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mardi 13 septembre 2022

CNESER Plénier du 13 septembre 2022 - Déclaration CGT

Déclaration du groupe CGT au CNESER à Mme La Ministre - CNESER plénier 13/09/2022

Madame la Ministre
Merci pour votre présence, nous espérons que la fréquence sera plus élevée par la suite (et que votre prédécesseur...)

Par cette intervention, la CGT tient à rappeler un certain nombre de points qui font office d’urgence pour notre organisation syndicale.

Le premier de tous est très certainement celui qui concerne les augmentations de salaires. Il faut non seulement répondre à la faiblesse des rémunérations mise en lumière lors de l’élaboration de la LPR mais également compenser la dégradation subie suite à la forte inflation qui sévit aujourd’hui dans notre pays. La CGT demande une augmentation immédiate de 10% à minima sur le point d’indice.

En parallèle, il faut que cessent les politiques de décroissance des effectifs appliquées depuis bien des années aux organismes publics de l’ESR. Il faut sans tarder une ouverture massive de postes statutaires, ne serait-ce que dans les universités pour la rentrée.

Bien entendu les budgets des organismes de l’ESR doivent être adaptés en conséquence pour faire face non seulement aux augmentations de salaire et d’effectifs, mais également à la problématique posée par l’inflation pour que les programmes de recherche n’en pâtissent pas.

De plus, il est clair pour nous qu’il faille remettre en cause la LPR. Il faut endiguer la mise en place de financements de plus en plus orientés sur des projets de court-terme et ciblés, stopper la concurrence généralisée dont les effets sont délétères, la course à la précarité et à la remise en cause des statuts. A ce propos, dans le cadre de la discussion qui s’instaure entre le ministère et les organisations syndicales pour simplifier la mise en œuvre de la LPR, la CGT considère que l’une des mesures de simplification qui s’imposent est par exemple la suppression des nouveaux contrats tels que les chaires de professeurs juniors, qui sont en opposition frontale avec le statut de fonctionnaire et fonctionnent comme des passe-droit iniques par rapport aux autres enseignants chercheurs. Également au niveau des rémunérations, une des simplifications que nous proposons, et même, que nous revendiquons en réaffirmant notre opposition à l’individualisation des salaires, c’est de fusionner la composante C3 du RIPEC avec la composante C1 qui est donnée à tous les chercheurs et toutes les chercheuses titulaires. Ce ne sont que quelques exemples.

De même, il est temps de mettre en place une politique permettant d’accroître notablement les financements pérennes dédiés à la recherche publique. Il faut aussi refonder tous les systèmes d’interface et d’aide publique à la recherche privée, inefficaces et dispendieux, si l’on veut que le secteur privé prenne part à un juste niveau à l’aventure recherche.

En outre, la situation dans laquelle se trouvent beaucoup d’étudiants nous est insupportable. Déjà avant l’inflation, leur situation n’était pas brillante mais aujourd’hui elle est inextricable. Il est urgent de développer fortement les œuvres et les moyens du CROUS pour lutter contre la condition étudiante qui n’est pas digne du pays. Il est incongru par exemple que les Pouvoirs Publics puissent, par voie de publicité, inciter les citoyens à faire des dons pour améliorer la condition des étudiants et dans le même temps refuser de taxer les supers profits que font certains grands groupes industriels et financiers.

Sur Parcoursup, nous ajouterons les difficultés tant pour les étudiants que pour les personnels qui voient encore arriver des étudiants désorientés au fur et à mesure depuis la fin août. Dans la même veine, nous aimerions aussi mentionner le nombre non négligeable d’étudiants qui se voient refuser l’entrée en master.

Sur les regroupements d’établissements, nous nous permettons de souligner le fait qu’on assiste à un jeu de légo "construction-déconstruction-reconstruction" qui instaure de fortes inquiétudes pour le personnel.
Cette politique instaure en France une inégalité d’accès et creuse le lit d’un enseignement supérieur à plusieurs vitesses.
C’est aussi une source de désorganisation. Par exemple, comment ne pas revenir sur l’absurdité de la situation de l’Université Sorbonne nouvelle ? Le manque de salles contraint la direction à repousser la rentrée de 2 semaines et ce alors que l’établissement vient de déménager. On est loin de l’excellence prônée.
Autre exemple sur lequel nous avons été alertés, celui de l’ENS Louis-Lumière : près de la moitié des élèves de cette grande école ont signé une lettre demandant le non renouvellement de la direction, soutenus par une grande partie des personnels. En cause, autoritarisme, manque de respect des instances et manque d’anticipation : en effet, l’établissement est situé au coeur du futur village olympique et pour l’instant rien n’est organisé pour le déménagement de l’Ecole. Non seulement la direction a été renouvelée, mais le courrier des élèves est resté sans réponse. Où est le dialogue social promis ?

Et pour finir, vous n’avez jamais mentionné les EPIC (aujourd’hui et la fois précédente)... Que pensez-vous des EPIC au sein de votre ministère ?