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Université Grenoble Alpes (UGA)

Lettre ouverte au sujet de l’austérité à l’UGA

mardi 6 juillet 2021

Rassemblement, jeudi 8 juillet à partir de 9h, place centrale Campus SMH

Depuis 4 années, l’UGA tente désespérément de « revenir à l’équilibre budgétaire » et de réduire sa masse salariale d’emploi permanents et ses budgets de fonctionnement par des PRE successifs. Après le Plan de Retour à l’Equilibre (PRE) de 2017 à 2020, sa prolongation décidée fin 2020 (malgré notre opposition constante en CA) a conduit en 2021 – notamment – à « geler » (i.e. supprimer) ou « différer » (i.e. supprimer aussi) des recrutements d’enseignants, d’enseignants-chercheurs ou de BIATSS et à réduire systématiquement de 5 à 10% les budgets associés à l’offre des maquettes de formation. Alors que la présidence indiquait espérer que le Ministère prenne acte de ces efforts et augmente ses dotations en réponse à l’augmentation mécanique du « GVT » (Glissement Vieillissement Technicité qui alourdit mécaniquement la masse salariale année après année), le Ministère, dans sa grande sagesse, a envoyé à l’UGA des Inspecteurs (IGESR) qui ont cyniquement conclu que l’université était en réalité mal gérée et en quelque sorte surdotée. Pour citer quelques extraits de ce diagnostic, présenté en commission permanente du CA : « Maîtrise des risques comptables et financiers insuffisante, Fiabilité des projections budgétaires insuffisante, Forte augmentation de la masse salariale hors recherche, Augmentation des heures complémentaires et vacations (+2,7 M€), Efforts PRE annulés par un flux de titularisation, notamment via des créations de postes BIATSS, Taux d’encadrement (Nb étudiants/enseignant) trop favorable, Contribution insuffisante des activités de recherche aux coûts de structure (gestion / infrastructure) ».

Le cynisme de ce diagnostic est total : l’ "alourdissement" de la masse salariale vient principalement de deux causes, le GVT "mécanique" dû à la pyramide des âges (et dont le ministère refuse la prise en charge), et la politique IDEX qui a conduit, à travers les appels à projets incessants et les restructurations en mille-feuille administratifs, à alourdir la barque UGA sans la renforcer en moyens de formation et de recherche pérennes. C’est la politique gouvernementale de recul des moyens pérennes et de mise en concurrence autour de « moyens propres » qu’il s’agirait de renforcer sans fin.

Face à cette politique qui étrangle l’UGA, la réponse de la présidence est constante : "geler" ou "différer" des recrutements de BIATSS et d’E/EC et réduire les budgets de formation et de recherche. Cette politique est menée sans débat de fond, sans recherche de solution alternative et sans remettre en cause le moindre élément de stratégie. Peut-on poursuivre la politique dite « d’excellence » et d’appels à projets ? Devrait-on / pourrait-on sanctuariser un secteur (par exemple la formation) en fonction de la crise sanitaire ? Devons-nous repenser nos modes de travail collectifs dans cette situation de crise durable, aggravée par le sous-financement chronique du ministère ? Ou devons-nous poursuivre sans fin cette épuisante fuite en avant de la baisse des moyens pérennes et de la course aux projets compétitifs ?

La politique financière menée par l’UGA, alors qu’elle se targue d’être une Université « d’Excellence », ne fait qu’affaiblir la qualité de nos formations. Il est urgent de la remettre en question alors même que 30 000 nouveaux étudiants sont à attendre à la rentrée 2021-2022 (c.f. note flash n°19 octobre 2020, sur le site du ministère). La crise sanitaire, ainsi que les politiques de sous-financement du Ministère menées depuis des années, nous obligent à remettre en question nos choix en matière de gestion financière de l’établissement si nous voulons assurer une université publique et accessible aux futurs bacheliers, alors même que nous avons besoin dès maintenant que tous les moyens soient investis pour assurer la tenue en présentiel des cours dès la rentrée de septembre 2021. La politique "d’Excellence" n’est aujourd’hui qu’une façade qui ne bénéficie qu’à un petit nombre de privilégiés, le reste des étudiants se retrouvant dans des locaux vétustes, des groupes de TD surchargés, des amphis bondés … Il est grand temps que l’Enseignement Supérieur français se remette en question, sous l’impulsion des établissements, notamment les établissements tels que le nôtre, afin de revenir à sa mission primaire : favoriser la réussite de tous les étudiants, non pas par l’ « Excellence » et la sélection, mais par une formation de qualité, humaine et émancipatrice.

Le Conseil d’Administration du 8 juillet doit débattre des orientations budgétaires proposées par la présidence. Elle prévoit l’envoi d’une « lettre de cadrage » aux composantes au lendemain de la séance, qui visera certainement -si nous ne réagissons pas- à enclencher de nouvelles mesures d’austérité.

Une réponse collective forte s’impose, c’est pourquoi :

  • Nous appelons la présidence à explorer et à proposer des solutions alternatives à la politique d’austérité tous azimuts des PRE.
  • Nous appelons les personnels, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATSS, étudiants, à manifester leur défiance vis-à-vis de cette politique très inquiétante pour l’avenir, en se rassemblant jeudi 8 juillet à partir de 9h, lors du CA, sur la place centrale du campus SMH pour faire entendre nos voix lors du débat du CA.
  • Nous appelons les personnels, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATSS, étudiants, à se mobiliser, maintenant et dans les mois à venir, contre cette politique qui menace de tuer l’université aussi sûrement qu’elle est en train de tuer l’hôpital.

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