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lundi 3 août 2026

Page web de la CGT FERC Sup MNHN

Nouvelle collection au Muséum : les travailleur·euses fossilisé·es par la chaleur !

Chaque année nous vivons dans la crainte de vivre une canicule de plus.

Cette année, et en moins de deux mois, ce n’est pas une mais trois canicules que nous venons de vivre ! Trois canicules qui s’enchaînent, avec l’angoisse que cela continue jusqu’à la fin de l’été sans que nos conditions de travail soient adaptées à la hauteur des enjeux pour notre santé.

Les premier·es à subir les fortes chaleurs sont les agent·es travaillant en extérieur. Mais celles et ceux qui travaillent en intérieur sont aussi concerné·es, que ce soit sur le lieu de travail ou pendant les trajets.

Jardinièr·es, soigneur·euses des animaleries, agent·es de maintenance, agent·es de sécurité, bibliothécaires, technicien·nes, administratif·ves, ingénieur·es, chercheur·euses : nos réalités et nos conditions de travail sont multiples au Muséum, nos besoins d’adaptation aussi.

Nous parlons bien d’angoisse, car :

  • Comment travailler sereinement quand il fait 46°C dehors, et jusqu’à 48°C dans les bureaux ?
  • Comment travailler quand nous sommes pris·es de malaise ou de maux de tête provoqués par cette chaleur ?
  • Comment venir au travail sereinement quand la plupart des lignes de métro et de RER ne sont pas climatisées et dysfonctionnent en raison de la chaleur ?
  • Comment adapter notre activité quand la première communication “Alerte canicule” du Muséum date du 18 juin, soit après la fin de la première vague de chaleur, et qu’il faut attendre quatre jours après le début de la seconde vague pour avoir une deuxième communication renforçant les mesures de prévention ?

Qui aurait pu prédire ?

Ces fortes chaleurs et canicules, le Muséum aurait pu et aurait dû les anticiper !

Depuis les années 1970, les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) alertent sur le changement climatique.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que les températures idéales pour travailler sont entre 16°C et 24°C, selon les activités. L’Institut National de Recherche en Santé (INRS) considère que “la chaleur peut constituer un risque pour les salarié-e-s” au-delà de 28°C pour un travail nécessitant une activité physique et de 30°C pour un travail sédentaire.

D’après Santé Publique France, entre 2017 et 2022, 54 travailleur·euses seraient mort·es au travail des suites de l’exposition à de fortes températures.

Doit-on attendre des morts pour que le Muséum agisse concrètement ?

Pendant ce temps-là, le Muséum accepte des partenariats et du mécénat avec des entreprises écocidaires, comme BNP Paribas ou le Crédit Agricole qui financent massivement les énergies fossiles, disant pourtant œuvrer pour la connaissance et la production de la biodiversité.

Le climat change. Nos conditions de travail doivent changer aussi !

Depuis des années, nous savons que ça va arriver. Et depuis autant d’années nous savons que les bâtiments du Muséum sont des passoires et des bouilloires thermiques : il y fait trop froid l’hiver et trop chaud l’été.

Malgré les alertes répétées des agent·es dans le registre santé et sécurité au travail (registre SST) et celles de la CGT Muséum dans les instances où elle siège, la direction ne prend pas de mesures adéquates.

Alertée par les agent·es des bibliothèques, la CGT Muséum s’est saisie de l’instance Formation Spécialisé Santé Sécurité et Condition de travail (F3SCT) en novembre 2025, pour émettre un avis recommandant la création d’un “plan canicule”, plan d’action précisant les mesures et adaptations du travail à adopter en fonction de la température, lors des pics de chaleur dans les bibliothèques. Afin d’être adapté aux spécificités des différents métiers et postes de travail du Muséum, nous demandons que l’élaboration de ce plan implique les agents et agentes, et qu’il soit proposé à l’ensemble du personnel afin que nous tous et toutes, personnes concernées, puissions le valider.

Nous rappelons les obligations générales que l’employeur doit mettre en œuvre à minima :

  • Maintenir, en toute saison, les locaux fermés affectés au travail à une température adaptée ;
  • Évaluer les risques résultant de l’exposition des travailleur·euses à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur. Lorsque l’évaluation identifie un risque d’atteinte à la santé et à la sécurité des travailleur·euses, adopter des mesures ou actions de prévention permettant d’assurer la santé et la sécurité des salarié·es ; et les retranscrire dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
  • Renouveler l’air de façon à éviter les élévations exagérées de température dans les locaux de travail fermés ;
  • Mettre à disposition de l’eau potable et fraîche ;
  • Fournir aux agent·es publics exposé·es des moyens de protection contre les fortes chaleurs et/ou de rafraîchissement ;
  • Informer et former les agent·es, d’une part, sur la conduite à tenir en cas de forte chaleur et, d’autre part, sur l’utilisation correcte des équipements de travail et des équipements de protection individuelle de manière à réduire leur exposition à la chaleur à un niveau aussi bas qu’il est techniquement possible.

Au niveau national, voici les 11 revendications de la CGT qui peuvent servir de base pour la construction de nos propres revendications :

  • Mettre à disposition des agent·es en extérieur, des tenues de travail adaptées aux conditions de fortes chaleurs
  • Interdire le travail extérieur lors des alertes orange et rouge. 
  • Maintenir intégralement le salaire en cas d’arrêt de l’activité. 
  • Adapter les horaires et augmenter les pauses. 
  • Généraliser les plans ’fortes chaleurs’ dans toutes les entreprises et administrations. 
  • Renforcer le droit de retrait. 
  • Mieux protéger les salarié·es les plus vulnérables. 
  • Doubler les effectifs de l’inspection du travail. 
  • Sanctionner les employeurs qui ne protègent pas leurs salarié·es. 
  • Rétablir les CHSCT (instances spécialisées en santé et sécurité). 
  • Engager un vaste plan d’adaptation au changement climatique.

Pour des conditions de travail qui ne mettent pas notre santé en péril face au changement climatique, mobilisons-nous !

Pour soutenir la construction d’un syndicat ouvert, démocratique et pluraliste, fondé sur l’action collective, capable de défendre efficacement les droits des agent.es et les conditions de travail, syndiquez-vous en adhérant à la CGT Muséum !

Courriel : syndicat-cgt-mus@mnhn.fr

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