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vendredi 13 février 2026

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La dérive autoritaire de la présidence Réunis

Depuis sa réélection, la présidence s’enfonce dans une dérive autoritaire en manœuvrant pour verrouiller les conseils centraux. Cette attitude a abouti au blocage de la Commission Formation et Vie Universitaire (CFVU) et de la Commission Recherche (CR), retardant les travaux de ces deux instances. Malgré ses déclarations d’ouverture et de pluralisme démocratique, la présidence s’avère, dans les faits, incapable de mener le débat avec les autres listes élues.
Elle avait déjà achevé sa précédente mandature en réglant ses comptes avec les décanats de Lettres et de Sciences et Ingénierie, pas assez dociles à son goût, en annulant de fait les statuts de ces deux facultés, faute de pouvoir les annuler en droit. Ceci en refusant d’organiser les élections facultaires, malgré l’obligation légale issue des statuts, que le Conseil d’administration (CA) ne pouvait abroger.
Cette mandature n’a pas mieux commencé. L’élection des personnalités extérieures lors du CA du 4 décembre 2025 a été entachée d’irrégularités : disqualification illégale d’un candidat de l’intersyndicale, qualification illégale d’un candidat de « Réunis » au titre « d’une représentante ou un représentant des organisations représentatives des salariés », ledit candidat étant en fait membre du conseil d’administration d’un groupe d’assurance privé où il dirige un département (!), conflits d’intérêt, etc.

Aujourd’hui, la présidence a fait le choix de bloquer la CFVU et la CR dans le but de verrouiller ces deux instances qui lui sont électoralement moins favorables :

• Faute de majorité à la CFVU, où la prime majoritaire ne s’applique pas contrairement au CA, la présidence a demandé au CA de modifier les statuts de SU concernant l’élection des personnalités extérieures à la CFVU pour lui donner une majorité en nommant deux organismes à sa main. Après avoir sollicité la Société Mathématiques de France (SMF) qui a refusé de participer à cette opération douteuse, elle propose de désigner un organisme présidé par... un professeur de SU. Pour les extérieurs, on n’est jamais si bien servi que par un membre de SU…

• Pour s’assurer d’une position dominante à la CR, « Réunis » a modifié le périmètre des votants alors que les opérations de vote n’étaient pas terminées…en permettant à une première personnalité extérieure élue de voter pour une deuxième personnalité extérieure pas encore élue. Un changement de liste électorale en plein milieu d’une élection…
Dès qu’elle est confrontée à une difficulté, la présidence, incapable d’apporter des réponses politiques aux problèmes posés par son autoritarisme, change les statuts. Ainsi les règles du jeu sont-elles constamment modifiées pour contourner les difficultés du moment.

Quelles sont les raisons de ces manœuvres ?

La composition du Conseil académique (CAc) composé de la CR et de la CFVU sera déterminante pour constituer les assemblées provisoires chargées de rédiger les statuts des facultés de Lettres et de Sciences. Il est important pour la présidence de tout mettre en œuvre pour domestiquer ces deux facultés qui lui résistent.
Cela s’inscrit dans une politique plus générale de restructuration menée dans le but de faire des économies : menace de fermetures de certaines formations à faible effectif, projet de « rationalisation » des UFR de Lettres, mutualisation de certaines fonctions support (par exemple les RH), etc.
La trajectoire budgétaire déficitaire de l’établissement va conduire la présidence à faire des arbitrages importants pour imposer une cure d’austérité à SU. Ces choix auront des conséquences désastreuses pour nos missions et nos conditions de travail. Dans ce cadre, il sera donc primordial pour la présidence d’avoir des conseils centraux dociles et à sa botte (par exemple quand elle défendra coûte que coûte les dépenses inconsidérées pour la Cité de l’innovation, emmenant l’université dans le mur).
Pour mener à bien son projet politique de « startupisation » de l’université et de soumission du service public aux intérêts privés, la présidence ne peut pas s’encombrer de la démocratie.

Défendre la démocratie

Nos élus s’opposent à cette politique et refusent les manœuvres antidémocratiques qui affaiblissent SU et portent atteinte à son image. Cette situation est d’autant plus grave qu’elle s’inscrit dans un contexte politique plus général d’attaques contre la démocratie universitaire et contre les libertés académiques menées par des courants politiques réactionnaires et d’extrême-droite.

• Nous souhaitons que les débats soient menés en toute transparence, sans manœuvres et sans pressions, dans le respect de la démocratie.
• Nous refusons que les statuts soient modifiés tous les quatre matins et nous soutenons les recours en justice déposés pour s’opposer à ces instrumentalisations répétées.
• Nous demandons le respect de l’équilibre démocratique issu des urnes à la CFVU et à la CR. Cela vaut aussi pour l’élection de la vice-présidence des étudiants chez qui les équilibres politiques ne sont plus favorables à la présidence puisque ses soutiens de « l’AGEP-Bouge ta fac » ont subi une cuisante défaite aux dernières élections.

Liste CGT-FSU et sympathisant.es
Paris le 5 février 2026