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Syndicat CGT Université de Grenoble
Non à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es étrangèr·es !En 2019, le gouvernement Macron avait instauré le plan mal nommé « Bienvenue en France » qui visait notamment à augmenter les frais d’inscription pour les étudiant·es étrangèr·es à hauteur de 2 895€ pour une année de licence et 3 941€ pour une année de master (au lieu de 178 € et 254 € pour tou·tes actuellement).
Grâce à la mobilisation étudiante, la majorité des universités, comme l’UGA, ont appliqué l’exonération des ces frais. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, vient d’annoncer sa volonté de supprimer par décret l’exonération des frais d’inscription différenciés pour les étudiant-es extra-communautaires.
Le gouvernement s’attaque une nouvelle fois aux plus pauvres et aux étrangèr·es, ce qui s’inscrit dans un projet de préférence nationale, d’immigration choisie et de tri social à l’entrée des universités. C’est un projet raciste, inspiré directement de l’extrême droite.
Cela prépare aussi la généralisation de la hausse des frais d’inscription pour l’ensemble des étudiant·e·s, comme voulue par un rapport de 2025 de l’IGF et IGESR sur les universités (1). En Angleterre, par exemple, le gouvernement a commencé par appliquer ces frais aux étudiant-es étranger-es, pour finalement faire payer plusieurs dizaines de milliers d’euros l’année à l’ensemble des jeunes. À Grenoble, c’est Grenoble INP qui a déjà tenté d’aller jusqu’à 6000 € l’année, projet sous moratoire pour le moment sous la pression de la mobilisation (2). Ce projet prévoyait déjà d’appliquer ce montant maximum pour les étudiant·es extra-communautaires : pour l’administrateur général de Grenoble INP, « ce n’est pas de la discrimination » !
Témoins en tant que personnel·les des conditions précaires des étudiant·es, contraint·es pour une large partie d’entre elles et eux de se salarier à côté de leurs études, nous dénonçons cette volonté de « financement » par les frais d’inscription. Il manque des milliards d’euros chaque année pour le fonctionnement correct des universités, fonctionnement qui ne cesse de se dégrader entraînant détresse et mal-être pour les personnel·les et les étudiant·es. Pour récupérer ces milliards d’euros, pour créer des postes, augmenter nos salaires et améliorer nos conditions de travail, le gouvernement peut s’attaquer à la fraude fiscale, à l’évasion fiscale massive, et arrêter les cadeaux fiscaux pour les plus riches et pour les entreprises.
Nous ne pouvons donc accepter de voir cette hausse s’appliquer. L’université doit continuer à appliquer une exonération indifférenciée de ces frais d’inscription, et plus généralement ne pratiquer aucune hausse des frais d’inscription, pour personne. Nous demandons aux présidences et directions de nos établissements de faire tout ce qui serait en leur pouvoir pour mettre en échec ce projet, à commencer par prendre publiquement position contre cette mesure.
Nous faisons aussi le lien entre cette mesure directement discriminatoire, et les politiques d’austérité mises en place par les gouvernements successifs, avec trop souvent le relais des directions d’établissements de l’ESR. Nous refusons la division ou l’opposition entre les personnels et les étudiant·es : pour nous, les hausses de frais d’inscription d’un côté, et les suppressions de postes, pressions sur les budgets des laboratoires ou composantes, et les non-renouvellements de contrats et la précarité qui découle de ces différentes politiques sont plusieurs facettes de cette austérité et de la politique de casse systématique du service public.