"Pour un Service public national d'Enseignement supérieur et de Recherche laïque, démocratique et émancipateur"

Menu ☰

Accueil > Syndicats > Syndicats nationaux > EHESS

jeudi 22 octobre 2026

EHESS

Condorcet : que fait la présidence ?

Chères toutes, chers tous,

Cela fait deux semaines qu’une petite musique est devenue quotidienne : "la présidence reste très attentive à l’évolution de la situation et prendra le soin de vous informer régulièrement sur le site de l’École et sur les autres canaux d’informations disponibles". À la lire, on a l’impression qu’elle n’aurait aucune prise sur la "situation".
Depuis le 6 octobre, rejoignant la colère qui grondait dans les lycées depuis fin septembre et portant leurs propres revendications depuis le premier jour, des étudiant·es mobilisé·es de l’École bloquent le bâtiment EHESS du Campus Condorcet et l’accès à d’autres est soit bloqué, soit fermé par l’EPCC. Parmi les revendications des étudiant·es, l’organisation d’une "occupation ouverte" créant à l’École une université populaire, un lieu de discussion et d’organisation face à un gouvernement qui sombre toujours plus loin dans une fuite en avant répressive et une extrême droite en partie déjà au pouvoir. Pour pouvoir se mobiliser sans être sanctionné·es, ils et elles demandent la banalisation des enseignements. Une première communication de la présidence, saluant les premières mobilisations ainsi que des revendications auxquelles elle se dit sensible, paraît presque hypocrite aujourd’hui. Depuis, la situation sur le Campus Condorcet est difficilement lisible et pourrait s’enliser dans une confrontation entre les différents acteurs du campus.

Loin de là, au 54 boulevard Raspail, la vie poursuit son cours normal. On y croise la présidence à la cantine, qui ne semble pas particulièrement chamboulée par la situation. De leur côté, les salarié·es du Campus Condorcet se sentent abandonné·es et dénoncent des conditions de travail particulièrement dégradées : la fermeture des bâtiments ne signifie pas l’arrêt des activités car les personnels, souvent contractuels rappelons-le, se retrouvent basculés en télétravail, en dehors de tout cadre légal et dans des services désorganisés. Les étudiant·es ne se sentent pas plus entendu·es et les modalités d’organisation du semestre sont totalement floues. Que fait la présidence ?

Cet attentisme est irresponsable. Ne pas trouver une solution, ne pas négocier sérieusement les conditions de réouverture est un choix, sinon une stratégie. Les salarié·es des unités de Condorcet sont-ils et elles véritablement considéré·es comme des salarié·es de l’EHESS ? Ils et elles se retrouvent pris dans un rapport de force qui les dépasse : c’est à la Présidence de prendre ses responsabilités et de trouver une issue à cette situation qui provoque des tensions et des souffrances. Difficile de ne pas faire le parallèle avec la gestion du gouvernement par l’attente, le pourrissement.

Le 20 octobre encore, la présidence écrit : "Nous sommes pleinement conscients des contraintes que cette situation fait peser sur les personnels concernés. Le dialogue engagé avec les étudiantes et les étudiants mobilisés se poursuit afin d’identifier les conditions d’une réouverture et de préciser les modalités d’organisation des activités et des services dans l’intervalle. Nous vous remercions de votre compréhension et vous tiendrons informés des évolutions de la situation." Mais on s’interroge sur la teneur réelle de ce dialogue.

Nous demandons l’ouverture de négociations continues avec les étudiant·es mobilisé·es, ainsi que la reprise des consultations régulières de l’intersyndicale auxquelles s’était engagé le président au début du mouvement.

Nous demandons en particulier des négociations sur :

  • l’ouverture du bâtiment école
  • les modalités d’organisation du semestre
  • la cohabitation des activités de l’université populaire et des activités des salarié·es

Nous devons trouver toutes et tous ensemble, étudiant·es, enseignant·es-chercheur·es, personnels administratifs et techniques, les moyens de faire grandir ce mouvement dont les revendications sont essentielles pour toutes les composantes de l’Ecole et pour un futur vivable. En préservant les conditions de travail et d’études des un·es et des autres, l’université populaire peut être ce moyen, nous pouvons toutes et tous nous en saisir.

Le syndicat CGT FERC Sup EHESS