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Vie de notre syndicat (Nantes), de la FERC-SUP, de la FERC, de la CGT, etc...
Retour d’expérience : les premières pistes de réflexion après la demi-journée d’étude sur le New Public Management !Le 9 juin 2026, la CGT FERC Sup Nantes Université organisait une demi-journée d’étude consacrée au New Public Management (NPM) dans l’enseignement supérieur et la recherche. Animée par François Poupet, secrétaire général du syndicat, cette matinée a réuni des personnels de l’université autour des interventions de Corine Eyraud (Université d’Aix-Marseille) et Guillaume Delalieux (Université de La Rochelle).
Les échanges ont d’abord porté sur les questions de financement, de contrôle de gestion et de logique financière. Corine Eyraud a montré comment les réformes engagées depuis la loi LRU ont profondément modifié le financement des universités. Guillaume Delalieux a quant à lui insisté sur le rôle de la dette comme instrument de gouvernement. Selon lui, la mise sous contrainte budgétaire ne transforme pas seulement le fonctionnement des organisations : elle influence également leur manière de penser, réduisant leur capacité à imaginer des alternatives aux choix imposés par la pénurie.
La seconde partie de la présentation a abordé les effets du NPM sur la démocratie universitaire. Les intervenant·es ont souligné la concentration croissante des pouvoirs, le recul du rôle des instances élues et les conséquences des établissements publics expérimentaux (EPE). Les logiques de contractualisation, de financement sur projet et de mise en concurrence contribuent à fragmenter les collectifs de travail et à affaiblir les mécanismes de délibération collective. L’apparition des modèles d’établissements expérimentaux, couplée avec l’autonomie de façade, n’arrive pas à cacher l’asphyxie universitaire, mais aussi l’absurdité de véritables armées mexicaines de vice-présidences, de contrats par projets, qui accompagnent lourdement tout ce réarmement de la gouvernance.
La deuxième moitié de la matinée a été consacrée à un atelier d’éducation populaire portant sur l’organisation du travail et le pilotage à Nantes Université. Il s’agissait de mettre en oeuvre les principes de la démarche travail CGT en partant de trois questions :
– Comment on travaille à Nantes Université ? Plus précisément, comment le New Public Management s’y déploie ? Quels sont ses effets au quotidien ?
– Comment on aimerait y travailler ? Peut-on imaginer une organisation débarrassée de la férule managériale, où les travailleur·es récupéreraient leur pouvoir d’agir ?
– Qu’est-ce qu’on est prêt·es à faire pour que cela change ? Quelles actions, quelle resistance, quelles revendications ?
Les participant·es, en plusieurs groupes, ont identifié plusieurs difficultés : injonctions contradictoires, reporting sans effet concret, manque d’accompagnement ou de formation, perte d’autonomie professionnelle.
Les échanges ont également permis de faire émerger des aspirations fortes : davantage d’horizontalité dans les relations de travail, des espaces de dialogue réels, une plus grande stabilité de l’emploi, ainsi qu’un renforcement de la présence de terrain et de l’appui aux collectifs de travail.
Parmi les pistes d’action évoquées figuraient le développement des liens entre personnels, une mobilisation syndicale qui emploie le court-circuit pour créer du rapport de force (le zèle appliqué à la lettre, le sabotage au sens du ralentissement de l’activité, l’action conjointe), et la construction d’alternatives collectives au pilotage managérial. .
Cette demi-journée a confirmé l’importance de comprendre les mécanismes du New Public Management pour mieux les combattre. Derrière des outils présentés comme techniques ou neutres se jouent en réalité des choix profondément politiques concernant l’avenir de l’université, du service public et des conditions de travail. La CGT ne se contente pas d’être représentative dans les instances, son projet (la double besogne au sens de la charte d’Amiens) la contraint à remettre en question le modèle capitaliste de l’université, à vouloir une véritable émancipation de toutes et tous : étudiants, personnels administratifs et techniques, enseignant·es-chercheur·es.
La CGT FERC Sup Nantes Université fera de son AG du 3 juillet un moment de construction de revendications sur cette thématique du management : elle prolongera ainsi les éléments d’analyse et d’action envisagés pendant cette demi-journée. Elle ne manquera pas de les rendre publiques dès la rentrée de septembre.
Cette action n’a été rendue possible que parce qu’elle a été le fruit d’une décision collective au sein du syndicat : que toutes les personnes qui ont rendu possible cet événement soient ici remerciées !
Et si vous nous rejoigniez ?