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SPURCA-CGT
Université de Reims Champagne-Ardenne
Le 15.01.2025, nous apprenions dans la presse qu’à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, « aucune formation ne disparai[ssait] » (L’Union), en dépit des restrictions budgétaires imposées par le ministère.
Rien n’est plus faux.
Les humanités et les langues au sein de l’UFR lettres et sciences humaines (LSH) sont particulièrement touchées : en septembre 2025, des formations entières fermeront, comme la licence en Langues étrangères appliquées (LEA) anglais-espagnol à Troyes et le Master Langues et société à Troyes ou encore, à Reims, la licence de lettres classiques, la seule dans cette partie de la région Grand Est, correspondant à l’ancienne région Champagne-Ardenne.
À court terme, l’URCA menace de renoncer à tout un pan de la formation en lettres, langues et histoire. Sont menacés à terme le parcours anglais-allemand en LEA à Reims, la double licence Histoire-Lettres classiques à Reims, le master Culture et patrimoine à Troyes, le master Lettres et humanités à Reims, et le parcours Français langue étrangère (FLE) de la licence de lettres à Reims.
Les raisons qui ont présidé à ces fermetures restent incomprises par les collègues, car assez contradictoires : En effet, à titre d’exemple, la fermeture de la licence de Lettres classiques augmente le coût de la formation en latin et en grec ancien, de plus celle-ci intervient un an après le recrutement d’un maître de conférences en langue et littérature grecques alors même que le nombre d’étudiants est inchangé depuis de nombreuses années (et comparable voire supérieur aux effectifs d’autres universités).
Par ailleurs, l’UFR LSH assure la formation initiale et continue des enseignants du primaire et du secondaire dans des disciplines où l’on peine à recruter, où les enseignants ne sont pas remplacés dans l’Académie de Reims, alors qu’une énième réforme des concours d’enseignement (CRPE et CAPES) bat son plein : comment garantir l’égalité d’accès à une formation complète et de qualité aux futurs enseignants, alors que ces mesures réduisent à peau de chagrin l’offre de formation ?
Enfin, les formations de l’UFR LSH étant fortement féminisées, leurs fermetures comme celles d’options toucheront en premier lieu les lycéennes et affecteront leur orientation comme leur formation : en Champagne, comme dans les Ardennes, elles devront renoncer au choix des humanités et payer, si elles le peuvent, leurs études à Paris, Lille ou Lyon.
L’offre de formation n’est pas la seule touchée.
Le non-remplacement des personnels administratifs expose tous les agents de l’UFR LSH à une détérioration avancée de leurs conditions de travail et nuit à la qualité de l’accompagnement des étudiants.
À ce jour, les services administratifs de l’UFR ont besoin de cinq équivalents temps plein ; les agents en poste doivent pallier tant bien que mal ce manque de personnel, les enseignants-chercheurs de l’UFR LSH étant contraints régulièrement d’assurer le travail des agents absents ou non remplacés, au détriment des missions qui sont les leurs.
Une lourde inquiétude plane aussi sur les départs à la retraite des prochaines années dans les équipes d’enseignant·es-chercheur·ses.
La présidence maintient à l’identique son programme, qui consiste en la promotion du seul projet Exebio et en la mise en place accélérée des contrats d’objectifs, de moyens et de performances (COMP), tout en affichant dans sa communication un prétendu souci du « bien-être des personnels » (qui vont très mal) et pour la « transition sociale et écologique » (qui ne constitue pas un projet d’établissement) ; elle reste sourde aux alertes des personnels, aux courriers des sociétés savantes et du Conseil National des Universités, et montre une profonde méconnaissance du travail des équipes, en particulier en lettres, langues et histoire ; elle illustre l’absence d’ambition, de vision et de projet à long terme pour les disciplines concernées.
Elle prive la région et ses futur·es étudiant·es de pans entiers de savoirs, en formation initiale et continue, et brade les savoir-faire et les compétences de ses agents qu’elle relègue à des tâches éloignées de leur cœur de métier.
Nous appelons la présidence de l’URCA à renouer avec l’écoute des personnels et des étudiant·es, avec la démocratie universitaire, la défense des humanités, même quand elles sont minoritaires, certain·es que la diversité est une richesse, afin de conserver l’ambition d’une université de tous les savoirs, sans hiérarchie entre ses disciplines, université publique ouverte à toutes et tous, et ancrée dans son territoire.