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STOP A LA STIGMATISATION DE L’UNIVERSITE LYON 2
Depuis le 21 novembre, notre collègue Julien Théry, professeur d’histoire à l’Université Lyon 2 est victime d’un déferlement de haine et de mensonge à son encontre. Il lui est reproché d’avoir publié une liste de soutiens à la politique génocidaire d’Israël sur son compte Facebook personnel. Partie d’un tweet manipulatoire de la LICRA, reprise par un média local, puis diffusée par la presse de droite et d’extrême droite, cette polémique a aussi été portée par des personnalités politiques de droite comme Laurent Wauquiez ou même plus étonnant par Grégory Doucet, maire écologiste de Lyon. Tous et toutes accusent Julien Théry d’avoir produit une liste antisémite comparable aux heures les plus sombres du XX° siècle. Pourtant cette liste, ce n’est pas lui qui l’a construite. Il n’a fait que reprendre telle quelle une liste publique de signataires d’une tribune appelant E. Macron à « ne pas reconnaître un État palestinien sans conditions préalables », parue en septembre dernier. Notre collègue n’a fait que réagir politiquement à cette tribune, et en aucun cas celui-ci n’a constitué une liste de personnalités au nom de leur origine supposée, ce qu’aucune organisation syndicale n’aurait bien évidemment pu soutenir.
L’Université Lyon 2, par la voie de sa présidente, s’associe à ce concert de calomnies en condamnant fermement ces propos et en laissant planer l’idée de sanctions à l’encontre de notre collègue. Elle a également saisi la justice. Plutôt que de soutenir un de ses agents, qui se trouve menacé personnellement par l’extrême droite et qui subit du harcèlement et des menaces envers des membres de sa famille, la présidence crie avec la meute et livre notre collègue à une vindicte d’une violence extrême. Son lieu de travail a été divulgué, menaçant ainsi directement son activité d’enseignement. Au lieu de participer à la mise en danger de ce collègue, il est du devoir de l’Université Lyon 2, son employeur, d’assurer sa protection et les conditions sures de son travail d’enseignement et de recherche.
Les organisations syndicales et les personnels de l’université Lyon 2, sont choqué.es d’une telle polémique. Nous nous désolidarisons totalement de la posture de la présidence et affirmons notre soutien à notre collègue. Nous refusons que l’université Lyon 2 et les personnes qui y étudient, travaillent, enseignent et mènent des activités de recherche soient constamment soumises à la menace de censure de type MacCarthyste. Cela n’est pas la première fois que notre université est sous le feux des critiques, d’autres enseignants ayant déjà fait les frais d’attaques semblables.
Ces attaques à l’encontre de nos collègues se déroulent dans un contexte de restrictions, voire de suppression de certaines libertés intellectuelles et académiques : annulation d’un colloque international sur la Palestine au Collège de France (là encore sous les assauts conjoints de l’extrême droite et du gouvernement), tentative de fichage politique des personnels de l’enseignement supérieur sous couvert d’une enquête nationale sur l’antisémitisme à l’Université. Face à celles et ceux qui tentent de faire taire les voix qui dénoncent le génocide des Palestinien.nes à Gaza, nous opposons notre détermination à défendre la dignité humaine et le droit des peuples à vivre émancipés du joug colonial. Face à ceux et celles qui détournent la lutte contre l’antisémitisme pour alimenter la peur et la haine, nous réaffirmons notre engagement syndical ferme et résolu à lutter contre l’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discriminations, à l’université comme partout dans la société.
Nous demandons ainsi à notre employeur de respecter notre liberté d’expression, de soutenir les collègues attaqué.e.s et menacé.e.s par les réactionnaires de tout bord, d’accorder la protection fonctionnelle à Julien Théry comme aux autres collègues menacés et à renoncer aux sanctions à leur encontre. Nous affirmons aussi que la liberté académique est indissociable des moyens mis à la disposition de l’université pour assurer la production et la transmission d’un savoir de qualité et indépendant.
L’Université doit rester un lieu d’émancipation et de résistance aux tentations autoritaires et fascisantes.
Ces attaques se produisent également dans d’autres Universités et entretiennent un climat autoritaire de répression. Elles se conjuguent à des mesures et plans d’austérité budgétaire qui attaquent nos conditions de vie, d’études, de travail et d’emploi.
Pour cela, nous rappelons la grève de demain, 2 décembre pour dire ensemble STOP à l’engrenage infernal de l’austérité et ces attaques !
Sud Education Lyon 2 & CGT Lyon 2