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Déclaration commune, au CA de Grenoble INP - UGA, 11 décembre 2025par les élu⋅es étudiant⋅es et les représentant⋅es des personnels au CA de Grenoble INP - UGA (SGEN-CFDT, CGT, FSU, SNPTES-UNSA, Sup Recherche UNSA, Étudiant⋅es engagé.es pour un INP solidaire, écolo et inclusif)
Le texte qui suit a été lu au Conseil d’Administration de Grenoble INP - UGA, le 11 décembre 2025.
Tout d’abord, nous remercions chaleureusement les étudiant⋅es et leurs organisations pour leur mobilisation, les personnels qui ont fait savoir leurs revendications dans les Assemblées Générales qui ont eu lieu dans diverses écoles, et les organisations syndicales représentatives des personnels de Grenoble-INP. Nos remerciements vont aussi aux collectivités territoriales et leurs représentant.es pour leur soutien, et aux nombreux signataires des pétitions initiées aussi bien par les étudiant.es que par les organisations syndicales. Nous pensons également à toutes les personnes qui ont discuté avec nous lors des différents points de rencontre que nous avons organisés,et leurs analyses au sujet de la proposition de la présidence.
Le projet d’augmentation des frais de scolarité est suspendu, il n’est pas abandonné et fera l’objet de nouvelles consultations. Aussi, nous souhaitons rappeler les principes de la mobilisation des personnels et des élèves, qui resteront les mêmes :
1- Quelle que soit la situation financière de l’établissement, rien ne justifie que l’on fasse payer les élèves : le financement du service public de l’enseignement supérieur doit rester une responsabilité de l’état, assuré par une redistribution par l’intermédiaire de la progressivité de l’impôt. L’augmentation des frais d’accès au service public est une double imposition, c’est une individualisation de l’accès à l’enseignement supérieur.
2- Les élèves ont exprimé leur volonté d’autonomie, de se construire par eux-mêmes et de ne pas être ramenés à la dépendance à leurs parents. Le système de modulation et l’augmentation des frais d’inscription renforcent leur dépendance au milieu familial. Pour les élèves, augmenter les frais d’inscription, ça peut aussi signifier devoir s’endetter pour se payer des études. Cela plombe le début de sa vie professionnelle avec des dettes à rembourser, et ça précarise les élèves et rend plus difficiles leurs conditions d’études. Cela renforcera d’autant plus les inégalités entre les élèves et poussera de nombreuses personnes à éviter les études d’ingénierie parce que les écoles seront trop chères.
3- Le projet proposé implique une sortie du service public de l’enseignement supérieur. La compensation des déficits par les frais d’inscription est un mécanisme sans fin, qui autoriserait l’état à se désengager systématiquement. C’est entrer dans un système de concurrence irréversible, et dont nous connaissons les conséquences à long terme. Cela aggravera les inégalités entre les établissements, entre ceux qui attirent les populations les plus riches et les autres.
4- Il est aussi clair sur le sujet des élèves étranger.ères qui paieront 6000€ sans distinction va faire chuter les inscriptions, alors que cette baisse se fait déjà sentir entre les écoles de l’INP et d’autres écoles d’ingénieurs où des bourses compensent ces frais. Les élèves concerné.es le disent eux-mêmes : le choix de l’INP ne se fait bien souvent que pour des raisons de prix, ou avant le classement, qui baissera d’ailleurs avec la fuite des étudiant⋅es extracommunautaires.
5- L’argument budgétaire est systématiquement avancé pour justifier l’augmentation des frais d’inscription, au point de mettre artificiellement en opposition les personnels et les élèves. Il apparaît que la situation budgétaire demeure incertaine et que les causes structurelles du déficit ne sont pas encore formellement établies. Les Conditions de Retour à l’Equilibre et les réorganisations en cours pèsent sur les personnels et leurs effets ne sont pas encore connus. Face à cette situation incertaine, une augmentation des frais d’inscription est une décision définitive, lourde de conséquences. Nous estimons que les établissements de l’enseignement supérieur public ne devraient pas subir le désengagement de l’état.
6- Nous regrettons que la séquence suivie n’ait pas respecté le fonctionnement des instances et du dialogue social au sein de l’établissement. En effet, une première décision a été prise en directoire. Le directoire ne doit pas être un lieu de décision stratégique, c’est une prérogative du Conseil d’Administration. Dans les collèges des représentants du personnel, les organisations syndicales sont majoritaires, en siège et en voix. Les élèves sont issus d’une association qui a tous les sièges de leur collège électoral. Nous avions déjà fait savoir notre opposition à un tel projet, et pourtant, il a été systématiquement présenté comme une décision du directoire à valider. Tous les personnels et étudiant⋅es doivent être impliqué⋅es, surtout pour une décision aussi importante.
7- Nous attendons aussi une analyse approfondie du budget et des causes du déficit. La volatilité des chiffres présentés pose la question de la légitimité des choix stratégiques guidés par des considérations budgétaires incertaines. En particulier nous souhaitons une étude de l’impact des projets et leur financement, les coûts cachés induits. Les travaux sur le modèle économique présenté ce printemps et les sources de coûts cachés sont une priorité pour pouvoir prendre des décisions éclairées.
8- Les principes du service public et de l’égalité d’accès au service public doivent être notre boussole. Les stratégies de financement étudiées doivent les respecter.