"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"
Menu ☰Accueil > Les dossiers > Les instances > Le CSA Ministériel > Déclaration liminaire de la FERC CGT au CSA du Ministère de l’Enseignement (…)
Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur,
Il semblerait qu’à l’heure où nous parlons, votre gouvernement soit sur le point d’imposer un budget pour 2026, sous réserve de sa constitutionnalité. Le long débat sur ce budget devant la représentation nationale a vu surgir devant l’opinion publique de sinistres secrets de famille : plusieurs milliers de ménages parmi les plus riches de France déclareraient un revenu imposable nul et les modestes mesures prisent l’année dernière et qui devaient mettre bien légèrement à contribution les multi-milliardaires n’ont rapporté qu’un dixième de ce qu’on en attendait. Preuve que les niches fiscales ultra-favorables aux plus riches ont continué de prospérer sous la protection vigilante de votre gouvernement des riches, pour les riches, par les riches. A commencer par la plus importantes des niches fiscales et dont l’argent (8 Mds€) manque cruellement à l’enseignement supérieur et la recherche : le Crédit-impôt recherche (CIR). Et bien entendu les plus de 211 Mds€ d’aide publique aux entreprises sans contrepartie, identifiées par une commission sénatoriale, vont continuer à engouffrer 1/3 du budget de l’État !
Le PLF 2026 essaie de camoufler sa violence antisociale derrière des pseudo-mesures « populaires », à commencer par la généralisation du repas à 1€ pour les étudiant·es. Cette mesure, que nous défendons bien entendu, risque d’être catastrophique pour les agent·es des CROUS, faute des moyens indispensables pour la mener à bien : recrutement de nouveaux agent·es, amélioration des salaires pour améliorer l’attractivité, investissement dans les restaurants universitaires, etc. La FERC CGT demande qu’un état des lieux exhaustif soit réalisé dans chaque Crous, sous la responsabilité des directions générales et présenté dans les instances compétentes, et portant sur les capacités structurelles, les conditions de santé et de sécurité des agent·es, les conditions d’accueil des étudiant·es, afin d’évaluer sérieusement le coût global et consolidé, région par région, de cette mesure.
Plus généralement, ce PLF2026 entérine la paupérisation des agent·es public (gel du point d’indice inscrit dans la durée), en particulier dans l’enseignement supérieur et la recherche (gel des primes des BIATSS, de la dernière marche du RIPEC, de la PES), budgets des universités en déficit important ce qui conduira au gel des postes, etc. Après quinze années de baisse drastique de la subvention publique par étudiant, et l’explosion des inégalités entre les universités, faute de critères cartésiens d’attribution, le système est aujourd’hui à deux doigts de l’implosion, mais aussi de l’explosion sociale.
Certes, après un mois de psychodrame, nous apprenons que grâce à la pression des organisations syndicales, dont la CGT, vous allez finalement respecter votre parole en assurant le surcoût pour les établissements de l’accord de Protection Sociale Complémentaire (PSC). Mais quid de la prévoyance ?
Enfin, vous annoncez des « assises du financement de l’ESR », mais à lire vos déclarations, il semblerait que ce soit plutôt des « assises de l’auto-financement » de l’ESR, actant le renoncement de l’État à tenir ses obligations constitutionnelles. Vous préparez ainsi l’explosion des droits d’inscriptions dans les universités, comme cela se passe déjà pour les écoles d’ingénieurs publiques. Vos assises préparent de fait la privatisation des universités. Pour la FERC CGT, le mot d’ordre est : « Non aux universités et aux écoles d’ingénieurs publiques payantes ! Contre les assises, Debout ! »
D’autres points mériteraient d’être soulignés, mais le programme du CSA MESR que nous allons adopter aujourd’hui devrait permettre d’y revenir dans l’année : en particulier de revenir sur le scandale des Zones à Régime Restrictif (ZRR) qui transforment de plus en en plus de labos de recherche en zones de non-droit.
Quant aux autres échecs, ils sont patent : échec de Parcoursup, avec le stress des lycéens qui n’a jamais été aussi élevé et l’injustice sociale dans le parcours d’enseignement supérieur qui ne cesse de se développer, échec de la réforme de la formation des enseignants, conduite dans le désordre le plus complet.
Nous y revenons pour conclure : jamais le désengagement de l’état dans l’ESR n’aura été aussi flagrant qu’aujourd’hui. La colère est là, le gouvernement aurait tort de la sous-estimer. La FERC CGT sera là pour organiser la mobilisation des personnels pour les rémunérations, les retraites et les conditions de travail.