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mercredi 1er juin 2022

Université Rennes 2

Déclaration de la CGT Rennes 2 - Ferc Sup à l’Assemblée générale des personnels du 31 mai 2022

Déclaration de la CGT Rennes 2 - Ferc Sup à l’Assemblée générale des personnels du 31 mai 2022

Madame la Présidente,

Je voulais revenir sur le fameux dialogue social au sein de notre établissement.

Le 7 décembre dernier, nos élus CGT ont quitté la séance du comité technique pour affirmer haut et fort notre colère et notre refus devant une situation inédite à Rennes 2 : je veux parler de la non-campagne d’emploi et donc de l’absence de création de postes de titulaires au sein de notre université.

Le 12 avril dernier, nos élus CGT ont refusé le dispositif d’individualisation des primes des BIATSS proposé par la direction.

Ainsi, au lieu de créer des postes pour résorber la précarité, on embauche des contractuels !

Ainsi, au lieu de créer des postes pour résorber les écarts grade-fonction, on brandit la carotte d’une prime inéquitable, non-pérenne et qui ne sera pas à la hauteur d’une création de poste !

Malgré nos protestations, malgré nos propositions, rien n’y a fait. Aucun compromis n’a été accordé. Nous sommes dans un rapport de force où il n’y a pas ou peu de place pour la négociation. Nous avons dénoncé cette situation et nous avons exprimé nos craintes en ce qui concerne la qualité du dialogue

social à plusieurs reprises.

Je dirai que ces craintes se sont confirmées récemment, quand nous avons appris avec stupéfaction qu’en dépit de l’opposition de la majorité des organisations syndicales, le dispositif proposé par la direction concernant les primes au mérite des BIATSS était en train de se mettre en place discrètement puisqu’il aurait été demandé aux chefs de service de procéder au classement des fiches de poste, et ce, alors même que tout le monde sait qu’un nombre significatif de fiches de poste ne sont pas à jour.

Je vous renvoie au dernier comité technique relatant le faible taux d’entretien professionnel !

À la CGT, nous rappelons que les groupes de travail n’ont pas pour vocation à se substituer aux discussions du comité technique.

Nous rappelons aussi que nous sommes depuis toujours opposés à l’individualisation des primes.

Nous rappelons que nous sommes attachés au principe fondateur du statut des fonctionnaires qui est la séparation du grade et de l’emploi.

Nous pensons que ces dispositifs de primes au mérite cassent les collectifs de travail et qu’ils génèrent des tensions entre collègues. Nous avons d’ailleurs assisté à un certain nombre d’incidents récemment à ce sujet.

Je voudrais ajouter qu’en tant que syndicat, la CGT œuvre pour défendre les intérêts de l’ensemble des collègues, les BIATSS, comme les enseignants, les titulaires comme les contractuels. La CGT œuvre particulièrement pour défendre les intérêts des catégories les plus fragiles, et notamment dans le contexte de crise actuel. Ce contexte particulier de crise impose une politique sociale à la hauteur avec une revalorisation des salaires pour tous.

Je rappelle aussi qu’ici à Rennes 2, plus de 80% des postes de catégorie C sont occupés par des femmes et que ces femmes sont entre 20 et 30% à exercer leur activité à temps partiel. À la CGT, nous sommes très sensibles à ces situations qui engendrent des inégalités importantes. Avec la hausse du SMIC, on assiste depuis des années à un écrasement des rémunérations qui touche sévèrement les catégories C qui subissent de plein fouet la hausse des prix, ainsi que les catégories B dans une moindre mesure.Et c’est donc à partir de cette analyse et du bilan social que nous avons construit notre proposition d’une prime de 100€ par mois pour tous les agents de catégorie C, 50 € par mois pour les catégories B et 10 à 15€ pour les catégories A. Ces montants sont supérieurs au 2ème groupe des grilles proposées par la direction, car il est illusoire de croire que tous les agents seront classés dans le 1er groupe.

Je terminerai en disant ceci : Madame la Présidente, lorsque nous nous sommes rencontrés en décembre dernier, nous vous avions parlé de ce dialogue social mis à mal. Nous avions insisté sur les situations de plus en plus fréquentes de souffrance au travail que nous rencontrons. Aujourd’hui, nous ne pouvons que constater que la situation est loin de s’améliorer.

Rennes 2, notre université de sciences humaines et sociales, possède une identité engagée et des valeurs de justice sociale affirmées. Elle se doit aujourd’hui d’envoyer un message fort et bienveillant en faveur de ces collègues C et B, qui sont souvent des femmes, qui souvent précaires, et qui subissent de plein fouet la crise et la baisse du pouvoir d’achat. Elle se doit aussi d’envoyer un message bienveillant envers ces collègues qui souffrent au travail, en établissant des mesures de prévention et d’amélioration des conditions de travail.

Encore une fois, j’espère que vous entendrez notre message. En tout cas, je vous remercie pour votre écoute.