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mardi 10 mars 2026

Syndicat CGT Université de Grenoble

Leçon de gestion budgétaire par trois présidents d’établissement

La CGT Université de Grenoble a déposé un préavis de grève pour la journée du mardi 10 mars dans le cadre d’une mobilisation nationale et intersyndicale autour des questions d’austérité.

Le mardi 10 mars à 11h à l’auditorium de l’IMAG, nous parlerons ensemble de la situation critique dans le cadre des baisses de moyens accordés aux Universités. Tous les personnels sont autorisés par la présidence à se rendre à cette rencontre dans le cadre des heures mensuelles d’information syndicale.

À 12h30, nous appelons au rassemblement devant la présidence en compagnie des syndicats étudiants pour faire entendre notre refus d’accepter cette situation.

Nous avons été reçu·es ce vendredi 6 mars par le président de l’UGA, l’administrateur général de Grenoble INP-UGA et le directeur de Sciences Po Grenoble-UGA, dans le cadre de ce préavis de grève, pour discuter de nos revendications. L’occasion de recevoir une édifiante leçon de gestion budgétaire !

Vous serez ainsi heureux·ses d’apprendre que :

  • parce que nous sommes à l’UGA mieux lotis que d’autres - comme l’Université de Montpellier, dont la présidente Annie Fraïsse a publié une lettre ouverte dénonçant les conditions de travail dramatiques des agent·es en raison de la baisse des dotations de l’État ;
  • parce que nous n’avons pas encore fait tous les fonds de tiroir pour économiser ou améliorer « l’auto-financement » des laboratoires — comprendre : réduire la « masse salariale » en supprimant des postes, tenter de faire voter des frais d’inscription discriminatoires et de nature à remettre en question la conception même de service public, augmenter les sommes de frais d’infrastructure que doivent payer les laboratoires, envisager de supprimer les cours donnés à un trop petit nombre d’étudiant·es ; mais dans le même temps, rémunérer un cabinet de conseils privé (Ygor) pour travailler le nouveau « projet d’administration », comme quoi finalement l’argent existe...

Pour toutes ces raisons, les présidents considèrent que nous ne sommes pas tant que ça à plaindre.

Les présidents considèrent que leur rôle consiste à jouer les bons élèves du libéralisme en économisant sous à sous sur des dotations toujours plus maigres, au détriment des personnels et des étudiant·es, afin d’être crédibles quand ils demanderont plus de moyens à l’État.

La CGT affirme que les moyens, c’est maintenant qu’on en a besoin !

S’ils ont l’intention d’en demander davantage, qu’ils le fassent dès maintenant. Nous avons demandé au président de l’Université « jusqu’où irez-vous ? » Où se situe la limite pour l’administration, le point de rupture, la mesure austéritaire qu’ils ne pourront pas accepter ?

Cette question reste sans réponse.

Pire encore : alors même que l’administrateur général de Grenoble INP-UGA affirmait très tranquillement (et après s’être plaint du ton de nos messages...), que pour sa part, il a « un cadre qu’[il] respecte »... tant que le gouvernement ne lui demande pas « de faire de la discrimination ». Nous avons alors pris l’exemple des hausses de frais d’inscription pour les étudiant·es étrangèr·es : « ce n’est pas forcément de la discrimination », puisque... les parents des étudiants français paient des impôts (apparemment, contrairement aux étudiants étrangers) !

Devant ces propos factuellement faux, et pour le coup, discriminatoires, nous avons réagi pour rappeler le modèle universaliste sur lequel, au moins pour l’instant notre société repose. En France, les impôts, et les cotisations sont payées par toutes les personnes qui vivent ou travaillent dans le pays, quelle que soit leur nationalité ; les services publics sont accessibles par principe sans discrimination.

Pourtant, pour revenir sur les questions budgétaires, l’argent existe : ces derniers jours, une note de la commission d’analyse des finances a montré que plus de 13 000 millionnaires français esquivent l’impôt sur le revenu. Dans ses dernières interventions, Éric Lombard, ex-ministre de l’économie, affirme qu’ils seraient en réalité « autour de 50 000 » à échapper à l’impôt !

L’argent existe, alors réclamons-le pour un service public de qualité, qui ne maltraite ni ses personnels ni ses usager·es !

Nos revendications : 

  • contre l’austérité budgétaire dans l’ESR et à l’UGA et ses établissements-composantes ;
  • pour la hausse des salaires à la hauteur du rattrapage du gel du point d’indice (27 %), et en attendant, la hausse des primes socles au niveau des établissements ;
  • contre les suppressions de postes (EC et BIATSS à Grenoble INP-UGA et à l’UGA) ;
  • pour alerter sur la précarité
    • des personnels (contrats courts, conditions de renouvellements de contrats, conditions d’emploi des vacataires, vacations en dessous du SMIC, salaires et primes)
    • et des étudiant.e.s, victimes de la discrimination mise en place dans l’attribution des APL et par la hausse annoncée des frais d’inscription ;
  • contre la hausse des frais d’infrastructure dans les laboratoires, qui est une baisse de la dotation déguisée en « capacité d’autofinancement » ;
  • pour la protection des libertés académiques, des libertés syndicales des personnels et des étudiant·es.

Rejoignez-nous mardi 10 mars à 11h pour une réunion d’information à l’auditorium de l’IMAG pour discuter ensemble de ces questions.

Rassemblons-nous ensuite devant la présidence à 12h30, avec les syndicats étudiants, pour affirmer notre refus de cette austérité imposée !