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Chères et chers collègues,
La CGT tient à rappeler que la nouvelle accréditation est étroitement liée au plan d’austérité voté à la minorité absolue au Conseil d’administration (CA) d’octobre dernier. Ce plan d’austérité acte 1,5 millions d’euros d’économie sur la nouvelle offre de formation, soit une réduction du 10% (environ 28 000 HETD) des heures TD dispensées actuellement Lyon 2.
A l’échelle du plan d’austérité que le rectorat a d’ores et déjà estimé insuffisant, la nouvelle offre de formation représente 40% environ des économies prévues au total par ce plan (3,8 millions d’euros). Il ne faut donc pas se leurrer sur les beaux discours de la présidence à propos d’une offre de formation améliorée et simplifiée : il s’agit d’abord d’austérité !
Par conséquent, la consigne passée aux composantes, si elle varie quelque peu selon la météo du jour (et peut-être d’une mention à l’autre ?), est claire dans son objectif : chaque mention doit réduire le volume horaire de cours dispensés de 5% à 10% par rapport à l’offre existante.
Une dégradation des conditions d’étude
Pour tenir cette réduction horaire, la présidence incite à deux réformes des maquettes.
D’abord, pour les masters, transformer un maximum de CM en TD afin de faire travailler davantage les enseignant.es à moindre coûts. La CGT rappelle à cet égard que le critère du nombre d’étudiant.es dans la salle de cours n’est pas suffisant pour qualifier un cours de TD. Il s’avère que l’Université Lyon 2 a déjà été condamnée par le Tribunal administratif sur cet enjeu précis en 2016. La juridiction rappelle ainsi :
« un cours magistral doit être entendu comme un enseignement théorique donné sous la forme d’un cours didactique exclusif de toute participation des étudiants, alors que les travaux dirigés doivent être entendus comme un enseignement permettant d’appliquer, sous forme notamment d’exercices, les connaissances acquises lors des cours magistraux, et comme incluant la participation des étudiants. » (TA de Lyon, 9 mars 2016)
La CGT appelle les collègues à s’emparer de cette jurisprudence pour refuser la dégradation de leur service d’enseignement, et cette logique qui s’apparente « à travailler plus pour gagner autant ».
Ensuite, au niveau des licences, la présidence pousse à la réduction du nombre de groupes de TD pour gonfler au maximum les effectifs étudiants. La CGT rappelle que la règle (théorique) qui prévaut jusqu’alors à Lyon 2 est de ne pas dépasser les 35 étudiant.es par groupe de TD en L1, et les 40 étudiant.es par groupe de TD en L2 et en L3.
La CGT demande le strict respect de cette règle, ce qui n’est déjà pas toujours le cas, et son maintien pour la prochaine accréditation. Il s’agit d’une ambition pédagogique pourtant minimaliste, car quiconque a donné un TD avec 35 ou 40 étudiants sait qu’un tel format est déjà loin d’être idéal.
Une réforme de l’offre pédagogique violente pour les collègues
Dans cette optique de réduction des heures de cours, l’autre grande solution trouvée par la présidence est d’imposer à certaines composantes la fermeture de parcours et de diplômes. Cette imposition est faite de manière pernicieuse.
Elle repose d’abord sur le gel des postes d’enseignant.es-chercheur.es titulaires pour la prochaine campagne d’emploi. Dès lors, les collègues n’ont d’autre choix que de fermer des diplômes dont ils et elles ne peuvent plus assurer la responsabilité pédagogique, faute d’être en nombre suffisant. La situation à cet égard est critique à l’UFR LESLA, touchée de plein fouet par le non-renouvellement des enseignant.es titulaires, ou dans certains départements confrontés à une vague de départs à la retraite, par exemple celui de sociologie.
La réduction de l’offre de formation est ensuite pernicieuse, car la présidence impose aux collègues de décider eux-mêmes quels sont les diplômes et parcours à sabrer. Sous couvert de respecter les collectifs de travail, la présidence se lave les mains des effets de l’austérité sur l’offre de formation, en faisant reposer en dernier ressort sur les collègues les « choix » des coupes à effectuer.
Cette configuration est dramatique dans certaines composantes, car elle met à mal la cohésion entre collègues, et les met en position de détruire eux-mêmes leur propre outil de travail. A cet égard l’UFR Langues est dans une situation critique, car de nombreuses formations en langues à petits effectifs risquent de disparaître.
La CGT demande qu’une analyse et une prévention des risques psycho-sociaux soient faites par la présidence pour les collègues concerné.es, et que la présidence assume les conséquences de ses choix austéritaires au lieu de se défausser sur les autres. Le cas échéant, il ne faut pas hésiter à déposer des signalements au registre santé et sécurité au travail (SST).
Un calendrier farfelu et maltraitant
Le vote définitif sur l’attribution des enveloppes d’heures d’enseignement par mention ne se fera que le 10 avril 2026 par la CFVU. Alors que le 30 avril 2026, soit 20 jours plus tard, vacances universitaires et weekends y compris, la saisie des nouvelles maquettes devra être faite ! Ce calendrier est tout bonnement intenable, ou bien au détriment de la santé et du sommeil des collègues, enseignant.es comme BIATSS.
On notera au passage que les rapports du HCERES seront non seulement « provisoires », mais aussi et surtout fournis le 27 février 2026, alors que la conception des nouvelles maquettes sera déjà largement engagée. Une preuve de plus de l’inutilité de cette institution, et de l’absurdité des obligations bureaucratiques qu’elle nous impose !
Enfin, l’inquiétude de la CGT est grande à propos de la charge de travail générée par la prise en main du nouvel outil "SGCE" prévu pour le dépôt des dossiers d’accréditations. Des moyens supplémentaires doivent être engagés par la présidence pour faire fonctionner cet outil, ce travail ne peut pas reposer sur les équipes enseignantes et administratives, déjà débordées.
Un grand moment de démocratie universitaire
Sur le plan démocratique, on peut s’étonner que le CA délibère sur l’enveloppe des heures attribuées avant la CFVU, ce qui tend une fois de plus à faire de celle-ci une simple chambre d’enregistrement du CA. Notons encore que l’avis définitif de la CFVU et du CA interviendront début juillet : puisque les nouvelles maquettes doivent être envoyées au ministère dans la foulée, cela signifie concrètement que le calendrier prévoit de fait une seule issue possible à ces délibérations : positive...
Pour finir, la CGT relève que le Comité social d’administration (CSA) n’a été consulté à aucun moment sur la nouvelle accréditation. Sa compétence avait déjà été bafouée pour le nouveau calendrier universitaire 2026-2027, désastreux en termes de délais de correction de copies, saisie des notes et tenue des jurys. Ce calendrier a été voté par la CFVU et le CA sans consultation du CSA.
Ce contournement de l’instance de représentation des personnels repose sur la fiction d’une séparation entre les enjeux pédagogiques et les conditions de travail, comme si les uns n’avaient pas de conséquences sur les autres, et réciproquement. La CGT met en garde la présidence sur la sécurité juridique des décisions prises par l’établissement sans les consultations des instances qui s’imposent.
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Déterminée, la CGT continuera de vous informer sur les enjeux de l’accréditation, et se mobilisera à vos côtés pour refuser la dégradation de nos conditions de travail et d’étude.