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jeudi 22 mai 2025

Communiqués CGT Lyon 2

L’extrême droite n’a ni sa place dans nos universités ni ailleurs

L’extrême droite n’a ni sa place dans nos universités, ni ailleurs

Les syndicats CGT de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Lyon, des Universités Lyon 2 et Lyon 3, l’Union locale CGT 7/8, réaffirment avec force que l’extrême droite n’a pas sa place dans nos universités, ni ailleurs.

De nombreux incidents sont survenus ces dernières semaines dans nos universités de Lyon 3, Lyon 2 et à l’ENS.

A Lyon 3, un activisme numérique se répand via les réseaux cryptés. Il est le fait d’une poignée d’étudiant.es appartenant à des organisations que l’on sait proches de l’extrême droite. Ils viennent grossir les rangs des colleurs d’affiches nauséabondes et des attachés parlementaires au RN. Le climat ambiant de Lyon 3 se dégrade.

A Lyon 2, les étudiant.es et personnels de l’université sont accusé.es « d’islamo-gauchisme », à la suite de plusieurs évènements récents : l’occupation, pacifique et autorisée, d’une salle par des étudiants ; l’interdiction par la présidence d’une soirée de rupture du jeûne ouverte à tous ; l’interruption du cours d’un enseignant mis en cause pour ses positions politiques et opposé à la mobilisation étudiante. Ces événements ont été mis en polémique par des médias toujours plus conciliants avec l’extrême droite, sans aucune source ni explication de fond.

A l’ENS, une conférence était organisée sur l’histoire de la Palestine et du projet sioniste. Des personnes extérieures, bien ordonnées, l’ont interrompue par des propos racistes et homophobes. Organisateurs et participants ont été violemment pris à partie et menacés.

Sur tous les lieux de travail et dans le service public, la CGT combattra toujours l’extrême droite, ses idées et ses pratiques.

Le programme de l’extrême droite française dans l’enseignement supérieur et la recherche se limite à l’application de critères discriminatoires et racistes (« la préférence nationale ») à l’allocation des bourses étudiantes, des logements étudiants, des places dans les filières...

Le gouvernement actuel et ses prédécesseurs portent une lourde responsabilité : d’une part ils jettent de l’huile sur le feu en alimentant à coups de petites phrases les polémiques nauséabondes autour de « l’islamo-gauchisme » à l’université, et d’autre part ceux-ci ne cessent de fragiliser les universités en les soumettant à un régime d’austérité drastique. Au final, ce sont les conditions de travail et d’étude qui sont gravement mises à mal. Saper les services publics, comme les universités, en gelant ou coupant leurs budgets et en les conditionnant à des critères politiques, est une constante des régimes autoritaires.

Ce qui se passe actuellement sous la présidence Trump est révélateur d’une hostilité du pouvoir contre le savoir et la pensée critique. En coupant les subventions, des pans entiers de recherche sont abandonnés ou suspendus : des bases de données climatiques, de santé, d’aide humanitaire et de diversité sont effacées ; des agences fédérales d’éducation et de recherche sont supprimées, des chercheurs étrangers sont virés, expulsés, voire emprisonnés. La liste des demandes et des interdictions adressées par l’administration fédérale aux universités attaque de nombreux domaines de recherche : la médecine LGBT +, les vaccins, la gestion des catastrophes naturelles, la psychologie, l’étude du genre, le changement climatique, la sociologie, l’histoire… Sans parler de milliers de travailleur.euses licencié.es sans préavis.

Le trumpisme a malheureusement ses avatars en France, puisque Laurent Wauquiez, « conseiller spécial » du Conseil régional a annoncé avec fracas la suspension des financements régionaux à l’Université Lyon 2. Les véritables raisons de cette suspension ne font aucun doute : soumettre les sciences humaines et sociales à une censure politique réactionnaire, et gagner en visibilité dans la compétition nauséabonde qui a lieu au sein du parti « Les Républicains », ceci au mépris des 2000 agents et des 30 000 étudiants de l’Université Lyon 2. On imagine qu’avec de telles économies, le « conseiller spécial » pourra multiplier les festins et autres « dîners des sommets » pour nourrir ses ambitions !

Au total, tout ceci vise à soumettre et à faire plier l’université pour que celle-ci ne reflète plus que les opinions et les croyances du pouvoir en place. Tout cela est infiniment dangereux. Nous devons soutenir la communauté académique américaine à ne pas céder, mais aussi partout ailleurs, puisque ces attaques contre la recherche scientifique et les libertés académiques ont systématiquement lieu partout où des gouvernements d’extrême droite sont au pouvoir (Hongrie, Argentine, Italie…).

La CGT a toujours milité contre l’ingérence gouvernementale dans la vie académique et à l’université, car elle est contraire à l’idée même de la liberté de pensée, d’expression, et de la diversité intellectuelle.

La CGT défend un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche fondé sur l’émancipation par la connaissance, ouvert à toutes et tous, sans discrimination ni condition de nationalité, d’égale qualité sur tout le territoire, gratuit, laïque, délivrant des diplômes nationaux, reconnus par les statuts et conventions collectives.

La CGT fêtera ses 130 ans en septembre 2025. De par son histoire, hier, aujourd’hui comme demain la lutte contre l’extrême droite restera une des valeurs fortes de la CGT.
La CGT appelle toutes et tous les travailleurs, précaires et privés d’emploi, retraités, étudiants, travailleurs à la rejoindre pour construire un syndicalisme à même de faire barrage aux idées de l’extrême droite dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’éducation nationale.