la mise en place de OSE : un groupe de travail que l’on demande depuis le début de mandat du président, groupe qui associe les représentants du personnels, des vacataires et l’ensemble des collègues concerné.e.s doit être constitué. Il faut analyser ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans OSE et rectifier. En particulier, il faut de la souplesse dans les saisies et il faut s’assurer que tout le monde puisse se connecter et faire les saisies dans de bonnes conditions. Il faut aussi voir comment ne pas surcharger les collègues qui valident et celles et ceux, en bout de chaîne, qui font les paies…

Prise en charge de la restauration

En mai/juin dernier, la direction avait d’abord affirmé qu’il n’y avait eu et qu’il n’y aurait aucune augmentation… Cela s’est révélé faux. Ensuite, ils ont annoncé qu’ils allaient augmenter très rapidement la part employeur pour les différentes cantines (CROUS et cantine du ministère). Il n’en est rien. On demande une augmentation de cette part employeur pour compenser l’augmentation à la cantine du ministère et pour compenser le changement de formule du CROUS.

Concernant les tickets restaurants, ils ont été mis en place seulement pour les collègues de Nation, sans concertation avec les organisations syndicales, avec une prise en charge employeur que l’on demandait supérieure et ceci à partir de janvier. On est loin du compte. Les collègues ont perdu en pouvoir d’achat alors que l’université a économisé sur leur dos… la subvention versée pour la restauration (pour rappel 150 358 € en 2019 ; 108 000 € en 2020 ; 43 309 € en 2021)... De quoi verser une prime de dédommagement aux privés de cantine ! Le chèque-cadeau de “consolation” de 100 € par agent annoncé en commission du budget ne couvre pas la perte pour les collègues ?

Préventeur et médecin du travail

Pour finir, on demande toujours le rétablissement du poste de préventeur supprimé par la présidence. Depuis son départ et la restructuration SPS/DPIL en SPS/DLE/DPI, la gestion des problématiques amiante, incendie, RPS… pose problème. En termes de prévention, ces risques ne sont pas maîtrisés. Le président renvoie à la campagne d’emploi ! On demande que cette embauche soit effectuée dès aujourd’hui.

En ce qui concerne le médecin du travail, la direction a un discours surprenant. Ils écrivent que l’on ne peut pas remplacer un collègue en congés, que ce serait contraire au droit du travail ! Bien au contraire, le service public doit être assuré quand un collègue est malade. Il faut donc embaucher au plus vite. Et d’autant plus qu’un médecin seul ne peut assurer l’ensemble des missions et obligations légales… On demande donc l’embauche immédiate d’un médecin de prévention.