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jeudi 20 février 2025

Syndicat CGT Université de Grenoble

Les 27 février, puis le 8 mars 2025, mobilisons-nous, informons-nous, luttons pour les droits des femmes !

Inégalités salariales, violences sexistes et sexuelles, backlash face aux récentes avancées pour les droits des femmes et des minorités, montée des discours réactionnaires et masculinistes : autant de raisons pour lesquelles la CGT et d’autres organisations appellent à la grève féministe ainsi qu’à une mobilisation massive le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

En prévision de cette journée de mobilisation du 8 mars, qui tombe cette année un samedi, la CGT université de Grenoble a déposé un préavis de grève pour la journée du 27 février 2025, et organise trois heures d’information ouvertes à tous :

Jeudi 27 février : Heures d’information syndicales

10h-12h : tables syndicales à l’arrêt Bibliothèques universitaires

12h à 13h, amphi 6 PMF : réunion d’information CGT / FSU / Unef sur l’égalité femmes/hommes à l’UGA, le PAE (Plan d’Action Égalité)

13h à 15h, amphi 6 PMF : Projection et débat sur les violences masculines

Une autorisation d’absence est accordée par la présidence de l’UGA, au titre du droit syndical aux heures mensuelles d’information, pour assister à ces réunions.

Nos revendications

  • pour la mise en place d’actions concrètes, à l’UGA, en faveur de l’égalité salariale entre femmes et hommes ;
  • pour le maintien et la pérennisation des moyens du dispositif de signalement des actes de violences sexistes et sexuelles, de discriminations, de harcèlements : postes permanents, titularisation des personnels ; pour la publication à destination des personnels de bilans de ce dispositif incluant des données quantitatives ;
  • pour le remplacement systématique et à 100 % des agents en congé maternité ;
  • pour la mise en place de congés menstruels ou gynécologiques ;
  • pour un réel accompagnement à la parentalité avec la mise en place d’une crèche pour les personnels et étudiant·es, ainsi que de salles d’allaitement ;
  • pour l’application partout à l’UGA de la « charte du bon usage des temps de travail » ;
  • pour la mise en place de formations pour tous les personnels, et à tous les niveaux, en particulier aux niveaux dirigeants, sur les enjeux de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Les inégalités à l’UGA

Quelques éléments suite à l’analyse du diagnostic de situation comparée des femmes et des hommes à l’UGA, d’après le rapport social unique 2023 :

Recrutement et promotion

  • Les femmes représentent 69,8 % des personnels BIATSS, mais seulement 61,8 % des postes de catégorie A contre 76,4 % des postes en catégorie C
  • Les hommes sont majoritaires dans les postes titulaires d’ingénieurs de recherche (56,1 %) et parmi les personnels de catégorie A, surtout dans les filières techniques et scientifiques

Rémunérations et primes

  • À l’UGA, les femmes sont toujours rémunérées en moyenne 18,9 % de moins que les hommes, un écart similaire à celui observé en 2022. Ce chiffre était de 21,6 % en 2021, et 17,1 % en 2020, ce qui montre qu’aucune amélioration notable n’a été enregistrée sur ce front. Le rapport social met en évidence l’importance de l’« effet de ségrégation de corps » dans cet écart salarial, un phénomène qui a empiré entre 2022 et 2024, particulièrement dans les catégories A et B.

Articulation vie professionnelle et personnelle

  • Les femmes représentent 55,2 % des départs à la retraite à l’UGA, la majorité se situant dans la tranche d’âge 60-64 ans (68 % contre 32 % pour les hommes). Les hommes sont majoritairement représentés dans les retraites après 65 ans. Les femmes, déjà moins rémunérées, ont tendance à quitter la vie professionnelle plus tôt​, souvent avec une plus petite retraite.

Gouvernance

  • Dans les postes de gouvernance, les hommes sont largement majoritaires dans les fonctions de direction, en particulier les professeurs des universités (PR) où ils représentent 68,1 % de l’effectif​
  • La répartition des femmes diminue avec l’augmentation des responsabilités : elles représentent 41,5 % des PR de 2e classe, mais seulement 24 % des PR de classe exceptionnelle​.

Population étudiante et doctorante

  • Les femmes sont majoritaires en licence et master, mais elles ne représentent que 36 % des personnels chercheurs. Dans les directions de thèse, elles sont largement minoritaires avec seulement 29 % de représentation globale, et leur part chute à 24 % dans les sciences et techniques​

Mais que fait l’UGA ?

Les élu·es CGT avaient déjà souligné la faiblesse du précédent « Plan d’action d’égalité professionnelle femmes-hommes » lors de sa présentation en CSA, surtout pour les personnels BIATSS, qui sont les plus touchés par cette ségrégation.

Le patriarcat a également des effets délétères sur les temps de travail : en 2024, parmi les personnels à temps partiel, 78 % sont des femmes, un chiffre stable depuis 2022. De plus, le remplacement ne couvre que 50 % des personnels en congé maternité, fragilisant ainsi l’effectivité de ce droit. La « charte des bons usages du temps de travail », censée favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle, familiale et personnelle, reste encore partiellement appliquée.

Enfin, bien que le dispositif de signalement des violences sexistes et sexuelles ait été mis en place, avec des moyens institutionnels associés à cette cellule, des témoignages inquiétants de sexisme ordinaire et de violences sexistes et sexuelles continuent à émerger. Ces actes se produisent parfois dans la plus grande impunité, y compris à des niveaux hiérarchiques élevés de l’établissement.

Mais ou est passé l’argent ? 14 millions d’euros sur 5 ans... C’est le montant affiché en 2022 par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche (MESR) dans le cadre de son plan 2021-2025 de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Or, à ce jour, nous ne savons pas où est passée la majorité de cet argent.

https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/enseignement-superieur/lutte-contre-les-vss/article/lutte-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles-mais-ou-est-passe-l-argent

L’actualité (affaire Abbé Pierre, affaire Betharram, ...) nous montre, de manière sordide, la tolérance complice des institutions envers les agresseurs. Les victimes parlent, mais les institutions et les personnes qui dirigent les ignorent ou les font taire et protègent les agresseurs. Les violences sont au cœur des processus de domination.

La domination patriarcale s’exerce dans tous les domaines. Les femmes en sont majoritairement victimes, mais aussi les enfants, les personnes LGBTQIA+, les personnes en situation de handicap, racisées, etc... Les luttes pour l’égalité professionnelle comme celles contre les violences sexistes et sexuelles, sont des enjeux profondément sociaux et syndicaux.

Signer la pétition coalition féministe (dont la CGT fait partie) pour une loi intégrale :

loi-integrale.fr

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